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Au nom de l'amour je l'ai choisi

Au nom de l'amour je l'ai choisi

Auteur:: SOFIANE
Genre: Romance
Au nom de l'amour on s'est dit Oui

Chapitre 1 Chapitre 0

Je suis un cliché ambulant. Un vrai. Il y a tellement de filles comme moi dans le monde que mon cas, enfin notre cas, devient commun. Mais je crois que moi, j'accumule. Ma situation n'est pas pire que celle d'une autre mais vraiment j'accumule.

Point 1 je suis camerounaise. Ce n'est pas une nationalité facile à porter (quoi que certaines personnes en disent). Point 2 je vis au Cameroun : là pas besoin d'explication. Chacun connait la situation dans notre pays. Point 3 je ne suis la fille de personne de connu, je ne connais personne qui « est quelqu'un quelque part ». Ce qui peut d'ailleurs être une explication du point 2. Le point 2 et le point 3 c'est pour dire que ma vie est loin d'être facile, mais j'avoue que je suis mieux lotie que certains puisque moi, je travaille. Point 4, je ne suis pas belle. Je ne cherche pas les compliments ni rien, c'est juste que chaque matin quand je me regarde dans mon miroir je dois faire face à la triste réalité. Je ne suis pas belle, je suis quelconque, je suis banale. Ce qui rend le point 5 encore plus pathétique. Point 5 donc : je suis grosse, une véritable baleine, si je tombe du haut d'une colline, je vais tout simplement rouler. Ok j'exagère mais sur une échelle allant de la gazelle à la baleine, je dirais que je suis un panda. Pour terminer, je suis très , très maladroite. Un cliché, vous dis-je.

Oui je sais, « il faut avoir confiance en soi », « les hommes préfèrent les rondes », « tu es plutôt jolie dans ton style », « plus tu as confiance en toi, plus tu irradie et plus les hommes te regardent » et tout ce putain de tralala que le gens, qui ne sont pas dans votre corps et n'ont aucune idée de ce que vous vivez, vous racontent. Qu'est ce que les gens croient même exactement ? Que la confiance en soi se ramasse dans la rue ? Comment avoir confiance si les hommes qui te plaisent ne daigne même pas d'accorder un regard ? Même pour dire bonjour ? Tu vas avoir confiance en toi si dans une assemblée les gens t'évitent systématiquement pour aller vers les plus minces et les plus belles ? Pas la peine de dire que j'exagère, seules les grosses (et les gros) savent. Comment avoir confiance en soi si tu es tout le temps obligé de jouer un rôle ? Celle de la bonne GROSSE amie toujours enjouée et qui a l'air bien dans sa peau ? A qui ont fait les confidences à propos de l'homme qui lui plait en train de draguer/coucher avec telle ou telle fille.

Je fais pourtant des efforts, je jure. Je ne porte plus systématiquement le noir. Je porte des couleurs vives, enjouées. Je souris, je ris, je ne reste plus dans mon coin, je vais vers les gens. Je porte des mini jupes et des talons, je fais tout, mais rien n'y fait, les mecs qui me draguent sont si...fades...quelconques !

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, je sais, je sais. Il faut que je joue dans ma catégorie, mais que Dieu me pardonne, je veux un mec grand et beau et musclé. Je sais je fais aux autres ce que je n'aimerai pas qu'on me fasse mais vraiment sur ce point, je ne lâcherais pas l'affaire. Oui les mecs petits et gros et laids, méritent l'amour comme tout un chacun, mais moi, je veux donner mon amour à un mec GBM (Grand Beau et Musclé), un point c'est tout ! Vous-même, les gros et laids avec les gros et laids ? Les beaux avec les beaux ? Non le monde ne peut pas s'en sortir comme ça. Il faut de la mixité dans tout. Je le dis sans trembler et avec toute la mauvaise foi possible certes mais je le dis quand même. Je ne veux pas un GBM, juste comme ça hein. Il y a une raison. Grand parce que...voilà, j'aime les mecs grands (oui c'est une raison parfaitement potable), beau parce que...c'est toujours mieux d'avoir une belle chose qu'une laide (ce sont MES raisons, fouttez moi la paix) et enfin musclé parce que il faut qu'il soit capable de me porter et de me supporter dans un lit (et toc !).

J'anticipe votre prochaine question, « Pourquoi tu ne fais pas du sport ? ». Attendez je ris...On vous a dit que c'est FACILE ? Je wanda même sur vous, nous les gros, laids et/ou quelconques (GLQ) ont a du mal à faire du sport...Beh oui, nos corps sont plus lourds que ceux des GBM (et leurs dérivée les BMC : les belles minces et CONASSES !). Du coup ont a du mal a les déplacer, le moindre effort nous fatiguent et on aime manger la bonne nourriture. Donc non je ne fais pas de sport. Je vais juste marcher une heure tous les matins. Enfin les matins où j'arrive à me lever à 6 heures.

Bon la suite du cliché ? J'ai eu une scolarité solitaire, toujours dans mon coin. Vous savez qu'il n'y a pas plus cruels que les enfants entre eux non ? Ai-je besoin d'expliquer plus ? J'ai fait mon probatoire 2 fois et j'ai eu mon bac du 1er coup. Toujours aussi solitaire ou acoquiner avec les GLQ comme moi. J'ai foncé vers un BTS banque avant de décider que l'école c'était trop pour moi. J'ai galéré pendant 2 ans avant de trouver mon boulot actuel, je suis la réceptionniste de la réceptionniste d'une banque de la place. Oui oui, les boulots comme ça existent. Parce que (là imaginez une BMC prenant un air supérieur et ennuyé) « certaines parmi nous ont trop de boulot pour recevoir n'importe qui ». C'est donc moi qui reçois « n'importe qui » afin de l'aider à se diriger vers tel service ou vers...la réceptionniste en chef. Bien sur, je fais aussi les photocopies, le café et toutes les autres basses besognes que vous pouvez imaginer. Mais à vrai dire, je m'en fous. Je suis payée pour ça et mon ambition n'a jamais été d'être directrice d'une banque !

Un tas de documents atterrit sur mon bureau en un bruit mat, me tirant de ma rêverie.

-En 10 exemplaires. C'est urgent !

Pas même un bonjour ou un stp. Je ramasse les documents tout en me retenant de dire à Carine d'aller se faire foutre ! Carine c'est la BMC type ! Elle est grande, 1m80, belle, toute en courbes mais mince, toujours tirée à 4 épingles, pas le genre à revenir avec une tâche d'huile sur son chemisier (moi, hier à la pause), et bien sur méchante. Je la DETESTE. Elle est chargée de clientèle ici et elle est rudement efficace, ce qui attise ma haine. Si au moins elle ne savait rien faire et se la pétait juste. Non elle se la pète avec raison parce qu'elle fait bien son travail, est belle et s'en fout des jalouses comme moi.

Je vais faire les photocopies et je trouve la photocopieuse bourré. Je réussi à m'en tirer sans tâche d'encre mais je suis un peu essoufflée et je sens déjà une légère odeur de transpiration sous mes aisselles. Je prends le temps de me calmer avant de me diriger vers son bureau. Je frappe et j'entre.

-Moi : Voici vos documents madame !

Oui oui vous avez bien lu. Cette connasse exige que je l'appelle « madame ». Elle lève les yeux et, ô miracle, me sourit.

-Carine : Merci !

Je plisse les yeux devant tant de gentillesse et c'est là que je LE sens. Il est derrière moi. LE GBM ! Je me sens tout à coup plus bête et moche et puante que d'habitude, mais je me retourne.

-Moi : bonjour

Le son est à peine audible et je fonce vers la porte sans attendre sa réponse. Je me rassois à mon bureau et je respire.

Le GBM Franck Bile (big up à Arsène, mon special one). Il est G. oh oui, il l'est. Et B. aussi, sweet Jesus ! tellement B. que je suis incapable de le regarder dans les yeux. Et M., oh seigneur, ses muscles ! Et il est gentil, pas hautain du tout, et il sent bon et il a des dents parfaites et il s'habille bien et il est célibataire...et il ne connait pas mon nom !

Je reviens brutalement dans la réalité. Oh rassurez vous, je n'ai pas de visées sur Franck et il n'a pas d'intérêt secret pour moi. Il est totalement et irrémédiablement « out of my league ». On ne joue définitivement pas dans la même catégorie. Je ne perds même pas mon temps à fantasmer sur lui...ok j'essaie de ne pas perdre mon temps. Je suis quasi invisible pour lui et c'est tant mieux comme ça. Parce que si jamais il remarque mon existence, si il me parle, si il prononce mon prénom, je suis cuite. Le temps de dire « ouf » je serais amoureuse de lui et bien sur, j'aurais le cœur brisé. Donc mieux, il continue à ignorer mon existence.

Je soupire et je redresse le torse pour accueillir un client qui se dirige droit vers moi.

-Moi : Bonjour, je suis Anna, en quoi puis-je vous aidez ?

La GLQ.

Chapitre 2 01

Chapitre 1

Mon réveil a sonné une 1ere fois à 5h15. J'ai roulé sur le lit et je l'ai éteint. Il a sonné une 2e fois à 5h30. Cette fois ci je me suis assise sur le lit avant de me recoucher en me disant que j'allais me lever dans 5 min. J'avais d'ailleurs largement le temps de dormir encore 10 minutes avant de me lever, de m'habiller et d'aller faire le sport de 6 à 7h. Forte de cette analyse que je faisais tous les matins, j'ai fermé les yeux. Je les ai ouvert quelques minutes plus tard et j'ai machinalement regarder l'heure: 7h! J'ai soupiré et cette fois je me suis levée. Je pouvais me permettre de ne pas aller bruler ma graisse mais je ne pouvais pas me permettre d'être en retard au boulot.

A 8h j'étais en poste pour l'ouverture. Une certaine fébrilité régnait. Aujourd'hui il y avait une grosse réunion. D'ailleurs à peine arrivée on m'avait transmit une liste de produits à acheter. J'ai foncé à Calafatas (Boulangerie) et j'ai regardé la liste. 20 croissants, 20 pains au chocolat et autant de chouquettes. Je fais savoir à Dieu que je note la tentation à laquelle il me soumet et que je vais bien sur y céder. J'ai pris 21 croissants, 21 pains au chocolat et 20 chouquettes. Le temps d'arriver en route pour prendre un taxi, le 21 croissant n'était plus qu'un souvenir et 21e pain au chocolat était en passe de l'être. J'ai donc fait demi tour pour en racheter tout en faisant taire la petite voix dans ma tête qui me disait de ne pas le faire. Ce n'est pas de ma faute si ces trucs étaient bons comme le pêcher. Cette petite voix me donnait tellement de conseils que je n'écoutais pas que j'avais fini par me l'imaginer comme étant une version mince et jolie de moi même. J'avais pensé que ça m'aiderait à l'écouter (parce que cette pimbêche a toujours raison) mais ce fut tout le contraire. Moi une GLQ, avoir une BMC dans ma tête? Un comble.

De retour au bureau je suis directement allée en salle de réunion. J'ai disposé les croissants, pains au chocolat et chouquettes dans des corbeilles. Puis j'ai mis le jus d'orange dans une carafe et j'ai rempli des petits gobelets en plastique de café. Je suis reparti travailler pendant que les cadres s'empiffraient. J'étais régulièrement appelée à l'intérieur pour remplacer la boisson. A 11h45 la réunion s'est terminée et devinez qui fut chargé de nettoyer la salle de réunion? Moi bien sur.

Je fais le tour de la grande table pour récupérer les gobelets vides et les viennoiseries à moitié mangées quand j'aperçois sur une chaise, un Ipad. Je le prends entre mon pouce et mon index comme si c'était un déchet et je le dépose sur la table. Le nom gravé sur la pochette me fait savoir que c'est l'Ipad de Franck G. Bile. C'est hors de question que j'aille le lui rendre. Il n'aura qu'à venir le chercher lui même. Parce que c'est hors de question que j'aille dans son bureau et que je lui parle. Rien qu'en y pensant, je commence à transpirer, alors imaginez ce que ce sera si je le fais vraiment.

Je termine donc mon nettoyage en mettant les déchets dans un grand sac poubelle Puis je prends le bol de la cafetière à moitié plein et je me dirige vers la sortie. Alors que je suis à 30cm de la porte celle ci s'ouvre et Franck déboule dans la salle comme une tornade. Bien sur ce qui devait arriver, arriva. Je prends le temps d'ajouter ce cliché à la liste déjà bien longue des clichés que je trimballe puis j'adresse un regard de reproche à Dieu. C'est quoi Ton problème avec moi ce matin? Enfin je baisse les yeux sur Franck.

Il porte un pantalon bleu avec une chemise blanche et une cravate bleue. Enfin il portait. Le pantalon s'en est sorti, mais une impressionnante tâche marron s'étale sur la chemise. Je m'inspecte également et je constate que seules mes ballerines ont étés touchées. Un vrai miracle. Une main aux longs et beaux doigts se pose sur mon épaule.

-Franck: Anna? Anna? Ca va?

Anna....ANNA? Attends Anna c'est moi! C'est mon prénom. Comment il connait mon prénom? Hein?

Je lève les yeux vers lui.

-Moi: excusez moi.

Déjà que ma voix est naturellement basse, là...elle est à peine audible. Mais il m'a entendu.

-Franck: Oh non ne t'excuse pas. C'est moi. Je suis entré là comme un taureau et voilà le résultat. En fait je cherchais mon Ipad, tu ne l'aurais pas vu?

Je me retourne et je pointe l'Ipad posé sur la table. Il me remercie et va le prendre.

-Franck: Anna? Tu es sure que ça va?

Mais pourquoi il continue à m'appeler Anna? C'est quoi son problème? La voix dans ma tête me donne une réponse. En fait il connait mon nom parce que il m'a remarqué depuis, je lui ai tapé dans l'œil. Mais il ne savait pas comment m'aborder parce que je l'intimide. Mais là le destin lui envoi un signe et il va tenter sa chance. Donc est que je voudrais bien qu'on mange ensemble à la pause de midi? Moi magnanime j'accepte et le déjeuner se passe bien. On se met à sortir ensemble. Après quelques mois, amoureux et subjugué par mes formes et ma fantastique personnalité, il me demande de l'épouser. Moi j'accepte . Sa famille m'adore, on se marie, on a beaucoup d'enfant dont le 1er est une fille. La voix a débité tout ça d'une traite et est en train de reprendre son souffle quand Franck m'appelle encore.

-Franck: Anna?

-Moi: oui on peut manger ensemble.

Puis je ferme ma bouche horrifiée. Mon Dieu, mon Dieu Anna! La voix me regarde ébahie. Si elle n'avait pas fait de plans sur la comète je n'aurais pas sortie cette malheureuse phrase. Bordel!

-Franck: mais oui bien sur. C'est la moindre des choses vu que je vais prendre une partie de ton temps. Ca me dérange vraiment de te demander ça, mais est ce que tu pourras porter ma chemise au pressing? Stp Anna? Comme ça sur le retour tu pourras t'arrêter au Moulin de France pour prendre nos repas. Ca te va? Viens on va commander.

Il me prend la main et m'entraine vers son bureau. Je me laisse faire tirant le sac poubelle derrière moi et tenant toujours le bol de la cafetière. J'essaie de lui dire que je n'ai pas vraiment fini de nettoyer la salle de réunion mais aucun son ne sort de mes lèvres.

On entre dans son bureau et il ferme la porte derrière lui.

-Franck: vraiment, merci de me rendre ce service.

Il dénoue sa cravate. Puis il commence à déboutonner sa chemise. Hein père?! Je recule, muette de saisissement. Quand il arrive au milieu de la boutonnière j'ai le dos collé à la porte et j'entame un désespéré "Notre père" sans jamais m'arrêter ni reprendre mon souffle.

"Notrepèrequiestsauxcieuxquetonnomsoitsanctifiéquetonrègneviennequetavolontésoitfaitesurlaterrecommeauciel.Donnenousaujourd'huinotrepaindecejourpardonnenousnosoffensescommenouspardonnonsaussiàceuxquinousontoffensés.

Franck ouvre le dernier bouton et écarte les pans de sa chemise.

-Maisnenousosumetpasàlatentation...Seigneur pas "nous" mais moi. Ne me soumets pas la tentation, pardon seulement!

Dieu, fidèle à sa ligne de conduite de la matinée, permet à Franck d'ôter sa chemise. Mes yeux se remplissent de pectoraux bien dessinés et de "pack de 6" abdos.

-Franck: d'habitude j'ai des chemises et des cravates de rechange ici, mais je les ai amenées à la maisons pour les faire laver et bien sur il a fallu que je me salisse aujourd'hui. La vie parfois vous joue de drôles de tours.

Je ne te le fais pas dire Franck. Il se retourne et se baisse et j'ai le temps de voir 2 magnifiques fossettes dans la bas de son dos. Seigneur pourquoi moi?

Que celle qui est capable de résister aux fossettes dans le dos me jette la première pierre! Personne? alors arrêtez de dire que j'exagère!

Franck passe enfin un tee-shirt blanc et me tend la chemise.

-Franck: merci Anna. Tu me rends un grand service. J'ai une autre réunion à 16 h et je ne peux pas y aller en tee-shirt. Tu prends quoi?

Toi, accompagné d'un lit et de préservatifs.

-Moi: ce n'est rien, c'est mon travail monsieur.

-Franck: Franck!

Je le regarde interrogative.

-Franck: je m'appelle Franck et non monsieur

-Moi: je sais comment vous vous appelez. Bon j'y vais.

-Franck: attends tu prends quoi au Moulin de France?

"Dit lui que tu ne prends rien parce que tu as des viennoiseries planquées dans ton sac et tire toi d'ici avant que ça ne devienne vraiment embarrassant". Pour une fois je suis d'accord avec la voix.

Franck me regarde avec le combiné dans la main.

-Moi: rien. Je ne prends rien.

-Franck: qu'est ce que tu raconte, il faut bien que tu mange. Je vais nous prendre 2 salades.

Il prend de l'argent dans son portefeuille et à peine me l'a-t-il remis que je suis hors de son bureau. Je sens de la transpiration couler le long de mon dos et sous mes aisselles. Dis donc, c'était quoi ça? Je fonce vers mon sac et en trois bouchées je fais un sort au pain au chocolat. Je me sens tout de suite plus calme.

Je sors de la banque et je saute dans le 1er taxi, direction Luc's Pressing, Elig- Essono. Au retour je m'arrête au Moulin de France pour prendre la commande de M. Bile et je reviens enfin au bureau.

Je suis devant la porte de Franck me demandant si je ne dois pas poser son repas devant la porte et filer sans demander mon reste. Oui c'est une bonne idée. Je commence à me baisser quand la porte s'ouvre.

-Franck: ah il m'avait bien semblé entendre quelqu'un. Entre.

Je n'ai pas d'autre choix que de le suivre dans la pièce. Il pose la nourriture sur une table dans le coin de son bureau et tire 2 chaises. Et c'est là que toute la réalité me frappe de plein fouet, moi Anna, GLQ de son état, je vais passer 45min-1 heure a manger avec Franck le GBM par excellence? Tous les 2 , tous seuls? Ca va vraiment arriver. Mon Dieu, aidez moi!

La GLQ!

Chapitre 3 02

Chapitre 2

-Franck : Je t'en prie Anna, assied toi.

Je respire et je case mes grosse fesses sur une chaise. Il attend que je sois assise pour s'assoir à son tour. Hum c'est la galanterie que tu veux voir ?

-Franck : j'ai pris une salade de poulet et une salade de lardons. Tu veux laquelle ?

Les 2 ! hurle la voix dans ma tête. Je me racle la gorge.

-Moi : Lardons, svp.

Je sentais la sueur couler dans mon dos, sous mes aisselles et dans mon cou et ce, malgré la climatisation.

Je me suis tortillée sur ma chaise, mal à l'aise. Pourquoi est ce que j'avais mis cette chemise sans manches déjà? Maintenant Franck avait une vue directe sur mes bras pleins de graisse et striés de vergetures. Et la jupe? Noire, certes, mais qui quand je m'asseyais coupait mes ventres(oui oui j'ai plusieurs ventres) en 2 et laissait voir mes genoux constitués de 2 amas de graisse.

J'ai senti les larmes me monter aux yeux. Pourquoi je ne pouvais pas être, une fois dans ma vie, à mon avantage quand la situation l'exigeait? A lieu de ça j'étais juste une boule de stress puante et mal fagotée.

J'ai regretté encore une fois de ne pas être le genre de grosse à avoir un beau visage à défaut d'un beau corps. Au moins les yeux des gens auraient pu se poser sur quelque chose de joli. Alors que là, quelque soit l'endroit où se posait le regard tout n'était que laideur. Putain Anna, arrête de t'apitoyer sur ton sort.

Franck me passe la salade ainsi que les couverts. Il déplie une serviette en papier qu'il pose sur ses cuisses. Je fais pareil. Il met les tranches de pain entre nous et j'ai juste envie de lui dire de se dépêcher. L'odeur des lardons chatouille mes narines et j'ai trop envie de manger. Finalement il prend ses couverts dans chaque main et :

-Franck : Bon appétit.

Alors que je m'apprête à me jeter sur la nourriture, je me retiens. Anna, comporte toi. Déjà, tu vas manger calmement, et mastiquer au moins 15 fois avant d'avaler. Ensuite tu ne vas manger que la moitié de ta salade. Enfin tu n'auras droit qu'a 2 tranches de pain. COMPORTE TOI.

Je prend ma fourchette et je pique un crouton de pain dans ma salade. C'est tellement bon ! Je découpe quelque feuilles et hop dans ma bouche. Mmmmmmm, excellent. C'est trop bon, hors de question que je ne mange que la moitié de cette sublime salade. Je prends une tranche de pain que j'avale et je sens des picotements de plaisir dans tout mon corps. Juste 2 tranches ? Impossible c'est trop bon. Pourtant je prends soin de mastiquer lentement et de compter. Tout se passait bien jusqu'à ce que Franck lève les yeux vers moi. J'en ai oublier de compter.

-Franck: Tu ne parles pas beaucoup toi.

-Moi: Si mais seulement tu ne m'entends pas.

Il a éclaté de rire et j'ai secoué la tête, dépassée par tant d'injustice. Même son rire était beau, ce qui avouons le est terriblement injuste. Est ce que ce type avait un défaut? Un défaut apparent? Alors qu'il s'apprête à me répondre son téléphone sonne.

Franck se lève et va au niveau de son bureau pour répondre. Dès qu'il me tourne le dos j'enfonce 3 grosses bouchées de salade dans ma bouche, que je mâche aussi vite que je peux. Je prends une tranche de pain, que je trempe sans vergogne dans la vinaigrette et j'avale. Je croise les doigts pour que sa conversation me permette de manger plusieurs tranches de pain. Pour une fois Dieu entends ma prière, Franck semble s'éterniser au téléphone. Je mange 3 grosses tranches de pain, puis je fais un tri et mange tous les lardons de ma salade, ni vu ni connu. Maintenant il reste assez de nourriture dans mon assiette en carton pour faire croire que je n'ai pas beaucoup mangé. Seules les tomates abandonnées semblent me lancer un regard accusateur. Oui, oui, oui, oui je sais j'aurais du manger les tomates plutôt que les lardons, mais j'aurais bien aimé vous y voir, vous. En plus les lardons sont plus bons que des vulgaires tomates, un point c'est tout.

Quand Franck revient s'assoir, j'essuie délicatement ma bouche avant de poser ma serviette sur la table. Il me regarde.

-Franck: tu as fini?

Je fais oui de la tête.

-Franck: tu ne manges pas grand chose, dis moi.

-Moi: c'est pour cela que j'ai une silhouette aussi fine. On en peut pas espérer avoir un corps comme le mien tout en s'empiffrant comme un cochon.

Il me regarde quelques secondes, interloqué, puis il éclate encore de rire. Il rit tellement que il a les larmes aux yeux. Je souris bêtement de mon côté. Il est mignon quand il rit. Je suis sure que ce con est mignon tout le temps, même quand il fait caca.

Quand il se calme, on entend quelqu'un frapper à la porte et entrer sans attendre la réponse. MERDE!

Le monsieur qui entre est notre plus gros client. Il a un énorme compte en banque bien garni. Toute sa famille possède un compte chez nous et il n'arrête pas de nous apporter de nouveaux clients. Il vient chez nous tout le temps, ce qui fait qu'il circule dans la banque comme si il était chez lui.

Pourquoi je dis merde? Eh bien parce qu'il me drague. Où est le problème me direz vous? Regardez le, mais regardez le. Il est laid, il est vieux, il a une haleine de cochon (il est tout le temps en train de manger de l'oignon, pour son cœur) et surtout il est vieux. Je suis dépitée par mon dragueur le plus constant. Est ce là le seul genre d'homme que je suis capable d'attirer? Du coup je me mets à regretter tous mes excès de la matinée. Pourquoi je ne me suis pas levée pour aller faire du sport? Pourquoi j'ai avalé ces viennoiseries comme si ma vie en dépendait? Et là pourquoi, au nom du ciel, je me suis enfilé les lardons et le pain? En ce moment je regrette de ne pas avoir la force, mais surtout l'inconscience ou la bêtise, de me faire vomir. Cette fois si les larmes sont au bord de mes yeux et il faut que je fuis avant d'être plus ridicule que je ne le suis déjà.

-Franck: Ah M. Abbah, bonjour, vous allez bien?

Ils échangent les politesses tandis que moi je me mets à ranger les reliefs de notre repas. Je mets le tout dans un plastique puis je me tourne vers Franck, tournant de fait, le dos à M. Abbah.

-Moi: Je vais vous laisser, merci pour le repas monsieur

-Abbah: mais non ma petite Anna, reste donc me tenir compagnie, moi ça ne me dérange pas.

Il dit ça en posant la main sur mon coude. Je sens avec horreur les larmes remplir mes yeux. Et Franck qui ne me lâche pas du regard! Il passe de la main posée sur mon coude à mes yeux que je plisse pour ne pas que les larmes débordent.

-Franck: non monsieur Abbah, Anna à du travail. Merci Anna et encore désolé.

Je me tourne et je file vers la porte. Je fonce aux toilettes et je m'enferme dans un box. Je laisse les larmes couler silencieusement. Bordel pourquoi je pleure? Tout ça c'est de ma faute, je ne fais pas assez d'efforts pour maigrir. Mais c'est tellement difficile. C'est tellement plus facile de dormir ou de manger ce que je veux. Tellement. Pourtant je ne suis pas partisante du moindre effort dans le reste de ma vie. J'ai bossé dur à l'école, je bosse dur ici. Ce qu'on me demande de faire, je le fais bien et vite et sans rechigner...du moins pas à haute voix. Mais pour mon corps, je n'y arrive tout simplement pas, c'est trop dur. Faire ce qui n'est pas bien est beaucoup plus facile. Et est ce que vous avez remarqué que les nourritures les plus bonnes (au goût) sont celles qui sont le plus mauvais pour la santé? L'okok, plein d'huile rouge et d'arachide, le sanga, le mais et le sucre, le DG, les frites et l'huile, les hamburger, les pizza, le soya, j'en passe et des meilleures.

C'est d'ailleurs pour ça que tu as des gens qui te disent "j'aimerai bien manger une pizza/le sanga/le koki" mais jamais personne ne lève un matin en disant: "tient, je me ferais bien 2 carottes/ des tomates..."

J'essuie mes larmes et je m'apprête à sortir quand j'entends des gens entrer. Le bruit des talons hauts me font savoir que Carine fait partie des personnes qui viennent d'entrer. Comme elles n'entrent pas dans les box, je suppose qu'elles se remaquillent.

- Où est la baleine de service? J'ai des documents à lui faire relier.

Je reconnais la voix de la fille, c'est Laura.

-Carine: je ne sais pas. Elle doit encore être en pause.

-Laura: a manger pour passer le niveau supérieur à celui de la baleine. Il y a un animal plus gros que la baleine?

Je lève les yeux vers le ciel. Dieu! Bon sang, c'est même comment avec toi? La journée est obligée d'être encore plus merdique qu'elle ne l'est déjà? Si tu oubliais de me faire chier jusqu'à demain? on fait ça?

La voix de Carine me ramène dans la réalité.

- Carine: Il n'y a pas d'animal plus gros qu'une baleine. Mais pourquoi tu parle d'elle?

-Laura: euh pour rien, c'est juste qu'elle est tellement...

-Carine: grosse, oui on sait, c'est évident. Change un peu de disque. Tu me saoule à répéter tout le temps la même chose.

Carine, apparemment énervée sort des toilettes, suivie par Laura.

J'attends quelque temps puis je sors moi aussi. Je décide d'oublier toute cette journée et de me concentrer sur mon travail. alors que tout s'efface de mon esprit, je ne parviens néanmoins pas à oublier qu'il y a toujours un croissant qui m'attend bien au chaud dans mon sac. Puis je secoue la tête dégouttée par mon propre comportement.

Je pars relier les documents de Laura puis je file chercher la chemise de Franck. Il m'évite d'aller dans son bureau où M. Abbah se trouve toujours, et vient lui même chercher sa chemise.

Je vois 16h30 arriver avec soulagement, je vais enfin pourvoir rentrer et mettre cette journée de merde derrière moi. Mais c'était compter sans Carine, qui me demande de relire et de corriger des contrats.

-Moi: tu le veux pour quand?

-Carine: Pour hier!

Et elle retourne dans son bureau. Comme Carine est très pointilleuse, je relis lentement les documents et je finis à 17h30. Cette fois ci, après avoir remis mon travail à Carine, je prends mon sac, et je cours, aussi vite que ma graisse me le permet, vers la sortie.

Sur le parking, je vois du coin de l'œil Franck en train de mettre ses affaires dans sa voiture. Je fais semblant de ne pas le voir et j'accélère vers le portail.

-Franck: Hey Anna! Anna?!

Je m'arrête contrainte et forcée. Franck vient vers moi.

-Franck: tu m'as l'air d'avoir eu une rude journée et moi aussi. Viens on va boire un verre pour oublier tout ça.

La voix dans ma tête regarde Franck, la bouche en O, puis s'évanouie. Dieu, je croyais qu'on était tombé d'accord tout à l'heure dans les toilettes? Qu'est ce que tu me fais là? Je regarde Franck et tous les évènements de la journée repassent dans ma tête. Boire un verre? Lui et moi? Dans quel monde est ce possible?

-Moi: Non!...Non merci.

Je tourne les pieds sans attendre sa réaction et je fonce vers la route, je saute dans le 1er taxi en lui disant de me laisser juste un peu plus loin.

Hey! Arrêtez de crier. On va boire un verre ensemble pourquoi? Pour que je fasse des rêves et que je me fracasse le crâne lors du retour à la réalité? Non, vraiment, non merci. J'ai déjà assez de problèmes comme ça. Je vais rentrer chez moi, manger mon croissant et dormir. On se voit demain.

La GLQ.

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