Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Romance > Amélie Devenue Liane
Amélie Devenue Liane

Amélie Devenue Liane

Auteur:: Isidore Wren
Genre: Romance
Dix ans de mariage, dix ans à bâtir son empire. Marc Dubois, sculpteur de génie, mon mari. Puis, ce message, ce nom sur son téléphone : "Chloé". "Tu me manques tellement, mon amour. Reviens vite." Mon monde s'est effondré. Une maîtresse. Mais le pire restait à venir. Devant mes yeux, il l'a choisie elle, me poussant sous sa propre sculpture. Un fracas, et l'obscurité. À mon réveil à l'hôpital, Marc la consolait, la "punissait" d'une caresse obscène, m'ignorant, moi, simple dommage collatéral. Il m'a frappée, m'a humiliée, m'accusant d'avoir menacé sa maîtresse quand elle seule le manipulait. La rage glacée a remplacé la douleur : il avait tenté de me détruire, mais j'avais son secret, ses mensonges artistiques. Chloé était son pantin, moi, son bouclier. Ce faux mariage, mon corps meurtri, m'ont transformée. Adieu Amélie, bonjour Liane. Il m'a tout pris, mais il ignorait que je venais chercher le reste. Mon heure de justice approchait. Il allait payer, et il ne le verrait même pas venir.

Introduction

Dix ans de mariage, dix ans à bâtir son empire. Marc Dubois, sculpteur de génie, mon mari.

Puis, ce message, ce nom sur son téléphone : "Chloé". "Tu me manques tellement, mon amour. Reviens vite."

Mon monde s'est effondré. Une maîtresse. Mais le pire restait à venir.

Devant mes yeux, il l'a choisie elle, me poussant sous sa propre sculpture. Un fracas, et l'obscurité.

À mon réveil à l'hôpital, Marc la consolait, la "punissait" d'une caresse obscène, m'ignorant, moi, simple dommage collatéral. Il m'a frappée, m'a humiliée, m'accusant d'avoir menacé sa maîtresse quand elle seule le manipulait.

La rage glacée a remplacé la douleur : il avait tenté de me détruire, mais j'avais son secret, ses mensonges artistiques.

Chloé était son pantin, moi, son bouclier. Ce faux mariage, mon corps meurtri, m'ont transformée.

Adieu Amélie, bonjour Liane. Il m'a tout pris, mais il ignorait que je venais chercher le reste. Mon heure de justice approchait. Il allait payer, et il ne le verrait même pas venir.

Chapitre 1

Le silence de l'appartement était lourd, un silence que seule l'attente peut créer. J'ai arrangé les coussins sur le canapé pour la troisième fois, un geste inutile qui trahissait ma nervosité. Marc Dubois, mon mari, le sculpteur de génie que tout Paris célébrait, allait rentrer d'un voyage d'affaires. Notre appartement, qui servait aussi de galerie privée pour ses œuvres les plus intimes, était impeccable. Chaque sculpture en bronze, chaque esquisse encadrée, racontait une histoire que je croyais nôtre.

Son téléphone, qu'il avait oublié sur la table basse, s'est allumé soudainement. L'écran a affiché une notification. Je n'avais pas l'intention de regarder, mais le nom de l'expéditeur a attiré mon regard. "Chloé". Le message était court, mais il a suffi à faire s'écrouler mon monde.

"Tu me manques tellement, mon amour. Reviens vite."

Mon amour.

Le mot a résonné dans le silence. J'ai pris le téléphone, mes doigts tremblaient si fort que j'ai failli le laisser tomber. J'ai relu le message, encore et encore. Ce n'était pas une erreur. Ce n'était pas une amie. C'était un message d'une amante.

Des images de nos dix années de mariage ont défilé dans ma tête. Je l'ai rencontré alors qu'il n'était qu'un artiste inconnu, plein de doutes et de talent. Je l'ai soutenu, j'ai cru en lui quand personne d'autre ne le faisait. J'ai géré ses finances, organisé ses expositions, j'ai été son ancre, son soutien indéfectible. Chaque succès, chaque applaudissement, je les avais ressentis comme les miens.

Je me suis souvenue d'un soir, il y a des années, dans son premier atelier minuscule. Il m'avait prise dans ses bras au milieu de ses sculptures inachevées et m'avait dit : "Amélie, sans toi, tout ça ne serait que du métal et de la pierre sans âme. C'est toi qui donnes un sens à tout."

Ces mots, qui avaient été mon trésor le plus précieux, avaient maintenant un goût de cendre.

La trahison était une douleur physique, une pression dans ma poitrine qui m'empêchait de respirer. Qui était cette Chloé ? Depuis quand ?

Mon esprit, soudainement clair et froid, a commencé à reconstituer le puzzle. Ses "voyages d'affaires" de plus en plus fréquents. Ses appels téléphoniques tard le soir, où il s'isolait sur le balcon. Ses distractions, son regard parfois lointain que je mettais sur le compte de son "génie créatif".

J'étais une idiote. Une idiote loyale et dévouée.

La clé a tourné dans la serrure. Marc est entré, son sourire charismatique éclairant son visage. Il a posé sa mallette et s'est approché pour m'embrasser.

"Mon amour, je suis rentré."

J'ai reculé d'un pas, incapable de supporter son contact. Mon visage devait être livide.

Son sourire s'est effacé. "Qu'est-ce qui se passe ? Tu as l'air malade."

Je n'ai rien dit. Je l'ai regardé, et pour la première fois, je n'ai pas vu le grand artiste, mais un étranger.

Son téléphone a de nouveau vibré dans ma main. Il a vu l'appareil et son regard a changé. La panique a traversé ses yeux une fraction de seconde avant qu'il ne la masque par de l'agacement.

"Tu fouilles dans mes affaires maintenant ?" a-t-il demandé, sa voix dure.

Avant que je puisse répondre, j'ai entendu des pas dans le couloir. Une voix de femme, douce et suppliante, a appelé : "Marc ? Tu es là ?"

Chloé. Elle était ici. Dans notre maison.

Marc s'est figé. Puis, il s'est tourné vers moi, son expression un mélange de pitié et d'irritation. "Amélie, il faut qu'on parle."

Mais je n'écoutais plus. Mon regard était fixé sur la porte du couloir, où une jeune femme se tenait, l'air perdue.

J'ai compris. J'étais le passé, la façade. Elle était le présent. La vérité.

Mon désespoir était si profond que j'ai cru que j'allais m'effondrer. Mais une autre sensation a commencé à naître dans ce vide. Une colère froide. Une détermination. Il ne s'en tirerait pas comme ça. Il avait détruit mon monde, mais il avait oublié une chose. Je connaissais tous ses secrets, y compris ceux de son art.

Je me suis souvenue de son carnet de croquis secret. Celui qu'il gardait enfermé dans son coffre-fort. Celui où il ne consignait pas son génie, mais ses doutes, ses emprunts, ses plagiats. Les œuvres d'artistes moins connus qu'il s'appropriait et transformait légèrement pour les faire siennes. C'était sa plus grande peur, que ce secret soit révélé.

Et maintenant, c'était mon unique arme.

Je l'ai regardé, lui et cette femme, et une décision s'est formée dans mon esprit. La vérité allait éclater. Non pas pour le détruire lui, il était déjà mort à mes yeux, mais pour récupérer ma dignité.

J'ai posé son téléphone sur la table.

"Sors," ai-je dit, ma voix étonnamment stable. "Vous deux. Sortez de ma maison."

Mon voyage venait de commencer. Je n'étais plus Amélie Dubois, la femme du grand sculpteur. J'étais une femme en quête de vérité. Et de vengeance.

Chapitre 2

J'ai passé la nuit sur le canapé, entourée des fantômes de ma vie passée. Chaque sculpture de Marc dans la pénombre me semblait être un monument à son mensonge. Au petit matin, j'ai pris une décision. Amélie Dubois, la femme dévouée, devait disparaître.

Je me suis connectée à mon ordinateur et j'ai commencé le processus. J'ai vidé nos comptes joints, transférant ma part légitime sur un nouveau compte à mon seul nom. J'ai contacté un avocat spécialisé dans les divorces complexes, lui expliquant la situation sans la moindre inflexion de voix. J'ai ensuite entamé les démarches pour annuler mon nom de tous les documents officiels liés à Marc, de ses sociétés à ses contrats de galerie. C'était une tâche administrative froide et méthodique, et chaque clic était une pelletée de terre sur la tombe de mon ancien moi.

Plus tard dans la matinée, Marc est revenu. Seul, cette fois. Il avait l'air fatigué, ses yeux cernés trahissaient une nuit sans sommeil. Il a essayé de me prendre la main.

"Amélie, écoute-moi. Ce n'est pas ce que tu crois."

Je l'ai regardé sans ciller. "Ah non ? Alors qu'est-ce que c'est, Marc ?"

"Chloé... c'est compliqué. C'est une erreur. C'est toi que j'aime, tu le sais."

Ses mots, qui autrefois auraient fait fondre mon cœur, ne provoquaient plus rien. C'était comme écouter un acteur réciter un texte qu'il ne croyait pas. Mon silence l'a déstabilisé. Il a continué, sa voix se faisant plus douce, plus persuasive.

"Pense à tout ce que nous avons construit ensemble. Dix ans. Tu ne peux pas tout jeter en l'air pour une stupide erreur."

Il a commencé à évoquer des souvenirs. Notre premier voyage en Italie, la première fois qu'une de ses sculptures a été vendue, la nuit où nous avions célébré son premier grand prix. Chaque souvenir était une lame qui remuait la plaie. Il essayait d'utiliser notre passé pour m'enchaîner, mais il ne faisait que renforcer ma résolution. Le passé qu'il décrivait était une fiction.

"Je suis désolé, Amélie. Je suis tellement désolé," a-t-il murmuré, en essayant de me serrer dans ses bras.

J'ai senti une nausée monter en moi. Sa chaleur, son odeur, tout me répugnait.

"J'ai besoin de temps," ai-je dit, ma voix plate.

Il a semblé soulagé, interprétant mon manque de réaction comme un signe d'hésitation. "Bien sûr. Prends tout le temps qu'il te faut. Je vais arranger les choses, je te le promets."

Soudain, son téléphone a sonné. Il a jeté un coup d'œil à l'écran et son visage s'est crispé. Il s'est détourné de moi pour répondre, baissant la voix.

"Oui ?... Quoi ?... J'arrive tout de suite. Ne bouge pas."

Il a raccroché et s'est tourné vers moi, l'air affairé. "Je suis désolé, c'est la galerie. Une urgence avec la livraison pour l'exposition de Berlin. Je dois y aller."

Une urgence. Bien sûr.

"Vas-y," ai-je dit. "Ne te préoccupe pas de moi."

Il m'a embrassée sur le front, un baiser froid et pressé, puis il est parti. Je suis restée immobile pendant une minute, puis j'ai attrapé mon manteau et mes clés. Je savais qu'il ne se dirigeait pas vers la galerie. Son mensonge était si évident, si insultant dans sa simplicité.

Je suis sortie et j'ai pris un taxi. "Suivez cette voiture," ai-je dit au chauffeur, en désignant la Mercedes de Marc qui s'éloignait.

Le taxi s'est inséré dans la circulation parisienne, gardant une distance de sécurité. C'était surréaliste. J'étais en train de filer mon propre mari, comme dans un mauvais film. Chaque feu rouge était une torture, chaque virage une angoisse. Où allait-il ? Rejoindre Chloé, évidemment. Mais où ?

La voiture de Marc n'a pas pris la direction des galeries du Marais. Elle s'est dirigée vers le sud, vers un quartier résidentiel chic que je ne connaissais pas. Finalement, elle s'est garée devant un immeuble haussmannien élégant. Marc est sorti, a regardé autour de lui nerveusement, puis a composé un code sur l'interphone. La lourde porte s'est ouverte et il a disparu à l'intérieur.

J'ai payé le taxi et je suis descendue. J'ai attendu de l'autre côté de la rue, le cœur battant à tout rompre. Quelques minutes plus tard, une lumière s'est allumée au troisième étage. Une silhouette est apparue à la fenêtre, puis une seconde. C'était Marc. Et Chloé.

Je les ai vus s'enlacer. Il l'a embrassée, pas un baiser pressé comme celui qu'il m'avait donné, mais un baiser long, passionné, désespéré. Il a enfoui son visage dans ses cheveux. La scène se déroulait sous mes yeux, silencieuse et dévastatrice, comme une pantomime de ma propre destruction.

Mon téléphone a vibré dans ma poche. C'était un message de Marc.

"L'urgence est réglée. Je pense à toi. Je t'aime."

J'ai regardé le message, puis j'ai levé les yeux vers la fenêtre où il tenait une autre femme dans ses bras. Le mensonge n'était plus une blessure. C'était devenu mon univers. Tout espoir, toute illusion, tout venait de s'éteindre. Il ne restait plus que la certitude froide et dure de la trahison. C'était là, devant moi. La vérité, dans toute sa laideur.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022