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Amoureuse de l'alpha

Amoureuse de l'alpha

Auteur:: Plume d’or
Genre: Loup-garou
Après le décès de sa femme humaine, Ethan s'est renfermé sur lui-même, son fils et sa meute sont devenus sa principale raison de vivre. Il a décidé de ne plus jamais tomber amoureux des humaines. Elles sont faibles et fragiles. Le destin lui joue un mauvais tour lorsqu'il se met à rêver d'une mystérieuse femme. Une femme qui n'est autre qu'une humaine. Oui qui s'est juré de ne plus aimer d'humaine va-t-il tomber amoureux de celle-ci ? Et quels sont les obstacles auxquels ils devront faire face ?

Chapitre 1 No.1

Loreen.

La première chose à laquelle je pense en ouvrant les yeux, est qu'il faut beaucoup trop noir. Le vent souffle et j'ai froid. Je regarde autour de moi, je ne sais absolument pas où je suis. Une rivière coule tout près éclairée par la lueur de la lune. Je me frotte les épaules lorsque je réalise soudain que je suis nue. Bordel je suis nue dans une putain de forêt ! Ma première réaction est de me couvrir la poitrine, je regarde autour de moi affolée, mais je ne vois personne, soulagée, je me lève et je marche jusqu'à la rivière, je mets ma main dans l'eau et je la recueille entre mes mains pour la boire. Pourquoi ai-je l'air aussi sereine ? Je devrais être terrifiée, mais on dirait que la forêt et moi sommes en communion. Je ne suis pourtant pas une adepte de la nature, non ces conneries c'est Katia qui en est dingue. Mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui plus que jamais je comprends parfaitement ce qu'elle veut dire en parlant de ne faire qu'un avec la nature. J'ai l'impression que loin de me terrifier, la forêt m'apaise, on dirait presque qu'elle me protège. De quoi ? Je ne sais pas, mais cette sensation de sécurité me fait du bien. D'autant plus que ça fait des années que je n'ai rien ressenti de similaire. J'avale une gorgée d'eau et je suis surprise que cette eau soit aussi bonne, c'est l'eau la plus bonne que je n'ai jamais bu et je n'exagère rien. Une question reste cependant en suspens dans mon esprit, où suis-je ? Je regarde à nouveau autour de moi dans l'espoir de trouver un indice mais je ne vois que les arbres autour. Mon regard s'arrête soudain lorsque je pense avoir distingué une silhouette sur un rocher.

" Il y'a quelqu'un ? "

Je plisse les yeux pour mieux voir et la silhouette commence à prendre forme. Il s'agit d'un énorme chien, je me lève et je marche pieds nus dans sa direction.

" Tu es perdu toi aussi ? "

Le chien se met à grogner et je me fige. Je suis tétanisée de peur et j'avale difficilement ma salive. Ce grognement est bestial, voir même monstrueux, ça ne peut-être le grognement d'un chien, c'est un animal sauvage ! La bête saute de son rocher et atterrit à mes pieds. Tout mon corps est en alerte, mon cerveau ordonne à mes pieds de partir en courant, mais on dirait qu'il ne m'obéissent pas. Je suis comme clouée sur place. L'animal grogne en faisant un cercle autour de moi. Je ferme les yeux et je serre les poings. Peut-être que si j'arrête de respirer, il partira aussi soudainement qu'il n'est venu. Il s'arrête à nouveau devant moi et grogne. Il bondit sur moi, me plaquant au sol. Je ferme les yeux, puis je les ouvre à nouveau. L'animal me regarde comme s'il essayait de lire en moi, son regard perçant me transperce et je me contente de faire de même avec lui. Il me donne un coup de langue, comme pour me dire je t'accepte, tu n'as pas à avoir peur. Je lève une main tremblante et je la pose sur sa fourrure. Elle est tellement douce entre mes doigts qu'on dirait de la soie. Je lui gratte les oreilles et il ferme les yeux, il adore et moi j'aime l'avoir ainsi dans mes bras. Je me sens bien, je suis en sécurité avec lui. L'animal que je sais maintenant être un loup, un loup immense qui me lèche le cou. Je ferme les yeux et je gémis. Bordel ! Suis-je vraiment en train de prendre du plaisir avec un animal ? Suis-je donc réduite à ça. Les poils sous mes mains ont disparu, j'ouvre subitement les yeux quand je remarque cela, l'animal que je tenais dans mes bras s'est soudainement transformé en homme. Et quel homme ! Dans la position où je suis, la seule chose que je peux voir, c'est son dos, tout en muscle. La langue continue de me lécher le cou tout en glissant sa main entre mes jambes. Mes cuisses s'ouvrent d'elles-mêmes, comme muées par leur propre désir. Son doigt écarte mes lèvres intimes et je me mords la lèvre. Il grogne lorsqu'il découvre que je suis déjà mouillée. Son doigt fait de petits cercles sur mon clitoris et Dieu que c'est bon, ça fait des années qu'aucun homme ne m'a touché. Je me pince le téton et le plaisir devient plus fort, mon envie de jouir plus pressante.

" Retire ta main, je veux être le seul à te toucher. "

Un frisson parcourt mon corps et je pousse un gémissement. Cette voix Seigneur ! Ce timbre de voix qui a lui seul pourrait me donner un orgasme. On dirait un Dieu, il a la voix d'une personne qui est habituée à être obéit, sa voix n'appelle à aucune discussion. Ma main quitte doucement mon corps et il sourit contre mon cou. Sa bouche quitte mon cou et il me pince un téton, si fort que je crie pataugeant entre plaisir et douleur. Il descend sur mon ventre et y dépose de petits baisers, je serre les yeux si fort, j'ai peur de les ouvrir et de réaliser que ce n'était qu'un rêve. Sa tête se niche entre mes cuisses et lorsque je sens sa langue sur me laper le clitoris, je jouis bruyamment.

Je me réveille en sursaut en entendant la sonnerie de mon réveil. Je le regarde posé au chevet de mon lit et je lance l'oreiller dessus.

" Fichu réveil. "

Il tombe en pièces près de ma commode et l'oreiller lui tombe dessus. Je pousse un soupir et me recouche en gémissant de frustration. Le réveil de mon téléphone lui aussi se met à sonner et là je comprends que je n'ai pas d'autre choix que de me lever. Je tire les couvertures et je pose le pied droit par terre. Sans doute à cause des superstitions de ma grand-mère. Je sais depuis longtemps que pour commencer une bonne journée, je ne devrais jamais sortir du lit du pied gauche. Je me lève et mon regard est attiré par la tâche qui est au milieu du lit. Je l'ai trempé avec ma mouille. Je me mords la langue lorsque je repense à ce qui s'est passé et je file dans la salle de bains. Je prends une douche rapide, froide pour éteindre le brasier que j'ai entre mes jambes. Je termine et je vais dans la chambre chercher quoi me mettre. J'ai un rendez-vous avec le directeur de l'école dans laquelle j'enseigne. Je laisse tomber la serviette que j'ai enroulée autour de moi et je me regarde dans le miroir. J'ai perdu beaucoup de poids. Énormément pour être exact. Ma peau couleur café au lait m'envoie des messages comme pour me dire tu as arrêté de prendre soin de moi. Je pousse un soupir, me voir dans cet état fait remonter des souvenirs douloureux, surtout lorsque je vois les cicatrices que j'ai autour de mes poignets. À cause de ça je suis contrainte de porter uniquement des vêtements à manches longues. Peut-être qu'un jour, quand j'aurais vraiment laissé ça derrière moi, je pourrai à nouveau me mettre en valeur. Je choisis de porter un taille noir, basique, je regarde mes cheveux frisés qui forme une couronne autour de ma tête, je ne sais jamais comment les coiffer. Alors la plupart du temps je les laisse ainsi. Je termine par mettre des boucles et je prends mon sac à main. En sortant de la maison, j'appelle ma mère.

" Bonjour maman. "

" Oh ma chérie, j'étais tellement inquiète. "

" Mais pourquoi ? " Demandais-je en plissant les yeux.

" Mon Dieu ! Tu as fait deux jours sans donner de nouvelles, j'ai bien cru qu'il t'était arrivé quelque. "

Je plisse les yeux et je m'adosse contre la voiture. Je comprends très bien ce qu'elle ressent. Ils sont tous morts d'inquiétude pour moi. Je souris et je rassure ma mère en lui disant que je vais bien.

" Je vais voir le directeur aujourd'hui. "

" Penser que tu vas aller vivre à l'autre bout du monde me fait peur, mais c'est la meilleure chose à faire. Du moins temps que cette ordure est en liberté. "

Je secoue la tête comme si ma mère pouvait me voir, j'étais à soixante-dix kilomètres d'elle et là, je risque encore d'aller plus loin. Tout ça parce que je fuis un ex totalement psychopathe.

" S'il est d'accord, je risque de partir en fin de semaine, je ne pourrais pas venir te voir. " Dis-je en baissant la tête tristement. Ma famille est très importante pour moi.

" Je préfère te savoir loin en sécurité, plutôt qu'ici en danger avec ce fou ! "

" Je t'aime maman. " Dis-je en posant la tête sur la voiture.

" Moi aussi ma chérie, continue de rester forte. Nous ne pouvons pas rester longtemps au téléphone, tu sais très bien pourquoi. "

Je lui dis au revoir avant de raccrocher, je monte dans la voiture et je démarre pour me rendre sur mon lieu de service, je regarde par le rétroviseur pour être certaine que personne ne me suit. Une fois certaine de cela, je continue de rouler le cœur tranquille. Je gare ma petite Audi dans le parking de l'école, quiconque me connaissait avant serait surpris de me voir rouler dans cette voiture aujourd'hui pourtant j'ai conduit des voitures de luxe. J'entre dans le bâtiment et je salue tous les collègues que je croise au passage. Je frappe deux petits coups discrets sur la porte du bureau du directeur, puis j'entre.

" Ah Loreen ! Bonjour. "

" Bonjour Harry. "

Je tire une chaise et je m'assois dessus, il me sourit, puis ferme le dossier qu'il tenait entre ses mains et lève la tête vers moi.

" J'imagine que tu ne vas pas très bien. "

Et c'est le cas, depuis quelques jours la même voiture est garée en face de chez moi, matin et soir. Cet homme me surveille. J'en ai eu la certitude le jour où je suis allée faire les courses et que je l'ai vu entrer dans le magasin, mon ex mari paye un homme pour me suivre.

" Ta mère m'a appelé, j'ai fait de mon mieux pour te trouver une place dans une autre école, comme tu le sais c'est très loin. "

" J'irais n'importe où pourvu que je sois très loin de lui. "

" Très bien, tu iras donc enseigner au Canada. Dans ce dossier, tu as toutes les informations dont tu as besoin. "

Je prends le dossier sans toutefois l'ouvrir, je le regarde et dans mes yeux j'essaye de transmettre toute la gratitude que je ressens à l'égard de cet homme qui m'a accueilli ici au sein de son établissement il y'a de cela dix mois et qui m'a fait confiance. Le Canada ? Ce pays fait remonter en moi un souvenir lointain, un jour dans le métro, alors que je voulais sauter, j'en avais marre et je voulais en finir avec ma vie. C'était comme si le temps s'était arrêté, une femme s'est approché de moi, grande, brune, magnifique. Elle portait un manteau rouge et des escarpins noirs, ses grands yeux marrons étaient si beaux, je n'avais jamais vu pareille femme. Elle était tout ce que je n'étais pas. Elle a posé sa main sur la mienne et mes angoisses m'ont quitté d'un coup. Mes blessures ne me faisaient plus mal, les envies suicidaires m'avaient quitté. Je me sentais bien.

" Tu souffres peut-être en ce moment , mais laisse-moi te dire qu'un jour tout ira bien. Essaye de partir d'ici, recommence une nouvelle vie, pourquoi pas le Canada ? "

Elle m'a fait un grand sourire, puis est partie en me laissant là. J'ai regardé autour de moi, la vie continuait son cou, c'était comme si j'étais la seule à l'avoir vu. La seule à avouer remarqué que le temps avait ralenti. Je me suis frottée les yeux, puis je suis sortie du métro. Et c'est ce jour-là que j'ai eu le courage de quitter mon mari. Je n'en ai jamais parlé à personne et aujourd'hui on me propose d'aller au Canada, quelle coïncidence !

" Je dois avouer que c'est douloureux de te voir partir, tu as été d'une aide énorme. L'ecol perdra énormément. "

" Ce serait plutôt à moi de vous dire ça. Merci beaucoup Harry. "

" Tu vas me manquer Loreen, bonne chance. "

Chapitre 2 No.2

Ethan.

Pour la énième fois depuis ce matin, je pousse un soupir, c'est encore raté ! La voiture se met à cracher une épaisse fumée noire et je me mets à tousser. Fichu nez sensible ! Je donne plusieurs coups violents sur le volant, puis je sors. J'entends des rires derrière moi et je sais très bien de qui il s'agit.

" Tu vas lui faire plus de mal qu'elle en a déjà. "

Je fais un doigt d'honneur sans même me retourner ce qui le fait rire de plus belle.

" Bon plus sérieusement qu'est-ce qu'elle a cette fois ? "

" Cette fumée me dérange, si je vais avec ça en ville, je vais sans doute me faire arrêter par le shérif pour pollution. "

" Cette voiture date de l'époque de Mathusalem, tu aurais dû la changer depuis longtemps. "

" Tu sais très bien que je ne peux pas faire ça. "

Je lui lance un regard profond et il ne rajoute rien. Cette voiture de collection était à mon père et il l'adorait. Depuis qu'il est mort, je continue de la bichonner pour lui. J'en prends soin comme de la prunelle de mes yeux.

" Je me suis dis que quand Tyler aura son permis, il pourra peut-être la conduire, après tout, elle était à son grand-père. "

" J'ai bien envie de voir ça ! " Dit-il pas convaincu du tout.

Je lui balance le torchon que j'utilisais sur le visage et le rattrape en faisant une grimace de dégoût.

" Tu t'imagines un peu ce que penserait tes associés s'ils te voyaient réparer une voiture toi-même ? "

" Tu veux dire en dehors du fait qu'ils apprennent que je suis un loup-garou ? " Je hausse les épaules et je marche vers la maison. " Je m'en moque royalement ! Déjà que je suis obligé tout le temps de faire semblant d'être ce que je ne suis pas. "

Je marche jusqu'à la maison et je prends une bière dans le frigo, je l'ouvre et j'avale goulûment une gorgée.

" Tu m'as l'air exténué. "

Je grogne et je marche jusqu'au canapé pour m'y affaler. Ça fait des jours que je ne dors pas. D'abord à cause du travail à n'en pas finir et ensuite à cause de cette magnifique femme que je n'arrête pas de voir dans mes rêves depuis des semaines. À chaque fois que je rêve d'elle, je me réveille la queue en érection et une envie folle de baiser durement. Je suis obligé à chaque fois de me masturber pour ne pas sortir la queue dure devant tout le monde. Qui peut-elle bien être ? Ce corps, ces seins qui me font saliver à chaque fois que je la vois dans mes rêves et ce sous ma forme de loup.

" Tu m'écoutes ? "

Je lève les yeux sur Aaron mon cousin et meilleur ami, il a l'air encore plus soucieux que moi. Il croise les mains sur son torse et plisse les yeux.

" Vas-y balance, qu'est-ce qui te préoccupe ? "

Je regarde Aaron sans rien dire, je ne suis pas certain de pouvoir avoir ce genre de conversation avec lui, il ne comprendrait pas. Au pire, je sais qu'il pourrait se moquer de moi et je me passerais volontiers de ses railleries. Je décide d'éviter le sujet et de parler de quelque chose d'autre.

" C'est quoi cette histoire de changement d'instituteur ? " Dis-je comme si je ne connaissais pas la raison.

Il tire une chaise et s'assoit en face de moi.

" L'ancien a dû s'en aller à cause d'une urgence familiale, nous n'avons pas eu d'autre choix que de prendre quelqu'un d'autre. " Dit-il sarcastique.

" Et ce nouvel instituteur, tu as pris le temps d'enquêter sur lui ? "

" Elle devrait arriver d'ici la fin de la semaine. "

" Elle ? " Demandais-je surpris en haussant un sourcil.

Aaron connaît très bien ma réticence à travailler avec des femmes. Tyler a énormément de difficultés à s'ouvrir et un changement brusque d'instituteur risque de le perturber encore plus qu'il ne l'est. J'aurais besoin qu'elle passe à la maison au moins une fois par semaine pour lui donner des cours particuliers. Mais si c'est une mère de famille dévouée, cela risque de poser problème.

" Je ne veux pas travailler avec des femmes, je n'ai pas envie d'entendre une bonne femme me répéter en longueur de journée qu'elle est épuisée. "

" Elle a de très bonnes références tu sais et il parait qu'elle s'en sort assez bien avec les enfants en difficultés. Elle a une très bonne réputation auprès de ses anciens employeurs. "

" Alors pourquoi avoir démissionné ? "

" Cette question, c'est à elle que tu dois la poser. "

" Hmmm. "

Je grogne avec la bouteille de bière dans ma bouche, je n'aimerais vraiment pas avoir à faire à une dame âgée, j'imagine déjà une dame d'un certain âge avec une canne et un petit chien ! Merde un chien ? Les chiens et les loups ne font vraiment pas bon ménage. Les femmes sont beaucoup trop fragiles, au moindre choc, elles s'effondrent. Et ma plus grande peur est que tout ce que ma famille et moi avons construit s'effondre à cause d'une femme. Nous sommes la meute de l'Amérique du Nord, nous vivons ici depuis des siècles. Au fil du temps, nous nous sommes modernisés, avons ouvert diverses sociétés et je suis à la tête d'un immense empire. Empire dont devra hériter Tyler quand il deviendra Alpha. Notre famille a une histoire complexe, mais j'ai dû remettre les choses en ordre. Ce domaine de plus cinquante hectares est dans ma famille depuis des décennies, nous continuons d'ailleurs de l'agrandir. Nous aimons les endroits isolés, où personne ne viendrait nous perturber, son nom, State Garden. J'étais loin de me douter que notre mode de vie pousserait certains curieux à faire des recherches sur nous. Et tout ça commence réellement à m'agacer. Nous offrons du travail à tout le monde, loup-garou ou pas. Si les gens de cette ville parviennent à vivre sans jamais manquer de rien ou aucun danger, c'est grâce à nous. Mais j'ai l'impression que tout ce qui vient d'ici, de la montagne est infecte. Nous sommes infectes pour eux. Pourquoi ? Je n'en ai pas la moindre idée, nous sommes pourtant des gens simples. Mais pas pour tout le monde.

" Lorsqu'elle sera là, tu me l'amèneras immédiatement. "

" Tu n'es pas le directeur de l'école. " Me dit-il d'un ton sec.

" Peut-être bien, mais cette école m'appartient et je peux la faire renvoyer si je veux. "

Aaron lève les mains en l'air en signe de cessez-le-feu. Je lui fais un doigt d'honneur et je me remets à rêvasser. Ce corps, ces lèvres. Est-ce que cette femme existe réellement ou alors s'agit-il d'un rêve ? Et si je faisais des recherches sur elle ? J'ai les moyens de le faire alors pourquoi pas ?

" Tu as vraiment l'air épuisé, tu devrais te reposer. " Me dit Aaron en se levant et en marchant jusqu'à la porte. " Tu travailles beaucoup trop, je veillerais à ce qu'elle vienne te voir en premier une fois qu'elle sera là. "

" Merci Aaron, je termine ce que j'ai à faire et je vais essayer de me reposer un peu. "

Il secoue la tête, pas très convaincu mais ne dit rien. Il ressort en fermant la porte derrière lui. Aussitôt qu'il est sorti, je sors une feuille de papier format de mon bureau et je me mets à dessiner la fille que je vois en rêve au crayon. Une bouche pleine, des cheveux frisés et ces yeux verts tellement beaux, qui m'obsèdent de plus en plus. Le regard fier, qui me fait bander même à travers ce dessin. Je termine le croquis et je le regarde pendant de longues minutes.

" Qui es-tu et pourquoi je n'arrête pas de rêver de toi ? " Demandais-je d'un air songeur.

Je pose ma tête sur le bureau et je finis par m'endormir. Je suis réveillé par deux petits coups à la porte, je lève la tête et je regarde ma montre. J'ai dormi deux heures. Merde ! La porte s'ouvre sur Aaron et Shea, elle me lance un délicieux sourire que je lui rends. Elle porte une magnifique jupe crayon, avec un chemisier qui met en valeur sa poitrine volumineuse. Il m'arrive de temps à autre de tromper ma solitude avec elle et s'arrête là. Je n'ai rien demandé, c'est elle qui est venue me trouver. Aaron se racle la gorge mal à l'aise.

" Quand je te disais d'aller te reposer, c'était dans ton lit. Avec une couverture et tout. "

Il s'arrête lorsque son regard se pose sur le croquis que j'ai fait. Shea passe derrière moi et me masse les épaules, je soupire d'aise.

" Qui est-ce ? " Demande Aaron.

" Si seulement je savais, ça fait des jours que je rêve d'elle. "

" Tu cherches à me rendre jalouse ou quoi ? " Demande Shea en me mordant l'oreille.

" Comment peux-tu être jalouse d'une femme que tu ne connais même pas ? Je ne sais même pas si elle est réelle. "

" Tu veux que je me renseigne ? " Me demande Aaron.

" Non, je tiens à le faire moi-même. "m

Chapitre 3 No.3

Loreen.

Arriver en retard à son premier jour de travail ? Il n'y a vraiment qu'à moi que ce genre de chose peut arriver. Je n'ai aucune excuse, si ce n'est que mon vol a été reporté. J'ai la boule au ventre, je me demande réellement ce qui m'attend, que va penser mon employeur ? Je suis certaine qu'à cause de cela, je vais être mal vue. J'attends nerveusement que mes bagages arrivent. Je regarde la montre, il est trois heures trente. L'école commence à Sept heures trente. J'ai entendu dire que Lake Island la petite ville où je vais m'installer est à cinq heures de route de Toronto. Par quel miracle vais-je arriver à l'heure en cours ? Merde ! Merde ! Merde ! Une fois que je vois ma valise, je le prends et je me dirige vers la sortie. Je n'ai vraiment pas pris grand chose. De toute façon, je dois me tenir prête au cas où il retrouverait ma trace. Alors m'encombrer de vêtements inutiles serait vraiment futile. Je me dirige jusqu'à la sortie, comme à chaque aéroport, de nombreuses voitures y sont garées. Je regarde à gauche et à droite comme si quelqu'un était venu me chercher avant de réaliser que mon geste est totalement inutile. La seule personne qui m'attend ici doit sans doute être le directeur et je doute fort qu'il vienne me chercher à l'aéroport. Je décide donc de chercher un taxi. Je regarde les voitures devant moi en pinçant les lèvres, lorsqu'une grande main se pose sur mon épaule.

" Loreen Baxter ? "

Je me tourne pour faire face à un regard bleu et un immense sourire chaleureux. Je me surprends à sourire sans même savoir qui est mon interlocuteur. Il me dépasse environ d'une demie tête et j'adore son accent canadien.

" Oui c'est moi. "

" Super, j'avais peur de vous avoir manqué. Je suis Xavier Morgan. "

" Morgan ? Comme Dimitri Morgan le directeur de Ste Elisabeth ? "

" Oui, je suis son fils. ". Dit-il en me tendant la main. " Papa m'a envoyé vous chercher, surtout lorsqu'il a appris que votre vol était repoussé. "

" C'est vraiment gentil de sa part. "

Il me prend la valise des mains et regarde par dessus mon épaule pour voir s'il y'en a d'autres. J'aperçois son geste et je lui dis.

" C'est tout. "

" Vous voyagez léger dites-moi. Surtout pour venir vous installer dans un autre pays ? "

Je baisse légèrement la tête et je rougis, mais je ne réponds pas à sa remarque. Il se tourne nous marchons jusqu'à une voiture garée un peu plus loin. Il m'ouvre la portière et met ma valise derrière, je regarde nerveusement la montre. J'espère que le trajet jusqu'à l'école sera assez court. Xavier entre dans le petit espace et me sourit.

" Nous y sommes. "

Je lui rends son sourire et je me mords violemment la lèvre pour éviter de lui hurler de démarrer. Il finit par démarrer à mon grand soulagement.

" Votre voyage s'est bien passé ? "

" Oui merci, j'ai dormi tout du long, mais je dois avouer que maintenant je suis stressée. Il faut nouer des liens avec les élèves dès le premier jour de classe, en plus, je déteste arriver en retard. "

Il sourit tout en continuant à regarder droit devant lui.

" Mon père va vous adorer c'est certain. "

Sa remarque me rassure un peu sans toutefois me débarrasser de tout ce stress que je ressens. Je continue de regarder nerveusement ma montre.

" L'établissement met à votre disposition une maison en ville. J'espère qu'elle vous plaira, c'est moi qui l'ai rénové. "

" Oh ! J'aurais parié que vous étiez enseignant vous aussi. "

" À cause de mon père ? Non madame, je suis ingénieur en bâtiment et pour votre retard, ne vous en faites pas, mon père comprend parfaitement la situation. "

Nous continuons de discuter pendant les cinq heures de route, jusqu'à ce qu'il se gare face à un établissement de luxe. Je descends de la voiture et je regarde la façade, c'est sans doute l'école la plus chère dans laquelle j'aurais eu à enseigner de toute ma vie. L'endroit est magnifique avec un immense jardin, plein d'attractions pour les enfants sont placés dans la cour. Cette magnifique couleur sur les murs contraste avec toutes les autres écoles où j'ai déjà eu à enseigner. Je ferme les yeux et je laisse l'air entrer dans mes poumons. Je sens que je vais adorer ma nouvelle vie dans cette ville.

" C'est impressionnant. " Ne puis-je m'empêcher de dire en enlevant mes lunettes.

" Oui, malgré moi je dois avouer que ces batards ont du fric pour se permettre ce genre de choses. " Dit-il d'une voix amer.

" De qui parlez-vous ? " Demandais-je en plissant les yeux.

" Mademoiselle Baxter ? " Dit une voix derrière moi.

Le visage de Xavier se referme comme une huître sa bonne humeur disparaît, ce qui me surprend énormément. Il m'a paru être quelqu'un de jovial qui peut bien le mettre dans cet état ? Je me tourne lentement pour regarder l'homme derrière nous. Sans pouvoir me retenir, ma bouche forme un O de surprise et pendant un moment, je pense que je bave. L'homme que j'ai en face de moi est tout simplement magnifique, il est grand, des cheveux de couleurs châtain. Derrière son t-shirt, j'arrive à deviner ses muscles saillants. Je ne suis pas le genre de midinette à s'extasier devant la beauté d'un homme, mais là, on dirait un apollon. Je remarque l'expression de stupeur qu'il a sur le visage. Pourquoi me regarde t'il comme ça ? J'avale ma salive et je lui réponds.

" Oui ? "

Pendant un moment, il se contente de me regarder comme si j'étais un fantôme, bouche bée et les yeux sortis de leurs orbites. Je regarde à nouveau ma montre. Bordel ! Trente minutes de retard.

Je prends ma mallette derrière et je regarde Xavier.

" J'irai la déposer chez vous. " Me dit-il avant que je n'ai eu le temps de poser la moindre question.

" Merci. "

Je me tourne pour entrer dans l'établissement lorsque l'homme semble se ressaisir.

" Vous devez venir avec moi, mon patron veut vous parler. "

" Eh bien sûr comme vous pensez que votre argent sale peut tout acheter, tu penses pouvoir lui ordonner de monter là haut avec toi. "

" Je ne t'ai pas demandé ton avis Morgan. " Lui répond l'homme tout en continuant à me regarder dans les yeux.

" Elle ne viendra."

Je trouve vraiment ça très courageux de la part de Xavier d'essayer de me défendre, Mais je ne pense pas vraiment qu'il puisse faire le poids contre ce colosse s'ils en viennent aux mains.

" Écoutez monsieur, dites à votre patron que je ne peux pas le rencontrer pour le moment, j'ai des élèves à rencontrer, peut-être plus tard, lorsque j'aurais fini. "

Et sans même attendre sa réponse, je tourne le dos et les laisse planter là. S'ils veulent en venir aux mains, ce sera sans moi. Je gravis les marches et je sens leur regard posé sur moi, mais je m'en moque. Je regarde les noms des classes gravés sur les murs et je finis par trouver la mienne. Je respire un bon coup et j'ouvre la porte. Comme je m'y attendais, je trouve un désordre inimaginable, les enfants se lancent des feuilles de papiers, ils crient, chantent. Sauf la dernière rangée, ce qui attire tout de suite mon attention. Surtout le petit garçon au fond qui regarde par la fenêtre le regard au loin sans savoir ce qu'il fait réellement là. Je ne sais pour quelle raison, mais j'ai l'impression de me reconnaître en lui. Comme s'il se sentait observé, il tourne la tête vers moi et nous nous regardons pendant quelques secondes. Ce que je lis dans son regard me brise le cœur. Une tristesse qu'un enfant ne devrait pas ressentir. Je me racle la gorge et je referme la porte derrière moi. Les têtes des petits monstres se tournent vers moi, puis ils se lèvent tous pour me saluer. Je marche jusqu'à mon bureau et pose ma mallette sur la table, je croise une dernière fois le regard du petit garçon, puis je leur demande de s'asseoir.

" Bonjour à tous. " Dis-je d'une voix forte. " Je m'appelle Loreen Baxter et je viens des États-Unis. "

J'ai à peine fini de parler que des doigts sont déjà levés. Je plisse les yeux en remarquant que seul les enfants des trois premières rangées lèvent les doigts, la rangée du fond se contente juste de regarder. J'en sélectionne un au hasard.

" C'est loin les États machin chose ? "

Je souris et je prends un bâton de craie sur la table, puis j'écris mon nom sur le tableau noir, ainsi que le nom de mon pays.

" Comment t'appelles-tu ? "

" Tony madame. "

" Alors Tony, pour commencer on dit les États-Unis et oui c'est très loin. "

Je choisis un autre doigt au hasard.

" Est-ce qu'il y'a du fromage dans votre pays ? "

" Beaucoup beaucoup de fromage. " Dis-je en souriant.

Je regarde la dernière rangée et je marche vers eux, je vois bien qu'ils veulent participer à cet échange alors pourquoi se retiennent ils ? Je choisis un petit garçon assis au premier banc, il sursaute violemment et se lève.

" Bonjour, comment t'appelles-tu ? "

Le petit bout d'homme me regarde, il est mort de panique. Mais pourquoi réagît il aussi violemment ? Nous sommes dans une salle de classe et non dans une salle de torture. Il murmure quelque chose du bout des lèvres que je ne parviens pas à entendre. Je me penche vers lui pour qu'il puisse me murmurer son bin à l'oreille.

" Monstre. " Dit une voix dans les autres rangées et tout le reste éclate de rire.

Tous sauf les huits élèves de la dernière rangée, ils me regardent avec désinvolture, presque comme s'ils y étaient déjà habitués. Je me frissonne d'horreur, alors c'est pour cette raison qu'il refuse de parler. Il se fait harceler. Le harcèlement, je le connais mieux que quiconque, j'en ai victime a cause de ma couleur métisse. On m'a traité de singe, dit que mes cheveux ressemblaient à de la paille et plein d'autres horreurs inimaginables. Raison pour laquelle, je ne laisserais jamais un autre enfant se faire insulter devant moi ou qui que ce soit d'ailleurs.

" Qui a dit ça ? " Demandais-je en me tournant vers les autres rangées.

Personne ne répond, ils baissent tous les yeux et jouent aux innocents. Il me semble avoir entendu la voix de Tony. J'en suis même certaine, mais aucun de ses petits camarades n'ose le dénoncer. Je les regarde tous et personne ne semble vouloir parler.

" Bien, étant donné que personne ne veut parler, vous êtes tous punis. Vous écrirez cinq cent fois, je ne dois pas insulter mon camarade. Je récupère la punition demain matin. " Dis-je en montrant les trois premières rangées.

Des murmures de protestation s'élèvent, mais j'ai déjà donné ma punition. Je regarde la rangée du garçon tout de noir vêtu et je me prends d'affection pour eux et encore une fois beaucoup plus pour ce petit garçon au fond qui semble m'être reconnaissant. Je leur demande ensuite de se lever chacun leur tour pour se présenter. C'est donc ainsi que j'apprends qu'il s'appelle Tyler Pierce. La première journée de cours se termine plutôt bien et je dis au revoir à mes élèves. Tyler est le dernier à sortir, je sens son regard posé sur moi, je me retourne pour lui faire face, puis je souris. Il me regarde avec colère et me hurle presque dessus.

" On ne vous a rien demandé, maintenant à cause de vous ce sera en pire. "

Il sort en courant et claque la porte derrière lui.

" Mais de rien. " Dis-je en levant les yeux au ciel.

Je regarde par la fenêtre et je vois Tyler sortir pour aller monter dans une voiture de luxe. Je termine de regrouper mes affaires lorsque la porte s'ouvre sur un homme d'âge mûr.

" Mademoiselle Baxter. " Dit l'homme en me tendant la main.

" Monsieur Morgan ? "

Il secoue la tête et je lui prends la main en souriant.

" J'ai entendu beaucoup de bien sur vous. "

" J'espère ne pas vous décevoir. "

" Comment s'est passé ce premier jour ? Je suis conscient que vous avez eu l'une des classes les plus turbulentes de toute l'établissement. "

" Je suis confiante, avec le temps les choses vont s'améliorer. "

Je termine de ranger mes affaires et le directeur et moi sortons de la salle de classe.

" Comme vous devez sans doute être fatiguée, demain je vous présenterai à vos collègues. J'ai demandé à mon fils de venir vous chercher pour vous conduire chez vous. "

" Merci monsieur Morgan. " Dis-je sincèrement reconnaissante.

Nous sortons et marchons jusqu'à la cours où nous attends déjà son fils. Il me sourit et je fais de même. Son père nous dit au revoir et s'en va.

" Je t'ai pris quelques trucs à grignoter au supermarché. " Dit-il en passant soudainement au tutoiement.

Mon ventre gargouille de plaisir, comme s'il n'attendait que ça. Je souris gênée, je n'ai rien avalé depuis le matin. J'entre dans la voiture et je m'assois, il prend un paquet derrière et me le donne, je prends une pomme dans le sac et je mords dedans en fermant les yeux. Xavier éclate de rire.

" Tu dois avoir très faim. "

" Je n'ai rien avalé depuis ce matin. "

Lorsqu'il est sur le point de démarrer, l'homme de ce matin se place juste derrière nous et lorsqu'il essaye de nous approcher, Xavier démarre en trombes. Je plisse les yeux et je me tourne vers lui.

" Tu es fatiguée et ce mec veut juste t'emmerder. "

Je ne dis rien et je continue de manger ma pomme. Je n'aime pas que l'on prenne des décisions pour moi, c'était à moi de décider si je voulais le voir ou pas. Nous passons devant quelque chose qui ressemble à un parc, sur lequel est inscrit propriété privée sur une pierre. Je regarde à travers les bois ma curiosité piquée au vif, mais je ne demande rien à mon chauffeur. Je vois un groupe de personnes franchir l'entrée et je penche la tête un peu plus pour pouvoir voir ce qui se cache derrière ces murs.

" Si tu veux un conseil, tu ferais mieux de ne pas t'approcher de ces gens. "

" Pourquoi ? "

" Ils sont bizarres. Ils pensent qu'avec leur fric ils peuvent tout avoir."

Je lève les yeux au ciel, je n'arrive pas à croire que même à cette époque les gens puissent encore coller des étiquettes sur les autres à cause de leur apparence ou de leur mode de vie. Nous roulons jusqu'à une petite maison dans un quartier résidentiel. Je regarde les maisons autour qui se ressemblent toutes, on dirait une de ces banlieues luxueuses dans les films. Je souris.

" J'ai laissé ta valise dans le salon et si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite surtout pas à m'appeler mon numéro. " Dit-il en me donnant la clé et sa carte.

Je la prends et lui dis merci, je file ensuite chez moi et j'ouvre la porte. J'entre avec le pied droit encore un superstition de ma grand-mère me direz-vous. Mais je m'en moque. Je fais le tour des lieux, elle n'est pas encore meublée, mais ça me plaît déjà énormément. J'ai juste envoyé assez d'argent pour la literie et une cafetière, avec mon premier salaire, je pourrais commencer à la meubler petit à petit. Je pose le sac de course sur l'îlot central de la cuisine, je prends ma valise puis je monte à l'étage. J'entre dans la seule chambre ayant un lit et je pose ma valise par terre. L'aspect lugubre de ma chambre me fait faire une grimace, toutefois, je reste persuadé qu'en travaillant durement, je pourrais parvenir à changer tout ça. Je vais ranger mes petites affaires dans l'armoire, je ne change puis je prends une douche et j'enfile mon pyjama. Je descends prendre un sandwich dans le paquet que m'a remis Xavier, je le mange rapidement et je monte dans ma chambre. En fermant les volets, mon regard s'attarde sur un immense manoir en plein cœur de la forêt, je me surprends à me demander qui peut bien vivre dans un endroit aussi isolé. Je ne me pose pas plus de question et je m'allonge sur mon immense lit. Qui sait ce soir peut-être encore vais-je rêver de mon bel apollon.

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