PROLOGUE
La maquilleuse venait de prendre le relais de la coiffeuse. J'avais préféré... disons le, il avait préféré que ce soit deux personnes différentes qui me maquillent et coiffent. Elle finit de me maquiller et la, j'avoue c'était magnifique. La coiffure aussi était splendide. Je forçai un sourire aux deux femmes pour ne pas injustement dénigrer leur travail. Elles ne m'ont rien fait. Je me retournai pour regarder une fois de plus mon reflet dans ce miroir gigantesque. J'étais en peignoir rose et attendait à présent l'habilleuse. Je me regardais attentivement jusqu'à n'être qu'à quelques millimètre du mon reflet. J'essayais de revoir en vain la Laurie-Anne d'avant. Plus rien n'était comme avant.
Maman : tu as finis avec les femmes la?
J'apercevais sur le verre de mon miroir, ma mère ayant passé sa tête dans l'embrasure de la porte. Je me contentai d'hocher la tête. Elle entra alors complètement dans la pièce. Une belle femme Ewondo (ethnie Cameroun) de 45 ans. Elle portait un tailleur-jupe mauve ainsi qu'un grand chapeau et des talons d'à peine 3 centimètres. Elle s'approcha de moi et je me retournai aussi pour aller à sa rencontre. Une fois à mon niveau.
Maman (émue) : alors ma Laurie (c'est comme cela qu'elle m'appelle affectueusement) le grand jour est enfin arrivé. Es-tu contente de cela?
Je me contentai d'afficher ce que j'espérais, soit mon plus beau sourire et de préférence, sans ce rictus amer qui ne me quitte plus. Elle m'aida à enlever mon peignoir. J'avais à présent les seins nues et était vêtue uniquement d'un boxer; histoire d'être à mon aise. Elle m'aida à enfiler ma robe bustier couleur blanc cassé, presque belge. On ne parlait pas. Ah oui, j'oubliais, je me marrie aujourd'hui. Le plus beau jour de ma vie (soupir) ! Ma robe était déjà au dessus de mes seins et il ne restait plus qu'à la fermé mais maman n'en faisait rien.
Moi : maman?
Maman (pleurant): snif... sniff
Je me retournais vivement et me mis à essuyer ses larmes. La voir pleurer me fend le cœur. Je donnerais tout pour elle, absolument tout. Elle a tellement fait pour moi.
Moi : maman arrête de pleurer s'il te plait, tu sais que je n'aime pas te voir comme ça. Ce n'est qu'un mariage.
Maman : justement ma Laurie sniff... ça ne devrait pas juste être un mariage. Ça devrait être TON mariage sniff...
Su ce coup elle n'avait pas tord. Elle me prit la tête en mettant ses deux mains sur chacune de mes joues.
Maman (me regardant dans les yeux) : qu'est ce qui ce passe ma Laurie. Ton regard est gris alors que tu devrais être heureuse. Qu'est ce que cet homme t-a fait pour j'ai du mal à te reconnaitre ma Laurie. Parles-moi. Parles à maman.
J'ouvris la bouche pour tout dire, vider mon sac mais...
... (Criant) : Murielle... Murielle OHHH
C'était ma mère qu'on appelait. Elle me fit une bise sur le front.
Maman : J'arrive.
Et elle sortit de la chambre. Je bénissais celle qui l'avait appelé. Si elle ne l'avait pas fait, j'aurais tout dis mais c'Est trop risqué. Je restais assise sur le lit un instant puis trois coups furent frappés à la porte.
Moi : entrez.
... : si c'était le bandit, tu allais dire que tu ne demandais pas l'identité de la personne qui toquait à la porte pourquoi?
Je fis un vrai sourire. C'était mickey (pas la souris hein. Faut prononcer en anglais. My Key comme ça la) mon best.
Moi : toi aussi Mickael, depuis quand le bandit frappe avant d'entrer.
Mickey (riant): ah, c'est aussi vrai hein.
Il s'approcha de moi et me fis une bise sonore sur la joue.
Mickey : il n y a que toi pour me montrer tes fesses le jour de ton mariage. Allez, vient par la! Que j'arrange ça.
Je ris de bon cœur et m'approchai de lui pour qu'il ferme ma robe. Ça faisait tellement longtemps que je n'avais plus ris comme ça. Il finit d'arranger ma robe et on s'assit sur le lit. Il prit mes mains entre les siennes.
Mickey : écoute Annie, tout ce que je veux et je souhaite est que tu sois heureux. Cet homme que tu t'apprête à épouser pour moi ne te mérite. Je ne saurais te dire exactement pourquoi, je le sais c'est tout. Mais je serais toujours la pour toi Annie. Je veux juste que tu fasses les bons choix.
Je levais les yeux au ciel, malgré que je ne le voie pas dans cette chambre, en clignant les yeux pour ne pas pleurer et ruiner mon make-up. Je me devais d'être impeccable.
Moi (la voix tremblante) : merci Mickey.
Mickey (souriant) : tu n'as pas besoin de me remercier et tu le sais.
La porte s'ouvrit soudain sur maman.
Maman (s'adressant à mickey) : eh toi la, pardon sors vite hein. Weeh les deux si, même le jour de son mariage tu ne peux pas laisser son mari la voir en premier en tant qu'homme.
Hum mon mari!
Mickey (riant) : désolé maman, je sors.
Il me fit une bise sur le front et sortit.
Elle revint près de moi et s'assit à la même place que toute à l'heure.
Maman : alors, on en parle?
Moi : pars.
Maman (surprise) : hein? Partir pour aller où?
Moi : fais-moi confiance maman, s'il te plait. Vas t-en, ne m'appelle pas et ne dis à absolument personne où tu vas. Je t'appellerais mais toi, tu ne dois jamais le faire. Vas à la maison, dans une fente de mon matelas du côté de la fenêtre il y a de l'argent. Ne reviens pas sans mon accord.
Maman (pleurant) : tu me fais peur ma Laurie. Il y a quoi même?
Il y a que je ne veux pas que tu me vois me marier avec lui.
Moi : fais moi confiance et pars tout de suite.
Elle continuait de pleurer en me demandant de lui expliquer mais je me contentais de lui dire de me faire confiance. Elle finit par se résigner et partir.
Moi (sourire triste) : bien.
Je portais mes escarpins, juste au moment où une de mes tantes entra dans la chambre.
Tantine Fadie : c'est l'heure. Il faut venir.
Et elle sortit de ma chambre. Je me levai, pris mon bouquet dans les tons mauves et sortit à pas lourds de la chambre. Je descendis les escaliers un à un en prenant tout mon temps jusqu'à l'entrée du jardin. Après que les demoiselles d'honneurs soient passées, je suivis sur les premières notes de la marche nuptiale. Je regardais devant moi, plus précisément Mickey, je ne voulais pas LE regarder alors, je me concentrais sur mon best. Mais j'en fus bien obligé vu qu'on devait se mettre en face l'un de l'autre. Je cherchais dans son regard la raison qui m'avait poussé à être ici présente. Elle n'était que trop évidente.
Le maire qui avait fait le déplacement engagea son speech et tout ce qui est de rigueur. On arriva à LA partir cruciale. Celle qui devait celer mon destin. Allez Laurie, encore un petit effort, tu dis oui et on passe. Trois petites lettres mais assez lourdes de conséquences.
Le maire : monsieur ***** (je ne vous donnerais pas le nom tout de suite, vous le devinerez) accepter vous de prendre pour Épouse mademoiselle Mengue Awono Laurie-Anne ici présente?
Lui (souriant) : oui je le veux.
... : mon avec qui oh
... : le gars est prêts.
... : woye, j'ai des bouffées de chaleurs. La voix rauque mema
C'est sur ces types de cris et des applaudissements que le maire poursuivit.
Le maire : bien, Mademoiselle Mengue Awono Laurie-Anne, voulez vous prendre monsieur **** (j'ai dit vous allez deviner aka) pour époux, de l'aimer et le chérir jusqu'à ce que la mort vous sépare?
Il avait mes mains dans les siennes. Étais-je prête à lui donner ce qu'il restait de ma vie? Étais-je prête à assumer ce '' oui '' qu'on me demande? Étais-je prête à supporter de vivre avec cet homme jusqu'à la fin de ma vie? C'est une pression sur mes mains qui me ramena à la réalité. Je baissai mes yeux vers celles si. Elles étaient déjà rouges à cause de la pression qu'IL exerçait sur mes mains. Je levais mon regard vers lui. Il me regardait durement et les yeux menaçants. Je tournais mon regard vers Mickey qui était mon témoin aujourd'hui. Son regard à lui n'exprimait rien de particulier mais j'ai su. Là, j'ai su ce qu'il fallait que je fasse. Je retirai brusquement mes mains de celles de mon fiancée et me mit à courir. Les gens criaient autour de moi mais j'en avais cure.
Mickey (criant): Annie (bruit de coup) dégage de la toi. Anniiiieee.
Je courrais en arrêtant ma robe d'une main et mon bouquet de l'autre. À un niveau, je laissai sortir mes pieds de mes escarpins et continuai ma course pieds-nus. Je ne pouvais me résoudre à sacrifier ainsi ma vie. NON. J'entrai dans la voiture où il y avait Écrit '' jeunes mariés'' une fois sortit de la concession. Les gardes qu'il avait employés pour me surveiller essayèrent de me retenir mais je les feintai. Je me mis à rouler d'abord sans direction fixe. Mais il fallait que je retourne la bas. Il y avait tous mes document, jusqu'à mon acte de naissance.
Je garai n'importe comment devant le portail de ''notre'' maison et j'entrai rapidement grâce au gardien. J'atteignais à peine la véranda quand je me sentis propulsée vers l'arrière. Oh non. Il me jeta au sol de la cour et se mit à me gifler et donner des coups de poing.
Lui (en colère) : tu es malade? C'Est moi que tu veux humilier? (vociférant) jamais de la vie.
Il continua ainsi à me boxer malgré mes supplications et mes pleures. Comment j'en suis arrivée la? Je ne sais pas. Je regardais le ciel et essayais de m'évader. Seuls mes gémissements de douleur et ses cris de rage me ramenaient à la réalité. J'attendais la fin. Que ce soit des coups ou de ma souffrance mais j'attendais la fin. On m'a toujours dit que rien n'est éternel, alors que ce soit par la mort ou la vie, un jour, il y aurait une fin. Et peut-être que ce jour, je pourrais comprendre, enfin, la signification du mot ''bonheur''.
===============================
DRIIIINNGG DRIIIIIINNGGGG
4H30
Je me suis levée comme une automate et ai porté mes « sans-confiance». En réalité, ça fait plus de dix minutes que je suis réveillée et j'attendais juste que mon réveil sonne. J'ai quitté le lit qui laissa échapper un gros grincement et je me suis dirigée vers le coin de la chambre qui me sert de commode. Je manquai de ramasser mes dents au sol. Ma chambre était une très petite pièce avec juste l'essentiel. Un lit une place qui demande à prendre sa retraite depuis des lustres, une petite table qui me sert de chevet et le coin ''commode''. J'y pris ma serviette bleue blanchie par des années d'utilisation, ma toute nouvelle brosse, du bicarbonate de sodium et sortit de la pièce en commençant à me brosser les dents. Je fis à peine quelques pas que je me retrouvai au salon. Les meubles appelaient indéniablement à l'aide mais qu'est ce que je peux bien y faire. La maison était ce qu'il y a de plus simple deux chambres (si on peut appeler ça comme ça), une douche extérieur, une cuisine et un petit salon. Ce n'est pas grand-chose mais c'est chez moi et je remercie le Seigneur de m'avoir donné un toit. Je pris le trousseau de clé sur la table basse et ouvris la porte qui donnait sur la minuscule cour devant la maison encerclé de murs en béton et quelques grilles. Je redéposai les clés à leur place initiale et allait prendre un peu d'eau dans le fût pour le mettre dans un seau noir de dix litres. Vraiment hein, on ne se plaint même plus des coupures d'eau tellement c'est courant, pourtant une facture vient quand même en fin de mois hein. Je pris une douche rapide et froide et sortit de la douche le pagne attaché sous mes aisselles.
Je rentrai dans ma chambre et entreprit de sortir mon uniforme pour l'étaler sur mon lit. Bien. Aucun plis, aucunes tâches, mes ballerines ok. Bien. Je portais mes sous-vêtements et enfilai un kaba. 4h 53. Maman ne va pas tarder à se réveiller. Effectivement, en sortant de ma chambre, je tombai sur ma mère. Une belle femme de 40 ans maintenant vieillie par les épreuves de la vie.
Moi : bonjour M'ma
Maman : hum bonjour ma Laurie, ça va mieux ce matin?
Moi : oui maman, j'ai prit doliprane et ça va mieux. J'allais vérifier la pâte des beignets comme ça la.
Maman : hum vas-y mamie mais ne dure pas trop hein. Je ne veux pas que tu sois fatiguée à l'école, tu sais que c'est une étape importante nor.
Elle parlait comme ça de mon BAC hein, je compose dans une semaine mais je fais tout pour ne pas stresser.
Moi : ne t'inquiète pas maman, j'en suis consciente.
Elle posa sa main sur ma joue en me regardant dans les yeux.
Maman : je suis fière de toi.
Moi (émue) : merci.
Je pris la direction de la cuisine et apprêtai tout ce qu'il y avait à apprêter. En fait, ma mère vend les beignets de 6h à 8h pendant les temps de classe et vend toute sorte de produits de cuisine comme tomates, piments, oignons etc. elle écrase aussi. Je jetai un coup d'œil sur ma montre 6h 15. Il faut que je parte. Je me dirigeai vers ma chambre et entreprit de me oindre au lait de coco. C'est le seul luxe que je me permets vu ma peau fragile et laiteuse étant donné que je suis métisse. Franco-camerounais plus précisément mais l'idiot de père chez qui je tiens mon coté français n'a pas prit la peine de me reconnaitre. Mais bon, parlons de choses intéressantes.
Je finis de m'apprêter à 6h30, dit au revoir à ma mère et sortit de la maison pour me diriger vers la route. J'habite au quartier messa-ssi (quartier de Yaoundé-Cameroun)
PING PING
... : eh Annie, viens.
Je m'arrêtai dans mon élan, me retournai et tombé sur un tout-terrain et c'est mickey, mon best qui m'appelait. J'entrai dans la voiture côté passager et m'assit.
Moi : bonjour la ce n'est pas pour les fous.
Mickey : tu fais la bouche par ce que je t'ai fait monter dans ma voiture nor. Laisse. Elle fait comme ça, on peut même penser qu'elle m'a salué.
J'éclatai de rire et lui fis une bise sur la joue. Entre mickey et moi, c'est une grosse histoire d'amour FRATERNELLE. Comment on s'est rencontré et sommes devenus proches? J'éclatai encore de rire en y repensant.
Mickey : la folie te guette hein.
Moi (joueuse) : non (souriant) je repense à quand on était devenu proche.
Il renfrogna le visage et j'éclatai encore plus de rire. Eh bien, c'était il y a 5 ans. J'avais 15ans et lui 17.
Début de récit
Je venais de sortir du taxi au carrefour amour bar et j'entrais au quartier quand on m'intercepta. C'était Mickael, un gars de la partie ''résidentielle'' du quartier avec qui je flirtais souvent. Mais je n'étais pas intéressée du tout. Il était grand et beau mais assez maigrelet et très brun.
Mickael (souriant de ses 147 dents) : bonjour Bella.
Moi : bonjour Mickael. Je m'appelle Laurie-Anne à titre de rappel.
Ah ha je suis de bonne humeur hein.
Mickael (souriant) : ça je sais, mais autant dire les choses telles qu'elles sont. (Plus sérieux) écoute Laurie-Anne entre nous je sens une connexion.
Depuis quand il y a wifi en pleine route au Cameroun.
Mickael (continuant) : un feeling fiévreux.
Il faut donc boire paracétamol.
Mickael : en bref, je voudrais qu'on soit plus que des amis.
Moi (désinvolte) : meilleurs amis?
0.o sa tête ohh.
Lui (confus) : non plus que ça.
Moi (joyeuse) : super meilleurs amis?
Lui : non plus encore.
Moi (excitée) : super méga meilleurs amis.
Mickael (pointe de colère) : non la go, bien plus.
Moi : frères?
Ah ha ah la tête qu'il fait. J'étais au sol. Il a finalement abandonné. Tout a commencé comme ça et depuis on ne se quitte plus. Je vous rassure, il drague mieux que ça maintenant, il a prit du muscle (le genre la lève la main pour me gifler, je meurs avant de savoir s'il a finit son geste ou pas) et encore de la taille.
Fin du récit.
Mickey : tu aimes trop la moquerie.
Moi (souriant): j'ai copié chez toi.
On continua la route dans la bonne humeur. Entre les embouteillages et les fous-rire, j'arrivai tout juste à l'heure au lycée d'Émana. Non ce n'est pas une erreur, j'ai 20 ans et je suis en terminale A. Pour moi, je n'ai pas eu un passé difficile, j'ai juste vécu des épreuves nécessaires pour grandir. Quand je suis rentré après ma conversation avec Mickey à mes 15 ans, j'ai trouvé maman au salon accompagnée de tata Fadie, sa demi-sœur.
FLASHBACK
J'entrai dans la maison toute joyeuse et dèh que je vis tata Fadie, une très mauvaise humeur vint frapper à la porte de mon être. Cette femme est trop mauvaise. Tchipp, je la salue et je pars moi dans ma chambre. Je m'approchai d'elle.
Moi : bonjour tata
Elle me sourit jusqu'aux oreilles.
Tata F : bonjour ma fille ça va? Et l'école?
Tchipp, toi qui habite à 10 minutes d'ici tu ne viens jamais voir quelqu'un mais tu prends tes deux pieds maintenant pour me poser les bêtes questions.
Moi : ça va. (À maman) bonjour maman.
Maman : bonjour ma Laurie. S'il te plait va d'abord dans la chambre. J'arrive.
Elle qui me pose toujours des questions sur mes journées. Hum je ne protestai pas et alla dans ma chambre me changer. Wèh je ne me suis même pas encore lavé pour la soirée. J'étais couchée sur le lit et lisais mon roman Harlequin déjà bien usée par les années d'utilisation surement quand ma mère entra dans ma chambre.
Maman : Ma Laurie, il faut qu'on parle.
Son ton était plus que sérieux. Je me mis en position assise et lui fit de la place.
Maman : ma fille, tu sais que notre vie est loin d'être facile. Tu as passé ton BEPC avec bravoure cette année et pour ça, je suis extrêmement fière de toi. Maintenant, la rentrée pour ta seconde est dans un mois et je n'ai plus l'argent. Avec les dettes à la réunion et les loyers impayés, je ne peux plus te payer l'école. Mamie je suis vraiment désolé, j'ai fait ce que j'ai pu pour prêter mais tout le monde me tourne le dos. Alors, comme je ne veux pas que tu rates tes années scolaires, tu vas habiter au moins cette année chez Fadie. Elle s'est proposé de m'aider et je ne peux pas refuser. Elle te payera l'école mais il faudra que tu sois sage et que tu l'aides dans ses tâches ménagères d'Accord?
J'essuyai une larme qui coulait sur ma joue.
Moi : d'accord.
Elle me prit dans ses bras longuement, me donna d'autres conseils et me dit de préparer mon sac car je partais le soir même. La tâche ne fut pas bien longue et dure vu le peu d'affaires que je possédais. Nous partîmes pour le quartier Émana, à quelques minutes comme je l'ai dit plus haut de chez moi. C'était la première fois que j'allais dormir hors de la maison. Tata Fadie avait quatre enfants (2 filles, 2 garçons) et un mari ''clignotant'' (il était la un jour sur quatre). Ce soir la, je dormis sur le lit le plus doux que j'Ai jamais connu mais à 5h30 le lendemain matin, je fus réveillée par des cris dans mes oreilles et des coups.
Tata Fadie (me frappant) : mouf fainéante, lève-toi imbécile. Tu te crois dans le taudis qui vous sert de maison à ta mère et toi? Dégage, tu n'es pas à l'hôtel ici. Il y a les habits à laver dans la buanderie.
Elle me transféra dans une petite pièce à peine éclairée ayant pour seuls meubles une minuscule table et une natte au sol.
Tata F : voici ta chambre ici. Donne moi ton vieux sac la.
Je lui donnai mon sac. Elle renversa tout son contenu sur la natte et appela ses filles Jeanne et Christine (19 et 16 ans respectivement) de venir trier ce qui y pourrait leur plaire.
Christine (dégoutée) : yichh maman, regarde comment c'est vieux et laid. Tu veux qu'on prenne quoi dedans.
Jeanne : vraiment. Petite blanche la qui est laide comme ça. Kiakiakia encore une désespérée qui a voulut attraper le blanc ça n'a pas marché. Toutes des putes.
Elles éclatèrent toutes les trois de rires. Je pouvais supporter qu'on se moque de moi mais pas de ma mère alors je m'Apprêtais à bondir sur jeanne quand sa mère m'intercepta et me jeta au sol. Elles me rouèrent toutes de coups.
Christine (entre 2 coups) : il n'y a que la vérité qui fait mal.
Tata F : allez dégage, va me laver les habits la.
Le calvaire dura 1mois de vacance et 2semaines de cours. Je n'avais plus de contact avec ma mère tout simplement parce que ma tante le refusait et les deux fois où ma mère vint nous rendre visite, je dû faire semblant. Avec Mickey on parlait beaucoup plus souvent quand on m'envoyait en route mais on n'était pas assez proche pour que je lui en parle. Du moins, au début car après ces 1 mois et demi de calvaire, je craquai. J'étais allé acheter du plantain au pont d'émana quand je vis Mickey.
Mickey: hey princesse. C'est how? (Comment vas-tu) Pourquoi tu es souvent pâle comme ça?
Moi (au bord des larmes) : je... je vais... snif bi... bien.
J'ai toujours détesté pleurer, pour moi, c'Est une marque de faiblesse mais la, je n'en pouvais plus.
Mickey (me prenant dans ses bras) : allez viens la, qu'est ce qu'il y a Annie?
Je lui racontai absolument tout. Il entra dans une colère sourde.
Mickey : c'est quoi cette histoire? Tu aurais dû me le dire. J'aurais tout fais pour t'aider. Parles-en à ta mère.
Moi (secouant la tête négativement) : non.
Mickey : ce n'est pas une demande mais une information. Tu en parles à ta mère tout de suite ou c'est moi qui le fais.
Nous prîmes la route pour chez moi. Ma mère a tellement de problèmes que ça me fend le cœur de devoir en ajouter. On arriva chez moi et j'entrai seul. Je racontai à ma mère absolument tout. Elle m'écoutait sans rien et quand j'eu finis, elle se contenta de dire.
Maman : on ira chercher tes affaires demain. Je suis désolé pour absolument tout.
Elle alla s'enfermer dans sa chambre et je l'entendis pleurer en disant.
Maman (pleurant) : eh Seigneur, que t'a fait cette pauvre enfant papa. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle naisse de mon ventre. Avec moi, elle ne connait que peine et souffrance.
Je voulu entrer et la rassurer mais elle ne m'ouvrit pas la porte. Pendant 2 ans, je restai sans aller à l'école. Je vendais au marché pour nous et je lavais même des voitures. J'ai travaillée en tant que ménagère pendant 1 an pour qu'on puisse joindre les deux bouts mais je ne m'en suis jamais plaint. D'autres personnes ont vécu et vivent pire que ça. Je me devais d'être forte pour nous.
FIN FLASHBACK
« DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNGGGGGGGGGGGG »
La sonnerie de fin de cours retentit et je sortis de la classe sans jeter un regard à qui que ce soit. Je connais déjà bien assez les commentaires des mauvaises langues pour les agrémenter encore plus. Je rentrai chez moi à pied, histoire d'économiser un peu et une voiture manqua de me cogner. Les gens ramassent même souvent leurs permis où dans ce pays.
Moi (en colère) : tu es bête? Si tu me cognais la, tu allais remplacer mes pieds. Vois sa vielle tête cabossée la.
Lui : euh je suis vraiment désolé. J'étais discret.
Moi (narquoise) : soit toujours discret. Tchipp je te dis déjà, si on t'a envoyé, repart et dis que tu ne m'as pas trouvé. (Mettant une main sur ma hanche et le menaçant de l'autre) tu ne m'as pas vu vendu la.
Lui : euh encore désolé. Au revoir.
Moi : oui bye. Mais ne pars pas écraser les gens la bas devant.
Il ne répondit pas et partit.
Un homme : Wèh la white, look comment tu rougis!
C'était un homme NOIR avec le teint sal et les dents couleur soleil qui venait de parler.
Moi : toi combien dedans? Si moi je rougis, toi tu noircis. C'est seulement tes dents couleur taxi la qu'on aperçoit dans la nuit.
Les gens : kiakiakia
Il s'approcha dangereusement de moi et je tapai un sprint de taille. C'est officiel, je ne passe plus jamais sur cette route (rire). En courant, je vis la voiture de Mickey et de mon vieux Nokia, je lui envoyai Un « call me back ». Il me rappela la minute d'après.
Moi : allo.
Mickey : oui Annie.
Moi : arrête toi S'il te plait, je cours derrière ta voiture la.
Lui : ok
CLICK
Il s'arrêta et je montai côté passager.
Mickey : tu as encore cherché les problèmes en route.
Moi (riant) : aka laisse moi comme ça.
Nous prîmes la route de chez moi. Je m'appelle Laurie-Anne et j'ai 20 ans. Je me considère 100% CAMEROUNAISE malgré mon métissage et j'ai juste ce qu'il faut la où il faut sans excès. Voici mon histoire.
Une fois devant chez moi.
Mickey: va te changer on va aller manger un peu.
Moi: poulet DG???
Mickey: la fille ci, je dis même tout ce que tu manges la, ça part où??
Moi (désinvolte): aka n'est ce pas tu voulais aller manger?? D'ailleurs même quitte la. Moi je ne viens plus.
Mickey: c'est doucement
Moi: non laisse moi.
Mickey : je n'avais pas prévu l'énervement. (Souriant et faisant ainsi ressortir ses fossettes) tu es fâchée?
Je lui lançai un regard en coin et je ne pu m'empêcher de mettre mon doigt dans le magnifique creux que formait sa joue en souriant. Son sourire s'élargit encore plus.
Mickey (souriant) : je savais. Tu m'aimes trop.
Moi (riant) : si ça te permet de ne pas faire dépression, vas y. ce sera ma BA (bonne attitude) de l'année.
Il me fit un mou boudeur, c'est trop drôle.
Mickey : tu es trop méchante envers moi hein.
Je lui fis une bise sur la joue.
Moi : rho ne te fâche pas. Si je ne dérange pas, je vais déranger qui?
Il ne répondit pas mais me regarda intensément. Son visage était devenu sérieux d'un coup.
Moi (souriant) : quoi?
Il secoua la tête comme s'il revenait à lui.
Mickey : non rien. Il faut que j'y aille. Je reviens dans peu.
Moi : ok Bye
Lui (souriant) : bye.
Je descendis et je rentrais à la maison. Après avoir débattu avec la porte, je me changeais et attaquais les travaux ménagers. Je balayais, nettoyais la maison et je me mis à préparer l'okok (plat typiquement camerounais, plus du centre) pour le repas de demain midi, vu que je voulais être complètement concentrée pour mes révisions. J'essayais de soulager au maximum ma mère, car je la sentais fatiguée par le poids de la vie. La voir la mine lointaine et triste me fend le cœur à chaque fois. Je n'ai jamais exactement su pourquoi mon géniteur m'a abandonné. Elle m'avait juste dit qu'il avait disparut de la circulation quelques temps après qu'elle lui ait annoncé sa grossesse. Pas un appel, pas un message, rien du tout. Je ne savais même pas exactement à quoi il ressemblait mais, d'après ma mère, j'avais quasiment tout pris de lui. Jusqu'aux yeux verts. C'est d'ailleurs à cause de lui que l'expression '' l'œil est le miroir de l'âme'' me va si bien. J'ai beau essayer de cacher mes émotions, mes yeux prennent des teintes différentes selon mon état du moment. Mais bon.
C'est en pleine préparation que mickey et maman vinrent me trouver. Je fis un câlin à maman et on s'installa à même le sol pour manger. Comparer à tous les enfants de riches que j'ai connu, mickey n'a jamais eu honte de ma maison ni de ma condition sociale. Il a toujours été gentil et attentionné envers moi et n'hésitais pas à mettre la main a la tache pour m'aider dans les travaux ménagers. De son mètre 90, clair de teint, corps athlétique et deux magnifiques fossettes mickey ne passait jamais inaperçu devant la gente féminine et on peut dire qu'il sait profiter de la situation. Malheureusement, il y a toujours effets négatifs. Depuis que je le connais il n'a pratiquement jamais eu de relations suivies. On dit souvent que les filles tombent sur des cons, et bien lui tombaient sur des salopes. Il y avait toujours un truc qui clochait, soit elle en voulait à son argent, ou elle était masochiste ou encore elle me faisait la guerre. Il n'a encore jamais trouvé mieux ou il ne le cherche pas.
Quand je lui fais la remarque, il réplique « je ne suis pas pressé, je suis encore jeune. De plus, la femme de ma vie n'est pas loin de moi, je le sens» c'est son choix mais j'ai hâte d'être derrière lui pour son mariage avec celle qui saura voler son cœur.
Après la vaisselle direction ma chambre pour réviser encore et encore. Ce BAC, je l'aurais. Mickey resta m'expliquer certains trucs vu qu'il était en deuxième année dans une université d'art et lettre malgré qu'il soit extrêmement doué en science et mathématiques. Ce choix lui a valu les foudres de son père mais on y reviendra.
Mickey: tu vois ce n'est pas si dure.
Moi: ça c'est toi qui le dis hein.
Mickey : ne t'inquiète pas, tu l'auras ton BAC.
Moi : Amen.
Je me levai du lit où on était assis et me dirigeai vers le coin commode de ma chambre.
Mickey : qu'est ce que tu fais?
Moi (me tournant pour le regarder) : tu m'as promis du poulet DG non.
Mickey (riant) : bien sur.
Moi (me retournant) : alors je m'apprête. Je vais me laver d'abord.
Joignant le geste à la parole, j'enlevai mon kaba et je me retrouvais maintenant vêtue d'un simple boxeur et pas de soutien gorge.
Mickey : eh mais Annie, qu'est ce que tu fais?
Je me retournais pour lui faire face sans trop comprendre où il voulait en venir.
Moi (confuse) : mais je me prépare pour ma douche.
Il mit ses mains sur ses yeux et me pointa du doigt. Oh
Mickey : tu oublie que je suis un homme.
Je mis une serviette autour de ma poitrine.
Moi : aka, que c'est la première fois que tu vois ça?
Mickey : justement. En tout cas, je vais me préparer aussi.
Il me fit une bise sur la joue et sortit. J'allai prendre ma douche tranquillement et me préparai. Je portai une robe bleue (ok c'est ma couleur préférée) longue jusqu'aux chevilles. Une robe que je gardais toujours précieusement. Je portai des ballerines noires et sortis de la maison après avoir informé maman. Je marchais à pas lent pour entrer plus en profondeur dans le quartier et aller chez mickey. Une fois devant le portail, je sonnai et c'est le gardien et les aboiements du chien qui m'ont accueilli. Je connaissais très bien la maison et j'aurais pu monter directement dans sa chambre mais je décidai de m'assoir au salon et de le faire appeler.
Ses parents n'étaient pas là, donc la maison était assez calme. Ce sont les claquements de talons au sol qui vinrent perturber la quiétude de la maison. Vanessa, la sœur de mickey, fit son entrée dans toute sa splendeur au salon. Elle était vêtue d'un micro short blanc et un t-shirt noir desighner (ou ça s'écrit comment ohh) et des montantes Nike d'un blanc impeccable aux pieds. Elle était légèrement maquillée. On a beau tout dire, cette fille de 19 ans est classe.
Moi : bonjour Vanessa.
Elle me toisa de la tête aux pieds avec dédain et continua son chemin vers la porte.
Vanessa : tchipp
Moi (agacée) : la politesse n'est pas pour les chiens.
Vanessa (me toisant encore) : heureusement que tu te reconnais. Tchipp mon frère a toujours apprécié les torchons.
Est-ce que ma part passe loin? Je m'apprêtais à bondir sur elle quand je sentis des mains fermes me retenir. C'était Mickey.
Mickey (énervé) : Vanessa, je t'ai déjà dit d'arrêter d'étaler ton vulgarisme et ta mauvaise éducation partout.
Vanessa : mais...
Mickey (ferme): pas de mais. C'est ton ainé, tu lui dois le respect alors tu t'excuses tout de suite.
Vanessa :...
Mickey : j'ai dit tout de suite.
Vanessa (d'une petite voix) : je suis désolé Laurie-Anne.
Mickey : bien. Je suis sortis, bye.
Il me tira et on sortit de la maison sous le regard de chien battu de Vanessa. On entra dans sa voiture et il démarra en chapeau de roue. 5 minutes de route et il ne décolérait pas.
Moi : mickey...
Mickey (agressif) : quoi?
Okay!
Moi : gares-toi.
Lui (confus) : hein?
Moi : tu te gares ou je sors de cette voiture tout de suite.
Il se gara sur le bas côté de la route. Je posai ma main sur la sienne qui était sur le levier de vitesse et l'obligeai à me regarder.
Moi : calme toi mickey. Ne lui en veux pas (l'empêchant de parler d'un geste de la main) je sais qu'elle a été irrespectueuse mais je ne veux plus vous voir en froid à cause de moi. Vous vous aimez trop pour ça.
Mickey :...
Moi (lointaine) : si tu savais comment j'aurais aimée avoir un frère ou une sœur.
Mickey : ne dis pas ça Annie. Ta mère t'aime.
Moi (la voix tremblante) : c'Est à cause de moi qu'on l'a rejeté et la rejette encore.
Mickey : ah non. Tu m'arrêtes ça tout de suite. Maman Murielle ne regrette pas.
Je posai ma tête sur son épaule et on resta ainsi un moment.
Mickey (souriant) : tu défends Vaness pourtant, tu allais lui refaire le portrait.
Moi (riant) : tu sais que quand on m'attaque sur certains trucs, mon cerveau se met en mode auto-défense nor.
On se mit à rire en cœur et nous partîmes dans la bonne humeur jusqu'au cercle des amis (restaurant où on fait un très bon poulet DG). La soirée s'est super bien passée. Il me raccompagna et garda même un plat à maman. Bon ce n'est pas tout mais une grosse semaine de révision m'attends.
Cette semaine est très vite passée, j'étudiais à fond aidée par ma mère qui a un master en chimie et mickey. Pour ma mère, je ne sais pas comment elle avait réussi à se payer les études hein. Je n'ai jamais connu mes grands-parents. Les jours d'examen vinrent et je donnai tout ce que j'avais. La math m'a un peu fouettée mais je ne m'en suis pas trop mal sortie. Je suis optimiste.
Juste après la fin des exams, je me mis à postuler partout en tant que ménagère, serveuse ou encore Cuisinière. Je prends tout donc si on cherche une personne pour aider, je prends pourvu que ce soit un boulot honnête et payant.
Dring, dring.
Weeeh mon pauvre vieux téléphone qui sonne. Je décrochais rapidement
Moi: allo
..: mademoiselle Mengue Awono?
Moi (suspicieuse) : oui?
... : j'appelais par rapport à votre demande d'emploi.
Moi (excitée): oui, oui je vous écoute.
..: quand êtes vous libre pour discuter?
Moi (joyeuse) : quand vous voudrez.
... : Pouvez vous venir maintenant à au marché d'olembé? J'enverrai quelqu'un vous chercher. Je recherche une ménagère et vous m'avez l'air parfait pour ce poste.
Youpiiiiii, j'enfile rapidement ma robe fleurie; Un cadeau de mon best et direction le marché Olembé pour mon premier entretien. Un homme m'attendait déjà et m'accompagna jusqu'à la maison. Un duplex avec garage et gardien. Je fus accueilli par une femme mûre et blanche toute souriante. Elle me conduisit au salon où se trouvait son mari. Il se présentait sous le nom de Mr et Mme Gako. On discuta des taches à faire et du salaire. 40000 FCFA le mois. Woooooo, j'étais très contente. C'était plus que ce à quoi je m'attendais.
Madame Gako (criant): LEANDRE VIENS STP. C'est notre unique enfant et étant donné que ce sont les vacances il passera le plus clair de son temps ici avec les autres vacanciers qui arrivent dans les jours à venir.
Un jeune homme descendis torse nu. Il avait des tablettes et devait faire entre le mètre 80 et 85.
Madame Gako : Léandre, voici notre nouvelle ménagère.
Il me regarda surpris puis, son air étonné laissa place à un sourire. Pourquoi son visage me dit quelque chose?