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Aveugle par choix

Aveugle par choix

Auteur:: ecrits d'une Mariam
Genre: Aventure
Aveugle par choix Lucas Silva, un jeune milliardaire brésilien et PDG de plusieurs entreprises minières, est fatigué des femmes qui ne voient en lui qu'un simple compte en banque. Blessé par les trahisons et les relations intéressées, il prend une décision radicale : se faire passer pour un homme aveugle et pauvre afin de découvrir qui pourrait réellement l'aimer pour ce qu'il est. Mais lorsque son chemin croise celui d'une femme sincère et bienveillante qui le traite avec une douceur inattendue, Lucas se retrouve piégé dans son propre mensonge. Entre secrets, sentiments naissants et vérité dangereuse, une seule question demeure : que se passera-t-il lorsque la vérité éclatera ? Leur amour survivra-t-il à la plus grande des tromperies ?

Chapitre 1 Chapitre 1

# Chapitre 1

Point de vue de Lucas Silva

Je repose lentement mon téléphone sur la table basse en verre. L'écran devient noir, comme si la conversation qui vient de se terminer n'avait jamais existé. Pourtant, les mots de **Sophia Vasconcelos** résonnent encore dans mon esprit.

Nous ne nous sommes jamais rencontrés.

Et pourtant... nous allons nous marier.

Je laisse échapper un léger rire amer en m'enfonçant davantage dans mon canapé en cuir noir. L'appartement est silencieux. Trop silencieux. Seul le léger bourdonnement de la climatisation trouble le calme de ce luxueux penthouse qui surplombe **São Paulo**, la plus grande ville du Brésil.

La nuit est tombée depuis longtemps. À travers les immenses baies vitrées, les lumières de la ville scintillent comme une mer d'étoiles artificielles.

Je devrais me sentir satisfait.

Après tout, tout se déroule exactement comme prévu.

Mais au fond de moi... quelque chose me dérange.

Sophia Vasconcelos.

Une femme magnifique, selon les photos que j'ai vues. Des yeux sombres, une silhouette parfaite, un sourire étudié.

Une femme issue d'une des familles les plus puissantes du pays.

Et pourtant... une femme que je n'aime pas.

Je passe une main dans mes cheveux en soupirant.

- Tu as l'air pensif.

La voix calme d'Eliot me tire de mes pensées.

Je tourne légèrement la tête.

Mon bras droit est debout près du bar en marbre, un verre de whisky à la main. Eliot travaille pour moi depuis cinq ans. C'est l'un des rares hommes en qui j'ai une confiance absolue.

Grand, sérieux, méthodique... il est l'équilibre parfait face à mon tempérament froid.

- J'imagine que tu viens d'avoir Sophia au téléphone, dit-il.

Je hoche la tête.

- Oui.

Il me fixe quelques secondes avant de demander :

- Et alors ? Toujours décidé à te marier avec elle ?

Je souris légèrement.

- Décidé ? Ce n'est pas vraiment le mot.

Je me lève et marche lentement jusqu'à la fenêtre.

De là, la ville semble minuscule. Les voitures deviennent de simples points lumineux.

J'ai passé la moitié de ma vie loin d'ici.

Au **Canada**.

C'est là que tout a commencé.

J'avais vingt ans lorsque j'ai quitté le Brésil pour poursuivre mes études. À l'époque, j'étais déjà riche car mes parents possédaient plusieurs entreprises prospères.

Mais je ne voulais pas vivre dans leur ombre.

Je voulais réussir seul.

Alors j'ai travaillé.

Jour et nuit.

J'ai étudié, investi, pris des risques.

Et aujourd'hui, dix ans plus tard...

Je suis devenu milliardaire.

Sans leur aide.

Sans leur argent.

Seulement avec ma détermination.

Pourtant... malgré tout ce succès, ma vie sentimentale a toujours été un désastre.

Depuis mes vingt ans, je n'ai connu que des déceptions.

Chaque femme que j'ai rencontrée semblait fascinée par mon argent.

Jamais par moi.

Je me souviens encore de la première fois où j'ai compris.

Une femme que je fréquentais depuis six mois.

Elle m'avait juré qu'elle m'aimait.

Puis un jour, par hasard, j'ai entendu une conversation.

Elle disait à une amie :

« Lucas est parfait... mais surtout il est riche. »

Ces mots avaient brisé quelque chose en moi.

Depuis ce jour, j'ai cessé de croire en l'amour.

Je serre les mâchoires.

Aujourd'hui j'ai 30 ans ,je suis de nature froid ,tendu et difficile à vivre,j'ai appris de la vie et tout ,je suis magnifique, charismatique et tout .

- Tu penses encore à ton plan, n'est-ce pas ? demande Eliot derrière moi.

Je me retourne lentement.

- Bien sûr.

Il pose son verre sur le comptoir.

- Lucas... tu es sûr que c'est une bonne idée ?

Je croise les bras.

- Pourquoi ça ne le serait pas ?

Eliot soupire.

- Parce que te faire passer pour un homme aveugle et pauvre... ce n'est pas un jeu.

Je souris froidement.

- Justement.

Il secoue la tête.

- C'est une vie difficile.

- Je sais.

- Et dangereuse.

- Je sais aussi.

Je m'approche de lui.

- Mais c'est la seule façon de découvrir la vérité.

Il me regarde intensément.

- Et si la vérité ne te plaît pas ?

Je hausse les épaules.

- Alors au moins je saurai.

Le silence retombe quelques secondes.

Puis Eliot demande :

- Depuis combien de temps caches-tu ton identité ?

Je réponds calmement :

- Cinq ans.

Personne ne sait que je suis devenu milliardaire.

Même mes parents ignorent l'ampleur de ma fortune.

Je préfère rester dans l'ombre.

Observer.

Analyser.

Comprendre.

Eliot soupire.

- Et Sophia ?

Je ricane.

- Sophia...

Je marche jusqu'au bar et me sers un verre.

- Elle pense que je suis simplement un homme riche.

- Ce qui est déjà vrai.

Je secoue la tête.

- Mais pas milliardaire.

Je bois une gorgée de whisky avant de continuer :

- Et bientôt... elle pensera que je suis pauvre.

Eliot fronce les sourcils.

- Tu es vraiment déterminé à jouer ce rôle ?

Je le regarde droit dans les yeux.

- Oui.

- Un homme aveugle... et sans argent.

- Exactement.

Il passe une main sur son visage.

- Lucas... pourquoi Sophia ?

Je souris.

- Parce que je sais déjà qu'elle n'est pas la bonne.

Il me fixe, surpris.

- Alors pourquoi continuer ?

Je réponds calmement :

- Parce que je veux voir jusqu'où elle ira.

Je marque une pause.

- Et parce que je vais rencontrer sa famille.

J'ai enquêté sur les **Vasconcelos**.

Une dynastie puissante.

Des entreprises partout dans le pays.

Et ironiquement... certaines de leurs sociétés sont en concurrence directe avec les miennes.

Je trouve ça presque amusant.

La famille a deux filles.

Sophia.

Et sa petite sœur.

Une femme mystérieuse dont je ne connais même pas le prénom.

Contrairement à Sophia, elle semble préférer rester dans l'ombre.

Comme moi.

Une femme d'affaires discrète.

Invisible.

Eliot croise les bras.

- Et tu vas rencontrer toute la famille dans deux jours ?

- Oui.

- En tant qu'homme aveugle ?

Je hoche la tête.

- Exactement.

Il éclate de rire.

- Tu es complètement fou.

Je souris.

- Peut-être.

Il redevient sérieux.

- Lucas... laisse-moi être honnête.

- Vas-y.

- Sophia est exactement le genre de femme que tu détestes.

- Je le sais.

- Frivole.

- Oui.

- Égocentrique.

- Probablement.

- Mal polie.

Je hausse les épaules.

- Peut-être.

Il me regarde, incrédule.

- Et tu veux quand même l'épouser ?

Je bois une autre gorgée.

- Je veux voir la vérité.

Je pose le verre.

- Peut-être que tout le monde se trompe sur elle.

Eliot soupire.

- Et si ce n'est pas le cas ?

Je souris froidement.

- Alors ce sera la fin.

Le silence retombe encore une fois.

Puis Eliot demande doucement :

- Jusqu'à quand vas-tu continuer ce jeu ?

Je le regarde.

Longuement.

Puis je réponds d'une voix calme :

- Jusqu'à ce que je rencontre la femme qui m'aimera vraiment.

Il fronce les sourcils.

- Et si cela prend des années ?

Je souris légèrement.

- Alors j'attendrai des années.

Je marche vers la fenêtre.

La ville brille toujours sous mes yeux.

Quelque part là-bas...

Se trouve peut-être la femme qui changera ma vie.

Ou peut-être pas.

Mais une chose est certaine.

Je suis prêt à tout pour la trouver.

Même à devenir quelqu'un d'autre.

Même à vivre dans l'obscurité.

Je ferme lentement les yeux.

Et murmure :

- Cette fois... je trouverai la vérité.

Eliot brise le silence.

- Alors tout est prêt.

Je me retourne.

- Oui.

- La maison ?

- Prête.

- Les faux papiers ?

- Prêts.

- Les vêtements ?

- Simples.

- La canne d'aveugle ?

Je souris.

- Déjà dans la voiture.

Eliot secoue la tête.

- Tu es vraiment sérieux.

Je le regarde.

- Plus que jamais.

Il me fixe une dernière fois.

- Lucas... ce jeu peut détruire des vies.

Je prends mon verre et le termine d'un trait.

- Ou en sauver une.

Je pose le verre sur la table.

Puis je dis calmement :

- La mienne.

Chapitre 2 Chapitre 2

# Chapitre 2

Point de vue d'Isabelle

Je suis à table avec toute la famille, silencieuse, tandis que ma grande sœur, **Sophia**, ne cesse de se vanter de la rencontre avec sa belle-famille dans deux jours. Ses mots sont hautains, ses gestes théâtraux, et je ne peux m'empêcher de la regarder avec un mélange de moquerie et de dédain. Elle se croit supérieure, et chaque fois qu'elle ouvre la bouche, c'est pour rappeler que je ne suis pas comme elle.

De nature calme et très intelligente, je reste impassible. Mais à l'intérieur, je bouillonne. Âgée de 25 ans, je suis une femme hors pair. La beauté incarnée, élégante et maîtrisant l'art des affaires, je dirige la majorité des entreprises de mon père. Respectueuse, attentionnée, je fais tout pour ne jamais décevoir ceux que j'aime. Et pourtant... ma relation avec Sophia est devenue insupportable. Elle est jalouse de moi. Chaque homme que je fréquente, elle le convoite, et elle réussit souvent à me le ravir avec l'appui de notre mère.

Ces deux-là ont rendu ma vie tellement pénible que j'ai fini par quitter la maison. J'ai loué un petit appartement discret, simple, où personne ne soupçonne que je suis milliardaire. J'y vis selon mes propres règles. J'aime les affaires, oui, mais j'ai aussi une passion : le jardinage. Cultiver mes plantes me procure une liberté que je ne retrouve nulle part ailleurs. J'ai même pour projet d'ouvrir une boutique de fleurs naturelles, un rêve qui m'appartient entièrement.

Pendant que Sophia continue à faire les éloges de son fiancé, je secoue doucement la tête. Je n'ai pas envie de répondre à ses piques. Elle remue la tête, satisfaite de son récit, et semble s'amuser à m'indexer à chaque phrase. Mais je garde mon calme. Je refuse de me laisser entraîner dans une dispute avec elle.

Elle réagit toujours comme si j'étais sa petite sœur fragile, à protéger ou à ridiculiser, et notre mère l'encourage souvent. Moi, je reste silencieuse. Je ne veux pas entrer dans ses jeux.

- Je crois que je vais rentrer, je dis enfin, épuisée.

Mon père me regarde, inquiet.

- Tu ne vas pas dormir ici, ma fille ?

Je lui souris. Mon papa d'amour, le seul qui m'a toujours soutenue et couvert d'amour. Je fais tout pour qu'il ne soit jamais déçu de moi.

- Ne t'inquiète pas, papa, ça ira.

Ma mère, exaspérée, intervient :

- Laisse-la partir. De toute façon, elle ne fait jamais ce qu'on lui dit.

Je prends mon sac sans rien répondre. Pas un mot. Pas un regard pour Sophia.

- Tu seras là dans deux jours pour le dîner avec le fiancé de ta sœur ? demande mon père, légèrement inquiet mais plein de bienveillance.

- Si mon emploi du temps me le permet, oui, réponds-je calmement.

Sophia, insistante et hautaine, ajoute :

- Il est impératif que tu viennes ! Il est milliardaire, et beau en plus ! Une chance que tu n'as jamais eue.

Je ne relève pas ses piques. Je ne me laisse pas provoquer. Je me contente de leur dire au revoir avant de quitter la villa.

L'air frais de l'extérieur me frappe le visage. Je respire profondément, laissant derrière moi le tumulte de la maison. Les lumières de la villa s'éloignent derrière moi tandis que je marche vers mon petit appartement. Là-bas, je serai enfin libre, seule avec mes pensées et mes plantes.

Et pourtant, malgré cette liberté, je sais que ces deux jours à venir ne seront pas simples. Je vais rencontrer un homme milliardaire. Et même si je ne montre rien, je sens déjà que ma vie va être bouleversée.

Je ferme la porte derrière moi, respire une dernière fois l'air de la soirée, et me rappelle que je suis Isabelle Vasconcelos. Et dans ces jours qui viennent, je déciderai selon mes propres règles. Personne d'autre ne le fera pour moi.

Chapitre 3 Chapitre 3

Chapitre 3

## Point de vue de Victoria Monténégro

Je suis assise dans le canapé, les mains croisées sur mes genoux, observant notre unique fils, **Lucas**, parler avec cette détermination qui lui est propre. Depuis tout à l'heure, il ne cesse de nous détailler ce plan fou qu'il a élaboré pour... trouver l'amour véritable. Mon dieu... comment a-t-il pu imaginer un truc pareil ? Se faire passer pour un homme **aveugle**, et en plus **pauvre**, c'est tout simplement irréaliste.

- Maman, papa... je sais que cela peut paraître étrange, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour connaître la femme qui est pour moi, dit-il avec un calme désarmant.

Je reste silencieuse un instant, les yeux fixés sur lui. Les mots ne sortent pas. Je ne peux pas accepter cela. Ce mensonge déguisé pourrait bien être sa perte. Je le vois sourire, sûr de lui, et ça me donne envie de crier.

- Lucas... tu réalises ce que tu me demandes ? dis-je enfin, la voix tremblante, mais ferme. Se faire passer pour un aveugle... et pour un homme pauvre... je ne peux pas imaginer les conséquences. Ce mensonge... c'est dangereux.

Il me regarde droit dans les yeux, ce regard confiant et presque implacable qu'il a toujours eu.

- Maman... je sais ce que je fais. Tout ce que je vous demande, c'est de jouer le jeu avec moi. Demain, chez les Vasconcelos, nous ferons semblant d'être une famille pauvre. C'est tout.

Je secoue la tête, incapable de parler pendant un instant. Je me lève du canapé, marchant lentement dans le salon, comme pour chasser le vertige qui m'envahit. Mon dieu... mon fils va vraiment nous tuer un jour.

Pourtant, je prends une grande inspiration et me rappelle que, malgré l'absurdité apparente de ce plan, je dois rester calme. Je suis de nature **calme**, avec un cœur aimant. J'ai appris à canaliser mes émotions, à garder ma sérénité même dans les moments les plus critiques.

Lucas est tout pour moi. Il est notre seul enfant, notre trésor. Et je l'aime plus que tout. Mon souhait le plus cher est qu'il trouve une femme qui saura l'aimer pour ce qu'il est réellement, une femme belle autant à l'extérieur qu'à l'intérieur, qui partagera sa vie et lui donnera des enfants. Je veux qu'il connaisse le bonheur, la paix, l'amour sincère... quelque chose qu'il mérite après toutes les déceptions qu'il a vécues.

Je jette un coup d'œil à mon mari, Georges qui me regarde avec un mélange d'inquiétude et de tendresse. Il sait, tout comme moi, que ce plan est dangereux, mais il comprend aussi la détermination de notre fils.

- Victoria... ce n'est pas quelque chose de simple, murmure-t-il doucement.

Je tourne mon regard vers Lucas. Il me sourit, et ce sourire a quelque chose de réconfortant malgré l'inquiétude qu'il provoque.

- Je sais ce que je fais, papa, répond-il calmement. Mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour découvrir **la femme qui est réellement pour moi**.

Je plisse les yeux, essayant de comprendre comment il peut être aussi sûr de lui. Comment peut-il croire que ce plan va fonctionner ?

- Lucas... et qu'est-ce qui te garantit qu'en te faisant passer pour aveugle et pauvre, tu vas vraiment trouver le véritable amour ?

Il me regarde droit dans les yeux, et son sourire s'élargit, sûr de lui, presque magique.

- Maman... je suis convaincu que la femme qui restera avec un homme pauvre et aveugle sera une femme qui aime **par amour**. Une femme qui a un cœur véritable, capable de supporter tout, même ce qui paraît impossible.

Je soupire longuement, fatiguée mais impressionnée par sa détermination. Je me demande où il pourra trouver cette perle rare. Cette Sophie... sa prétendue petite amie... est tout le contraire. Elle est frivole, insouciante, et elle ne supporterait jamais vivre avec un homme pauvre et aveugle. Mon dieu... mon fils aveugle... je ne veux même pas y penser.

Je passe mes mains sur mon visage et ferme les yeux quelques secondes, essayant de calmer mon esprit en tempête. La peur me serre la poitrine, mais je sais que je dois rester forte pour Lucas.

- Lucas, murmure Georges à son tour, tu as mon soutien.

Je lève la tête, incrédule.

- **Georges !** m'exclamé-je, la voix pleine de surprise. Comment peux-tu soutenir un plan aussi insensé ?

Il me regarde, un petit sourire aux lèvres, et s'approche pour me tenir doucement par les épaules.

- Ne t'inquiète pas, Victoria. Tout se passera bien, me dit-il calmement.

Je respire profondément, essayant de calmer l'inquiétude qui gronde en moi. Lucas nous remercie pour notre soutien, puis prend son sac et quitte la villa. Je reste là, immobile, le regard fixé sur la porte qui se referme derrière lui.

Le silence tombe sur le salon. Le cœur battant, je m'assois à nouveau sur le canapé et ferme les yeux. Malgré mon inquiétude, je ressens une pointe de fierté pour ce garçon qui ose suivre son instinct et croire en son plan. Même si ce plan semble insensé... je sais que c'est Lucas. Et Lucas a toujours été déterminé.

Point de vue de Georges

Après le départ de notre fils, je le regarde disparaître dans l'allée de la villa. Puis je tourne les yeux vers ma femme. Victoria s'est approchée de la fenêtre, contemplant la ville de **São Paulo**, silencieuse et pensive. Ce que Lucas nous demande... se faire passer pour un homme aveugle et pauvre... c'est impossible, mais c'est son choix. Je sais qu'il a réfléchi à chaque détail, et que sa détermination est sans faille.

J'ai 50 ans maintenant. Trente ans de mariage avec Victoria, trente ans d'amour fou et passion qui n'a jamais faibli. Je m'approche doucement d'elle et dépose un bisou sur sa joue, essayant de lui transmettre un peu de sérénité.

- Tu as l'air préoccupée... dis-je doucement.

Elle pose sa tête sur mon épaule, comme elle le fait toujours quand elle a besoin de réconfort.

- J'ai un mauvais pressentiment... murmure-t-elle.

Je passe un bras autour de ses épaules et lui caresse doucement le dos.

- Ne t'inquiète pas, Victoria. Tout se passera bien, je la rassure.

Elle soupire et se blottit un peu plus contre moi.

- J'ai peur pour la suite... je prie pour que notre fils trouve la femme qui lui faut, murmure-t-elle.

Je hoche la tête et lui murmure à mon tour :

- Moi aussi je prie pour lui.

Au fond de moi, je sais que ce mensonge pourrait détruire Lucas. Tout. Sa vie, ses espoirs, son cœur. Mais je ne peux rien y faire. Tout ce que je peux faire, c'est le soutenir, avec Victoria.

Je la serre contre moi et regarde la ville s'étendre devant nous, illuminée de milliers de lumières scintillantes. Si seulement la vie était simple... si seulement trouver le véritable amour pouvait se faire sans mensonge ni risque. Mais non. La vie est toujours plus compliquée qu'on ne le voudrait.

- Victoria... souffle-je. Nous devons lui faire confiance. Il sait ce qu'il fait, même si cela nous semble fou.

Elle relève la tête et me regarde dans les yeux, un mélange de crainte et de tendresse sur son visage.

- J'espère... murmure-t-elle. Que ce qu'il fait sera pour son bien.

Je la prends dans mes bras et la serre plus fort.

- Tout ira bien. Nous serons là pour lui, quoi qu'il arrive.

Je sais que ce mensonge pourrait le briser, et pourtant... il est déterminé. Il a toujours été déterminé. Et Victoria et moi... nous serons toujours là pour lui. Nous l'avons élevé avec amour et sagesse. Nous ne pouvons que croire en sa force et son cœur.

Je l'embrasse doucement sur le front et murmure :

- La vie n'est jamais facile, mais nous sommes ensemble. Et ça, personne ne pourra jamais nous l'enlever.

Victoria repose sa tête sur mon épaule, et nous restons là, en silence, regardant les lumières de la ville. Nous prions tous deux pour que Lucas trouve la femme qui mérite son cœur, celle qui saura l'aimer pour ce qu'il est réellement... peu importe les obstacles.

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