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Au-delà de la trahison : Notre histoire d'amour inattendue

Au-delà de la trahison : Notre histoire d'amour inattendue

Auteur:: Harvester
Genre: Milliardaire
Je me suis réveillée dans un lit d'hôpital après un effroyable accident de voiture. J'avais un fiancé surpuissant, Grégoire de La Roche, et un projet révolutionnaire qui était l'œuvre de ma vie, destiné à fusionner les empires de nos deux familles. Les premiers mots que j'ai entendus sont venus de ma demi-sœur, Bérénice, m'annonçant qu'elle était enceinte de lui. « Je suis tellement désolée, Althéa », sanglotait-elle. « Entre nous, il y a une connexion. C'est juste... arrivé, comme ça. » Mon propre père est entré, la réconfortant tout en m'expliquant qu'un bébé était une excellente manœuvre commerciale. Puis Grégoire, mon fiancé, est passé devant mon lit sans même un regard, a posé une main sur le ventre de Bérénice et a demandé si le bébé allait bien. Ils ne m'avaient pas seulement volé mon avenir ; ils avaient volé mon projet, le présentant comme le leur pour sceller leur nouvelle union. Ils se tenaient devant moi, le tableau parfait de la trahison, s'attendant à ce que je hurle et que je m'effondre. Ils me voyaient comme un obstacle à gérer, l'œuvre de toute ma vie n'étant qu'un actif à liquider. Mais ils ne connaissaient pas mon secret. L'accident m'avait laissé plus que des blessures ; il m'avait offert une vision. Un aperçu terrifiant d'un futur où je les combattais et perdais tout. Alors je ne leur ai pas donné le combat qu'ils attendaient. Je leur ai offert un sourire, ma bague de fiançailles et ma bénédiction. Ils pensaient avoir gagné. Ils n'avaient aucune idée qu'ils venaient de tomber dans mon piège.

Chapitre 1

Je me suis réveillée dans un lit d'hôpital après un effroyable accident de voiture. J'avais un fiancé surpuissant, Grégoire de La Roche, et un projet révolutionnaire qui était l'œuvre de ma vie, destiné à fusionner les empires de nos deux familles.

Les premiers mots que j'ai entendus sont venus de ma demi-sœur, Bérénice, m'annonçant qu'elle était enceinte de lui.

« Je suis tellement désolée, Althéa », sanglotait-elle. « Entre nous, il y a une connexion. C'est juste... arrivé, comme ça. »

Mon propre père est entré, la réconfortant tout en m'expliquant qu'un bébé était une excellente manœuvre commerciale. Puis Grégoire, mon fiancé, est passé devant mon lit sans même un regard, a posé une main sur le ventre de Bérénice et a demandé si le bébé allait bien. Ils ne m'avaient pas seulement volé mon avenir ; ils avaient volé mon projet, le présentant comme le leur pour sceller leur nouvelle union.

Ils se tenaient devant moi, le tableau parfait de la trahison, s'attendant à ce que je hurle et que je m'effondre. Ils me voyaient comme un obstacle à gérer, l'œuvre de toute ma vie n'étant qu'un actif à liquider.

Mais ils ne connaissaient pas mon secret. L'accident m'avait laissé plus que des blessures ; il m'avait offert une vision. Un aperçu terrifiant d'un futur où je les combattais et perdais tout. Alors je ne leur ai pas donné le combat qu'ils attendaient. Je leur ai offert un sourire, ma bague de fiançailles et ma bénédiction. Ils pensaient avoir gagné. Ils n'avaient aucune idée qu'ils venaient de tomber dans mon piège.

Chapitre 1

Point de vue d'Althéa Dubois :

La première chose que j'ai entendue à mon réveil, c'est ma demi-sœur, Bérénice, qui m'annonçait qu'elle était enceinte de mon fiancé.

Sa voix n'était qu'un murmure étranglé par les larmes, perçant le brouillard des analgésiques et le bip rythmé du moniteur cardiaque à côté de mon lit d'hôpital.

« Je suis tellement désolée, Althéa. Vraiment. »

J'ai cligné des yeux, essayant d'empêcher les dalles blanches et stériles du plafond de tourner. Mon dernier souvenir était le crissement des pneus, le fracas impossible du métal, et une douleur fulgurante qui m'avait donné l'impression que mon monde entier se déchirait. Puis, un flash. Une vision si nette qu'elle semblait plus réelle que le souvenir de l'accident lui-même : Bérénice, debout à côté de mon fiancé, Grégoire de La Roche, lors d'une conférence de presse, annonçant non seulement leurs fiançailles mais aussi le lancement de mon projet. Le projet pour lequel j'avais saigné pendant les deux dernières années.

Ma ruine.

« Althéa, s'il te plaît, dis quelque chose », sanglotait Bérénice, sa main parfaitement manucurée agrippant la mienne. Elle était froide. « Je l'aime. Je n'ai jamais, au grand jamais, voulu te faire de mal, mais Grégoire et moi... nous avons une connexion. C'est juste... arrivé, comme ça. »

Ses mots étaient un bourdonnement sourd, la bande-son de l'horreur qui se jouait dans mon esprit. La vision ne s'était pas arrêtée à la conférence de presse. Elle m'avait montrée en train de les combattre, essayant de récupérer ce qui m'appartenait, pour finir publiquement humiliée, financièrement ruinée, et abandonnée de tous. Une paria.

« Ça fait quelques mois qu'on se voit », a-t-elle avoué, sa voix baissant comme si elle partageait un sale secret. « On voulait te le dire, mais ce n'était jamais le bon moment. Et maintenant... avec le bébé... on ne peut plus vivre dans le mensonge. »

Elle a serré ma main plus fort, son bracelet en diamants s'enfonçant dans ma peau. « Si tu m'obliges à renoncer à lui, Althéa, tu détruiras une famille avant même qu'elle ne commence. Tu ne ferais pas ça, n'est-ce pas ? Tu ne pourrais pas être aussi cruelle. »

La porte de la chambre privée s'est ouverte en silence, et notre père, Henri Dubois, est entré. Son regard s'est posé sur Bérénice, son expression s'adoucissant avec une préoccupation paternelle qu'il ne semblait jamais avoir pour moi.

Il est passé droit devant mon lit et a passé un bras réconfortant autour de ses épaules affaissées. « Allons, allons, ma chérie. Tout va bien se passer. »

Il s'est enfin tourné vers moi, son visage un masque de déception lasse. « Althéa, Bérénice m'a tout raconté. Écoute, ce sont des choses qui arrivent. Tu es une femme forte. Tu peux trouver quelqu'un d'autre. Le Groupe La Roche est une famille puissante, et cette fusion est importante. Un bébé consolide cette alliance. »

Il parlait comme s'il s'agissait d'une transaction commerciale. Ma vie, mon amour, mon avenir – de simples actifs à liquider pour le bien de l'entreprise.

« C'était une erreur, Papa », a gémi Bérénice contre sa poitrine. « Une seule erreur. »

« Bien sûr que c'en était une, ma puce », l'a-t-il apaisée en caressant ses cheveux blonds. « Un moment d'égarement. »

Je les regardais, un tableau parfait d'amour paternel et de détresse filiale. Le seul problème, c'est que j'étais aussi sa fille. La bâtarde, le produit d'une liaison qu'il préférait oublier, un rappel constant et silencieux de ses indiscrétions passées. Bérénice était l'héritière légitime, l'enfant chérie. Moi, j'étais juste... la stratège. La bête de somme.

Même à travers ses sanglots, je pouvais le voir. Je l'avais vu dans ma vision. Son chagrin n'était pas réel. Ses yeux, rougis et gonflés, contenaient une lueur d'autre chose. Quelque chose de froid, de dur et de triomphant.

Elle n'était pas seulement ma demi-sœur tombée amoureuse de mon fiancé.

Elle savait.

Tout comme moi, elle avait déjà vécu cette vie. Elle avait vu le futur où j'épousais Grégoire, où notre projet faisait de nous le couple le plus puissant du secteur, où elle était laissée pour compte. Et elle était revenue pour prendre une longueur d'avance. Pour tout voler avant même que j'aie eu la chance de le vivre.

Chaque larme était une performance calculée. Chaque sanglot était une arme. Elle ne se contentait pas de prendre mon fiancé ; elle menait une frappe préventive, réécrivant une histoire qui n'avait pas encore eu lieu.

Le ton condescendant de mon père, les remords feints de Bérénice, l'odeur stérile de l'hôpital – tout cela formait une cage qui se refermait sur moi. Ils s'attendaient à ce que je me batte, que je crie, que je fasse une scène. C'est ce que l'Althéa de ma vision avait fait. Et elle avait perdu.

J'ai pris une inspiration lente et douloureuse, le mouvement tirant sur les points de suture sur mon flanc.

Je ne serai pas elle.

La porte s'est ouverte à nouveau. Cette fois, c'était lui. Grégoire de La Roche. Grand, impeccablement vêtu, son beau visage marqué par une expression de gravité conflictuelle. Il a regardé ma tête bandée, puis le visage de Bérénice strié de larmes. Son regard s'est attardé sur elle, son expression s'adoucissant d'une manière qu'elle n'avait pas eue pour moi depuis des mois.

Il est passé devant mon lit, ses chaussures de luxe silencieuses sur le linoléum, et s'est arrêté devant Bérénice. Il ne m'a même pas regardée.

Il a posé une main douce sur son ventre.

« Le bébé va bien ? »

Chapitre 2

Point de vue de Grégoire de La Roche :

Les mots ont quitté ma bouche avant que je puisse les retenir. Évidemment. Le bébé était la priorité. C'était la solution.

Depuis des mois, mon père me harcelait au sujet du plan de succession pour le Groupe La Roche. « Tu as besoin d'une victoire, Grégoire », disait-il devant son café du matin, le journal plié impeccablement à côté de son assiette. « Pas juste une victoire. Un coup qui définira ton héritage. Quelque chose qui prouve que tu as la vision nécessaire pour nous mener au siècle prochain. »

La fusion avec le Groupe Dubois était ce coup. Le projet d'Althéa, le « Projet Chimère », en était la clé. C'était brillant, une intégration révolutionnaire de la logistique et de l'IA qui rationaliserait nos opérations mondiales et nous ferait économiser des milliards. C'était aussi mon ticket d'entrée. Mon couronnement en tant qu'héritier présomptif. Althéa était l'architecte, mais je serais le roi qui construirait l'empire sur ses plans.

Nos fiançailles faisaient partie du marché. Une union de talent et de patrimoine. C'était propre, stratégique. Je respectais Althéa. Son esprit était une chose magnifique et terrifiante. Elle voyait des angles que personne d'autre ne voyait. Mais la passion ? Ça ne figurait pas dans notre contrat. Notre relation était bâtie sur une ambition mutuelle, un langage commun de bilans et de plans quinquennaux.

Puis Bérénice est arrivée.

Elle était tout ce qu'Althéa n'était pas. Spontanée, pétillante, émotionnellement disponible. Elle ne parlait pas de capitalisation boursière ou de synergie ; elle parlait de ce que je lui faisais ressentir. Elle ne me voyait pas comme un partenaire commercial, mais comme un homme. C'était enivrant. Un soulagement.

Notre liaison a commencé nonchalamment, un baiser ivre lors d'un gala de charité qui s'est transformé en rendez-vous clandestins dans des suites d'hôtel. C'était une erreur, me disais-je. Un écart temporaire. Mais cela semblait plus réel que ma vie parfaitement orchestrée avec Althéa.

Quand Bérénice m'a dit qu'elle était enceinte, mon monde ne s'est pas effondré. Il s'est mis en place. La fusion, l'héritage, l'héritier – tout était là. Un enfant avec Bérénice, la fille préférée d'Henri Dubois, lierait les deux entreprises plus solidement que n'importe quel contrat. C'était une victoire plus rapide, plus décisive. C'était impitoyable, mais un héritage se construit sur des décisions impitoyables.

L'accident d'Althéa était une complication. Un timing malheureux et chaotique. J'ai ressenti une pointe de quelque chose – de la culpabilité, peut-être – en la voyant allongée dans ce lit d'hôpital, pâle et brisée. C'était une partenaire brillante. Elle ne méritait pas ça.

Mais le choix avait déjà été fait.

Henri m'a frappé l'épaule, un geste de solidarité masculine. « Grégoire. Une situation difficile. »

« Nous allons la gérer », ai-je dit, la voix ferme. J'ai regardé Bérénice, qui me fixait maintenant avec de grands yeux adorateurs. Elle était mon avenir. La mère de mon héritier.

Je me suis enfin tourné vers Althéa. Ses yeux étaient ouverts, clairs et d'un calme déconcertant. Il n'y avait pas d'hystérie, pas de larmes, aucune de ces émotions désordonnées auxquelles je m'étais préparé. Il y avait juste... une immobilité. Un silence profond et troublant.

« Althéa », ai-je commencé, ma voix plus douce, comme on parle à un animal blessé. « Je sais que c'est un choc. Et je suis vraiment désolé de la façon dont tu l'apprends. Mais ce que Bérénice et moi avons... c'est réel. Et ce bébé change tout. »

Je m'attendais à ce qu'elle explose, qu'elle me traite de monstre. Qu'elle me jette la bague de fiançailles à la tête. J'étais prêt pour le drame.

Au lieu de ça, elle m'a juste observé, son regard analytique, comme si j'étais une ligne de code qu'elle déboguait. C'était le même regard qu'elle avait juste avant de pulvériser la stratégie d'un adversaire en conseil d'administration.

« Le projet », a-t-elle dit, sa voix rauque mais stable. « Le Projet Chimère. Bérénice l'a présenté au conseil ce matin, n'est-ce pas ? »

J'ai figé. Comment pouvait-elle savoir ça ? L'accident avait eu lieu la veille au soir. La réunion du conseil était à 8 heures ce matin. Elle était inconsciente.

Bérénice a tressailli à côté de moi. « Althéa, je... »

« Elle a trouvé ma clé USB de sauvegarde », a continué Althéa, ses yeux ne quittant jamais les miens. « Celle que je garde dans mon bureau à la maison. Elle l'a prise après l'accident. Elle l'a présenté comme sa propre idée, avec quelques modifications superficielles pour que ça ait l'air original. »

Mon silence était mon aveu. C'était exactement ce qui s'était passé. Bérénice était venue me voir la nuit dernière, affolée après la nouvelle de l'accident. Elle avait la clé. « C'est notre chance, Grégoire », avait-elle dit, ses yeux brillant d'une ambition désespérée que je n'avais jamais vue auparavant. « On peut tout sécuriser, maintenant. » C'était un coup audacieux, prédateur. J'admirais ça.

« C'était une proposition supérieure », ai-je dit, retrouvant mon sang-froid. « Bérénice a identifié des vulnérabilités clés du marché que ton plan initial avait négligées. » C'était un mensonge. Sa présentation était une version maladroite et plagiée du génie d'Althéa, mais le conseil, influencé par Henri et la nouvelle d'un héritier à venir, l'avait approuvée à l'unanimité.

Althéa a eu un petit sourire sans joie. Il n'a pas atteint ses yeux. « Je vois. »

Elle a lentement, délibérément, retiré la bague en diamant de son doigt. C'était une pierre de cinq carats d'un joaillier de renom, un symbole de la dynastie La Roche. Elle ne l'a pas jetée. Elle me l'a tendue dans sa paume ouverte.

« Alors je crois que ceci t'appartient », a-t-elle dit, sa voix dénuée de toute émotion. « Ainsi que le projet. Et elle aussi. »

Ce calme était plus terrifiant que n'importe quelle rage. C'était comme si elle ne concédait pas la défaite. C'était comme si elle se débarrassait d'un poids mort.

« Mes avocats vous contacteront », a-t-elle ajouté, son regard se tournant vers la fenêtre comme si nous n'étions plus dans la pièce. « Je me désengage officiellement de la fusion Dubois-La Roche. Je vais lancer ma propre entreprise. »

Henri a ricané. « Avec quoi ? Althéa, sois raisonnable. Tu n'as rien. »

Ses yeux sont revenus sur lui, et pour la première fois, j'ai vu une lueur de quelque chose de dangereux. « Vous seriez surpris de voir ce que j'ai en réserve. »

Elle a tourné la tête sur l'oreiller, nous tournant le dos, un renvoi clair. La conversation était terminée.

En sortant, Bérénice s'est blottie contre moi, un sourire triomphant perçant enfin son masque taché de larmes. « C'est mieux comme ça », a-t-elle murmuré. « Elle finira par le comprendre. »

J'ai hoché la tête, mais un sentiment de malaise s'est installé dans mon estomac. C'était trop facile. L'Althéa que je connaissais se serait battue jusqu'au bout. Cette étrangère calme et décisive dans le lit d'hôpital me troublait. J'avais moins l'impression que nous avions gagné que d'être tombés dans un piège qu'elle nous avait tendu.

Une alerte d'information a vibré sur mon téléphone. Un titre économique.

`L'ACTION DE ROYER & FILS S'EFFONDRE SUR DES RUMEURS D'ÉCHEC EN R&D. AXEL ROYER SURNOMMÉ "LE DERNIER DINOSAURE DE LA FRENCH TECH".`

J'y ai jeté un coup d'œil et l'ai ignorée. Royer & Fils était une blague, une relique d'une époque révolue. Axel Royer n'était personne. Totalement insignifiant.

J'ai passé mon bras autour de Bérénice et l'ai guidée hors de l'hôpital, laissant derrière moi Althéa et mon sentiment lancinant d'appréhension.

Chapitre 3

Point de vue d'Althéa Dubois :

Au moment où la porte s'est refermée derrière eux, le masque de calme que j'avais si soigneusement construit est tombé. Un tremblement m'a parcourue, un frisson violent qui a secoué tout mon corps et qui n'avait rien à voir avec mes blessures. La douleur dans mes côtes était une ache sourde comparée au gouffre qui s'était ouvert dans ma poitrine.

Je les avais laissés partir. Je les avais laissés tout prendre. C'était la bonne décision, la seule possible selon la clarté glaçante de ma prémonition. Les affronter de front était le chemin vers l'anéantissement. La vision était un cadeau, un avertissement. Je devais pivoter.

Mais savoir qu'une décision est stratégiquement la bonne n'empêche pas d'avoir l'impression de s'amputer de son propre membre.

Le Projet Chimère n'était pas juste un projet. C'était mon bébé, l'aboutissement d'années de nuits blanches et de travail acharné. J'avais mis mon âme dans ces algorithmes et ces projections de marché. Et Grégoire... Je n'avais jamais été assez naïve pour croire que nous vivions une grande et belle romance, mais je pensais que nous avions du respect. Un partenariat. Je lui avais fait confiance.

La confiance était un membre fantôme maintenant, douloureux d'une perte si profonde qu'elle me donnait la nausée.

J'ai cherché le bouton d'appel, mes doigts maladroits et faibles. Une infirmière est entrée quelques instants plus tard.

« J'ai besoin de mon téléphone », ai-je dit, la voix rauque. « Et je dois parler à mon conseiller financier. Maintenant. »

Elle m'a regardée avec pitié. « Ma petite, vous sortez d'un grave accident. Vous devriez vous reposer. »

« Je me reposerai quand je serai morte », ai-je marmonné, les mots ayant un goût d'acide. « S'il vous plaît. C'est urgent. »

Elle a dû voir le désespoir dans mes yeux, car elle est revenue quelques minutes plus tard avec mon sac à main. L'écran de mon téléphone était une toile d'araignée de fissures, mais il s'est allumé. La première chose que j'ai vue, c'était une douzaine d'appels manqués de Léo Martin, le jeune analyste que je formais. C'était un prodige, un gamin brillant avec une compréhension intuitive des modèles de données. Il était la seule autre personne à connaître les véritables subtilités du Projet Chimère.

J'ai ignoré ses appels pour l'instant. Chaque chose en son temps. J'ai composé le numéro de mon conseiller.

« Vendez tout », ai-je dit, dès qu'il a décroché. « Toutes les actions que j'ai dans le Groupe Dubois et toute société affiliée au Groupe La Roche. Liquidez tout. Je me fiche des implications fiscales. Je veux le cash. »

Il y a eu un silence stupéfait à l'autre bout du fil. « Althéa ? Vous allez bien ? C'est un portefeuille important. Tout vendre d'un coup va attirer l'attention, sans parler de la perte que vous allez subir. »

« Je suis parfaitement consciente des conséquences », ai-je dit, ma voix glaciale. « Faites-le, c'est tout. »

Ensuite, j'ai appelé mon avocat. J'ai répété l'instruction. « Je me retire. Je veux que mon nom soit effacé de tous les documents relatifs à la fusion. Je renonce à ma participation dans le projet. »

« Mais Althéa, ce projet est votre chef-d'œuvre ! Il vaut une fortune ! »

« Une fortune que je ne verrai jamais si je reste », ai-je dit. « Préparez juste les papiers. Je veux que ce soit fait avant la fin de la journée. »

L'appel final était le plus difficile. J'ai cherché un numéro que je n'avais pas composé depuis des années, un contact enfoui au fond de mon téléphone.

Il a sonné trois fois avant qu'une voix calme et posée ne réponde. « Allô ? »

« Axel », ai-je dit, la gorge soudainement sèche. « C'est Althéa Dubois. »

Une pause. Je pouvais l'imaginer à l'autre bout du fil, Axel Royer, héritier de l'empire en déclin de Royer & Fils. L'homme calme et observateur qui traînait toujours en marge des événements de l'industrie, l'air perpétuellement déplacé dans ses costumes mal coupés. Le monde des affaires le qualifiait de dinosaure, d'imbécile incompétent menant l'entreprise de sa famille à la ruine.

Ma vision, cependant, m'avait montré quelque chose de différent. Dans le futur où j'étais détruite par Grégoire et Bérénice, Axel Royer était celui qui, discrètement et inexplicablement, avait survécu à la tempête. Tandis que le Groupe La Roche implosait sous le poids de la version frauduleuse de mon projet par Bérénice, Royer & Fils avait soudainement émergé, non pas comme un dinosaure, mais comme un prédateur élégant et terrifiant qui dévorait les restes de ses concurrents.

Il était sous-estimé. Et en ce moment, un allié sous-estimé était exactement ce dont j'avais besoin.

« Althéa », a-t-il dit, sa voix ne montrant aucune surprise. « J'ai entendu parler de votre accident. J'espère que vous vous rétablissez bien. »

« Je vais m'en sortir », ai-je dit. « Écoutez, Axel, j'ai une proposition à vous faire. » J'ai pris une inspiration, les mots semblant étrangers et insensés sur ma langue. « Je sais que votre dernière entreprise de R&D a échoué. Je sais que votre action est au plus bas. Je sais que tout le monde pense que vous êtes fini. »

« Un résumé succinct et précis », a-t-il dit, avec une note d'amusement sec dans le ton.

« Je peux tout arranger », ai-je dit, les mots sortant plus vite maintenant. « J'ai un projet. Un vrai. Pas l'ordure que ma sœur est sur le point de planter. J'ai le code source original, les vrais algorithmes. C'est plus grand que de la simple logistique. C'est un moteur d'analyse prédictive qui peut être appliqué à presque n'importe quelle industrie. Et je suis prête à vous le donner. »

Un autre silence. Celui-ci était plus long, plus lourd. Je pouvais presque entendre les rouages tourner dans son esprit brillant et sous-estimé.

« Me le donner ? » a-t-il répété. « L'œuvre d'une vie ? Pardonnez mon scepticisme, Althéa, mais ça semble trop beau pour être vrai. Où est le piège ? »

« Le piège, c'est que vous devez vous associer avec moi », ai-je dit. « Pas en tant qu'employée. En tant que partenaire à part entière, cinquante-cinquante. Nous créons une nouvelle société, sous l'égide de Royer & Fils mais complètement autonome. Ma technologie, votre infrastructure. Nous partons de zéro, et nous le faisons discrètement. Le temps qu'ils réalisent que nous sommes une menace, il sera trop tard. »

« "Ils", c'est-à-dire Grégoire de La Roche et votre sœur », a-t-il déclaré, non pas comme une question, mais comme un fait.

« Oui. »

« C'est une question de vengeance », a-t-il dit doucement.

« C'est une question de survie », l'ai-je corrigé. « La vengeance n'est qu'un bonus potentiel. Je vous offre une bouée de sauvetage, Axel. La chance de prouver à tout le monde qu'ils ont tort. La question est, êtes-vous assez courageux pour la saisir ? »

J'ai retenu mon souffle. Tout mon avenir, ce pari insensé et désespéré, reposait sur sa réponse. L'Althéa de la vision n'avait pas d'alliés. Cette Althéa en aurait.

Il est resté silencieux si longtemps que j'ai cru qu'il avait raccroché. Puis, il a parlé, sa voix basse mais chargée d'une énergie soudaine et intense.

« Envoyez-moi le dossier », a-t-il dit. « Sur mon serveur privé et crypté. Vous avez l'adresse. »

Il n'a pas attendu de réponse. Il a simplement raccroché.

J'ai laissé le téléphone tomber sur la table de chevet. Ma tête tournait, et une sueur froide a perlé sur mon front. Ça y est. Je venais de parier tout mon avenir sur un homme que le monde considérait comme un raté.

Une alerte d'information a illuminé mon écran fissuré.

`FUSION DUBOIS-LA ROCHE ACCÉLÉRÉE. LE "PROJET ASCENSION" DE BÉRÉNICE MORIN SALUÉ COMME RÉVOLUTIONNAIRE. L'ACTION S'ENVOLE.`

Ils l'avaient déjà rebaptisé. Mon bébé. Ma Chimère. Ils agissaient vite, désespérés de capitaliser sur l'élan. Bien. Qu'ils le fassent. Qu'ils courent aussi vite qu'ils le peuvent dans la mauvaise direction.

J'ai ouvert une application de messagerie sécurisée et envoyé un unique fichier à Axel Royer. Le vrai fichier. Celui que je gardais sur une micro-clé USB déguisée en bouton de manchette.

Puis j'ai envoyé un message à Léo Martin.

`Ils ont la fausse clé. J'ai besoin de toi. Tu es avec moi ou contre moi ?`

Sa réponse a été instantanée.

`Où est-ce que j'envoie ma lettre de démission ?`

Un petit sourire sincère a effleuré mes lèvres pour la première fois depuis ce qui semblait être une éternité. L'échiquier était en place. Les pièces bougeaient. Bérénice et Grégoire pensaient avoir gagné la guerre.

Ils ne réalisaient pas qu'elle venait à peine de commencer.

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