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Aurore : Ombre de mes jours

Aurore : Ombre de mes jours

Auteur:: Ombre H
Genre: Romance
AURORE OMBRE DE MES JOURS Jour ou nuit, je n'ai jamais su faire la différence. J'ai toujours vécu dans la pénombre, dans le noir. Cette obscurité qui me noie dans l'océan de mes larmes. Je ne suis que l'ombre de ma pensée, l'ombre de mon être. Je ne me suis jamais sentie. Je ne me suis jamais vue. Cependant, on m'a toujours dit que j'étais sublime et que mes cheveux sont d'un brun profond. Et que j'avais les yeux d'un marron à en rendre la vue au aveugle.(Rire) Si seulement j'avais ce pouvoir de rendre la vue, je me serais rendu moi-même la lumière... la clarté. Si c'était possible, j'aurais quitté depuis bien longtemps les ténèbres. Mon prénom c'est Aurore. Aurore du matin, lorsque le vent doux venant du nord vient vous caresser le nez. Aurore du jour quand le soleil se lève et commence sa course vers le zénith en vous éclairant de ses rayons. Je raconte, je parle, c'est vrai. Mais que sais-je réellement de tout cela puisque je ne suis que l'ombre de mes jours. *********** Aurore : Jeune PDG, vit sa vie et suis le destin qui lui est tracé mais un jour l'amour frappera à sa porte. Saura-t-elle lutter contre ces émotions entre lâchés prise et travail. _____

Chapitre 1 Chapitre 01

Partie 1 (Ombre de mes jours)... "Histoire de famille ?"

Que sais-je? Je ne suis que l'ombre de ces quatre murs qui parle mieux de mon histoire que moi-même.

Je ne sais même pas par où commencer.

J'ai tellement à dire , mais peu de mot dans mon vocabulaire pour vous expliquer cette impression de vide qui règne autour de moi.

Lazare, cet homme qui m'a accueilli chez lui depuis mon jeune âge, devient de plus en plus bizarre au fur à mesure que le temps passe.

Pourquoi doit-il me déshabiller chaque matin et chaque soir?

Pourquoi ne me permet-il pas de monter chez lui et enfin rencontrer cette lumière qui m'éclaire depuis les petits trous du plafond.

Je ne peux pas parler, ni manger pendant ce qu'il appelle la journée. Aussi loin que je me souvienne, je suis toujours entre ces 4 murs. Je pense avoir 22 ans et... »

-"Sors de ton livre de conte de fée miss Aurore, tu as une longue journée qui t'attend.

On débute tout de suite avec un rendez-vous avec ton coach sportif de 10 à 12h, puis on enchaîne avec une conférence dans l'immeuble du PG à 13h.

Et il y' a aussi une réunion de la plus haute importance..."

- "Ok! ok! Suzanne c'est bon on y va".

Cette femme d'une classe irréprochable aux épaules carrées et à la posture de star s'appelle Aurore DJANZ.

Au-delà d'être une femme magnifiquement belle, elle était grande femme d'affaires. Il faut dire que la réputation et la carrière de son père lui conférait une certaine aura.

C'était un des plus grands hommes d'affaires au monde. Un magnat de l'immobilier et un géant de la restauration. Il avait également réussi dans l'hôtellerie. Sa réussite était connue de tous.

Malheureusement, ce dernier rendit l'âme le lendemain du 14ème anniversaire de sa seconde fille.

Etant la "tête" de la famille et l'aînée des deux filles de ce grand homme, Aurore reprit les affaires familiales non san mal. Mais tel était la volonté de son père. Mourrant, ce dernier savait qu'Aurore voulait devenir écrivain et certainement pas PDG d'une multinationale, mais il insista pour qu'elle dirige l'entreprise.

Elle attendait que son assistante personnelle lui donne les prévisions de la semaine concernant son habillement. Aurore n'avait même pas le droit de choisir ses vêtements seules.

Aurore se devait d'être toujours à l'affût de la mode, tout comme sa mère, qui d'ailleurs ne tolérait jamais un fashion faux pas.

Elle n'acceptait aucune faute de goût et aucun retard sur les tendances actuelles. Ces filles devaient avoir un style irréprochable.

(Suzanne, l'assistante)

- "Boucles ta ceinture Aurore, nous sommes déjà très en retard sur le planning de la journée".

- "Ok", répondit seulement Aurore. De toutes les façons elle ne pouvait rien dire d'autre. Elle ne faisait jamais son programme seule, on le lui imposait.

Elle aurait préféré finir son idée pour son nouveau livre. Livre, qui devait être sans intérêt pour Aurore d'après sa sa famille. Les affaires étaient plus importantes que ses divagations littéraires.

Suzanne lui tendit le téléphone, c'était sa mère:

« Tu es en retard, jeune femme. Je suis déjà à la salle Aurore. Quel est ton soucis ? Dépêches-toi petite sotte », puis elle raccrocha sans lui laisser le temps de s'expliquer.

- " Une journée comme les autres quoi! ", pensa aurore en soupirant.

(Suzanne)

- "Zut! Nous sommes à peine arrivés et il y'a déjà plein de paparazzi, on va attendre un peu", dit son assistante.

Aurore ne voulu pas écouter Suzanne et prit l'initiative de descendre immédiatement de la voiture.

Une foule de photographes et de journalistes l'entourait et aucun moyen de s'échapper.

-"Miss Aurore, à ce qu'il parait votre ligne de restaurant a été vendue ?"

- "Miss Aurore, êtes-vous mariée ? -Miss Aurore. Miss Aurore....

Répondez bon saang ! "

Ces agents de sécurité l'entourèrent enfin et l'emmenèrent jusque dans l'immeuble.

Elle ne pouvait pas répondre aux questions des journalistes. Il fallait d'abord que tous les dossiers soient officiellement signés.

- "Bonjour Aurore, tu es en retard. Vas vite te changer pour l'entrainement de."

- "Ok! J'y vais"

Une rencontre anodine?

Aurore, il faut que tu apprennes à être à l'heure. Te rends-tu seulement compte de l'impact que peut avoir ton retard sur l'entreprise. C'est inadmissible, lui dit sa maman.

- "Mais Mam"...

- "Ça suffit"! L'interrompit sèchement sa mère.

- "Ne perds pas plus de temps. Entraines-toi vite et rejoins-nous en salle de réunion pour préparer la conférence".

Abigaël, était souvent très dure avec Aurore, pour on ne sait qu'elle raison, elle exigeait qu'elle fasse du sport. Sa devise était "un esprit sain dans un corps sain".

En fait, elle exigeait toujours plus de son aînée, sans tendresse ni compassion.

Aurore ne la comprenait pas. Mais elle se résignait à faire sa volonté. Elle n'aimait les conflits et ne voulait surtout pas être un problème pour les siens et encore moins pour sa mère.

Elle avait accepté son destin et agissait du mieux qu'elle pouvait pour servir les intérêts de l'entreprise familiale.

Après l'intense séance de sport que le coach lui avait imposé, elle prit le temps de se doucher et de se pomponner.

Toujours impeccable et tirée à 4 épingles, Aurore sortit de la salle d'entraînement pour se rendre directement à cette fameuse réunion.

Suzanne veillait toujours à ce qu'elle respecte le planning.

- "Dépêches-toi stp, Aurore, où je ne répond plus de rien", rouspétait-elle.

En effet, Aurore traînait des pieds et Suzanne ne pouvait que lui suggérer de montrer plus d'entrain si elle voulait être libérée de ses activités au plus tôt.

Pendant qu'elles avançaient vers l'ascenseur principal, un homme fonça sur elles. Il ne les apparemment pas vu arriver, et était concentré sur le document qu'il avait en main.

Tous les dossiers que Suzanne tenait s'envolèrent suite au choc.

Aurore s'empressa d'aider son assistante à ramasser les feuilles éparpillées sur le sol. Il fallait tout remettre en ordre rapidement, tandis que le jeune homme se confondait en excuses.

- "Ne vous inquiétez pas, ce n'est rien", dit Aurore calmement en relevant la tête vers son interlocuteur. À l'inverse, Suzanne fulminait.

Il s'excusa à nouveau, en ignorant l'assistante et en regardant Aurore droit dans les yeux. Il lui proposa un déjeuner pour se faire pardonner.

Ce qu'elle accepta immédiatement, car cet homme ne lui était pas indifférent. Pourtant, elle n'en montrait aucun signe.

C'était un homme grand, avec une sacrée carrure. Il devait avoir une trentaine d'années. Il était indéniablement beau, le teint mat et le regard incroyablement profond. Il était parfait dans son costume noir. L'élégance au masculin.

Intérieurement, Aurore bouillonnait. Tout chez cet homme lui plaisait. Son allure, son style, sa voix. C'était électrique.

D'ailleurs Aurore, ne savait plus quoi faire de ses jambes, de ses bras. Elle ne savait plus comment se tenir devant lui. Mais elle savait jouer la comédie mieux que personne et ne laissa absolument rien transparaître de ses émotions.

Son cœur battait pourtant à mille l'heure. Ce sentiment nouveau qui naissait en elle lui était inconnu, tout comme cet homme d'ailleurs.

Ce dernier semblait étonnait car Aurore ne semblait pas intéressait par sa personne.

- "C'est bien la première fois que je ne fais aucun effet à une femme", pensa-t'il.

"Cette fille est froide comme un glaçon. Mais j'en fais mon affaire. Tôt ou tard elle succombera, elle ne se passera plus de moi. Personne ne me résiste" se dit-il avec orgueil.

En effet, il avait ressenti quelque chose d'étrange en plongeant son regard dans celui d'Aurore. Il la trouvait magnifique certes, mais très étrange aussi.

- "J'espère juste que je ne m'ennuierai pas avec elle pendant le dej'".

Il prit un bout de papier et un stylo et y griffonna son numéro de téléphone.

- "Tenez!" Lui dit-il en souriant. "Et à demain pour le déjeuner"ajouta t-il sans laisser Aurore répondre. Puis il s'en alla, laissant disparaître sa silhouette imposante vers la sortie de l'immeuble.

Aurore lança un grand soupir, comme pour laisser tomber sa carapace.

- "Mon Dieu! Qu'il est beau ... " Se surprit à dire la jeune femme encore tout émoustillée.

Son assistante ne manqua pas de lui rappeler que sa priorité était la réunion de préparation, et qu'il était largement temps de prendre ce maudit ascenseur au lieu de rêver à une amourette impossible.

- Ok! Ok! Allons-y! Soupira Aurore.

Mais tu ne le trouves pas beau Suzanne?

- "Peu importe ce que je pense ma grande. Mais un conseil, ne t'emballes pas trop. Il t'a juste invité à déjeuner. Ce n'est pas une demande en mariage. Et puis je te rappelle, que tu diriges une multinationale. Reprends toi immédiatement" lui dit-elle sur un ton agacé.

Tout le monde était enfin installé dans la salle de réunion.

Il fallait vraiment qu'une décision soit prise concernant la cession des parts des restaurants DJANZ à un groupe concurrent.

L'heure de la conférence approchait, et en coulisse, les membres du conseil d'administration n'avaient toujours pas tranché sur leur décision.

Mais les pensées d'Aurore étaient ailleurs. Elles étaient captivées par ce bel inconnu qui lui avait laissé ses coordonnées, sans préciser le lieux et l'heure du rendez-vous.

Les questions se bousculaient dans la tête de la jeune femme:

"Je suis transie d'effroi à l'idée de le rappeler... Et puis, je ne lui ai pas demandé son nom... Je n'ai pas dit le mien non plus...J'aurai dû être moins froide...Oh Mon Dieu! Pourquoi ai-je accepté sans réfléchir!"

Elle qui était à la tête d'une entreprise, ou plutôt d'un groupe mondialement reconnu, avait peur d'un déjeuner en tête à tête avec un homme. C'était un comble!

Aurore malgré son jeune âge, avait su assoir son autorité au sein du groupe DJANZ (avec l'aide de sa mère et de son assistante évidemment). Elle était respectée par ses employés et par ses pairs.

En revanche, sa vie personnelle était un désastre... Un vrai désastre!

Ce qui était certain, c'est que cette rencontre avait déclenché des sentiments rares et inhabituels chez Elle.

Qu'allait-il advenir de cette rencontre ? Était-ce le début de la fin?

*****

Quand plus rien ne va

Voilà enfin que cette rude journée se terminait pour Aurore.

Entre les signatures de contrats, et les débats interminables avec les éventuels acheteurs du groupe DJANZ, Aurore ne pouvait plus réfléchir. Elle avait besoin de repos.

Elle n'avait plus aucune force et n'était plus capable de rien. C'est en se traînant, qu'elle rejoignit sa chambre.

- "Merci mon Dieu", dit-elle en séchant une larme qui s'écoulait sans sur sa joue sans raison. Aurore pleurait souvent le soir. De fatigue et de frustration.

Elle ôta ses habits, et les jeta au sol. D'un bon, elle se laissa lourdement tomber sur le lit.

- "Il faut que j'écrive", se dit-elle en fermant calmement les yeux.

Elle aimait écrire, c'était pour elle un exutoire, car elle vivait une souffrance indescriptible.

Une souffrance qui la consumait un peu plus chaque jour. C'était la souffrance de ne pas pouvoir prendre de décision seule. Mais aussi la souffrance de vivre enfermée dans les habitudes et dans le rôle qu'on lui imposait.

Elle ne manquait de rien matériellement. Mais elle manquait terriblement de liberté. Aurore ne supportait plus de ne pas être comme les autres. Elle supportait mal qu'on lui dicte chaque jour sa vie, et s'en voulait d'obéir tel un robot programmé.

Aurore n'avait réellement pas de vie. Sa soumission à sa famille était totale. Elle n'avait pas le pouvoir de se rebeller.

Depuis son jeune âge, elle devait se plier en quatre pour satisfaire les exigences des siens, sans jamais avoir la possibilité de donner son avis.

Elle aurait tout donné, pour s'échapper de cette prison et vivre libre comme les femmes de son âge le font.

Mais, cela lui était tout simplement impossible. Elle avait des devoirs envers les siens et ne pouvait pas les décevoir. Sa vie était verrouillée.

Lorsqu'il il lui arrivait de penser à son défunt père, une grande haine envahissait son cœur. La rage prenait possession d'elle.

- " Tout est de ta faute Papa" se disait-elle chaque jour. Cette phrase résonnait en elle.

En effet, pour Aurore, tout était de la faute de son père.

D'aussi loin qu'elle se souvienne, ce dernier ne lui avait jamais montré le moindre signe d'amour ou d'affection.

Et sa mère, encore moins. Cette dernière était obsédée par le luxe et ne pensait qu'à l'argent.

- "Aurore démaquilles-toi immédiatement, si tu veux garder ta peau de pêche. Tu risques d'avoir un tas de boutons. Et dans 2 jours nous avons un shooting. Tu devais faire plus attention.

Bouges-toi bon sang!

Pourquoi es-tu encore affalée dans ton lit?" dit Suzanne qui venait d'entrer dans sa chambre. D'un seul bon, Aurore bondit et s'exécuta tel un soldat.

En entrant dans sa salle de bain pour se démaquiller et prendre sa douche, elle remarqua qu'on lui avait apporté tout un tas de nouveaux parfums. Ils étaient posés sur sa coiffeuse.

Elle savait déjà que c'était un coup de son assistante qui n'oubliait jamais de la faire travailler même en dehors du bureau.

Suzanne souhaitait qu'elle les sente tous, et les note, pour pouvoir en parler dans sa prochaine interview pour un grand magazine de mode.

- "Ma vie est bien futile", pensa -t' elle.

Lorsqu'elle eut fini sa toilette, elle retourna dans sa chambre et se mît directement au lit.

- " Au fait, je n'ai même pas dîné" pensa-t-elle en palpant son ventre.

"Tant pis"!

De toutes les façons, passé dix-huit heures, elle n'avait plus le droit d'avaler quoi que ce soit.

Cet ordre venait tout droit de son coach, qui avait pour mission de lui faire maintenir sa forme et surtout sa taille de guêpe.

Car, Aurore était également mannequin. Elle ne devait en aucun cas perdre sa jolie silhouette, sous peine de perdre par la même occasion, ses contrats avec les célèbres maisons de modes, pour lesquelles elle défilait.

Malgré la fatigue, elle eut le courage de se relever à nouveau et prit place à son bureau. Elle sortit de son tiroir son cahier d'écriture.

- "J'en étais où encore... à oui" dit-elle à haute voix. Puis, elle apposa son stylo plume sur la feuille et écrit:

«Toujours noyée dans l'obscurité de cette pièce, Aurore restait immobile dans un coin, attendant que Lazare lui...»

- "Non et non Aurore! Hurla sa mère" qui venait d'entrer dans sa chambre comme une sauvage. - "Quittes ce bureau et couches toi tout de suite, lui ordonna - t'elle.

- "S'il te plaît maman"... (sa mère L'interrompit)

- " Non, non et non! Je ne veux pas que tu sois en retard demain. Cesses de griffonner tes histoires insensées, tu n'es pas écrivain, tu es PDG "

A nouveau, Aurore s'exécuta sans broncher.

Une fois sa mère partie, elle pleura à chaudes larmes, maudissant encore et toujours son père et ce destin cruel qu'on lui avait infligeait.

Chapitre 2 Chapitre 02

Petit à petit, l'oiseau fait son nid...

Alors que le jour se levait, Aurore se réveillait doucement.

La veille, elle avait tellement pleuré que le sommeil avait fini par l'atteindre, sans qu'elle ne s'en rende compte.

Elle savait que sa journée allait être harassante, et elle en était écœurée d'avance.

Soudain, elle se souvint qu'elle avait accepté un déjeuner avec le bel inconnu de l'ascenseur.

"Il faut absolument que je le rappelle pour confirmer ce rendez-vous. Mais aurais-je assez de cran?

C'était un peu tôt, mais après un bref instant d'hésitation, elle se lança.

Dans un long soupir, elle attrapa son téléphone portable et forma le numéro.

- L'homme: "Allo? Oui?"

- Aurore: "Euh oui? Euh bonjour" dit-elle hésitante.

"Je suis la jeune femme de l'ascenseur, nous nous sommes vus hier..."

- L'homme: "Ah oui? Comment ça va? Je n'attendais plus votre appel!" dit-il avec ironie.

-Aurore: "Ah oui pourquoi ça?"

- l'homme: "Je ne pensais pas que vous rappelleriez c'est tout!"

-Aurore: "Bon... (silence)... Mais votre invitation tiens toujours?"

-L'homme: "Mais bien entendu. Ça tient toujours. Retrouvez-moi au Restaurant La fourchette. Tout à l'heure, à 13 heures.

Maintenant il faut que je vous laisse, je dois me préparer. Au revoir! ",

Et il mît fin à l'appel.

Aurore était choquée. Il avait raccroché sans crier gare!

(Aurore)

"Non mais quel toupet! Ce type est d'un culot sans borne. C'est la seconde fois qu'il ne me laisse pas lui dire Au revoir. Il raccroche comme si c'est lui qui avait l'initiative de cet appel.

On ne lui a pas appris à prendre congé des gens? Tchiiiiip!!!!!"

Et de surcroît, il impose l'heure et l'endroit", maugréa-t'elle.

Aurore était vexée. Elle aurait souhaité que cette conversation se passe autrement. Elle ne savait toujours pas avec qui elle allait déjeuner, et lui non plus d'ailleurs.

Ce qui est certain c'est que sa voix grave et profonde ne la laissait pas indifférente. Comment allait-elle résister à ce bel inconnu?

Le cœur d'Aurore battait à 1000 à l'heure !

Elle se leva, se prépara et s'habilla confortablement mais toujours avec classe.

Il était déjà 8h00 et Suzanne était là dans la voiture, et l'attendait devant la résidence DJANZ.

Je suis prête dit Aurore en dévalant les escaliers munie de ses superbes Louboutin en python.

Son assistante était heureuse de voir que ses conseils payaient. Aurore était sublime. Elle portait une belle robe bleu électrique, une petite veste noire cintrée, ainsi que sa fameuse paire de d'escarpins qui lui allongeaient parfaitement les jambes.

Sans parler de ses belles boucles brunes et de son maquillage léger, mais parfait.

- "Aurore, tu es resplendissante ce matin", lui dit Suzanne. " Je suis contente... Vraiment".

- "Merci Suzanne". Répondit poliment Aurore. "J'ai ce rendez-vous avec l'inconnu d'hier, tu te souviens?".

Suzanne acquiesça de la tête, et sourit gentiment à sa petite protégé. Elle savait ce qu'Aurore subissait et avait parfois pitié d'elle. Alors elle était heureuse que quelqu'un d'autre qu'elle s'intéresse à "Miss DJANZ".

- "Par contre Aurore, pas un mot de ce déjeuner à ta mère. Elle en mourrait et elle me virerait sur le champs"!

Dit Suzanne nerveusement!

- "Evidemment, que je ne dirai rien", dit Aurore déterminée; "et je compte sur toi pour me couvrir."

Arrivée devant l'immeuble de l'entreprise, c'était toujours le même perpétuel balais de paparazzi et de journalistes. Aurore les ignorait une fois de plus.

Une réunion urgente avait lieu le conseil d'administration devait être réuni concernant la vente de la branche restaurant du groupe.

- "Que pensez-vous de la situation? Avons-nous autant besoin de vendre ces parts au groupe NIANG and Cie?" dit M. Diagne, directeur des restaurants DJANZ.

- "Je pense que cette restructuration est nécessaire M. Diagne. D'autant plus que nous devons concentrer notre activité sur l'immobilier et cesser de nous disperser.

Avec la restauration, nous finirons par être perdants tant les investissements sont lourds pour maintenir l'activité". Continua Abigaël DJANZ d'un ton vif.

(Aurore): "Hmmmmm! Je ne suis pas tout à fait d'accord maman!

Nous avons besoin de cette diversification de nos activités. Je sais que Papa y tenait beaucoup. Il aimait ses restaurants; et au-delà de ça, je ne constate aucune perte suite aux derniers investissements effectués. Bien au contraire!"

Abigaël était furieuse et contrariée.

Sa fille qui ne la contredisait jamais, venait de le faire, et en publique en plus!

Pire encore, les dix autres membres du conseil d'administration étaient de l'avis d'Aurore et avaient voté pour l'arrêt du projet de vente des restaurants.

- "Faites comme bon vous semble", interjeta Abigaël. Si les chiffres le disent alors...

"Petite sotte", se dit-elle intérieurement, "si elle croit qu'elle va pouvoir se mettre en travers de ma route....Elle se trompe".

Aurore reprit la parole avec assurance et autorité: "M. Diagne, chers membres du C.A, je pense que le moment n'est pas encore venu de vendre ces parts.

Le mieux serait de prévenir immédiatement les responsables du groupe NIANG et Cie de notre décision. Il faut juste alerter la presse par un communiqué. Annulons purement et simplement la conférence de presse."

La séance fut levée. Et chacun des participants à la réunion s'en retourna à son activité.

Aurore avait fait preuve de fermeté. Soutenue par Suzanne, elle avait accepté d'afficher un caractère assuré. Elle aurait pu être actrice tellement elle jouait son rôle de PDG à merveille.

Il faut dire qu'elle avait aussi, le soutien de ses proches collaborateurs et des salariés.

Ce qui était tout autrement pour ses relations personnelles.

Avec sa mère c'était la catastrophe, et avec les hommes le néant.

Il n'y avait qu'avec Suzanne (qui la bousculait pourtant beaucoup), et sa petite sœur Louisette que tout allait bien.

Cette dernière admirait son aînée. Elles avaient toutes deux une belle complicité.

L'heure du déjeuner avec le bel inconnu approchait. Elle regardait l'horloge fébrilement.

Pour une fois, Suzanne ne l'accompagnait pas. Elle avait trop à faire pour mettre à jour le planning de la semaine, qui avait été modifié suite à la décision du C.A, quelques heures plus tôt.

Aurore savourait ce moment où elle avait enfin du temps pour elle. Et découvrir ce jeune homme, aussi mystérieux qu'impoli l'intriguait.

Elle s'engouffra dans sa voiture, et demanda au chauffeur de l'emmener sans détour à la fourchette.

"Ahhhhhhhh! Mon Dieu quel stress", marmonna Aurore.

Arrivée sur le lieu du rendez-vous avec 15 minutes d'avance. La jeune femme pensa entrer pour attendre ce dernier.

Seulement, elle se rendait maintenant compte qu'elle ne savait pas à quel nom était réservée la table.

"Tant pis!" se dit-elle; "je vais attendre au bar."

Le temps était long. "Décidément, ce garçon est d'une impolitesse éhontée!" se dit-elle révoltée.

Elle décida donc de sortir de son sac son petit carnet sur lequel elle notait ses idées d'écriture:

1- "... Il faut que je sorte d'ici, j'étouffe, comment pourrais-je m'en sortir puisque il n'y a aucune issue... Je suis enfermée contre mon gré..."

2 - "Je suis cachée dans cette cave depuis trop longtemps. Lazare dit que j'ai de la chance d'avoir un toit et de quoi manger.

C'est une prison rien de moins.

Une prison dorée, mais une prison, quand même."

3- "Rien dans cette maudite pièce, ne laisse apparaître mon reflet. On dirait que c'est fait exprès. J'aimerais savoir la tête que j'ai. Lazare passe son temps à dire que je suis belle, que mes yeux sont magnifiques etc...Mais je m'en fiche!"

Aurore était satisfaite. L'inspiration revenait. Ses idées d'écriture s'enchaînaient, elle aurait voulu écrire encore et encore.

Mais elle fut stoppée dans son élan, par l'odieux personnage qui devait partager son repas. Il avait Plus de 25 minutes de retard! 25 minutes...

Ce dernier l'avait reconnu et n'avait pu que constater à nouveau sa grande beauté.

Il se dirigeait donc vers elle, et apparut si soudainement devant elle, qu'elle eut peur, tant elle était captivée par ce qu'elle écrivait.

"Enfin nous y voilà"! Lança-t-il gaiement.

- "Tidiane NIANG", dit-il en lui tendant la main.

Et moi c'est, Aurore ... Aurore DJANZ!

Les deux jeunes gens se regardèrent un moment avant de se parler. Le temps était comme suspendu.

Puis, Tidiane invita Aurore à s'assoir. Le serveur leur tendit la carte. Une fois leurs plats choisis, la commande fut passée, et les bouches se délièrent enfin.

- "Alors?" dit Tidiane, qui voulait tout savoir d'elle!

- "Alors?", lui répondit Aurore accompagné d'un sourire timide.

- "Ben alors? On est timide Aurore?

Avant tout, excusez-moi du retard, j'ai eu un contre temps et je n'avais pas votre numéro."

- "Normal", répondit Aurore d'un ton moqueur, vous n'avez même pas daigné me laisser parler, et vous avez raccroché comme si quelque chose vous piquait les fesses!"

- "Ah! Oui vous êtes comme ça vous?"

-"Eh oui! Je suis comme ça moi!", sourit Aurore enjoué par cette joute verbale.

- Aurore DJANZ a du caractère sous ses airs de jolie fille sage!!!! ", dit Tidiane un brin provocateur.

Cette dernière éclata de rire. Ce déjeuner prenait enfin une bonne tournure.

Aurore expliquait qu'elle dirigeait le groupe DJANZ depuis 2 ans déjà et que cela lui prenait beaucoup de temps.

Tidiane, lui avoua qu'il le savait et car il l'avait reconnu.

Elle fut rassurée, car il n'avait pas fait semblant de ne pas savoir qui elle était, comme la plupart des hommes qu'elle avait rencontrait. Elle appréciait son geste d'honnêteté.

Ensuite, ce fut autour de Tidiane de parler de lui. Il était avocat-associé dans un grand cabinet en ville.

En revanche, Il n'osa pas lui avouer qu'il était le neveu de Massamba NIANG illustre PDG, et propriétaire du fameux groupe NIANG. Principal concurrent d'Aurore. Il pensait que ça gâcherait tout et voulait savourer l'instant présent.

L'ambiance était gaie et les deux jeunes gens avaient même décidé de se tutoyer.

Aurore lui plaisait beaucoup. Sa discrétion et sa pudeur l'émoustillait, mais pas autant que ses yeux de biche et sa bouche ourlée d'un magnifique rouge à lèvres rose. Il la voulait pour lui, et pour lui seul.

De son côté Aurore qui s'était lâchée, ne pouvait s'empêcher de contempler le physique avantageux de Tidiane.

Il était grand, les traits d'une finesse absolue, et des yeux verts en amande qui contrastaient incroyablement bien, avec son teint clair.

Sans oublier son corps d'Apollon, et ses bras musclés dans lesquels elle aurait tant aimé se blottir.

Ils échangèrent beaucoup sur leurs activités, et sur leur hobby.

Ils s'étaient trouvé un goût commun pour l'écriture. Aurore était aux anges. L'écriture pour elle était plus qu'un passe-temps, mais une passion dévorante.

Tidiane lui révéla qu'il la trouvait mieux en vrai que sur les magazines. Elle sourit. Mais, elle dit à ce dernier, que si elle le pouvait, elle se passerait volontiers de jouer les mannequins.

Tidiane avait saisi un certain malaise dans le regard d'Aurore.

Il lui fit une grimace pour détendre l'atmosphère, elle lui rendit sa grimace. Et ils éclatèrent à nouveau de rire.

Une certaine complicité naissait entre eux. C'était peu, mais déjà beaucoup pour Aurore qui vivait renfermée sur elle-même.

*Pendant ce temps dans les bureaux du groupe DJANZ ...

(Abigael)

- "Cette petite effrontée va m'entendre! Où est-elle est encore passé?

Elle se croit tout permis cette irresponsable.... Grrrrrr".

- "Suzanne! Suzanne! Où est Aurore?", hurla Abigaël DJANZ en entrant comme une furie dans le bureau de l'assistante.

La jeune femme se tut quelques secondes, un peu choquée par l'entrée tonitruante d'Abigaël.

Elle inspira profondément, avant de lui répondre.

- "Elle est au hammam. Elle a un shooting demain et se doit d'être au au top pour ce travail".

- "Bien. Pour une fois qu'elle fait les choses dans le bon sens...rappelles-lui qu'elle a son entrainement cet après-midi, et qu'elle ne s'avise pas de venir en retard".

- "Oui Madame, elle est déjà prévenue".

- "Bien. Conviens d'un rendez-vous avec les fournisseurs pour qu'on puisse renouveler toute la vaisselle, la décoration, et les accessoires des restaurants, et appelles les directeurs de chaque restaurants pour connaître le nombre exacts de d'éléments à commander. Maintenant, je dois y aller. On m'attend.

Aurevoir Suzanne!" Dit Abigaël en claquant la porte derrière elle.

- "Aurevoir Mme DJANZ!", souffla Suzanne. "Quel odieux personnage!" bougonna - t'elle soulagée de son départ. Elle aussi craignait Abigaël, car ses coups de colère étaient terribles.

Suzanne savait qu'Aurore était en bonne compagnie, mais elle devait lui rappeler ses devoirs.

Elle était partie depuis presque 2 heures, et une montagne de boulot l'attendait. Sans compter sa séance de sport et la préparation du shooting.

Elle composa son numéro plusieurs fois, mais Aurore ne répondait pas. Au bout d'un quart d'heure, elle réussit enfin à la joindre.

"Ahhhhh Aurore! Mais que fais-tu?" s'écria Suzanne stressée de ne pas pouvoir mettre la main sur sa protégée.

"Il est l'heure de rentrer! Dépêches-toi! Tu vas nous mettre en retard sur le planning. Abigaël va nous aplatir!

Je te donne 10 minutes Aurore. Et pas une de plus!", hurla Suzanne agacée!

- "Ok! Ok! Suzanne j'arrive immédiatement. A tout de suite".

- "Retour à la réalité ", se dit elle intérieurement.

-"C'est déjà la fin?" Demanda Tidiane avec humour.

- "Oui, monsieur c'est déjà la fin", répondit Aurore embêtée.

Elle expira et reprit: "Mon assistante est sur les dents. Elle est super gentille, mais un peu hystérique. (rires simultanés d'Aurore et Tidiane ) ...Nous avons un million de dossiers à gérer.

Il faut que j'y aille. Je suis désolée.

- "Allons-nous nous revoir Aurore?, dit Tidiane inquiet. Je sais que tu vis à 100 à l'heure, mais"...

Sans attendre la fin de sa phrase, elle s'empressa de lui tendre sa carte de visite, en lui disant:

" Tu veux me revoir? Très bien. Appelles-moi et surtout ne raccroches pas sans dire Aurevoir".

Elle lui fit une bise sur la joue, et s'en alla vite, et sans se retourner, jusqu'à sa voiture. Le chauffeur démarra en trombe, en direction de l'immeuble DJANZ.

Elle n'eut même pas le temps d'arriver qu'elle reçut un texto de Tidiane.

"J'espères que nous aurons plein d'autres rendez-vous comme ça! Bises"

Aurore était bien. Elle ne se posait aucune question. Elle était juste heureuse. La première fois depuis longtemps.

Tidiane, lui, était surpris. Aurore lui avait cloué le bec avec son aplomb.

Elle avait su le défier avec intelligence. Il aimait de plus en plus l'audace de cette jeune femme. Elle avait joué le même jeu que lui, et l'avait laissé sur le carreau en s'en allant et sans même le remercier pour le repas. Il était tout simplement bluffé, et sous le charme.

Il avait perçu qu'Aurore était loin d'être sotte, et avait le sens de la répartie.

Mais les apparences étaient trompeuses!

Tidiane était très loin de se douter ce que cette fille endurait. Elle n'avait aucune liberté, et avait dû braver l'interdit pour pouvoir déjeuner avec lui. Par chance, Suzanne l'avait couverte. Mais ceci ne pourrait durer indéfiniment.

En tout cas, Tidiane pensait avoir trouvé une candidate sérieuse pour devenir sa moitié.

"Concurrente de ma famille ou pas, Aurore DJANZ tu seras à moi!" se dit-il avec détermination.

Chapitre 3 Chapitre 03

"Je la hais, elle me hait"

Par chance Aurore était à l'heure pour son entraînement. Abigaël aimait y assister et la saoulait avec ses réflexions inutiles.

- "Pffffff! Ce qu'elle peut m'énerver cette vieille bique. On ne dirait même pas que c'est ma mère", pensait Aurore.

Une fois le sport terminé. Elle se doucha et monta pour préparer le shooting si important du lendemain.

Suzanne qui avait hâte d'entendre son récit sur le déjeuner n'en pouvait plus d'attendre, mais Abigaël ne voulait plus les laisser. Elle les suivait partout comme si elle pressentait quelque chose.

Enfin, elle eut un appel urgent qui lui fit dire quelle devait partir dans l'immédiat. Elle prit presque ses jambes à son cou, et disparu dans les longs couloirs des bureaux

DJANZ.

(Suzanne) - "Enfin seules!", chuchota Suzanne. "Bon Alors? Racontes ma belle! Racontes vite, je n'en peux plus Aurore!"

( Aurore) - "Mon Dieu Suzanne! Je suis amoureuse. Je te jure que c'est vrai. Ce mec est une bombe. Je sais pas comment faire. Maman ne me laissera jamais avoir une relation avec lui. Il est gentil, il a l'air honnête. Il m'a dit qu'il savait qui j'étais tout de suite. Il n'a pas chercher à aire semblant. Il a été élégant, mais après avoir eu 25 minutes de retard quand même! Ça c'est le petit moins dit-elle en grimaçant. Son corps est parfait. Ses yeux.... Ooooooh Suzanne! Ses yeux sont d'une profondeur...Suzanne aides-moi stp! Il faut que j'aille au bout cette fois-ci. J'ai enfin envie de penser à moi".

- "Mais parles moins vite Aurore! Tu dis tout en même temps, comme si tu étais névrosée. Ton cœur va exploser. Souffles avant de commencer une autre phrase, lui dit Suzanne amusée!"

- "Je ne peux pas dit Aurore. J'ai peur de la suite. Ma Suzy comment vais-je m'y prendre?"

Suzanne lui conseilla de continuer à dissimuler cette relation tant qu'elle ne connaissait pas mieux Tidiane. Elle lui promit de l'aider, et de la protéger tant que ce serait nécessaire. Suzanne voulait absolument qu'Aurore s'affranchisse de sa mère.

Elle essayait par tous les moyens de l'aider à prendre son indépendance, mais elle n'y arriver pas. Cette histoire était peut-être l'occasion où jamais.

Pourtant dans les faits, et sur les papiers, Aurore n'avait aucunement besoin d'Abi.

L'entreprise lui appartenait à 100%, et Aurore était majeure et vaccinée. Elle pouvait vivre seule si elle le souhaitait, mais ne le faisait pas.

Aurore était comme maraboutée! Pour on ne sait qu'elle raison, elle n'avait aucune force de quitter la villa familiale, pour prendre son envol. Elle vivait dans sa prison dorée qu'elle détestait, sous les ordre du caporal-chef Abigaël DJANZ.

Aurore lui dit qu'elle voulait réellement essayer de voir, ce que cette relation allait donner.

Une fois la préparation du shooting faite, Aurore et son assistante allèrent faire leurs ongles ensemble pour terminer la journée. C'était leur petit rituel du mercredi.

Sur le chemin, Aurore sortit de nouveau son carnet d'écriture. Inspirée, elle commença à poser quelques lignes:

"Je pense que je m'en sortirai, Lazare ne pourra pas me retenir indéfiniment. Il faut que je sois libre et affranchie. D'ailleurs, j'ai un plan, un excellent stratagème. Quand même je vais pas terminer mes jours à l'ombre. Je suis vivante, et je veux vivre. La liberté c'est pour maintenant! Aurore la prisonnière est morte! Désormais, vive Aurore la femme libre!"...

Elle fut interrompu par Suzanne qui lui signala leur arrivée au salon de beauté.

Aurore rangeait son carnet d'écriture dans son sac, lorsqu'elle se rendit comme qu'elle avait oublié son téléphone portable dans son casier après sa séance de sport.

-"Zut!", cria t-elle! Et si il m'appelle, je n'en saurai rien. Rooooo! C'est embêtant cette histoire! Elle envoya donc son chauffeur récupérer le portable.

La manucure faite, elles se mirent en route vers la villa familiale. Aurore s'empressa de sortir de la voiture, quand Ben le chauffeur cria:

- "Mademoiselle et votre portable?"

- "Oh merci Ben! Vous êtes mon sauveur!, dit Aurore.

Ben, un brin gêné sourit puis s'en retourna déposer Suzanne. Celle-ci, avait au préalable prévenu Aurore que le rendez-vous pour le shooting du lendemain était à 5h du matin, sans faute!!!!!

- "Oh Suzanne! cesses d'être rabat-joie stp, je serais à l'heure!!!!! Je serais à l'heure!!!! Bouuuuuuuuuuh!!!!!!"

Aurore, entra chez elle et trouva Louisette affalée sur le canapé du grand salon. Elle était comme à son habitude devant la télé, et regardait sa série préférée, comme tous les ados de son âge.

Louisette était l'extrême opposé de sa grande sœur. Physiquement, mais aussi au niveau du caractère.

Elle était rebelle et intraitable avec sa mère. Elle donnait du fil à retordre à Abi, mais adorait sa grande sœur.

A première vue, Louisette DJANZ ne semblait même pas être la sœur d'Aurore. Elle était belle, de teint sombre. Grande mais grassouillette, attachait toujours des cheveux en chignon ou en couette.

À 17 ans, la cadette des DJANZ fréquentait le lycée d'excellence privé Birago Diop de Dakar. C'était une bonne élève. Mais elle aurait pu être parmi les meilleurs, si seulement elle se donnait un peu de mal.

Sa bonne humeur et sa gentillesse plaisait à ses nombreux amis et à son entourage. Elle était intelligente et généreuse.

Par contre, sa seule ambition était de rendre dingue sa mère, qu'elle ne supportait pas.

- "Salut ma Loulou! Et ta journée?" Demanda Aurore.

- "Super! R.A.S", répondit Louisette accaparée par son feuilleton.

- ( Aurore)

Ok. À plus tard! Je suis lessivée, je vais dans ma chambre! À plus tard sœurette!

- (Louisette) A + belle gosse de Dakar! Dit-elle pour taquiner sa grande sœur.

Aurore monta à l'étage pour rejoindre sa chambre et comme d'habitude propulsa ses chaussures au sol. Ensuite, elle se jeta de tout son pesant sur le lit.

Elle regardait vers le plafond et se dit:

-"Quelle journée Waou! Waou! Waou!".

Ses pensées étaient tournées vers Tidiane. Elle n'avait même pas eu le temps de répondre à son gentil message suite au repas.

- "Bon, il faut quand même que je réponde à ce sms."

Elle saisit son mobile, et avant même qu'elle n'eut le temps de composer le premier chiffre, le téléphone sonna. C'était Abigaël qui hurlait!

En effet l'appel urgent de cet après-midi était celui Mme MENG, une amie à elle, qui avait aperçu Aurore en galante compagnie à la Fourchette.

Elle n'était donc pas au hammam, mais au restaurant, et s'en était trop pour Abi, qui n'aimait pas l'idée qu'Aurore lui mente!!!!!!

- " Tu te prends pour qui, jeune sotte sans vergogne? Tu reprends tes histoires bêtes sans lendemain? Tu veux encore perdre du temps au lieu de t'occuper de nos affaires? Aurore? C'est à toi que je parle!", criait sa mère dans le combiné.

Aurore était pétrifiée. Abi la découperai en deux si elle savait la vérité.

- "Seigneur Dieu aides-moi, que vais-je lui répondre", se disait-elle.

- "22 ans et toujours incapable de faire taire cette vieille folle. Putain! Mais je ne vaux rien," pensait Aurore.

Après un moment de flottement. Aurore reprit un peu courage.

Elle tremblait de colère.

Elle tremblait d'effroi.

Abi était dure avec elle. Même si elle ne l'avait jamais frappé, Aurore craignait ses réactions qui la faisait complètement flippait.

- "Maman... " Abigaël la coupa et l'insulta, encore plus violemment, la traitant tour à tour de menteuse, de sans cervelle, de fille de joie et autres noms d'oiseaux.

Aurore encaissait, mais c'était plus qu'elle ne pouvait supportait. Elle hurla à son tour dans le combiné:

- "Stoooooooooooop! Stooooooooop Maman! Stoooooop! Stoooooooooooop!!!!! "

Abigaël surprise par cet éclat de voix se tut.

- "Maman, s'il te plait ... laisses moi t'expliquer, reprit Aurore essoufflée d'avoir tant crier. Arrêtes un peu de vociférer tes insultes et écoutes moi s'il te plait...

... Ce n'était pas un rendez-vous galant. C'était un rendez-vous important. Ça concernait le service juridique, ce type est avocat. Mais puisque tu as l'air d'être au courant de tout, je ne vais pas développer plus.

Ma journée a été longue et harrassante. J'aimerai me reposer s'il te plait maman. On en reparle demain. Si tu veux".

- "Bon... bon!", dit Abi interloquée.

C'est vrai que son amie (Fatou MENG) était pire que Google et Yahoo réunis.

Elle savait tout sur tout, et tout sur tout le monde. Mais parfois ses infos s'avéraient êtres fausses et mélangées.

Elle accorda donc le bénéfice du doute à Aurore, qui jamais n'osait mentir, et encore moins crier sur elle comme elle venait de le faire. Peut-être était-elle allée trop loin?

Aurore désemparée appela tout de suite Suzanne. Cette dernière lui demanda de se calmer et la rassura.

-"Je la hais et elle me hait!", coupa Aurore effondrée!

-"Pourquoi me traite-t'elle ainsi? C'est méchant et injuste. J'en ai assez! Assez!!!!", pleurait la jeune femme assaillit par la tristesse.

(Suzanne) - "Ce n'est rien. Ne t'en fais pas. Je te couvrirai. Néanmoins, nous devons faire attention pour les prochaines fois. Il faudrait trouver une solution fiable et intelligente.

- "Manges et reposes-toi Aurore. L'essentiel c'est le shooting de demain. Abigaël se calmera. Tu as bien réagis. Je trouve que tu t'en sors de mieux en mieux", l'encouragea Suzy.

Après avoir raccroché avec son assistante, Aurore posa son téléphone et ne pensa plus à contacter Tidiane, vu la situation ça aurait été du suicide.

Elle avait menti effrontément à sa mère, et la réplique allait gronder si Abi s'en apercevait. Tout ceci stressait Aurore.

Elle se dit qu'après tout, si cet homme voulait la revoir, il la rappellerai.

De toutes les façons, Aurore tombait de sommeil. Elle eut la force de se traîner jusqu'à la cuisine pour manger deux, trois bricoles.

Elle se doucha, mît un pyjama et se coucha. Elle n'eut même pas la force de continuer à écrire ce qu'elle avait commencé plus tôt dans la journée.

- "L'inspiration attendra", se dit elle.

Louisette qui avait entendu les cris d'Aurore savait dans quelle état devait se trouver son aînée.

Elle se rendit rapidement dans la chambre de sa grande sœur. Aurore sanglotait, et comme toujours, c'était à cause d'Abi.

Louisette était triste pour elle. C'était sa grande sœur, mais elle semblait si fragile.

Elle se glissa dans son lit. Elles étaient côte à côte, mais ne parlaient pas. Et pourtant, elles se comprenaient parfaitement.

Louisette caressait la tête d'Aurore, comme dans un geste d'apaisement.

Le sommeil la gagna enfin, et Aurore s'endormit dans les bras de sa sœur, le cœur serré jusqu'au petit matin.

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