Je suis assise sur le lit lorsqu'il vient me trouver dans la chambre.
Je le regarde en espérant qu'il prenne les devants mais rien, il ne me parle pas.
Je tourne ma tête en sa direction afin que nos regards se croisent mais toujours rien.
J'ai l'impression qu'il fuit exprès mon regard.
Depuis plusieurs jours je ne dis rien mais aujourd'hui ça ne va pas être possible, j'ai besoin de savoir comment les choses se passent de son côté.
Moi : alors ?
Lui : quoi ?
Moi : tu as trouvé quelque chose ?
Lui : j'ai eu un entretien mais je ne suis pas sûr qu'ils vont me prendre ?
Moi (me tournant complètement) : comment ça ? On va faire comment ? On ne peut plus continuer dans ces conditions. Je ne gagne pas suffisamment pour qu'on puisse tenir.
Lui : je sais.
Moi : si tu sais, fais quelque chose. Je te parle de notre situation tous les jours et pourtant tu ne te sens pas concerné.
Lui (insouciant): je ne suis pas celui qui fait des miracles ! Je fais ce que je peux !
Je m'apprête à rajouter quelque chose lorsqu'il prend sa serviette et va à la douche.
Je reste sur le lit à réfléchir aux différentes possibilités qu'on a pour cette fin de mois.
Payer le loyer devient un problème. Je suis seule à prendre en charge la maison et je ne peux plus.
Je ne sais plus c'est quand la dernière fois que je me suis fait un cadeau, ne serait-ce qu'un tour chez le coiffeur.
Je veux m'en sortir mais je n'y arrive pas. Ce n'est pas facile de s'en sortir lorsqu'on est seule à déposer de quoi vivre sur la table.
Je suis gênée chaque fois que je dois en parler mais il ne me facilite pas la tâche.
Je ne peux plus payer le loyer, faire les courses du mois, payer l'eau et le courant seule.
Avec mon petit salaire je n'arrive plus à m'en sortir.
Quand je lui demande de m'aider il dit que je l'oppresse, mais comment faire ?
Il ne travaille pas depuis un an et je ne le vois jamais chercher le boulot. Il est toujours à la maison à se plaindre du fait que je sorte trop tard de mon travail.
Je ne cesse de lui expliquer que mes patrons me font une faveur en me laissant partir le soir mais il ne comprend rien.
Pour lui, soit je vois un autre homme, soit je fais tout pour m'éloigner de lui.
Je m'appelle Tolanie, j'ai 26 et je suis Togolaise. Je suis née au Togo, à Vogan.
Après 23 ans au Togo j'ai pris la décision de venir au Gabon me chercher, comme mon père l'a fait à son époque.
J'ai toujours rêvé de venir ici ! Je voulais voir de mes yeux ce que mon père me disait.
Il n'était pas très content que je vienne mais j'avais cet objectif en tête.
Je suis de teint noir (presque le noir ébène). Je mesure 1m70 et bien que les balafres soient présentent sur mon visage, elles font mon charme.
J'ai quitté le pays avec un bon niveau scolaire mais je n'aimais tout simplement pas ma vie là-bas.
J'ai pris ce voyage comme une possibilité de me libérer.
Je n'ai jamais aimé vivre avec la grande famille. Je n'ai jamais apprécié que tout le monde se mêle de mes choix.
Je n'ai jamais approuvé les décisions que mes oncles prenaient à la place de mon père.
Après quelques années à vendre avec ma grand-mère au Togo (après mon baccalauréat) j'ai décidé de me chercher ailleurs.
C'est à cet instant que l'idée que j'avais dans un coin de ma tête (venir au Gabon) s'est affirmée.
Grande fût ma surprise à mon arrivée à Libreville.
Ne pas savoir chez qui se tourner, ne pas avoir de toit n'a pas été facile.
Au début, tous les soirs je dormais à la terrasse d'un restaurant à Lalala.
Je venais à minuit quand j'étais certaine qu'il était fermé et je partais au petit matin incognito.
Cette situation ne me dérangeait pas, je n'avais pas d'argent pour espérer mieux.
De plus, j'étais déjà heureuse de pouvoir dormir à l'abri des pluies.
Avec le temps, j'ai eu assez de chances, j'ai trouvé un travail 1 mois après mon arrivé, dans ce même restaurant !
Je faisais le ménage et la plonge pour 50.000cfa/mois. N'ayant aucune charge je ne plaignais pas.
Quand il était l'heure de fermé, je laissais croire que je partais chez moi, en fait je revenais dormir à la terrasse.
Après un dans ce restaurant, j'ai cherché un autre travail.
Grâce à une annonce, j'ai trouvé du travail et jusqu'aujourd'hui je travaille à cet endroit
Je suis normalement nounou mais j'ai eu la chance de négocier avec mes patrons.
J'ai la possibilité de partir à 22h et venir à 6h30 (toujours avec 7h15).
Au début j'avais un week-ends sur deux à la maison mais quand je rentrais il boudait toujours.
J'ai fait ce choix pour rester avec lui tous les soirs.
Je suis en couple avec Tom depuis un an et quelques mois. Il est Gabonais, Fang de bitam et Punu (son père).
Tom n'est pas allé loin dans ses études, après son BEPC il a arrêté sous prétexte qu'il voulait jouer au foot.
Depuis que je le connais je ne l'ai jamais vu avec un ballon !
Comme tous bon Gabonais, il préfère travailler dans un bureau alors qu'il n'a pas certaines connaissances.
Il a déjà eu l'occasion d'être chauffeur mais il a refusé parce qu'il dit que ça ne lui ressemble pas de transporter les gens du matin au soir.
Chaque fois que je viens avec une offre il trouve un défaut.
Il me dit qu'il se cherche, mais ce n'est pas assez à mon goût, pour preuve, il est au stade zéro.
Il passe ses journées à dormir et regarder les rediffusions de matchs.
Quand il sort de la maison, il va chez le boutiquier pour tenir des grands débats sur des histoires dont il n'a aucune vraie connaissance.
J'ai dit Maison ? Hum
Nous sommes dans un une pièce fait tout là.
Le genre de chambre que certains appellent chambre américaine mais la nôtre n'a rien avoir !
Elle est encore plus petite et ne nous laisse pas un large champ des possibles.
Suffit que nous soyons dans la même pièce qu'un se sent de trop.
J'ai pris cette chambre quand j'ai commencé ce travail.
Tom venait juste le week-end parce que je ne voulais pas aller chez son frère, qui, lui vit avec sa famille.
Avec le temps et étant donné que je n'étais pas souvent là, Tom a décidé de s'installer à la maison pour mon plus grand plaisir.
Bien qu'il ne participait pas, ça me faisait du bien de le retrouver quand je rentrais du boulot.
Là, je suis à bout et je n'arrive plus à faire semblant.
J'avais du mal à lui parler de certaines choses au début mais maintenant je parle !
Chaque fois que je trouve une offre je rentre avec à la maison, mais toujours rien.
Je le motive comme je peux.
Lorsqu'il revient dans la chambre, je le regarde et :
Lui (me fixant) : quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Moi : est-ce que tu pars vraiment quand je te parle d'une offre ?
Lui : tu me fatigues encore avec cette histoire ?
Moi : je veux savoir. Ce n'est pas normal que personne ne t'accepte. Je t'ai parlé de plus de 12 offres et jamais tu n'as été accepté.
Lui : tu veux dire quoi par là ?
Moi : tu dois trouver un travail. Je n'ai plus d'argent et ça m'énerve !
Lui (mettant un caleçon sous sa serviette) : ...
Moi : tu dois arrêter de sélectionner ce que tu veux faire ou pas. Qu'il s'agisse d'être chauffeur, gardien...
Lui (me coupant la parole) : moi, gardien ?
Moi : oui, toi gardien !
Lui : ça ne va pas dans ta tête ?
Moi : toi ça va ? Ça ne te dérange pas de ne rien rapporter ?
Il m'énerve tellement lorsqu'il dénigre un travail que je suis obligé de lui parler de la sorte.
Lui : tu peux crier ! Tu peux crier que le monde entier l'entende. Je suis quoi, un pauvre, toi la riche il faut crier.
Il se rapproche de moi et cherche à m'intimider.
Lui : je n'ai pas besoin que tu me rappelles que je n'ai pas d'argent !
Moi : ce n'est pas de ça dont il s'agit. Je comprends quand tu me dis que chercher ce n'est pas facile mais comprends-moi aussi. Je te trouve des offres mais que tu ne fais rien pour saisir les opportunités.
Lui : quelles opportunités ? Devenir gardien est une opportunité pour toi ? Conduire comme un esclave, c'est ce que tu appelles des opportunités ?
Moi : tu t'entends parler ? Je suis nounou mais tu manges bien ma nourriture non ?
Lui (énervé) : tu es nounou parce que tu n'as pas fait l'école, tu veux faire quoi d'autre ?
Je le regarde les yeux grands ouverts.
Moi : je n'ai pas fait l'école mais je me bats Tom. Je ne reste pas ici. Je ne suis pas un poids pour mes parents.
Lui : tu as honte de moi ?
Moi : honte de quoi ? Je veux que tu comprennes ce que je te dis et pas que tu te braques !
Lui : j'ai des raisons de me braquer. Je suis Gabonais, tu as déjà vu un Gabon garder la maison de quelqu'un dans son propre pays ? Parce que quoi ? Jamais !
Moi : du coup tu me mens quand tu me dis que tu vas chercher le boulot ?
Lui : non, je cherche !
Moi : mais tu cherches dans quoi ?
Lui : on recrute partout !
Moi : pourquoi on ne te recrute pas dans ce cas ? Tu trouves toujours quelque chose à dire !
Lui : tu me fatigues ! Si tu as honte de moi je peux m'en aller. Est-ce que tu es la seule personne que je connais dans ce pays ? Tu es même qui ?
Moi (essayant de le calmer) : pas besoin de partir. Je veux juste que tu trouves un boulot. Tu t'emportes pour rien.
Lui : non tu me fatigues avec tes histoires ! Tous les jours c'est la même chose. Si tu veux m'aider, tu demandes à ton patron s'il recrute, mais non, toi tu veux que je tourne autour des maisons des gens comme un imbécile !
Il dépose sa serviette sur le lit et s'allonge le visage amarré.
Je me tourne vers lui, je tire sa serviette et je vais la déposer sur le porte serviette.
Je suis fatiguée, j'ai des maux de tête tellement je fais des calculs à longueur de journée.
Je suis payée à 150.000cfa et mon loyer est de 60.000cfa. Je suis à 10.000cfa de taxi la semaine soit 40.000cfa le mois. Quand je rajoute le courant et les courses je me retrouve avec rien pour moi.
Je suis fatiguée de pleurer. Je suis fatiguée de réfléchir à ma situation. J'ai l'impression de porter un poids trop lourd pour mes petites épaules.
Il y a des jours où je veux plier mes affaires et aller vivre chez mes patrons (oui, j'ai cette possibilité avec les extensions qu'ils ont dehors) mais je pense à Tom qui n'a rien.
Il me dit qu'il peut aller chez son frère mais il raconte n'importe quoi ! Son frère l'a chassé parce qu'il ne contribuait pas.
Au début il me mentait sur les raisons mais je connais son frère. Je sais qu'il ne blague pas avec les charges.
La seule nuit que j'avais passé là-bas il m'avait dit de donner 5000cfa pour le courant.
C'est aussi pour cela que j'avais refusé d'y retourner.
De plus, Tom aime trop les problèmes pour se faire héberger longtemps.
13 minutes plus tard j'arrête la lumière derrière moi et je vais le rejoindre sur le lit.
Lui (changeant de chaîne) : tu vas dormir ?
Moi : oui.
Lui (se tournant vers moi) : déjà ?
Moi : tu veux quelque chose ?
Lui : tu dors tôt pourquoi ?
Moi : je travaille demain.
Il se rapproche de moi et dépose un bisou sur mon épaule gauche.
Je le bloque vite et :
Moi : pas ce soir.
Je ne suis pas d'humeur à transpirer quand rien ne va, en tout cas pas ce soir.
Lui : tu n'es pas en période, pourquoi tu refuses ?
Moi : je ne veux pas.
Lui : pourquoi ?
Moi : je ne veux pas, je suis fatiguée.
Il retire ses mains de mes cuisses et se pousse.
7 minutes plus tard il revient avec ses mains baladeuses.
Moi : non.
Il tape ma fesse gauche et me tire vers lui :
Moi : non, je ne veux pas !
Il tire main et la dépose sur son sexe.
Je me redresse et je le menace. Ce n'est qu'à ce moment qu'il réalise que je ne veux vraiment pas.
Il change de chaîne et regarde sa télé tandis que moi je décide de dormir.
Il est 5h25 du matin lorsque je quitte le lit en direction de la salle de bain.
Je prends ma douche en 15 minutes et je reviens dans la chambre me changer.
Je porte une robe ample de couleur blanche et des sandales noires.
Quand je retourne dans la salle de bain pour brosser mon tissage je vois la chemise que Tom portait hier.
Ce qui attire particulièrement mon attention c'est un lot de billet.
Je vais près de sa chemise et je tire l'argent. Il y a 100.000cfa en billet de 10.000cfa.
Un cœur me dit de prendre 50.000cfa dans cet argent mais je remets simplement les sous au même endroit.
Je ne sais pas si c'est son argent ou s'il doit le remettre à quelqu'un.
2 minutes plus tard, je retourne dans la chambre pour m'habiller, puis, je prends mon sac et je quitte les lieux.
20 minutes plus tard je suis à mon travail à l'heure.
Ayant la clé, je vais troquer ce que je porte contre ma tenue de travaille et je vais arranger la cuisine.
Je passe 15 minutes à nettoyer les plans de travail (que je nettoie toujours tous les soirs avant mon départ).
Lorsque je termine de nettoyer je vais préparer les affaires pour le petit déjeuner.
En temps normal je n'ai pas autant de travail que les week-ends et les brunch à faire.
Je prends quasiment 2h20 pour tout mettre en place et lorsqu'il est l'heure de réveiller les enfants je vais le faire.
Ils ont des jumeaux (fille/garçon) de 5 ans.
Je travaille chez un jeune couple d'une trentaine d'année chacun.
Je vais laver les enfants et quand je termine avec eux je descends faire le thé pour ma patronne.
Je suis sur le point de transporter la bouilloire lorsque son mari entre dans la cuisine.
Moi (tremblant) : Monsieur !
Lui : il y aura une personne en plus.
Moi : ok monsieur.
Il prend un verre à eau et :
Lui : tu es là depuis ?
Moi : oui.
Lui : ah d'accord. Tu es venue seule ?
Moi : oui, enfin en taxi.
Lui : c'est dangereux ! Tu pouvais appeler.
Moi : appeler ?
Lui : oui, il faut dire au chauffeur de te prendre le matin.
Moi : je ne savais pas que j'avais le droit de lui dire ça.
Lui : tu peux !
Il me demande de lui passer une bouteille d'eau Evian et il s'en va.
Je vais déposer le plateau sur la table et je rajoute un couvert comme il me l'a demandé.
Je monte les escaliers pour prévenir que la table est prête lorsque mon téléphone sonne.
Moi (décrochant) : qu'est-ce qu'il y'a?
Tom : il n'y a pas d'argent.
Moi : quel argent ?
Lui : il n'y a pas d'argent à ta cachette.
Moi (surprise qu'il connaisse ma cachette) : je sais.
Lui : je fais comment ?
Moi : comment ça tu fais comment ?
Lui : je mange quoi aujourd'hui ?
Moi (regardant les marches devant moi) : je suis au travail, à ce soir.
Je raccroche et lorsque je vais dire à mes patrons que la table est prête.
Ma patronne : tu as mis un couvert de plus ?
Moi : oui, monsieur m'a dit.
Elle (regardant son mari) : ok.
Je sors de leur chambre et je vais également le dire aux enfants.
8 minutes plus tard nous sommes tous en bas sauf la personne en plus.
Je suis à la cuisine quand j'entends une voix, la voix d'un homme.
Je reste à mon poste (la cuisine) pendant que madame s'occupe de la personne.
Monsieur : Tolanie ?
Moi : oui monsieur ?
Je vais vers lui quand je vois son ami (il vient souvent ici).
Mon patron : tu peux aider les enfants là, ils font la saleté.
Je vais me mettre entre les deux enfants et quand son ami se tourne vers nous, il vient nous faire la bise.
Il prend place près de mon patron et les deux se lancent dans une discussion peu décryptable.
Je suis gênée parce que chaque fois que je suis avec eux je me sens de trop.
J'aide les deux enfants à manger quand ma patronne se rapproche de la table et :
Elle : tu pourras dormir ici vendredi prochain? On va rentrer tard et je ne veux pas qu'ils restent avec le gardien.
Moi (petit sourire) : il n'y a pas de problème.
Elle : ok.
Je continue d'aider les enfants sans trop prêter attention à leur conversation.
Quelques minutes plus tard, alors que je nettoie la nourriture qui sort de la bouche du garçon :
Mon patron : il faudra bien dire au chauffeur.
Je le regarde et je comprends qu'il fait allusion à notre dernière conversation.
Moi : oui monsieur!
Madame (regardant son mari) : quoi?
Il lui explique que c'est dangereux que je vienne à aussi tôt, seule, et elle est du même avis.
L'avantage ici, les employés ont des extensions. Les gardiens, le chauffeur et moi-même avons la possibilité de dormir ici.
Je reste à table jusqu'à ce que les enfants terminent de manger.
Quand je me lève pour retourner à la cuisine ma patronne me suit.
Elle (marchant derrière moi) : Tolanie?
Moi (me tournant) : oui madame?
Elle : ton soutien-gorge.
Moi (ne comprenant pas où elle veut en venir) : pardon?
Elle : je t'ai déjà dit que je ne voulais pas que monsieur voit la couleur de ton soutien.
Je m'excuse et je l'arrange. Je ne me rendais pas compte que les bretelles étaient dehors.
À mon arrivé dans cette maison ma patronne m'avait fait asseoir. Elle m'avait dit tout ce qu'elle ne voulait pas.
Dans sa liste, il y avait le fait de ne pas rester longtemps avec Monsieur dans la même pièce.
Elle était directe! Je ne dois pas porter un débardeur car on peut voir ma poitrine. Tout doit être au niveau des genoux.
Je respecte ça jusqu'à présent. Parfois quand monsieur veut parler de quelque chose je le laisse seul en lui signifiant que j'ai du travail.
Je fais tout pour ne pas me retrouver dans une position inconfortable.
Je suis venue ici chercher mon argent!
Je vais travailler à la cuisine le temps qu'ils terminent de manger.
Quand je viens pour débarrasser, sans faire exprès je fais tomber quelque chose dans le verre de jus de l'ami de mon patron.
Il lève ses yeux vers moi et je m'excuse systématiquement.
Ma patronne : reviens avec un autre verre.
Lui : non ça va.
Il dépose lui même son verre dans mon plateau et m'aide en me passant ce qui est devant lui.
Moi (évitant son regard) : merci.
Je fais un aller-retour et en revenant je tombe sur une conversation entre mes patrons.
Madame : on doit changer le chauffeur là. Il ne sert à rien, il est toujours en retard pour prendre les enfants.
Son mari : j'allais même te le dire. J'étais prendre les petits la dernière fois et le gardien de l'école m'a dit qu'ils restent souvent là-bas jusqu'à 14h.
Elle : le travail n'est pas forcé, je vais faire une annonce. Ils font ça aux enfants des gens comme s'ils n'allaient jamais en avoir un jour
Lui : on peut demander au gardien de chercher.
Elle : c'est lui le prochain que je vais virer donc ça ne sert à rien!
Son mari rigole et je me permets de glisser ma proposition.
Moi : madame j'ai quelqu'un sous la main si vous voulez.
Elle : un gardien?
Moi : oui enfin il est plutôt chauffeur.
Elle : il travaille bien? Il est de quelle nationalité?
Moi : il est Gabonais.
Son mari (septique) : ah les Gabonais font aussi ce travail?
Elle : tu peux lui dire de passer?
Moi : vous souhaitez qu'il passe quand?
Elle : demain si possible.
Moi : il n'y a pas de problème.
Je fais un petit sourire et je m'éclipse!
Je pense à appeler Tom mais je vais lui en parler ce soir.
Je passe la journée à travailler et quand je termine vers 22h30 je quitte les lieux.
J'arrive chez moi à 23h avec toute la fatigue du monde.
C'est à la maison que je me souviens ne pas avoir dit au chauffeur de venir me prendre demain matin.
Je regarde l'heure, il se fait tard, prochainement.
Je m'arrête devant la porte et j'entends Tom discuter avec quelqu'un au téléphone.
Lui : non! C'est tout ce que tu trouves pour moi? Tu ne m'aimes pas!
Lui (après la réponse de la personne) : tu m'appelles quand tu as mieux!
Lui (après la réponse de la personne) : tu n'as pas un oncle maire? Il n'a pas besoin de quelqu'un à la mairie?
Lui (après la réponse de la personne) : tu lui demandes!
3 minutes plus tard je rentre dans la chambre et quand il me voit il raccroche.
Je le regarde et :
Lui : tu es là!
Moi : bonsoir.
Je ne dis pas plus, je vais prendre ma douche et je reviens le trouver sur le lit.
Moi : demain tu as quelque chose de prévu?
Lui : non, pourquoi?
Moi : je t'ai trouvé quelque chose.
Lui : quoi?
Moi : demain on ira ensemble chez ma patronne. Elle cherche un nouveau chauffeur pour ses enfants.
Lui : et c'est à moi que tu as pensé? C'est ce que tu me vois faire? Pendant que les autres femmes veulent me mettre à la mairie?
Moi : les autres femmes?
Il me tourne le dos et s'allonge.
Moi : les autres femmes tu dis? Ces femmes là te promettent le travail dans un bureau c'est ça?
Lui : elles me proposent ce que je mérite!
Moi : tu as fait quoi pour mériter le bureau? Tom tu es un blagueur! Tu as quel diplôme pour aller dans un bureau? Quelle formation? Tu oses même encore choisir!
Lui : heureusement qu'elles voient ce que tu ne vois pas. Tu es là partout à dire que tu as un gars. C'est pas tout de le dire, il faut valoriser son homme. Si ça ne te dérange pas de me voir en tant que chauffeur alors tu n'as aucune ambition!
Moi : moi je n'ai aucune ambition?
Lui : si tu en avais tu n'allais pas aller lécher les pieds des gens toute la journée!
Je commence à hausser le ton tellement son raisonnement m'agace.
Moi : je fais tout pour te placer mais tu ne le mérites pas en fait! Tu es là assis comme un vaut rien!
Il se tourne et me prend brutalement par le cou.
Je me débats pour qu'il me lâche mais il ne s'arrête pas d'appuyer mon cou.
Lui : qui t'a dit que tu pouvais me parler comme ça? Tu me dis quoi faire en tant que qui? Tu as quoi toi pour me dire quoi faire? Tes miettes? Ta bordelerie que tu fais avant de rentrer le soir, tu penses que je ne sais pas? Tu me prends pour qui?
Je tape ses mains afin qu'il me laisse tranquille et quand il a mal il me lâche.
Je quitte le lit et :
Moi (criant) : tu n'as pas honte? C'est comme ça que tu veux vivre? Tu fais quoi avec la bordelle que je suis alors? C'est pas l'argent de cette même bordelle là qui t'aide à te nourrir?
Il quitte également le lit pour me toucher mais je ramasse le gros bois qui me permets de fermer la porte de la douche.
Quand il voit ça il recule d'un pas et :
Lui : tu es une pute! Tu ne fais que ça! Tu me mens!
Moi : pute? Tu es vraiment bête toi là!
Il est énervé, Tom n'aime pas se faire reprendre sauf que moi je ne peux plus me taire. Trop c'est trop.
Je cherche des solutions mais lui rien.
Moi : tu es intellectuellement limité, trop même!
Lui : toi qui ne l'es pas, tu es là? Tu vois où tu vis?
J'ai mal quand il parle comme ça. J'ai mal qu'il dénigre le peu que j'ai. J'ai mal, mal de me savoir avec quelqu'un comme lui.
Je vais vers la porte et je l'ouvre.
Moi : sors! Tu sors de chez moi! Je ne suis pas ta vache laitière.
Il rigole et :
Lui : mais tu as quoi pour être ma vache laitière? Tolanie qui t'a dit que tu étais indispensable? Si je sors là je peux avoir une autre femme. C'est pas moi qui vais pleurer. Tu le sais, tu ne peux pas vivre sans moi mais moi si.
Moi : vas-y, je vais te montrer que si.
Il reste sur place et me regarde.
C'est pas la première fois que je veux le mettre dehors. C'est encore moins la première fois qu'il m'étrangle.
Lorsque je le mets face à la vérité il est dans cet état. Tom est paresseux! Il ne veut rien faire!
Moi : vas-y!
Il me regarde et :
Lui : tu étais sans papier ici, quand la police venait je te cachais et puis tu oses me parler?
Moi : dehors!
Lui : tu n'as pas honte? C'est ce que tu appelles maison?
Moi : raison de plus pour sortir non?
Il parle mais depuis il ne bouge pas.
Je ne sais pas pourquoi il faut toujours en arriver là. Je ne sais pas pourquoi avec lui ce n'est pas simple.
Moi : la bordelle que je suis désire que tu sortes de sa maison.
Lui (croisant ses bras) : ...
Il ne se remet donc jamais en question? Il compte sur quoi?
Moi : tous les jours tu me rappelles que je suis étrangère mais cette même étrangère est ici pour se chercher. Toi, Gabonais, tu fais quoi dans ton pays?
Comme il sait que je suis à deux doigts de le foutre dehors il ne dit plus rien.
Je ne peux pas espérer rentrer et dormir.
Il y a des jours où je regrette!
C'est vraiment à cause de lui que j'ai ce logement. Non seulement j'allais dormir chez mes patrons mais n'ayant pas d'amis dans la ville je n'allais pas chercher à sortir le week-end.
J'allais avoir des sous de côté. Je n'allais pas être comme ça!
Je ferme la porte et je vais m'allonger. 15 minutes plus tard, il commence à s'excuser.
Lui : je suis désolé, je vais changer.
Il parle dans le vide.
Je suis habituée à ses excuses. C'est un refrain!
Lui : je vais faire des efforts.
Je tire le drap et je mets le ventilateur sur moi.
Lui : demain je dois aller à quelle heure?
Il parle seul! Le bruit de sa voix m'agace terriblement!
Je m'en dors sans faire attention à ce qu'il raconte.
Il fait ce qu'il veut, je ne vais plus me prendre la tête pour lui.
Je sais que je dis ça depuis trop longtemps mais cette fois c'est la bonne.
Je me réveille à 5h15 et je vais directement me préparer.
Je suis au boulot 45 minutes plus tard, juste au moment où mon patron descends pour son sport du dimanche.
Moi (allant à la cuisine) : bonjour monsieur!
Lui : bonjour Tolanie, ça va?
Moi : oui monsieur.
Lui : bon je vais au sport!
Je le regarde partir puis je vais faire ce qu'il y a à faire à la cuisine.
Mon patron est particulièrement gentil. Il est comme ça avec tout le monde.
Des deux, sa femme est la plus stricte et exigeante.
Il parle à tous ses employés avec de respect. Il n'hésite pas à donner une enveloppe quand un des employés a un quelconque problème.
Au début j'avais peur de lui, il est imposant. Il fait 1m98 en plus d'être costaud!
Je suis entrain de préparer le petit déjeuner quand mon téléphone se met à sonner.
Moi : allô?
Tom : Tolanie? Bonjour, je peux venir à quelle heure?
Moi : 10h
Tom : ok d'accord.
Moi : c'est tout?
Lui : tu as des sous ici? Je n'ai pas de quoi prendre le taxi.
Moi : dans mon sac blanc, j'ai 2000cfa
Avant qu'il ne rajoute quelque chose je raccroche.
Si je lui donne cet argent c'est parce que j'ai dit à ma patronne que j'avais quelqu'un pour elle. Sans ça il n'allait même pas voir mon argent.
Je vais faire la table et j'attends que mon patron rentre de son sport pour déposer la nourriture (saucisses, omelettes, salade de fruits, pancakes etc).
Lorsque la table est prête je monte les prévenir mais je trouve juste monsieur dans ma chambre.
Lui : elle doit être chez les enfants!
Moi (derrière la porte) : ok monsieur.
Je vais chez les enfants et je m'arrête quand j'écoute sa conversation.
Elle (au téléphone) : mais j'ai eu les enfants en simulant! Pierre est nulle au lit maman. Est-ce que je connais même l'orgasme avec lui.
Je recule d'un pas et je m'apprête à partir quand :
Elle (après la réponse de sa mère) : c'est l'amour maman. C'est parce que j'aime mon mari. Les femmes le voient dans Libreville là mais elles ne ratent rien! Maman je te dis que pendant les préliminaires j'ai l'espoir mais après? Rien, zéro, que dalle!
Elle (après la réponse de sa mère) : il sait, tu sais que je ne cache rien à Pierre. Une fois j'ai été honnête. En combien d'années? Aucun orgasme, qui peut supporter ça? On ne mange pas la beauté maman.
Elle (après la réponse de sa mère) : j'espère qu'il ne voit pas ailleurs parce qu'on va me voir en bas! Que celle-là c'est ce qu'elle subit dans son foyer? Oh non maman je suis dépassée!
Je fais tranquillement demi tour quand je tombe sur monsieur.
Lui : elle sait?
Moi (faisant tout pour qu'il n'aille pas là-bas) : elle arrive!
Lui : les enfants sont où?
Je l'embrouille et lorsqu'il redescend je vais appeler ma patronne.
Je n'y crois même pas!
Monsieur Pierre? Incapable de satisfaire une femme, sa femme?
Oh!
Je vais tranquillement rester à la cuisine tandis qu'ils mangent tous au bungalow.
Lorsqu'ils terminent je regarde l'heure, il est 9h57.
Madame : il va venir non? Parce que je dois sortir.
Moi (débarrassant la table) : oui madame, il ne doit plus être bien.
Elle : d'accord, bon je vais me préparer, quand il vient tu me dis.
Moi : d'accord.
Elle quitte la table, tire la main de son mari et les deux s'en vont, me laissant avec les enfants.
Je les accompagne au petit salon afin qu'ils jouent pendant ce temps je vais nettoyer la cuisine.
Quand je termine de regarder l'heure il est 10h34.
Je regarde mon téléphone et je n'ai aucun appel en absence.
Je consulte mon solde et je n'ai que 100cfa.
J'appelle Tom mais il ne répond pas.
Il ne va pas me faire ça!
Je tourne et tourne mais toujours rien.
Je sors voir le gardien du jour pour lui demander si Tom était là mais il n'a vu personne.
J'en viens même à me demander s'il s'est trompé de maison.
Mais non, Tom connaît bien où je travail.
J'appelle avec le numéro du gardien et :
Moi : allô?
Lui : c'est qui?
Moi : Tom tu es où?
Lui : allô? Allô?
Il a raccroché!
Je remets au gardien son téléphone et je retourne à la maison, il est 11h.
Quand j'arrive à la cuisine je trouve ma patronne.
Moi : madame, vous voulez quelque chose?
Elle : il n'est toujours pas là?
Moi : excusez-moi madame vraiment je suis désolée.
Elle : quoi il ne viendra pas?
Moi : je ne sais pas madame mais je préfère ne plus vous perdre du temps.
Elle : ah mais j'attends depuis 1h là.
Moi : excusez-moi encore une fois.
Elle tire une petite bouteille d'eau et s'en va.
Je suis tellement gênée là.
Je n'ai qu'une hâte, rentrer le foutre à la porte.
Toute la journée j'ai travaillé et avant de rentrer ma patronne m'appelle en haut.
Je monte en direction de leur chambre et quand je rentre :
Elle (regardant son mari) : vas-y.
Lui : tu t'en allais déjà?
Moi : oui monsieur.
Lui : ok, bon bah on a un service à te demander?
Moi : lequel?
Ma patronne : tu m'avais dit niveau bac c'est ça?
Moi : oui madame!
Lui : demain on ira à un événement et on aura besoin que tu sois avec nous.
Moi (essayant de comprendre) : ok.
Ma patronne : ça te dérange d'être la cavalière de Regis?
Je réfléchis, je me demande de qui ils parlent.
Elle : l'ami de monsieur.
Moi : euuuh
Elle : ne t'en fais pas ce n'est rien de bien méchant. On a une cérémonie et il n'a pas de cavalière, ce qui est nécessaire pour cet événement.
Je ne sais quoi dire. Je ne sais comment le prendre.
Qui demande ce genre de chose?
Moi : ...
Mon patron : on sera là Tolanie.
Moi : ok.
Elle : c'est bon.
Lui : surtout je te rassure qu'on sera bien là.
Elle : on a vraiment pensé à toi par rapport à ce que tu dégages.
Moi : ...
Lorsqu'on termine de discuter je sors de leur chambre.
Je suis toujours dubitative. J'ai dit oui pour faire plaisir, en fait je ne sais pas si je veux vraiment le faire.
Je redescends et je rentre chez moi.
En arrivant à la maison je n'ai qu'une envie, ouvrir la porte et jeter ses affaires.
À peine je rentre dans la maison qu'il bondit du lit et se met à genoux.
Tom : j'ai eu un contre temps!
Moi : tu sors de chez moi!
Lui : j'ai vraiment eu un contre temps Tolanie.
Moi : ce n'est pas mon problème Tom je suis fatiguée!
Lui : j'ai quelque chose pour toi.
Il se lève et me tend une enveloppe. C'est celle que j'ai vu dernièrement.
Je l'ouvre et je vois 25.000cfa
Lui : c'est ma contribution du mois.
J'ai envie de lui dire seulement mais je prends l'argent.
Moi : tu avais une seule chose à faire, te rendre à 10h à mon travail. Pourquoi tu fais ça?
Lui : j'ai vraiment eu un problème Tolanie.
Je le regarde de haut en bas et je vais prendre ma douche.
En sortant de là je fonce sur le lit et je dors jusqu'au lendemain.
Il est 5h quand je me lève et je vais fouiller dans mes affaires la tenue que je peux porter ce soir.
Je tombe sur une une robe noir et une combinaison jaune.
Je mets les deux dans un gros sac à main, je prends ma trousse de maquillage et je quitte la maison.
J'arrive au travail à l'heure habituel et je commence à nettoyer.
L'avantage avec les jours de semaine c'est qu'il n'y a que la dame de ménage qui est dans la maison avec moi en journée.
C'est beaucoup plus relaxe.
À 17h ma patronne rentre avec une dame.
Elle : Tolanie?
Moi : oui madame?
Elle : elle commence par toi!
Je dis bonsoir à la dame et c'est à ce moment que je comprends qu'il s'agit d'une maquilleuse.
Un petit sourire s'affiche sur mon visage.
Elle me demande de prendre place sur la chaise haute et elle commence par nettoyer mon visage.
Elle passe quasiment 40 minutes sur mon visage et lorsqu'elle termine elle prend des photos.
Quand ma patronne descend elle me fait un grand sourire et :
Elle : tu as quelque chose à porter?
Moi : oui.
Elle : sinon dis-moi!
Moi : non ça va.
Elle va à son tour se faire maquiller et pendant ce temps elle me dit quoi faire sur ma tête.
Lorsque je termine avec ma tête je vais dans l'extension qui représente mon logement et je prends une douche.
Lorsque je termine avec ma douche je m'habille. Je suis prête à 19h54.
Je suis encore « chez moi » quand quelqu'un vient cogner.
Moi : oui?
Le gardien : madame t'appelle!
Je sors et je vais dans la maison principale.
Je découvre monsieur et madame comme d'habitude ils sont beaux!
Madame : j'aime beaucoup ce que tu portes!
Moi : merci.
Monsieur : il sera là dans quelques minutes.
Je comprends que je ne vais pas aller avec eux.
5 minutes plus tard, j'aperçois la silhouette d'un homme.
Monsieur : ah il est là!
En voyant l'ami de monsieur je me sens rassurée.
Il me regarde et affiche un petit sourire, puis il fait deux bises à ma patronne.
Madame : bon on y va!
On sort tous de la maison et on se sépare au parking.
Comme convenu, mes patrons vont ensemble et je monte avec l'ami de mon patron.
Devant sa voiture, il s'arrête et m'ouvre la portière.
Je le regarde du coin de l'œil sans trop me poser des questions.
Une fois dans la voiture :
Lui : Regis!
Moi (fuyant son regard) : Tolanie.
Je le voyais ici tous les jours mais je ne savais pas qu'il s'appelait Regis.
Lui : je m'excuse pour le supplice que je te cause.
Moi : ...
Lui : toutefois je suis content d'y aller avec toi Tolanie.
Je regarde le rétroviseur, puis le volant, puis les voitures autour de nous.
Il m'intimide!
Il démarre et on passe près de 28 minutes dans un long silence.
Lorsqu'on arrive au dit lieu, il vient m'ouvrir la portière et :
Lui : je ne vais te forcer à rien. Je veux simplement que tu sois souriante.
Je le regarde mais je ne dis rien.
À peine il bloque la voiture, il passe ses mains autour de ma taille.
Je me sens mal à l'aise d'un coup.
Je regarde autour de moi et je vois tous ces riches.
Qu'est-ce que je fais ici?
J'ai peur de l'image que je renvoie à tel point qu'il s'en rend compte.
Lui : tu es ravissante.
Ce qu'il vient de me dire me rassure tellement.
Je regarde discrètement à gauche et à droite à la recherche de mes patrons mais il y a un monde fou à cet événement.
En marchant, on tombe sur deux dames.
Une fait un sourire à monsieur Regis et :
Elle : accompagné!
Il enlève ses mains autour de ma taille et prend ma main dans la sienne.
Lui : très.
Je peux voir dans l'attitude de la dame qu'elle n'est pas très contente.
Un vieux blanc qui sort de nulle part vient vers nous et s'empresse de déposer un baiser sur les lèvres de la dame qui parlait avec monsieur Regis.
Il me regarde et on continue de marcher.
Lui : c'est un monde de loup!
Je ne sais pas de quoi il parle mais il rajoute :
Lui : tu comprendras vite comment te comporter.
À peine il l'a dit qu'on croise d'autres personnes.
Faire semblant devant autant de monde est un vrai supplice!
Heureusement que monsieur Regis prend la peine de se retirer lorsqu'il remarque que je veux respirer.
On passe toute la soirée à sourire et parler de ce qui se passe dans le monde.
Je parle avec des personnalités importantes du pays comme si nous étions du même rang.
S'ils savaient tous que je ne suis qu'une nounou!
Moi : monsieur Regis...
Lui (me coupant la parole) : Regis, à partir de maintenant tu vas m'appeler Regis.
Il remet ses mains autour de ma taille et on continue notre jeu de rôles!
À minuit, alors qu'on s'apprête à rentrer, je vois mes patrons.
Mon patron me lance un regard puis se concentre sur autre chose.
Regis, fatigué me propose de me déposer chez moi, chose que je n'ose pas refuser. Je suis claquée!
Dans la voiture, il me remercie de la soirée et :
Lui : tu es vraiment intelligente!
Moi (le regardant) : merci.
Il revient sur une de mes remarques et m'explique en quoi elle est pertinente.
Contrairement à l'aller, le retour est agréable!
Lorsqu'il me dépose, il me demande de prendre une enveloppe d'argents mais je refuse.
Lui : s'il te plaît Tolanie.
Moi : non, merci pour la soirée!
Il me supplie mais rien à faire!
J'ai bien plus gagné en allant à cette soirée. Je n'ai pas envie de prendre son argent.
Je m'arrête devant la porte de la maison car un bruit étrange m'interpelle.
Je pousse le banc que je trouve devant la porte et quand je l'ouvre je tombe sur Tom qui couche avec une femme sur mon lit!
Je lui ai dit vers 17h que je n'allais pas rentrer à la maison. Je pensais dormir chez mes patrons mais à la dernière minute mon cœur m'a dit de rentrer chez moi.
C'est pour trouver Tom entrain de faire ça!