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Au claire de lune

Au claire de lune

Auteur:: Ana Dema
Genre: Loup-garou
Sienna fête ses 18 ans, après avoir découvert il y a deux ans après la mort de ses parents quelle était un loup garou elle voit sa vie bouleverser suite a un dîner. Une rencontré inattendue l'aidera et la protegera du danger qui la menace. Elle découvrira par la suite que la mort de ses parents n'était pas finalement un simple accident, elle se découvrira que son meilleur ami, aussi cache un secret et elle ne sais pas que la relation entre les deux amis risque de changer.

Chapitre 1 Chapitre 1: 18 ans

Je courais dans la forêt, toujours à sa poursuite. Plus je courais, plus son odeur s'éloignait de moi.

Il faisait nuit, mais j'arrivais clairement à distinguer les arbres, dont les racines dépassaient du sol, manquant de me faire trébucher à plusieurs reprises. Je sentais l'odeur de chaque être vivant autour de moi, mais celle que je traquais me donnait des frissons sur tout le corps. Elle m'attirait comme un aimant. Il fallait que je sache ce que c'était.

Soudain, je suis tombée dans un trou noir, m'engloutissant toute entière, brûlant chaque parcelle de mon corps jusqu'à la dernière molécule.

Et je me suis réveillée.

Chaque nuit, depuis bientôt deux semaines, je fais exactement le même rêve. Ou plutôt le même cauchemar. Et à chaque fois, je me réveille en sursaut, le cœur battant à tout rompre, le corps trempé de sueur, comme si j'avais réellement couru pendant des heures.

Je me suis levée pour prendre un verre d'eau et suis allée me rafraîchir le visage dans la salle de bain. En me regardant dans le miroir, je me suis figée. Mon visage... Mon corps... étaient couverts de terre.

Je ne comprenais pas. Comment cela avait-il pu se produire ?

J'ai quitté mon pyjama et je suis directement allée sous la douche.

Impossible de me rendormir après ça. Comment aurais-je pu, en sachant que j'avais été réellement dehors cette nuit ? Suis-je devenue somnambule ?

Faut-il que j'en parle à quelqu'un ? Non, surtout pas. On me prendrait pour une folle.

J'ai attrapé mon portable et mes écouteurs, j'ai lancé de la musique pour essayer de penser à autre chose. Finalement, je me suis rendormie avec.

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- JOOOYYEEEUUUX ANNIVERSAIRE SIENNNAAAA !!!

- Debout, grosse marmotte, tu es en retard pour les cours !

Je sursautai dans mon lit. Devant moi, l'auteur de ces cris atroces : Aiden, mon meilleur ami.

- T'es complètement fou, Aiden. J'ai failli faire une crise cardiaque ! dis-je en cachant ma tête sous l'oreiller.

- Dix-huit ans, ma petite poulette ! Ça se fête comme il se doit ! Et j'ai une surprise pour toi...

Je soulevai l'oreiller, intriguée, et je le vis tenir mon pêché mignon : un milk-shake au chocolat. Il savait exactement comment se faire pardonner.

- Oh toi... je t'épouse tout de suite ! C'est exactement ce dont j'avais besoin ce matin !

Je lui arrachai le milk-shake des mains et le bus d'une traite.

Il sourit et s'allongea à côté de moi, m'observant en silence.

Aiden avait dix-huit ans, comme moi, mais il paraissait plus vieux. 1m85, blond, les yeux noisette, un tas de muscles ambulant. Il faisait fondre toutes les filles. Sauf moi.

J'étais la seule à avoir résisté à ses charmes.

Si on ne le connaissait pas, on pourrait croire qu'il est froid, arrogant, pas sociable. Mais en réalité, c'est le mec le plus gentil et attentionné que je connaisse. Il s'inquiète pour les autres, il aime profondément sa famille et ses amis.

Je l'adorais pour ce qu'il était vraiment.

Nous étions amis depuis la maternelle. Il était comme le frère que je n'avais jamais eu. On se disait tout. Enfin... presque tout.

Il y avait une chose que je n'avais jamais réussi à lui avouer. Un secret que je garde depuis deux ans. Et ça me déchire. J'ai peur de le perdre. Peur de sa réaction s'il découvre que... je suis un loup-garou.

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Mes parents sont morts dans un accident de voiture quand j'avais treize ans. Les gendarmes ont dit que mon père s'était endormi au volant. Ils étaient partis fêter leur anniversaire de mariage.

Après leur mort, c'est ma tante Lana qui s'est occupée de moi. J'ai eu beaucoup de mal à remonter la pente. Heureusement, Aiden était là. Plus présent que quiconque.

À mes seize ans, ma tante m'a révélé notre secret familial. Je ne l'ai pas crue. Jusqu'à ce qu'elle se transforme sous mes yeux. Lorsqu'elle est redevenue humaine, ses yeux jaunes sont redevenus verts.

J'étais en colère. Pas à cause de la transformation. Mais parce que mes parents ne m'avaient jamais rien dit. La colère est montée, j'avais du mal à respirer, et... j'ai fait ma première transformation.

Ma tante m'a calmée, puis elle m'a dit :

- Si je t'en parle, c'est parce que tu as seize ans. Les jeunes se transforment à leur première pleine lune. Mais avec toi, c'était différent. Le choc émotionnel a déclenché ta transformation plus tôt.

Depuis, Lana m'a tout appris sur les loups-garous. Grâce à elle, je parviens à contrôler mes émotions, à garder mon loup bien enfermé en moi.

Et aujourd'hui, je fête mes dix-huit ans. Ce qui veut dire... que je suis en âge de trouver mon partenaire.

Sauf que dans cette ville, il n'y a que ma tante et moi qui soyons des loups-garous.

Aiden, lui, est un simple humain. Je doute qu'il accepte l'existence de loups... et encore moins que sa meilleure amie en soit un.

---

Après les cours, Aiden et moi avons décidé d'aller en boîte pour fêter ma majorité.

Nous avions invité Mélissa et Clara. La soirée se passait bien : on dansait, on chantait, on buvait. C'était parfait.

Mélissa s'est assise - l'alcool commençait à faire effet - tandis que Clara passait la soirée à draguer.

C'était du Clara tout craché : longue chevelure brune, yeux vert émeraude. Elle plaisait énormément. Les garçons étaient à ses pieds.

Soudain, mon cœur s'est emballé. Ma respiration s'est bloquée.

Une odeur. Connue. Enivrante.

Elle m'a traversée comme un éclair. J'étais sur le point de me transformer, là, devant tout le monde.

Je me suis précipitée aux toilettes, prétextant une envie pressante, et je me suis enfermée dans la première cabine. Je me suis concentrée, j'ai lutté contre mon loup.

J'ai reconnu cette odeur. C'était celle de mon rêve. Celle que je traque chaque nuit. Et mon loup voulait la suivre.

Quand je suis ressortie, je la sentais encore, tout près. Mais je ne voyais rien.

Je m'apprêtais à rejoindre mes amis, quand un homme apparut devant moi. Grand, les cheveux noirs. Inconnu.

Mais dès que ses yeux ont viré au rouge en sentant mon odeur, j'ai su.

Un Alpha.

Et l'instant d'après... il avait disparu.

Je tentai de suivre sa trace, mais l'odeur avait disparu. Mon loup grognait de frustration.

Ma tante m'avait appris : les yeux jaunes sont ceux des simples loups. Bleus pour les bêta. Rouges pour les Alphas.

Je venais de croiser un Alpha.

Pourquoi était-il ici ? Qui était-il ?

Je n'avais pas le temps de réfléchir, Aiden me rejoignit.

- Qu'est-ce que tu fous, Sienna ? Ça fait dix minutes que je te cherche partout !

- Excuse-moi... j'ai cru voir quelqu'un que je connaissais.

Je lui mentais, et je détestais ça.

- Allez, viens. Mélissa dort sur un fauteuil, et Clara vient de se battre avec un mec qui lui a fait une sale remarque...

- Ouch. Je tourne le dos cinq minutes et Clara fait des siennes... Bon, je vais la chercher.

Clara avait un sacré caractère. Elle aimait plaire, mais qu'on ne lui manque pas de respect ! Elle avait probablement mis un poing au mec.

Je l'ai retrouvée, et on a rejoint Aiden et Mélissa à la voiture.

Le trajet du retour fut silencieux. J'étais perdue dans mes pensées, repensant à l'Alpha. Son regard, sa présence... Il m'obsédait déjà.

Quand il m'a regardée, j'ai senti quelque chose. De puissant. Intense.

Et puis il avait disparu. Avait-il eu peur ? De moi ? D'autre chose ?

J'espérais au fond de moi le recroiser un jour.

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Aiden déposa d'abord Mélissa et Clara. Mélissa devait dormir chez Clara - si sa mère l'avait vue bourrée, elle aurait explosé.

Puis il me raccompagna chez moi.

- T'es sûre que ça va ? T'avais pas l'air bien tout à l'heure.

- T'inquiète pas. Une bonne nuit de sommeil, et ça ira mieux, promis.

Je vis bien qu'il doutait, mais je lui souris.

- Bonne nuit, mon frère.

- Bonne nuit, p'tite sœur. Dors bien.

Je suis rentrée sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller ma tante. Une fois dans ma chambre, je me suis écroulée sur mon lit.

Et dans le silence de la nuit... je l'ai encore entendu.

- Sienna...

Un loup au pelage noir profond et aux yeux rouges apparut devant moi, et s'élança dans la forêt.

Mon loup intérieur prit aussitôt le dessus.

Et une nouvelle fois, je me suis mise à courir après lui, guidée par cette odeur enivrante...

Chapitre 2 Chapitre 2: Invitation à dîner

- Sienna ! Lève-toi ! L'Alpha est en ville et il nous a invitées à un dîner. Il faut qu'on y aille !

J'ouvris les yeux. Ma tante Lana se tenait au pied de mon lit, complètement paniquée. Elle était déjà habillée, coiffée d'un chignon impeccable, digne d'une danseuse classique. Aucun cheveu ne dépassait.

Elle portait un tailleur noir et une chemise rose pâle. Elle avait l'air sévère... mais elle était magnifique.

Je regardai l'heure : seize heures.

J'avais dormi toute la journée. Malgré mes cauchemars, j'étais étrangement reposée.

Je me redressai et lui demandai :

- L'Alpha ? En ville ? Un dîner ? C'est quoi ce bordel ? Pourquoi sommes-nous invitées ? Et pourquoi t'es habillée comme ça ?

- Tu ne comprends pas, Sienna. Quand un Alpha t'invite, ce n'est jamais bon signe. Il se passe forcément quelque chose de grave.

Et je suis habillée comme ça parce que je n'ai rien d'autre de convenable à me mettre pour me présenter devant lui. Dépêche-toi, on doit être là-bas à dix-huit heures !

- Tu peux pas y aller toute seule ? J'ai rien d'autre à me mettre que des jeans et des joggings...

- AH NON ! Hors de question ! Tu te trouves quelque chose de présentable, et tu viens. Refuser l'invitation d'un Alpha, c'est le défier. Et crois-moi, ça peut très mal finir.

Elle quitta la pièce en claquant la porte.

Je soupirai et fouillai mon placard sans succès. Par curiosité, j'ouvris le coffre sous mon lit, où j'avais rangé les vêtements de ma mère. Je n'avais jamais eu le cœur à m'en séparer - ils portaient encore son odeur.

Je tombai sur une longue robe verte. Je l'essayai.

En me regardant dans le miroir, j'eus un choc. La robe m'allait comme si elle avait été faite pour moi.

Elle descendait jusqu'à mes chevilles, dégageait un décolleté raisonnable mais élégant, mettant en valeur mes courbes. Dans le dos, elle était ouverte jusqu'au bas des reins.

J'ajoutai un châle noir léger pour couvrir un peu cette nudité.

Cette robe... elle était parfaite. La couleur se mariait à merveille avec mes cheveux roux et faisait ressortir mes yeux bleus.

Je laissai mes cheveux détachés, tombant en cascade dans mon dos pour m'aider à dissimuler l'ouverture de la robe, au cas où je devais retirer le châle.

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Une fois prêtes, nous prîmes la route vers la maison de l'Alpha.

- MON DIEU ! Je ne sais pas si je dois être excitée ou terrifiée !

Ma tante devenait folle, elle ne tenait pas en place dans la voiture. Elle ressemblait à un enfant fébrile avant d'ouvrir son cadeau... sauf qu'elle avait peur de ne pas aimer la surprise.

- C'est juste un dîner, tata... tentai-je de la rassurer.

- Juste un dîner ? Sienna, c'est l'Alpha. Il n'invite quasiment jamais les gens chez lui ! Quelque chose se trame, j'en suis sûre...

Je réalisai alors qu'en deux ans de transformations, je ne l'avais jamais vu. Et à ma grande surprise, ma tante non plus.

Nous arrivâmes devant un immense portail blanc. Il s'ouvrit automatiquement. La voiture s'engagea sur une allée menant à un magnifique jardin. Tout était parfaitement entretenu, harmonieux... presque irréel.

En descendant de voiture, un homme grand aux cheveux blancs s'approcha de nous d'un pas solennel.

- Bienvenue, mesdames. Si vous voulez bien me suivre jusqu'à la grande salle. L'Alpha vous y rejoindra plus tard.

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Nous traversâmes un salon somptueux. Tout dans la décoration évoquait luxe, ordre et pouvoir.

Dans la salle à manger, une longue table avait été dressée. Trois couverts en or, pas un de plus. Des fleurs, sûrement issues du jardin, trônaient au centre.

Ma tante pâlit.

- Trois couverts ? Il va dîner seul avec nous ? Et ses conseillers, où sont-ils ?... Bordel...

Je pris sa main pour la rassurer, mais elle la serra si fort que je crus qu'elle allait me la broyer.

- Désolée... je m'en suis pas rendu compte, dit-elle en relâchant aussitôt sa prise.

- C'est rien. Je comprends ton stress... mais je suis sûre que tout va bien se passer.

- Merci d'être la meilleure nièce au monde, répondit-elle avec un sourire tremblant.

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Soudain, ma poitrine se serra. Mon cœur s'emballa. Ma respiration se bloqua.

Cette odeur... Elle mettait tout mon corps en feu.

Mon loup voulait sortir, foncer vers elle.

J'agrippai la main de ma tante pour me calmer. Pourquoi cette odeur me faisait-elle autant d'effet ? D'où venait-elle ?

La grande porte s'ouvrit dans un grondement sourd. Trois serviteurs entrèrent avec des plateaux fumants. Mon estomac gargouilla.

Puis il apparut.

Grand. Cheveux noirs. Musculature imposante. Un regard d'un noir profond dans lequel je me perdis instantanément.

Alexander. C'était lui. L'Alpha. Celui de la boîte de nuit. Celui de mes rêves.

Son odeur... C'était celle que je traquais chaque nuit.

Nos regards se croisèrent. En un éclair, ses yeux devinrent rouges.

Ma tante tomba aussitôt à genoux.

Moi, j'étais figée.

- Sienna, tu es folle ! Agenouille-toi ! Tu es en train de le défier ! chuchota ma tante en tirant sur ma robe.

Mais je ne pouvais pas. Je n'y arrivais pas.

Mon regard était plongé dans le sien, comme attiré par une force invisible.

Il me regardait... avec surprise, et... de la joie ?

- Relevez-vous, Lana. ordonna-t-il d'une voix grave mais étrangement douce.

- Et appelez-moi Alexander.

Ma tante se releva, remit sa jupe en place, et répondit timidement :

- C'est un honneur de vous rencontrer, Alpha... Alexander.

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Nous nous installâmes. Le repas débuta dans un silence un peu tendu. Ma tante et Alexander discutèrent un peu du quotidien, de la ville... Rien de bien intéressant.

Au bout d'un moment, je perdis patience. Je posai mes mains sur la table et regardai Alexander droit dans les yeux.

- Qu'est-ce que vous venez faire ici ? J'imagine que ce n'est pas pour parler météo...

Il esquissa un sourire.

- Sacré caractère... Mais tu as raison. Allons droit au but.

Il reprit, plus sérieux :

- Les chasseurs ont repris leur traque. Je suis venu vous avertir.

- Et il fallait un dîner pour ça ? Un simple courrier ne suffisait pas ? demandai-je.

- Non. Parce que tu es la dernière née. Tu as eu ta première transformation il y a deux ans, et tu es en danger. Il est de mon devoir de t'entraîner.

Je haussai un sourcil.

- Et si je ne veux pas ? Je sais me défendre.

- Ce n'est pas une proposition. C'est un ordre.

Tu emménages ici dès demain. Les chasseurs sont des professionnels. Ils ne ratent jamais leur cible. Si tu ne sais pas te battre, tu es fichue.

Je ne répondis pas. Je savais que contester serait vu comme un affront.

Et je ne voulais pas mettre Lana en danger.

Elle n'avait pas ouvert la bouche depuis le début du repas. Elle restait sage, à sa place. Soumise. Craintive.

Le dîner se termina dans un silence pesant. Je sentais le regard d'Alexander sur moi, tout le long. Ça me mettait mal à l'aise.

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Sur le trajet du retour, ma tante ne dit pas un mot. Quelque chose la rongeait, mais visiblement, elle ne voulait pas en parler ce soir.

Une fois rentrée, je me glissai dans mon lit. Mon téléphone vibra.

> 📩 Aiden : "Salut sœurette, pas de nouvelles aujourd'hui. Tout va bien ?"

Je répondis :

> "Hey frérot, oui, tout va bien. Je viens juste de me réveiller, j'ai dormi toute la journée."

Je posai le téléphone à côté de moi et m'endormis presque aussitôt.

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Mais cette nuit, je ne rêvai pas de poursuite.

Je rêvai d'Alexander.

- Sienna... mon amour... tu m'as enfin trouvée. Je suis là pour te protéger de...

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase.

Une pluie de flèches le transperça de toutes parts. Il disparut dans un cri.

Mon amour... ?

Pourquoi m'avait-il appelée comme ça ? Ça n'avait aucun sens.

Et pourtant, dès qu'il disparut, je me mis à courir.

Mon instinct hurlait : cours, échappe-toi !

Quelqu'un me traquait... et je ne devais surtout pas me faire attraper.

Chapitre 3 Chapitre 3 Professeur Pattinson

Ce matin, au réveil, Lana ne semblait pas dans son assiette. Elle fixait un point dans le vide, perdue dans ses pensées.

- Que t'arrive-t-il ? Depuis hier soir, tu ne m'as pas adressé un mot, lui demandai-je, inquiète.

Elle ne me répondit pas tout de suite. Elle me fixa pendant quelques secondes avant de prendre la parole.

- Dis-moi, Sienna... Tu m'as pris la main quand l'Alpha est entré dans la pièce, et ensuite tu n'as pas arrêté de le fixer dans les yeux. Lui aussi, d'ailleurs. Il était tout mielleux avec toi. Alors, ce n'est pas à moi que tu dois demander ce qu'il se passe... c'est à toi que je devrais poser la question !

Son ton était sérieux, presque sévère. Je ne savais pas quoi lui répondre. Devais-je tout lui dire ? Oui, il le fallait. Son visage marqué et ses cernes me montraient qu'elle n'avait probablement pas dormi de la nuit à cause de ça.

Je décidai donc de tout lui raconter : mes cauchemars, ma sortie en boîte, l'odeur d'Alexander qui me rendait folle... Son visage passa d'une expression préoccupée à un sourire plein d'étoiles dans les yeux.

- Sienna... ce ne sont pas des cauchemars. C'est juste que... tu as trouvé ton partenaire !

- Hein ? Mais je ne le connais même pas ! Je ne l'avais jamais vu de toute ma vie ! protestai-je.

- Certains loups n'ont pas besoin de rencontrer leur partenaire pour le reconnaître. Certains le sentent... d'autres en rêvent.

Je n'en revenais pas. Si j'écoutais ma tante, j'étais en train de tomber amoureuse d'Alexander, l'Alpha, que je ne connaissais même pas. Et le pire... c'est que mon corps semblait d'accord avec elle.

- Désolée, tata, je file ! Je suis en retard pour les cours.

Je coupai court à la conversation. Non pas que je la trouvais inintéressante... mais je n'y croyais pas. Ces histoires de "partenaire", c'était trop. Je retrouvai Aiden devant le portail comme souvent quand il ne passait pas me chercher chez moi.

Pendant les cours, j'avais du mal à me concentrer. Mes pensées revenaient constamment vers ce qu'avait dit Lana, puis au dîner, à cette étrange attirance envers Alexander... Ce soir, j'étais censée commencer mon entraînement chez lui. Un entraînement... pour me protéger de chasseurs ? C'était complètement absurde.

Je regardais par la fenêtre, qui donnait sur la forêt. Derrière les arbres, j'aperçus une silhouette. En plissant les yeux, je vis très clairement un grand loup noir. Il me fixait. Et il savait que je l'avais vu, car dès que nos regards se croisèrent, il s'enfuit.

- Sienna, tu peux répondre à la question, s'il te plaît ?

La voix de Monsieur Pattinson me fit sursauter. Il se tenait penché au-dessus de mon bureau, ses lunettes glissant sur son nez.

- Euh... Excusez-moi, vous pouvez répéter la question ? demandai-je, confuse.

- Qui a inventé la légende du loup-garou ? Ce genre de question sera au programme de l'examen.

- Aucune idée, monsieur...

- Très bien. Tu me feras un exposé complet sur la lycanthropie pour la semaine prochaine.

Super. Comme si je n'avais que ça à faire. Je sentis mon loup s'agiter intérieurement, me poussant presque à lui sauter dessus... mais je me retins. La cloche sonna et je bondis hors de la classe.

Sur le chemin du retour, je me retrouvai soudainement plaquée contre un mur. Par réflexe, je fermai les yeux. Quand je les rouvris...

- Où comptes-tu aller comme ça, princesse ? Tu n'étais pas censée venir chez moi pour démarrer ton entraînement ?

C'était Alexander. Il m'avait collée contre le mur avec force, et il était si proche que je pouvais sentir son souffle sur ma peau. Mon cœur battait la chamade.

- Si, si... je voulais juste passer chez moi me changer et prendre quelques affaires.

- Pas la peine. Lana s'en est déjà chargée. Toutes tes affaires sont chez moi, dit-il avec un sourire.

- Quoi ? Toutes mes affaires ?!

- Oui. Tu ne retourneras pas en cours, et tu ne sortiras pas tant que ton entraînement n'est pas terminé. J'ai déjà prévenu ton école.

- J'ai un exposé à rendre à Monsieur Pattinson !

- Pattinson t'a déjà dans le collimateur. Il n'a pas arrêté de te regarder pendant tout le cours. Cela fait plusieurs jours que je le surveille, et je peux t'assurer que ton prof est un chasseur.

- Quoi ? Comment tu sais ça ?!

Puis, d'un coup, tout s'éclaira dans mon esprit. Le loup noir que j'avais vu plus tôt... c'était lui.

- Peu importe, répondit-il. Ma seule priorité, c'est la sécurité de ma meute. Et toi, tu es une jeune louve sans expérience. Tu es vulnérable.

Il relâcha enfin la pression et marcha jusqu'à sa voiture, garée un peu plus loin. Il me fit signe de monter. Je m'exécutai sans un mot.

En arrivant chez lui, je constatai qu'il ne mentait pas. Toutes mes affaires étaient là. Mes vêtements, mes livres, mes affaires personnelles... Tout sauf les meubles. C'était officiel : j'allais vivre chez l'Alpha.

- On commencera l'entraînement demain matin. Tu fais ce que tu veux ici, sauf partir, dit-il.

- Très bien, répondis-je.

Je n'avais pas le choix. J'installai mes affaires, puis allai dans le jardin, mis mes écouteurs, et m'allongeai sur un transat près de la piscine, espérant que la musique apaise le tumulte dans ma tête.

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