PVD Abby
"Bon sang Abby, tu ne peux pas rester ici en pensant à ton avenir, pense aussi à ton père qui n'arrête pas de casser des verres partout!!" s'écrit ma chère cousine Chynay.
"Bah justement je pensais à lui, non?"
"Mais fais quelque chose!"
"Qu'est-ce que je pourrais lui dire? Même si je lui parle il ne m'écoutera pas."
"Parles-lui une dernière fois. Tu es sa fille, il va sûrement t'écouter."
"Je l'ai fait plusieurs fois mais rien n'a changé."
"Mais quelle flemmarde! Tu sais quoi? Fais ce que je te dis." ordonna t-elle. "Je ne supporte pas de voir ton père faire des choses inhabituelles. Tu sais, il peut nous violer sous l'effet de l'alc..."
"C'est bon, c'est bon!" La coupé-je. "C'est de ça que tu as peur? Je vais lui parler, mais pour la dernière fois."
Je me lève du canapé et marche jusqu'à la chambre de mon père qui bien sûr est en train de boire un verre. Il était déstabilisé depuis qu'il a perdu son emploi. Il a cherché du travail depuis des années mais en vain. Il est resté comme ça depuis.
Je rentre dans sa chambre et ferme la porte derrière moi. Il ne remarque pas ma présence, je m'assois sur son lit à côté de lui.
"Pa... " Commené-je à dire mais il me coupe la parole.
S'il te plaît, laisse-moi, je cherche du travail depuis trois ans, je n'ai rien trouvé. Je me demande bien ce que je fais encore sur cette Terre. C'est le seul travail que j'ai pu trouver ; être un alcoolique. Dit-il en buvant une gorgée de son verre.
Je glisse ma main dans ses cheveux.
"Ne dis pas ça, papa. Dans la vie, il faut être courageux. Tu n'as pas trouvé d'emploi, tant pis pour ça. Il y a sûrement une autre solution, il faut juste essayer. Il n'y a pas qu'être prof dans la vie. Ce n'est pas en te saoulant que les choses vont s'arranger." Le conseillé-je.
Il tourne la tête vers moi et me sourit.
"Tu ressembles tellement à ta mère. Tu sais, depuis ta naissance ma famille m'a abandonné, ta tante était la seule membre de la famille qui me restait. Elle a les moyens financiers, je lui ai demandé plusieurs fois de l'aide mais elle a refusé parce qu'elle n'a jamais aimé ta mère. J'étais obligé de me sacrifier et de faire tout mon possible afin de te donner une bonne éducation et de t'assurer un bon avenir. Maintenant voilà où on en est. Tout ça, c'est à cause de moi." Me raconte t-il buvant une autre gorgée.
Il ne m'avait jamais raconté cela. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me fasse part de la douleur qu'il ressent pendant ces moments difficiles. Je suis triste suite à ces propos.
"Ce n'est pas de ta faute papa, c'est plutôt de la mienne. C'est à cause de moi que tu n'as pas pu avoir la vie que espérais." dis-je en baissant la tête et joue avec mes doigts.
"Non chérie, ce n'est pas de ta faute."
En prenant une autre gorgée, j'attrape le verre de ses mains.
"Papa, donne-moi ça et repose-toi ok ? Tu as l'air très fatigué."
Il se couche sur son lit et ferme les yeux. Je lui mets sa couverture. J'espère qu'il va réfléchir à notre discussion et arrêter de boire de l'alcool.
Je décide de sortir boire un café, à la demande de Chynay. Nous sommes assises à une table dans le café et nous rions à toutes les blagues de cette dernière.
"Alors, comment va ton père?" Me demande t-elle.
Il va plutôt bien je crois. Il est resté dans sa chambre pour se reposer. Lui répondis-je.
"Cool alors." Souffla t-elle.
Au même moment, un homme dans la quarantaine, sort d'une limousine et se dirige vers nous.
"Bonjour mademoiselle." Me salua l'homme avec politesse.
"Bon... bonjour." En lui rendant la politesse, un peu confuse.
"Tenez, il me tend une carte, là dessus il y a les coordonnées de l'entreprise dans laquelle vous devrez travailler," sourit-il de toutes ses dents.
Je le regarde surprise, il me donne une carte bleue que je prend par curiosité ; il y a toutes les informations dont il vient de me parler. Je lâche un petit rire, amusée.
"Ah! Je suis désolée, vous vous êtes trompé, je n'ai pas postulé pour du travail." En lui rendant la carte.
"Mais vous êtes passée à mon bureau pour me demander un entretien d'embauche. J'ai vu votre dossier ; vous avez fait des études d'économie. Puis votre nom est bien sur la carte." M'informe t-il.
Je jette encore un coup d'œil, bien sûr mon nom est bien inscrit sur la carte, c'est bizarre quand même. Oh mon Dieu! J'ai l'impression que Jésus vient me porter secours dans ces moments difficiles.
"D'accord j'y passerai." Lui dis-je.
"Vous devrez commencer à travailler dans trois jours." Me sourit-il. "À bientôt mademoiselle, en me tendant sa main que je serre tout de suite."
"À bientôt."
Il monte dans sa limousine garée devant le café. Apparemment il est riche. Je tourne les yeux vers Chynay.
"Oh mon Dieu Chynay ! Tu te rends compte? Je viens d'être embauchée dans l'une des plus prestigieuses entreprises du pays."
Elle me regarde comme si elle était au courant de quelque chose.
"Il y a un problème? Qu'est-ce qu'il y a?" Lui demandé-je.
"Je ne te l'ai pas dis mais...c'est moi qui suis allée à son bureau pour lui demander du travail. J'ai eu l'idée de venir ici pour qu'il te donne la carte. C'est moi qui aurais dû avoir ce travail mais tu es bien plus qualifiée que moi. Moi, je n'ai pas fait de grandes études, alors que toi, tu es diplômée en économie et d'autres spécialités. Tu as toutes les capacités pour travailler dans cette entreprise." M'avoue t-elle.
"Et toi alors?" La questionné-je
"Ne t'inquiètes pas, j'en trouverai un." Me sourit-elle
"Bon, on va fêter ça ! Je suis sûre que papa sera très fier de moi."
Nous montons dans un taxi et direction notre domicile. Arrivées, nous rentrons dans notre petite maison et je monte les escaliers.
"Je vais aller faire quelques courses pour fêter mon entretien d'embauche mais on ne dira rien à papa pour l'instant." Dis-je à ma cousine.
"On s'était mise d'accord pour qu'on lui dise tout." dit-elle un peu surprise.
"OUAIS ! Mais attendons encore un peu !"
Je rentre dans la chambre de mon père, j'aperçois qu'il n'est pas là. Je prends les clés du coffre-fort pour prendre un peu d'argent.
"Ça alors !" Murmuré-je.
Je fronce les sourcils, un peu perdu et observe le coffre ; Il est vide. Absolument vide. Je ne comprends pas comment ça se fait qu'il soit vide ? Maintenant, comment je vais fêter mon entretien d'embauche et payer les factures de ce mois ?
Je sors rapidement de la chambre et je vois Chynay en train de pianoter sur son téléphone. Hé! En parlant de téléphone j'en ai besoin du mien aussi.
"Chynay, c'est toi qui a pris tout l'argent dans le coffre-fort? Il ne reste plus rien." La questionné-je. Elle est surprise par ma question. "Allons ne me regarde pas comme ça, c'est juste une question." J'ajoute en croisant les bras.
"Tu me prends pour une voleuse ?" Me questionne t-elle à son tour. Elle réfléchit à qui aurait bien pu faire ça. "Il faut demander à ton père, il était tout seul ici." Dit-elle en pianotant à nouveau sur son téléphone.
Je lève un sourcil.
"Arrêtes de mettre tout sur le dos de papa !"
"Si ce n'est pas lui alors qui d'autre pourrait faire une chose pareille ? Hum ?" Confirme t-elle.
Je soupire et lui tourne le dos pour chercher papa. Il est où là ? Je jette un coup d'œil dans le vieux jardin, effectivement il est là. Je m'approche de lui et je suis étonnée de le voir étalé par terre, plusieurs bouteilles d'alcool à ses côtés. Je lui ai bien dit d'arrêter de boire, il ne m'écoute jamais !
Je cours dans sa direction pour lui venir en aide et Dieu merci il n'a rien. Je l'aide à monter dans sa chambre. J'allais sortir de cette dernière lorsque je l'entends m'appeler, je me retourne...
"Chérie...je sais que j'ai fait beaucoup de mauvaises choses et t'ai fait souffrir... tu ne vas sûrement pas me pardonner."
"Pourquoi tu dis ça papa?"
Il soupira.
"Je ne me sentais pas bien, alors j'ai voulu acheter des bouteilles de whisky...et j'ai pris..."
"Sérieusement !?" Le coupé-je. "C'est toi qui as pris tout l'argent dans le coffre-fort!!?" En lui criant dessus. "Je n'arrive pas à croire que tu aies fait ça papa !"
Je n'arrive plus à dire un mot de plus tellement je suis choquée, je le laisse tout seul tout en ignorant ses appels. Je me laisse aller dans ma chambre pour pleurer.
Des bruits de klaxon me réveillent dès le matin, je ne veux même pas me lever, j'ai pleuré toute la nuit. Mon père a un gros problème, je ne sais pas comment l'aider à sortir de cette situation.
Les klaxons continuent de résonner, je me lève de mon lit difficilement et regarde par la fenêtre ; une voiture est garée devant la maison. Je me demande bien qui c'est. Pourquoi une voiture se garerait-elle devant chez moi si tôt le matin?
Une jeune femme d'une trentaine d'années sort de la voiture, à ma grande surprise elle frappe à la porte. Je sors pour aller ouvrir. Papa et Chynay dorment encore, il n'est que sept heures du matin. Je meurs d'envie de savoir qui est cette femme. J'ouvre la porte, elle me lance un regard surpris dès qu'elle me voit.
"Bonjour...tu dois être la fille de Marco c'est ça ?" M'interroge t-elle (Marco c'est mon père).
"Elle-même." Répondis-je.
"Puis-je...entrer ?"
Je la regarde en levant un sourcil.
"Qui êtes-vous ?"
"Je suis la sœur de Marco. Ta tante."
Je la regarde ébahie. Incroyable ! Après toutes ces années elle ose venir le voir. Mais bon, si elle est venue c'est sûrement pour une bonne raison. J'ai beaucoup de question à lui poser.
"Je vous en prie."
Je me pousse pour la laisser entrer elle s'assoit sur l'une des chaises et se met à regarder autour d'elle en faisant des grimaces.
"Où est ton père ?" Me demande t-elle.
"Euh...je ne crois pas que c'est une bonne idée de le voir pour le moment, il va très mal."
"Qu'est-ce qu'il a ?"
"Il a eu un problème hier et ne se sent pas bien."
"Dis-lui que quelqu'un de très important pour lui l'attend en bas, je suis sûr qu'en me voyant il sera très vite rétabli." dit-elle très sûre d'elle.
"Oh... Ok." Dis-je stupéfaite.
Je me dirige vers la chambre de papa, il dort encore, je le secoue légèrement et lui dis qu'une femme l'attend impatiemment dans le salon. Il sort de sa chambre et je le suis, dès qu'il la voit il a les yeux qui brillent. On dirait que la dame avait raison, il est très heureux de revoir sa sœur à mon grand étonnement. Je les laisse parler tous les deux.
Pourquoi ne pas venir habiter chez moi ? Vous êtes de la famille, vous ne pouvez pas rester ici. En regardant la maison. Enfin...je me demande bien comment vous arrivez à payer les factures si aucun de vous ne travaille. Nous dit-elle.
"On se débrouille plutôt pas mal." Dit mon père tout souriant. "Mais je serai ravie que notre famille se réunie à nouveau."
"Alors ne perdons pas de temps. On déménage aujourd'hui ! Et ne vous inquiétez pas pour les factures de ce mois, je m'en charge." Nous rassure t-elle.
Papa est très heureux à l'idée de quitter la maison, il suffit qu'une personne importante dans sa vie lui rende visite pour retrouver le sourire.
Ma tante nous aide à préparer nos affaires. À vrai dire je suis très contente de sortir d'ici mais aussi triste ; c'est dans cette maison que j'ai grandit avec toutes mes amies. Ce n'est pas facile de la quitter comme ça. Mais si ça peut rendre le sourire à mon père, je le ferai.
Mes affaires son prêtes et je descends avec, ma tante m'aide à les mettre dans sa voiture, puis je grimpe dans celle-ci. Mon quartier va énormément me manquer.
On est arrivé devant une maison pas très grande après 45minutes de route. On rentre dans la maison là où il y a toute la famille. Je me présente à tout le monde. Je ne les ai jamais rencontrés, la seule famille que j'avais c'était mon père. Je me demande s'ils habitent tous ici ? La maison n'est pas très grande pour tout ce petit monde...
À la tombée de la nuit, ma tante m'indique ma chambre. Dans ma petite maison où j'ai grandi, je partageais ma chambre avec Chynay, maintenant j'ai ma chambre à moi toute seule... trop contente.
Ma tante me laisse seule pour déballer mes affaires. Je les mets dans la garde-robe. Je pense à mon entretien d'embauche, je ne sais pas comment ça va se passer. Je n'ai travaillé dans une telle entreprise.
"Salut !"
Sortant de mes pensées, je tourne la tête vers la voix qui m'interpelle, c'est ma tante.
"Salut !"
Elle soupira.
"Tu as grandit."
"Ça devait arriver, non ?"
Elle vient s'assoir sur le lit.
"C'est vrai. S'il te plaît assieds-toi."
Je finis de ranger mes affaires et fais ce qu'elle me demande.
"Abby...je suis vraiment désolée, j'avais les moyens pour vous aider mais j'ai écouté ma fierté...j'ai voulu aider ton père mais...je détestais ta mère."
"Pourquoi ?"
Elle m'explique le pourquoi du comment elle détestait ma mère.
"Mais oublies donc ça d'accord ? J'ai su par ma suite que ta mère était une bonne personne et n'avait aucune influence sur ton père. Parle-moi plutôt de toi. C'est quoi ton rêve?" Me demanda t-elle.
Je la regarde stupéfaite. Je ne m'attendais pas à cette question de sa part. Quand on me pose ce genre de question je répond toujours avec le sourire aux lèvres.
"J'adore chanter. Je devais participer à une compétition mais j'étais en retard. J'ai demandé au juge de m'accorder une chance mais il a refusé. Il a déchiré mon CV sans entendre ma voix, cet homme est sans cœur. C'est fini pour moi."
"Surtout ne baisses pas les bras. Ne pense pas que tu as tout perdu. Ne perds pas espoir. Tu dois participer à chaque compétition. J'étais comme toi aussi, j'ai voulu tout arrêter. Je me suis toujours relevée en ayant confiance en moi, et j'ai réussi. Ensuite, j'ai laissé tomber...pour des raisons personnelles. Elle me prend la main et la caresse. Il y a une chose très importante que tu dois savoir, si tu ne partages pas ton rêve, alors ton rêve n'en vaut pas la peine."
Elle me sourit puis se lève de mon lit.
"Je vais te laisser, j'espère que la maison te plaît." Me dit-elle.
"Oui beaucoup."
"Tant mieux, dors bien."
"Toi aussi."
Elle éteint la lumière et sort de la chambre. Je m'endors paisiblement, le lit est trop confortable.
*****
*Deux jours plus tard*
Aujourd'hui je passe mon entretien d'embauche. Je me prépare vite fait et descends dans la salle à manger pour prendre mon petit déjeuner. Maintenant je déjeune en famille sur une longue table, avant chacun prenait son petit déjeuner de son côté. Je n'arrive pas à croire que ma vie a changé en un claquement de doigt. Je finis de manger.
"Je dois y aller, mon entretien est à 8h sinon je serai en retard." Dis-je en me levant de la longue table.
"Bonne chance." Dit Chynay toute souriante.
"Merci pour tout." En lui envoyant un baiser volant avant de partir.
Je me précipite pour prendre un taxi.
Mon père était encore plus heureux quand je lui ai dit que j'ai décroché un entretien. Je suis très heureuse qu'il soit complètement rétabli et a arrêté l'alcool.
Tout au long du trajet, je ressens le stress m'envahir. Je suis triste d'avoir obtenu ce travail au lieu de réaliser mon rêve le plus cher... quoi qu'il en soit, je le réaliserai tôt ou tard. Mais ce travail est aussi important car je dois aider ma famille.
Je suis arrivée à destination, les employés sont tous étonnés dès mon arrivée, je ne leur prête pas attention. Un des employés dans la salle d'accueil m'indique le bureau du patron. L'entreprise est très grande, je prie intérieurement pour qu'il m'embauche. Je gagnerai pas mal d'argent ici.
Je monte en empruntant un ascenseur. J'ai tous mes dossiers en main, le vieil homme du café me les a remis pour les présenter au patron.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent. Je marche jusque devant la porte de son bureau et je frappe pour manifester mon arrivée...
"Entrez..."
PVD Dylan
Je cherche mon meilleur ami Jonathan. Mais où est-ce qu'il est passé ? Pendant que je le cherchais, je le vois enfin arriver avec son ordinateur entre ses mains.
"Hé mec je te cherche depuis une demi-heure. Où étais-tu passé ?" Le questionné-je.
"Je parlais avec ton père." Me répondit-il.
"Dis-moi, tu as quelque chose de prévu pour ce soir ?"
"Hm...oui je vais chez un pote. Pourquoi ?"
"Non... je voulais boire un verre ce soir, je me demandais si tu pouvais m'accompagner mais c'est pas grave."
Je le regarde un instant. Depuis quelques minutes il a le sourire aux lèvres.
"Depuis que je suis arrivée tu n'arrêtes pas de sourire. Qu'est-ce qui te rend si heureux mon pote ?"
"Regarde...en me montrant son ordinateur. Plusieurs entreprises nous suivent, on a pas mal gagné d'argent, en fermant son ordinateur. Et grâce à ça notre entreprise est en deuxième place du pays." Sourit-il.
"Toi, ce qui te préoccupe c'est la place de notre entreprise." Souris-je. "S'il vous plaît... En appelant le serveur qui passe à côté de moi. "Apportez-moi du café dans mon bureau."
"Tout de suite monsieur." Dit le serveur en s'en allant.
-Si tu me cherches je serai dans mon bureau, ok ? En m'adressant à mon ami.
Je rentre dans mon bureau et me jette sur mon canapé devant mon bureau un peu fatigué. J'avoue qu'être le PDG d'une entreprise est un lourd travail. Je ne voulais pas l'être mais j'aide celui qui est important dans ma vie et qui m'a toujours soutenu, mon père. Il a pris de l'âge maintenant. Il a dirigé cette entreprise depuis plus de 10 ans. Il a attrapé une maladie au cœur pas très grave. Il a juste besoin du repos.
Je suis sur mon ordinateur pour continuer de travailler quand j'entends quelqu'un frappé à la porte. Mais qui me dérange ? C'est peut-être le serveur qui m'apporte mon café. Je soupire sans lever la tête de mon ordinateur et je dis à la personne d'entrer.
"Bonjour monsieur."
Je lève brusquement la tête quand j'entend la voix d'une...fille ? Qu'est-ce qu'une fille fait dans mon bureau ? Je me lève précipitamment de mon fauteuil pour arriver en face d'elle.
"Qui êtes-vous !!? Qu'est-ce que vous faites ici dans mon bureau !!?" Je lui cris dessus sous les nerfs.
"Je suis venue pour un entretien." Me dit-elle doucement.
"Ça ne va pas ? Qui vous a donc envoyé !!? Sortez !!" Dis-je en la poussant si fort qu'elle a faillit tomber.
Elle se retourne brusquement.
"Qu'est-ce qui vous prend ? Vous ne pouvez pas m'insulter comme ça ! C'est monsieur Wilfried Ruch qui m'a envoyé." dit-elle.
C'est une blague ? Wilfried sait très bien que les filles ne travaillent pas dans mon entreprise.
"Vous avez perdu la tête ? Comment connaissez-vous monsieur Wilfried Ruch ? C'est moi le patron ici ! Sortez!!!" En la poussant encore.
Elle se retourne pour me donner une gifle. Cette gifle est tellement forte que ma tête est partie de travers. Dans ses yeux je vois de l'étonnement comme si elle ne m'avait pas giflé volontairement.
"Cette fois c'est moi qui parle." En me pointant du doigt. Pour qui elle me se prend ? "Ne m'embauchez pas si vous ne voulez pas mais vous n'avez pas le droit de m'insulter."
"Vous avez le droit de me gifler peut-être ? Pour qui me prenez-vous ? Vous ne me connaissez même pas."
"Je suis désolée monsieur."
"Il n'y a pas de désolé qui tienne! Cette gifle sera gravée dans ma mémoire, je n'oublierai jamais ce jour et je vous ne laisserai pas l'oublier non plus, jamais !"
Elle relève la tête et je la regarde droit dans les yeux.
"Maintenant sortez de mon bureau tout de suite s'il vous plaît !"
On se regarde un instant puis elle sort. Je la suis pour m'assurer qu'elle est bien parti quand Jonathan m'arrête sur mon passage.
"Dylan, qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi tu es en colère ?"
"Une fille est venue me demander un entretien." Lui répondis-je.
"Quoi ? Une fille ? Une fille dans ton bureau...?"
"Je t'en parlerai plus tard." En continuant de la suivre.
PVD Abby
Cet homme est complètement fou ! Comment peut-il agir ainsi avec une inconnue ? Il a bien mérité la gifle, ça lui montrera sa place. Je ne pense pas que je pourrai travailler ici, je ne peux pas.
Alors que je suis sur le point de sortir je me sens frapper contre quelqu'un et tous mes dossiers tombent à terre. Je m'accroupie pour les ramasser mais la personne que j'ai bousculé les a ramassé avant moi. Il se met à feuilleter mes dossiers.
"Hmmm... Tu as des connaissances en économie." Dit le vieux monsieur. "Tu as étudié l'économie internationale, c'est bien."
Il finit de feuilleter mes dossiers et lève la tête vers moi.
"Tu me semble parfaite pour ce poste."
"Que dis-tu papa ?" Dit une personne derrière lui.
Je regarde la personne curieusement et je suis surprise de voir le patron. Donc, le vieil homme est son père... il a l'air très gentil.
"Nous n'avons pas de poste pour elle." Dit le patron en me regardant.
Son père le regarde puis dit...
"Cette fille est compétente... quel travail pourrions-nous lui donner ?" Dit le père en réfléchissant. "Ok tu as ce travail. Tu pourrais être la secrétaire de Dylan. C'est d'accord ?"
"Papa, tu connais mes principes...pas de travail pour les filles ! Toujours en me regardant avec son visage dur."
"Tu penses que parce que tu es le PDG de cette entreprise que je n'ai pas le droit de mettre moi aussi des principes?"
Le patron baisse la tête.
"C'est entendu...je travaillerai avec elle." En partant.
Son père me remet les dossiers, mais avant qu'il ne s'en aille, je lui dis...
"Mais écoutez également mon avis monsieur."
Il s'arrête et se retourne vers moi.
"Je ne veux pas de ce travail." Dis-je pour m'en aller.
"Pourquoi ? Que s'est-il passé ?" Me demande t-il en me stoppant net. "Tu ne veux pas travailler avec mon fils ?"
"Non." Répondis-je sans me retourner.
"Ah d'accord, il y a peut-être une autre façon pour régler le problème de ta famille. Il s'approche de moi et me fait face. J'offrirai le poste à ton père."
Est-ce qu'il connaît mon père?
"Oui, ton père serait bien pour le poste. Si la fille refuse, le père devra le faire à sa place. Vous devrez choisir ce qui est le plus important...ta haine pour mon fils ou ton amour pour ton père. Écoutes petite...il est plus facile de fuir et plus difficile de faire face, maintenant fais ton choix, à toi de décider." Dit-il en s'en allant.
Il a peut-être raison...
"J'ai pris ma décision monsieur." Dis-je. "Je me retourne et le vois s'arrêter pour m'écouter. J'accepte le poste dès demain."
Il me sourit.
"Ok vas informer ton chef." M'ordonne t-il. "Et n'oublie pas de passer au service des ressources humaines pour ta prise de fonction."
J'hoche la tête et me dirige, de nouveau, vers le bureau de mon patron. Je frappe à la porte puis je rentre quand il me dit d'entrer. Il est de dos et face aux grandes fenêtres de son bureau. Je profite pour regarder son magnifique dos et ses larges épaules, un homme beau comme lui devrait avoir de la peine pour ceux qui n'ont pas d'emploi. Mais hélas ! C'est un homme arrogant et froid avec tous ses employés. Je vais devoir franchir mes limites avec cet homme, ce n'est pas une bonne personne.
Je profite pour contempler rapidement son bureau, il y a plusieurs cadres photos de lui en costume, en torse nu...il est beau, très séduisant, mon Dieu. Je secoue ma tête pour reprendre mes esprits.
"Je serai votre secrétaire dès demain monsieur" annoncé-je.
"Mon père t'a donné ce travail mais pas moi. Je lui ai promis...promis de ne pas vous virer mais je ne lui ai pas promis de ne pas vous faire démissionner." Il me fait face. "Faites attention."
"J'accepte ce défi. Votre père a raison...il est facile de fuir et plus difficile de faire face, mais je ne suis pas le genre à m'enfuir monsieur. Je sais que vous me pousserez à bout et je vous montrerai que ce que vous prenez pour ma faiblesse.... est ma force."
Il me regarde droit dans les yeux.
"À demain monsieur." Lui dis-je en sortant du bureau.
****
Je rentre chez moi fatiguée de cette tension et je vois tout le monde dans le salon me regarder. Ils m'attendaient ou quoi?
"Comment ça s'est passé ton premier jour de travail ?" Demande mon père.
"Je suis embauchée, je commence demain, je dois aller me coucher je suis fatiguée."
Je me dirige rapidement dans ma chambre pour éviter les questions. Je me laisse tomber sur mon lit, quelqu'un frappe à la porte, personne ne me laisse tranquille ici. La porte s'ouvre sur Chynay qui est adossée au cadrant de la porte.
"Tu me caches quelque chose !" Me dit-elle en souriant.
Elle sait toujours tout celle-là. Je n'ai pas le choix que de tout lui raconter.
"Bon d'accord." En m'assayant confortablement sur le lit.
Je lui explique tout de A à Z.
"Je n'arrive pas à croire que tu as donné une gifle à ton nouveau patron." Dit-elle ébahit.
"Il n'était pas encore mon patron à ce moment là, puis il l'a bien cherché, non ? Cet homme est fou et très arrogant. Je suis sûr qu'au fond de lui c'est un homme bien sinon c'est un monstre." Dis-je sur un ton colérique.
"Calmes-toi cousine." En passant sa main sur mon dos.
"Je n'ai pas le choix. Je vais devoir supporter cet homme."
"Oublions tout ça et viens m'aider dans la cuisine." Rigole t-elle.
J'exécute et nous dînons. Ensuite, je monte dans ma chambre pour aller me coucher... J'attends qu'il soit minuit, aujourd'hui c'est l'anniversaire de ma mère, j'ai l'habitude de sortir à cette heure-ci pour aller faire un vœu près d'une rivière.
Il est déjà 11h55. Je prend une écharpe pour me couvrir du froid. Je sors de ma chambre lorsque j'entends quelqu'un m'appeller.
"Abby, où vas-tu ?" Me demande ma tante en regardant sa montre. "Et à cette heure-ci ?"
"Je vais au bord de la rivière juste pour un moment."
"Rentre vite c'est dangereux dehors." En entrant dans sa chambre.
Je sors de la maison pour aller au bord de la rivière. J'ai toujours rêvé de voir ma mère même si c'est impossible. Je prend une pièce de monnaie et ferme les yeux.
"Je veux réaliser mon rêve et cette fois je réussirai."
Je jette la pièce dans la rivière et rouvre les yeux, je regarde au loin et vois un homme adossé contre un arbre. Il est de dos et sa silhouette me rappelle quelqu'un, il tient une flûte entre ses mains et souffle une magnifique mélodie.
Soudain, il jette sa flûte par terre et s'en va, je m'approche pour ramasser la flûte. L'homme monta dans sa voiture et part. J'allais l'appeler mais mon père m'appelle pour que je rentre.
Je rentre dans la maison vais dans ma chambre. Pourquoi cet homme a t-il jeté sa flûte? La mélodie était magnifique.
Demain est mon premier jour de travail, je demande à ma mère de me donner le courage et la patience de supporter ce patron. Puis je m'endors en pensant à cet homme à la flûte.