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Amoureux de ma meilleure amie

Amoureux de ma meilleure amie

Auteur:: Lalagrina228
Genre: Romance
Et si l'amitié n'était que le début de leur histoire ? Et si le plus grand amour de ta vie ne te voyait même pas ? Eliott vit un enfer silencieux. Chaque jour, il rit avec Lena, sa meilleure amie. Chaque soir, il rêve d'elle, la désire, l'aime à en crever. Mais dans son cœur à elle, un autre nom résonne : Jack. Le garçon parfait. Le garçon qu'elle veut. « Je l'aime depuis une éternité. Et elle, elle ne voit rien. » Entre éclats de rire étouffés, regards volés et rendez-vous brisés, Eliott encaisse. Il écoute Lena lui parler de celui qu'elle aime... pendant qu'il se meurt de ne pas être "celui-là". Mais un geste, un silence de trop, une absence, une soirée... et tout dérape. Le cœur d'Eliott déborde. Lena vacille. Et Jack n'est peut-être pas celui qu'il prétend être. « Je suis là. Toujours là. Mais combien de temps encore ? » Un triangle amoureux à la tension insoutenable. Un garçon blessé, une fille écartelée, un choix impossible. 🖤 L'amour peut-il survivre à l'amitié ? 🔥 Et si tomber amoureux de sa meilleure amie... c'était la pire erreur de sa vie ?

Chapitre 1 Chapitre 1 : Eliott

Un. Deux. Trois. Quatre.

Mes mouvements ralentissent. Chaque montée, chaque descente contracte mes muscles un peu plus fort. Ma respiration s'accélère, devient saccadée, presque incontrôlable. Soudain, une goutte de sueur perle sur mon front, glisse lentement le long de mon visage pour finir sa course sur mes lèvres entrouvertes. De celles-ci s'échappent de petits sons rythmés par mon souffle. Mes dents se serrent. Un mot à peine audible se glisse entre elles, un cri discret, étouffé, empreint de douleur. Une douleur douce, presque plaisante. Chaque centimètre de ma peau humide en porte la trace. Je souris malgré moi, satisfait, épuisé. Je m'effondre au sol et pousse un long soupir avant de fermer les yeux.

À ma grande surprise, une main légère comme une plume se pose contre mon dos nu. Je frissonne et ouvre les yeux. Mon cœur rate un battement. Lena est là, juste devant moi. Son regard accroche le mien et, en une fraction de seconde, je perds tout repère. Je ne pense plus à rien. Je suis torse nu, allongé dans sa chambre, mais tout ce qui compte, c'est elle. Ce regard, ce fichu regard, me désarme complètement. Comment peut-elle être aussi belle ? Ses cheveux mi-longs, bruns, sont attachés à la va-vite dans un chignon désordonné. Elle porte un tee-shirt large qui lui arrive à peine aux genoux, ce qui laisse entrevoir ses cuisses et ses longues jambes. La voir ainsi, me fait toujours autant chauffer. Mon épiderme, mes organes internes.

Tout succombe sous un brasier intense. Parfois je me demande si elle se rend compte de la torture qu'elle me fait subir. Parce que oui, c'est un calvaire d'être si près d'elle, de son corps et de ne pas pouvoir lui dire ce que je ressens. Pourquoi ? Parce que j'ai peur de la perdre. De tout gâcher. Et surtout qu'elle me rejette car je sais pertinemment qu'elle en aime un autre. Mais je ne peux interdire à mon pauvre petit cœur d'éprouver toutes ces émotions . C'est humain après tout.

Un frisson me parcourt l'échine. Puis, comme je m'y attendais...mon petit soldat est aux gardes à vous. Prêt à réaliser des exploits. Ceux que je garde dans un coin de ma tête et qui encombrent mes pensées. Des images qui défilent. Je la vois, assoiffée de désir, me suppliant de l'embrasser, de la toucher. Il en faut peu pour le réveiller. Surtout lorsqu'il s'agit d'elle. Mon regard descend sur ses cuisses, puis remonte lentement jusqu'à ses lèvres. Elles sont closes autour d'un bonbon que sa langue fait lentement tourner. J'aimerais être à la place de cette friandise.

J'aimerais goûter ses lèvres, en découvrir le secret. Je veux la plaquer contre un mur, sentir ses formes sous mes mains, lui montrer, à travers un baiser, à quel point elle obsède mes pensées. Je veux me perdre dans son regard. Sentir la douceur d'un baiser qui durerait l'éternité. Je veux que nos mains se cherchent, s'attrapent, s'emmêlent jusqu'à ne plus pouvoir se séparer. Je veux la soulever doucement, sentir son souffle contre ma peau, m'accrocher à elle comme si ma vie en dépendait. Puis, je ferais glisser ses vêtements un à un, ou non -je les arracherais peut-être, incapable d'attendre plus longtemps. Je veux lui dire avec mon corps tout ce que je n'ai pas encore trouvé le courage d'exprimer avec des mots. Un moment brûlant, juste elle et moi.

Est-ce qu'elle prononcera mon nom, haletante ? Me dira-t-elle qu'elle m'aime à l'oreille, la voix tremblante ? Se perdra-t-elle elle aussi, emportée par le désir, par la passion ?

- Arrête de frimer, Eliott. On a un exercice à terminer, souffle-t-elle en me lançant un tee-shirt que je rattrape au vol.

Je souris. Et, en une seconde, toutes les idées qui me traversaient l'esprit se dissipent. Je me redresse et enfile le vêtement sans broncher. Lena laisse traîner ses yeux sur mon torse avant de détourner rapidement le regard. Mais je l'ai vu. Cette lueur... Ce feu discret dans ses pupilles. Elle me cache quelque chose. Elle me désire. Tout comme moi, peut-être qu'elle en a envie. De nous. Oups... Ça m'échappe encore. Mais aussitôt, je sens la distance revenir. Son regard change. Il devient neutre, presque froid. Comme si elle venait de dresser un mur invisible entre nous. Un mur solide qui nous maintient enfermés dans une simple amitié. Elle attrape son livre de biologie et s'installe sur le lit. Je la rejoins sans attendre. - Tu n'aurais pas dû me mettre au défi. Tu sais que j'aime les challenges, les trucs un peu extrêmes, dis-je en souriant. - Je t'ai juste demandé si tu allais encore à la salle. Pas de faire le show avec tes pompes, répond-elle, l'air faussement agacé. Frimeur, lâche-t-elle en me donnant une tape légère à l'épaule. Je rougis. - Bla-bla-bla... Tu pouvais m'arrêter avant, hein. Tu m'as quand même laissé en faire presque deux cents. Elle roule des yeux, un sourire au coin des lèvres. J'espère qu'elle ne me voit pas comme un frimeur... mais plutôt comme ce gars prêt à tout pour l'impressionner. Quand elle lève les yeux vers moi, je lui arrache doucement le livre de biologie et l'ouvre à une page au hasard, l'air très concentré. - « Reproduction et mode de vie des acariens », dis-je d'un ton faussement sérieux. Elle éclate de rire. Et moi, je ne m'en lasse jamais. Elle rit comme une gamine, avec cette innocence rare qui donne à son visage une beauté encore plus éclatante. Elle ne se rend pas compte de l'effet qu'elle me fait. Son rire, c'est comme une arme - ma faiblesse, mon talon d'Achille. Comme une kryptonite pour Superman. Sauf que moi, ma kryptonite, c'est Lena. Son regard revient vers moi. Il explore mon visage un instant, puis se pose sur le livre. Elle me le reprend des mains avec un sourire malicieux. - On ne va pas y passer la journée. Je te rappelle que j'ai un rendez-vous. Crac !!! Mon cœur se fissure net. Il se vide un peu plus à chaque fois qu'elle parle de lui. Ce type... Ce chanceux qui occupe une place bien trop importante dans son cœur. Celui qui réussit à la rendre nerveuse, douce, attentive, passionnée... amoureuse. Et moi, alors ? Malheureusement, je ne suis "que" son meilleur ami. Celui à qui elle confie tout, celui qui connaît ses moindres secrets. J'ai les clés de son univers, ce monde à part où peu de gens sont invités. Et pourtant... je l'aime. Tellement. Et ça me détruit de la voir rougir, papillonner des cils dès qu'un autre entre dans la pièce. Ma Lena... en aime un autre. - Jack ? Vous avez enfin un rendez-vous ? dis-je, en forçant un sourire. Ses lèvres s'étirent, son sourire éclaire la pièce comme les derniers rayons du soleil couchant filtrant à travers la fenêtre. Dans ses yeux, une chaleur douce apparaît. Ils brillent, comme deux étoiles. Je crois presque entendre les battements de son cœur, sa respiration plus rapide. Elle suffoque. Elle suffoque d'amour pour celui dont elle murmure le prénom avec tant de tendresse, comme s'il était fait d'air, de lumière. Ce prénom flotte sur ses lèvres, emporté par un souffle de passion. Et moi, je ne peux pas m'empêcher de les fixer, ces lèvres... de les désirer. - Oui. Il m'a demandé de l'aider à réviser pour les examens semestriels. C'est l'occasion rêvée de lui dire ce que je ressens. T'imagines ?! Ça fait plus d'un an que je suis amoureuse de lui et il ne l'a même pas remarqué. Et moi, je t'aime depuis une éternité. Et toi, tu n'as jamais rien vu. Je secoue la tête, essayant de chasser cette pensée. Elle enfouit son visage entre ses mains et pousse un petit cri frustré. - Urg ! J'ai peur qu'il me mette dans la friendzone. Tu l'as pourtant fait avec moi, sans même t'en rendre compte. Est-ce que les choses auraient été différentes si je t'avais avoué mes sentiments ? Son visage se fige un instant. Je sors du lit et commence à faire les cent pas dans la chambre. Elle me regarde en silence, mais je sais qu'elle est loin, perdue quelque part entre ses doutes et Jack. - Je dois rentrer. Ma mère m'attend pour le dîner. On se voit toujours ce soir au ciné ? Elle sursaute, tirée de ses pensées. - Oui ! Tu paies le pop-corn ? - Bien sûr. À ce soir. Je sors de sa chambre sans dire un mot de plus. Encore une journée où j'ai échoué. Et cette fois, c'est encore plus humiliant...

Chapitre 2 Chapitre 2 : Lena

'' Lena '' Cela fait plus d'une heure qu'Eliott est parti. Mon rendez-vous avec Jack est dans une vingtaine de minutes et je suis en proie au stress. J'ai l'impression d'étouffer, chaque fibre de mon corps est aussi agitée qu'une puce. Je manque d'air. Et, soudain, le visage de Jack s'impose dans mon esprit. Mes yeux se ferment, et dans un éclair, je nous vois tous les deux, au bord d'une plage. Une brise légère caresse nos cheveux. Tout semble si réel. Son sourire, la douceur de ses mains sur les miennes, et mon cœur qui bat à tout rompre. Je pose délicatement ma main droite sur ma poitrine.

Mon cœur est en panique. C'est l'effet "Jack". Pourquoi, après un seul regard, suis-je tombée éperdument amoureuse de lui, sans penser aux conséquences ? J'ai étouffé cette voix raisonnable en moi qui m'empêchait de l'aimer sans retenue. Et maintenant, je n'en suis plus capable. Tout mon cœur lui appartient. Je n'avais jamais ressenti des émotions aussi fortes pour quelqu'un. Un simple être humain, certes, mais tellement différent des autres. Il possède cette particularité, cet élément secret de sa personnalité qui m'attire comme un aimant. Il me fait danser, flotter sur un nuage, un nuage où tout semble à portée de main, mais tout nous échappe aussi. J'ouvre lentement les yeux et, avec regret, je réalise que ce n'était qu'un rêve. Un fichu rêve qui ne se réalisera peut-être jamais. Je suis là, seule, dans ma chambre, plongée dans une semi-obscurité. Je saute hors de mon lit et me dirige vers la fenêtre. En l'ouvrant, l'air frais me frappe immédiatement en plein visage. C'est un soulagement. Je lâche mes cheveux, les laissant se mêler au vent. Puis, je profite de la vue. Rivera, décidément, c'est la plus belle ville du monde. Bien que je n'aie pas beaucoup voyagé, je le dis et je le revendique. Pour moi, c'est un petit coin de paradis. Les immeubles sont majestueux, les rues presque désertes, et une atmosphère apaisante règne dans l'air. La nature ne disparaît pas dans la modernité, elle coexiste, elle se mêle harmonieusement, créant un parfait équilibre entre calme et agitation. J'observe les voitures qui défilent, alignées en file indienne, et les lumières qui dansent dans la pénombre. Je pose mon coude sur le rebord de la fenêtre, ma tête soutenue par ma main. Je m'imprègne du spectacle pendant que les klaxons créent une cacophonie qui me tire un sourire. C'est à ce moment précis que la paix s'échappe, mais au moins, j'ai eu mes quelques secondes de bonheur. Je laisse le calme derrière moi et je me dirige vers la salle de bain. Je prends une douche rapide, puis enfile un pull-over, un jean et une paire de baskets. Mes cheveux sont rapidement attachés en une queue-de-cheval, et je rassemble une pile de livres dans mon sac à dos. Je prends mes écouteurs, les place sur mes oreilles, et lance ma playlist du moment, des chansons parlant d'amour, surtout de déception amoureuses. Ensuite, je quitte mon appartement. À l'extérieur, le froid m'enveloppe. Je glisse mes mains dans les poches de mon pull et lève les yeux vers un ciel désormais assombri. Les nuages le couvrent, d'un gris monotone, mais d'une beauté presque apaisante. Après une dizaine de minutes de marche, j'arrive devant la bibliothèque, située à quelques mètres de chez moi. Je pousse la double porte et pénètre à l'intérieur. Juste à ce moment-là, mon téléphone vibre. Un message de Jack. Je l'ouvre immédiatement. "T'es où ? La bibliothécaire est chelou et je meurs de faim. Je t'attends à l'allée 5." Je réponds rapidement, un simple "Okay" suffit. Je range mon téléphone et me dirige vers le comptoir, où une vieille dame, lunettes sur le nez et livre dans les mains, est plongée dans sa lecture. Ses cheveux gris sont en pagaille, comme si elle avait fait une coiffure dans l'urgence. Je m'arrête devant elle, et elle lève lentement ses yeux marrons pour me fixer. - Bonsoir, madame, lançai-je dans le silence lourd de la pièce. Elle hoche la tête en guise de réponse, puis se replonge dans son livre. Son geste est aussi bref que glacial, une réponse aussi froide que son regard. Je hausse les épaules, amusée, et jette un coup d'œil à ma montre. Il est déjà dix-huit quarante. Sans plus de cérémonie, je me dirige vers l'allée 5 où Jack m'attend. Je le repère immédiatement. Comment ne pas le reconnaître ? Il est tout simplement... lui. Unique, captivant, et il dégage cette présence qui ne passe pas inaperçue. Il se distingue des autres lecteurs absorbés dans leurs livres, leurs pages tournées dans un murmure discret. Jack est là, seul, feuilletant un bouquin. Il soutient sa tête d'une main, l'index effleurant lentement le bord de ses lèvres. Il ne semble pas s'en rendre compte, mais tout tourne autour de lui. Son regard, mystérieux, ses yeux noirs qui semblent détenir un secret, et sa beauté qui me hante. Ses cheveux jouent avec la brise, presque comme s'ils invitaient mes doigts à les caresser, à les effleurer comme une enfant. Un sourire niais prend forme sur mes lèvres, et mes joues rougissent légèrement. Heureusement qu'il fait sombre, sinon tout le monde aurait remarqué. J'inspire profondément, cherchant à reprendre mon souffle. Jack a ce pouvoir de me le couper littéralement. Faudrait pas que je m'évanouisse sur place. Une fois à sa hauteur, je tire doucement la chaise en face de lui. Il relève ses yeux sombres vers moi et me salue avec un sourire qui réchauffe aussitôt mon cœur - et presque la pièce tout entière. En voulant m'asseoir, je manque de peu de tomber. Je rattrape la situation avec un sourire un peu idiot, espérant qu'il n'ait rien vu... ou qu'il fasse semblant de ne pas avoir prêter attention à ma bourde. - Salut, dis-je en essayant de garder mon calme. Calme-toi, Lena... T'es en train de devenir gênante. - Salut. Désolé de t'avoir mis la pression. Je sais qu'on s'était dit dix-neuf heures, mais j'ai un truc juste après, dit-il posément. Moi aussi... Eliott m'attend au ciné à vingt-et-une heures. - T'inquiète, j'ai tout mon temps jusque-là, réponds-je avec un sourire. Il hoche doucement la tête. - Alors, qu'est-ce que tu lis ? demandé-je, les yeux rivés sur la couverture du livre dans ses mains. - Introduction à la physique quantique. Je t'ai devancée, professeure, dit-il d'un ton calme, presque espiègle. Son sérieux me fait sourire. Il a ce don de rendre tout plus captivant - même les trucs les plus incompréhensibles du monde. Je souris. - Très bon élève, le complimenté-je, les joues légèrement gonflées. Tu mérites un bonus. Ma phrase lui arrache un sourire, furtif, mais suffisant pour me faire fondre. Je sors mes affaires de mon sac à dos pendant qu'il me regarde, sourcils haussés. Lorsqu'il voit la pile de livres que je dépose sur la table, il semble surpris. - On est dans une bibliothèque et t'as quand même ramené des livres ? On aurait pu se voir ailleurs, alors, me taquine-t-il avec un sourire en coin. Ailleurs ? Comme... dans ta chambre ou la mienne ? - Ahah, ris-je doucement, un peu gênée. Mes livres ont des annotations utiles pour les révisions. Et puis, j'aime le calme et la tranquillité des bibliothèques. Personne ne nous dérangera ici. Il acquiesce d'un léger mouvement de tête. - Parfait. Au boulot, maintenant. Après cette phrase, on se plonge dans les révisions. Le temps semble ralentir quand je suis avec lui, et j'adore ça. On reste assis là pendant des heures, concentrés. Jack s'intéresse vraiment à ce que je lui explique. Il m'écoute attentivement, pose des questions, et répond avec assurance aux miennes. Il a de bonnes bases. Il sait au moins différencier un proton d'un neutron. C'est déjà un bon début. Les heures défilent doucement, pendant que la bibliothèque se vide petit à petit. Trois heures plus tard, il ne reste plus que nous... et la bibliothécaire, qui ronfle doucement derrière son livre. Oui madame, on vous voit... et surtout, on vous entend. - Putain, j'ai le cerveau en compote. Et si on faisait une pause ? propose Jack en basculant la tête en arrière. - Bonne idée. Je suis crevée, et on a bien bossé. Tu veux aller manger un morceau ? Il y a un resto sympa juste au coin de la rue. Il se redresse aussitôt, visiblement motivé. Rien qu'à entendre le mot "manger", on dirait qu'il s'est réveillé. - Carrément, dit-il en se levant pour commencer à ranger nos affaires. J'ai super faim. Je le suis, silencieuse, alors que nous rangeons nos affaires avant de quitter la bibliothèque. Dehors, le ciel est menaçant. L'orage gronde au loin, et la ville est déjà plongée dans l'obscurité. Soudain, Jack attrape ma main. Je sursaute intérieurement, mais je ne dis rien. Il la prend avec une telle douceur, presque avec précaution... Comme s'il avait peur de brusquer quelque chose. Pourtant, ce geste est simple, presque banal. Mais pour moi, il veut dire tant. Il me donne l'impression d'exister un peu plus à ses yeux. Comme s'il voulait me garder près de lui. Comme si, peut-être, une infime partie de lui ressentait la même chose que moi. Et si mes sentiments n'étaient pas à sens unique, finalement ? Je l'observe du coin de l'œil. Il est bien plus grand que moi, au moins un mètre quatre-vingt-dix. Ses épaules larges et carrées trahissent sa carrure solide. Il marche avec assurance, sans regarder autour de lui. Et moi, je me rends compte que mon univers tout entier tourne autour de lui, de son regard, de son silence, de sa beauté ténébreuse qui m'aspire, me trouble, me consume. Du haut de mes un mètre soixante-dix, je l'admire discrètement, le cœur affolé, les joues brûlantes. Mon téléphone vibre dans la poche arrière de mon jean. Plusieurs fois. Mais je n'ai pas envie de répondre. Je veux que rien ne vienne gâcher ce moment. Pourtant, un coup d'œil rapide à ma montre me ramène brutalement à la réalité : 22h25. Mince ! J'ai complètement oublié Eliott ! J'espère qu'il me pardonnera... quand je lui raconterai tout.

Chapitre 3 Chapitre 3 : Eliott

Je suis arrivé au ciné dix minutes en avance pour pouvoir occuper de bons sièges. Par expérience, j'ai appris que le coin le plus tranquille est celui situé en haut, au fond, du côté gauche. C'est le coin idéal pour mater le film en toute tranquillité et en plus, il parait que ceux qui s'y asseyent se rapprochent après la séance. Plusieurs couples s'y sont formés. Victor et Sherley , Sebastien et Eloise et après ce soir ce sera Lena et moi. J'entre dans le bâtiment les mains enfoncés dans les poches de ma veste. Il fait particulièrement froid ce soir.

On dirait même que la météo est favorable à ce que Lena et moi nous nous rapprochons. Je marche jusqu'au comptoir. Le contrôleur me demande les tickets. Je les lui donne rapidement avant d'aller chercher le pop corn et deux sodas. Comme ça au moins, Lena ne m'en voudra pas de ne pas avoir pris de quoi grignoter. Ensuite, j'entre dans la salle les mains chargées par les snacks et je m'installe au coin des amoureux. Le film commence dans moins de cinq minutes. Je guète l'entrée pour voir si Lena arrive mais elle n'est pas là. J'imagine qu'elle se prépare encore. Les filles sont toujours en retard de toute façon. Elles prennent au minimum mille ans pour s'apprêter alors que les mecs ont besoin de dix minutes chronos. C'est le temps nécessaire pour se doucher, se parfumer et s'habiller. J'ai tout de même hâte de découvrir la tenue qu'elle va porter ce soir même si je sais qu'elle débarquera en survêtements qu'elle me pique à chaque fois qu'elle vient chez moi. Tout mes pulls se sont retrouvés chez elle comme par magie. Mais ça me plaît. Ils lui vont mieux qu'à moi de toute façon. Elle est si parfaite, si raffinée et à la fois sauvage. Lorsqu'elle n'enfile pas un vêtement de sport, à la garçonne, elle porte des robes qui lui collent à la peau. Mais quelques fois des tenues traditionnelles également. Tout lui va à ravir. C'est une fille élancée à l'allure fière qui s'en fiche du regard des autres. Bien que quelques années auparavant, c'était une personne assez timide. Elle avait du mal à s'exprimer en public. Elle bégayait lorsqu'elle faisait face à une foule et baissait toujours le regard devant les autres. C'est en la découvrant aussi sensible que mes sentiments sont nés. Je l'ai aimé au début et je l'aimerais jusqu'à la fin. Elle a un de ces regards qui fait rougir, trembler, balbutier... Des pupilles sombres qui captivent et qui éveille la curiosité. Lena est un véritable mystère. Une énigme que d'autres cherchent à résoudre.

Et pourtant, j'arrive à voir qui elle est vraiment. Moi j'en ai eu le privilège. Elle se sent à l'aise uniquement en ma présence. '' peut-être parce que je suis son meilleur ami '' J'ai parfois l'impression qu'elle n'a que cela à m'offrir. Mais ça ne me suffit pas. J'aimerais être égoïste en lui avouant mes sentiments, en la mettant dos au mur pour qu'elle puisse se rendre compte de ce que je ressens vraiment pour elle. '' Lui laisserai-je le choix de m'aimer ? Est-ce qu'elle en est capable ? '' La voix d'une femme nous annonce que le film va bientôt commencer. '' Plus que dix secondes '' Je jete un coup d'œil désespéré sur l'écran de mon téléphone qui n'affiche aucune notifications. Je me demande ce qu'elle fait et savoir qu'elle est avec Jack, le garçon devant lequel elle perd tous ses moyens, celui dont elle est follement amoureuse. Cela me perturbe. Elle est sûrement bien mieux avec lui. J'imagine que leur rendez-vous est un vrai pot de miel, de douceur comparé au mien qui sent la mélancolie et le désespoir. Je nous imagine là tous les deux, les mains se rapprochant malicieusement l'une de l'autre au moment où le film devient le plus intense. Le fameux bisous, cette explosion d'amour qui éblouit tous les spectateurs. Et voilà les câlins, les bisous ; des promesses de toute vie dans une obscurité la plus complète. Pendant ce temps, le cœur valse, il est affolé et incontrôlable lorsqu'on croise le regard de notre âme sœur. Celle qui se trouve en face de nous, celle qui nous apprend à vivre et à aimer inconditionnellement. '' Lena , pitié réponds moi '' Mon cœur se serre d'un coup. J'ai terriblement mal. Je frôle l'infarctus, la crise d'asthme. J'ai du mal à respirer, à me contrôler. Je serre mes poings et mon visage se crispe. Une rage sans nom m'envahie avant de laisser la place à de la tristesse. Ce sentiment qui veut me pousser à chialer comme un gosse. Mais mon père en voulant m'apprendre à devenir un vrai homme m'avait dit un jour : « Fils, un homme ne pleure pas » Le gamin que j'étais a retenu cette phrase que je trimballe dans mes pensées jusqu'à ce jour. Pleurer là maintenant me rendrait vulnérable. Pitoyable même. J'appelle Lena plusieurs fois au cas où elle aurait oublié notre rendez-vous- mais elle ne répond pas. J'abandonne au bout d'une vingtaine de tentatives. Puis, mes yeux se concentrent sur le film qui débute à peine. Deux d'heures plus tard, la séance se termine. Je bâille sans me gêner. Ce film était plutôt pourrit. Le personnage principal était trop mélodramatique à mon goût. Je penchais plus du côté des antagonistes. Ils n'avaient peur de rien. Je devrais peut-être m'en inspirer en passant. Si Lena était là, elle aurait versé une larme lorsque le héros se faisait chiffonner comme un mal propre. Ma Lena est une personne assez sensible. Non pas qu'elle pleure pour un rien. Non, loin de là. Elle a la même sensibilité qu'une fleur. Elle est comme un papillon encore dans son cocon. Elle possède l'âme la plus douce, belle et magnétique du monde. À mes yeux, elle n'a aucun défaut. Je repense encore à elle. Cette douleur dans mon torse revient avec plus de vivacité et se diffuse dans tout mon être. Après le film, je rebrousse chemin jusqu'à mon appartement. Une fois à l'intérieur, je ressens un énorme vide en moi. Le vent de la solitude me tiendra encore compagnie ce soir. Ma mère avec qui j'ai dîné plus tôt dans la soirée est partie avant même que je n'eus le temps de couper la tarte pour le dessert. Elle devait apparemment rejoindre un groupe de femmes au foyer pour une séance de lecture. Mon père quant à lui n'a pas pointé le bout de son nez. Il passe la majorité de son temps dans son bureau. Cela faisait partie des raisons pour lesquelles je le détestais quand j'étais enfant. Je me demandais sans cesse s'il aimait son travail mais plus que sa famille. Aujourd'hui, j'arrive à la comprendre. Je sais qu'il fait tout ça pour nous épargner une vie de misère. C'est grâce à ses heures sup' que j'ai pu me payer ma première année à l'université avant d'obtenir une bourse. Mes pas lents et nonchalants me conduisent jusqu'à ma chambre. Je m'allonge sur le lit avant de prendre mon téléphone. Je fixe l'écran, encore et encore. Il est déjà minuit et Hinata ne m'a toujours pas répondu. '' Et si je la gênais ?'' Qui suis-je pour interrompre son petit moment privilégié avec Jack? Je me comporte comme un petit ami jaloux et inquiet. Elle doit sûrement se demander à quoi je joue. Je soupire. La nuit va être longue, pénible, dure à supporter à cause de cette angoisse que je ressens. Tout cet amour qui bouillonne au fond de moi et que je n'arrive pas à exprimer. Et ça monte, encore et encore jusqu'à ma gorge. Ça me coupe le souffle, mes mots s'en volent. J'ai tellement d'amour à donner, à partager. Il y'en a assez pour deux personnes. Juste pour Lena et moi. Je me retourne sans cesse sur le lit, sous une couverture. Je cherche la position idéale afin de trouver le sommeil mais je ne la trouve pas. Que ce soit à gauche ou à droite, rien n'est assez bien. '' Ou peut-être que c'est moi qui ne suis pas assez bien pour elle '' Après plusieurs tentatives, je réussis à trouver le sommeil. Je laisse mon corps s'enfoncer dans le lit puis, je plonge dans un profond sommeil. Le lendemain, je me réveille en douceur. Ma nuit a été plutôt agréable étrangement. J'ai dormi comme un bébé. Je sors de mes draps puis, je me dirige vers la salle de bain. Je me poste devant mon miroir qui me révèle les cernes que j'ai sous les yeux. Je prends un masque à l'avocat que ma mère m'a offert pour mon anniversaire. Je n'aurais jamais cru que je l'utiliserais un jour. J'ai toujours trouvé étrange le fait de se tartiner le visage avec de la bouffe. La bouffe est faite pour être mangée mais si hormis son goût succulent, l'avocat retire les cernes, je suis prêt à m'en badigeonner sur le visage. Je pose donc délicatement- et en toute maladresse- le masque sur mon visage. En me regardant dans le miroir, j'ai l'impression de voir darkvador, enfin, une version plus mignonne et séduisante de lui. Je fais le beau en me mirant pendant une bonne dizaine de minutes, le temps que le masque agisse sur ma peau . Ensuite, je le retire et constate avec stupéfaction son efficacité. Mon visage est plus lisse et moins enflé. On dirait presque que je sors d'un siècle de sommeil. Après mon masque, je me débarbouille. J'enfile par la suite un tee-shirt blanc, un jean et une paire de baskets. Fin prêt, je prends mon sac dans lequel je range mon ordinateur avant de sortir de mon appartement. Comme chaque matin avant d'aller en cours, à l'université, je me rends dans un resto-café.

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