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Amour et destin

Amour et destin

Auteur:: livine
Genre: Romance
1908, Rose, une jeune aristocrate passionnée de mode décide de changer de vie lorsqu'elle découvre que son mari a une aventure avec sa meilleure amie elle aussi fiancée. Elle décide de se rendre dans les territoire du Nord Canadien dans la petite ville de SoftCreek. Elle fait la connaissance d'un arrogant officier avec lequel elle va devoir partager malheureusement plus qu'une conversation.

Chapitre 1 La rupture

« Tu ne peux pas faire cela Rose ! Je suis encore ton mari ! »

De colère, elle se tourna vers lui en déposant sa valise sur le sol, le pointant du doigt : « Tu aurais dû y penser avant d'aller coucher avec elle ! Surtout elle ! »

Elle n'avait toujours pas digéré la scène qu'elle avait vu quelques heures auparavant. La belle aristocrate, fille de bonne famille de Chicago, avait été trompée, souillée par un homme dont elle avait un profond respect. Leur mariage reposait peut-être sur un arrangement, mais elle y avait mis son âme pour le maintenir à flot. Tout cela, pour qu'il se retrouve dans leur lit avec Elizabeth.

Elizabeth Penville, cette blonde fiancée avec un sergent dans les territoires du Nord. Elle était censée être sa meilleure amie dans ce monde de superficiel et immaculé de sentiments. Elle lui avait toujours été de bons conseils, jusqu'à ce soir.

Ils avaient tous les deux trahis sa confiance et à présent, elle faisait ce qu'elle aurait dû faire depuis longtemps. Il était hors de questions pour elle qu'elle accorde encore du crédit à ce mariage et cette amitié. Elle avait décidé de vivre sa vie comme elle l'avait rêvé.

Charles, son mari et bourreau ce matin, essaya de reprendre sa valise en se justifiant :

« Ce n'est pas ce que tu crois. Ce n'est arrivé qu'une seule fois, je te le jure. »

Elle arracha la valise de ses doigts avant de lui envoyer une gifle au visage ce qui eut le don de le surprendre. Jamais il n'avait vu Rose dans cet état, si blessée et déterminée à faire ce qu'elle avait prévu. Elle le dévisagea longuement avant de lui dire, la voix brisée :

« Et bien tu as laissé passer ta seule chance. »

Elle se retourna sans plus un mot avant de remettre son chapeau droit et de monter dans la calèche qui l'attendait devant la demeure imposante du couple. Elle claqua la porte pour faire comprendre qu'elle ne ferait pas de marche arrière, laissant sur le pas Charles, livide par la réaction de sa femme. Comment allait-il s'expliquer à son père ? Ce mania de la finance et propriétaire d'une grande compagnie pétrolière. Lui qui venait lui rendre visite tous les dimanches, il serait sans doute surpris de ne pas voir sa tendre fille l'attendre.

Au fond d'elle, Rose savait que cette tromperie n'était qu'un prétexte pour partir. Cela faisait si longtemps que cette idée lui trottait dans la tête sans pour autant agir. Elle avait l'impression alors que cette calèche se dirigeait vers la gare qu'un poids c'était envolé. Elle savait que tout ceci était liée à son mariage et son arrangement. Charles avait toujours été bon avec elle jusqu'à hier soir mais elle n'avait pas eu de coup de foudre pour lui. Pas de sentiments de palpitation quand il posait son regard sur elle ni même des palpitations lors de leur devoir conjugal.

Parce que ce n'était que cela, juste du devoir. Elle ne le faisait que pour donner les héritiers que son père voulait tant, les petits enfants de la famille Delaway. Pourtant, elle avait épousé Charles et ses enfants s'appelleraient Hamilton.

Maintenant, elle se sentait libre de vivre ce qu'elle voulait faire, son rêve depuis toujours : ouvrir une boutique de vêtements dans l'Ouest. Pas Los Angeles, elle voulait connaitre la simplicité. Elle l'avait trouvé dans une petite ville qu'elle avait pu admirer sur plusieurs photos lorsqu'elle était en balade dans les rues de Chicago. Une étale vendait des photos ainsi que les mérites de ces villes minières typiques. Et elle tomba sous le charme de cette petite ville où tout était plus que rudimentaire : SoftCreek.

Elle était fascinée par cette ambiance si étrangère à ce qu'elle connaissait. Elle avait trouvé le saloon, photographié en noir et blanc, inspirant une ambiance si festive tout en restant familiale. Elle avait vu un sourire sur le visage des enfants de l'école si souriant en comparaison avec ceux qu'elle avait pu voir sortir des écoles privées de Chicago. Elle avait soufflé l'idée de s'y rendre à Charles sans qu'il n'accepte, estimant qu'elle était bien trop pauvre et trop rustique pour eux. Il lui avait dit : « Tu mérites bien plus de luxe que cela ma chère... ». Elle en avait été si déçue.

Maintenant, plus rien ne l'empêchait de rejoindre cette petite ville située dans les terres du Nord-Ouest américain. Elles étaient encore dirigées par les Etats-unis et avec l'argent que son père lui avait laissé et qu'elle avait précieusement gardé pour les jours comme celui-ci, elle savait qu'elle pouvait s'en sortir financièrement pendant quelques temps avant de devenir indépendante.

Chapitre 2 Une arrivée fracassante - Avril 1908

Il lui avait fallu six jours pour arriver à SoftCreek, six longues journées et 5 nuits pour arriver aux abords de la petite ville coincée dans les montagnes Rocheuses. Elle avait passé deux jours dans un train en seconde classe pour essayer de se fondre dans le décor et ne pas attirer l'attention. Puis avait suivis 3 autres dans une diligence faisant la navette vers la ville. Son manque de sommeil se lisait sur son visage angélique. Ses cheveux bruns ondulés qui avait été coiffé dans un chignon était dans le même état que les plis de sa robe bordeaux.

Elle ne comptait plus les mèches qui retombaient sur son visage, lui donnant une image bien en dessous de son ancienne condition. Est-ce que cela lui convenait ? Elle ne se posait pas vraiment la question pour le moment. La seule chose dont elle avait envie était de manger autre chose que de la viande séchée donné par le cocher.

Il avait d'ailleurs eu la gentillesse de partager sa gamelle. Sans doute aurait-il voulu être récompenser autrement. Elle l'avait néanmoins éconduit en lui faisant comprendre qu'elle était mariée. Voilà qu'avait un avantage sa condition malgré tout dans son malheur. Surtout que ses compagnons de voyage, un homme mal rasé d'une quarantaine d'années et un autre d'une vingtaine d'années avaient aussi jeter leur dévolu sur la jeune demoiselle.

Il faut dire que du haut de ses 28 ans, Rose n'avait encore rien connu de la vie à part un mariage sans amour et une vie de femme au foyer. Tous les trois, voyant les refus violents de Rose, avaient renoncé à lui faire la cour. C'est au deuxième jour de voyage qu'ils l'avaient compris. Au troisième, ils lui avaient proposés de dormir sur une banquette alors qu'eux allaient partager la couchette et la place du cocher bien que toutes les places soient prises.

Elle avait donc fait leur connaissance un peu plus. L'homme à la quarantaine s'appelait Devon Ofshire et il se trouvait être le juge du comté. Quant au jeune de vingt ans, il s'appelait Dwight McTavish. Il était venu d'Irlande pour trouver du travail et entreprendre son rêve américain. Rose n'avait jamais connu autre chose que cela. Elle trouvait son choix assez osé et courageux compte tenu de la difficulté à s'enrichir en ces temps-ci. Dwight lui avait expliqué qu'il avait vu une annonce sur une exploitation minière à SoftCreek et qu'il voulait s'y installer, sans attendre.

Après cela, les hommes à leur tour lui avaient posé des questions, parfois un peu indiscrète : qui est votre mari ? quel est votre métier ? La seule dont elle ait eu le courage de répondre fut la dernière : pourquoi vous vous rendez à SoftCreek ?

« Je veux pouvoir réaliser mon rêve : créer ma boutique de vêtements dans l'endroit qui m'a toujours fait rêver. »

Rose savait coudre, même bien plus. Elle avait un talent pour la broderie, le patronage et la création de vêtements. Chacune de ses robes étaient confectionnées par ses soins. Elle avait toujours refusé que Charles lui offre des robes. Au lieu de cela, elle demandait toujours du tissu.

Elle avait passé la majeure partie du voyage à regarder hors de la calèche quand soudain, celle-ci se stoppa net. Elle était arrivée à destination. Sa fatigue disparue avec l'excitation d'arriver enfin à l'endroit dont elle avait rêvé.

Mais lorsqu'elle posa le pied au sol, elle perdit son équilibre perché sur ses talons de 3 cm. Ceux-ci s'enfoncèrent dans la boue et manquèrent de peu de faire tomber Rose. C'est Monsieur Ofshire qui la rattrapa avec ses deux mains plaquées dans son dos. Il lui dit alors amusé avec une voie bourrue :

« Faites attention Miss Rose, vous risqueriez de tacher votre belle robe ! »

Assez mal à l'aise avec cette position et son allure ne correspondant absolument pas avec le paysage environnant, elle se mit à rougir avant de lui répondre d'une voix fébrile : « Hmm... Merci Sir »

Elle se redressa finalement malgré l'instabilité avant d'attraper sans le savoir la main d'un homme qui s'était avancé vers eux.

Rose en eut le souffle coupé. Un homme grand, un sourire ravageur portant l'uniforme des officiers de la police montée : un costume rouge avec un chapeau au bord plat. Et avec ce sourire en coin qu'il portait au visage, il toisa la jeune femme de haut en bas avant de lui dire en soulevant cérémonieusement son chapeau : « Madame ?

- euh.. Merci Monsieur... »

Elle posa le regard sur son nom cousu sur sa veste avant de le dire à haute voix : « Monsieur Robertson ! »

Il lâcha doucement sa main, perplexe par l'entrain qu'elle avait mis à prononcer son nom. Il contourna finalement Rose habillement, comme son acte d'il y a quelques instants n'était qu'un acte de pure charité. Il serra alors la main d'Ofshire d'une poigne de fer au vu de la contracture de leur main : « Juge Ofshire ! Bienvenu à SoftCreek !

• ⁃ Tout le plaisir est pour moi sergent Robertson ! J'espère ne pas m'être déplacé pour rien !

• ⁃ Pas le moins du monde, Monsieur ! Le prisonnier se trouve là où il devrait être en attente de son jugement. »

C'était courant d'avoir des juges itinérants dans les petites villes du grand Ouest. Elles n'avaient pas les moyens d'en avoir un en permanence, beaucoup trop cher à entretenir pour le travail qu'ils ont à faire dans ces villes où la criminalité n'était que secondaire.

Rose dévisagea longuement les deux hommes faisant connaissance alors que finalement, celui dont la prestance était si intrigante lui dit légèrement agacé de la voir encore dans ses pattes : « Avez-vous besoin de quelque chose ? »

Elle sortit de sa rêverie temporaire pour se rendre compte que ce beau ténébreux s'adressait à elle. Elle hésita un instant avant de lui répondre presque gênée de l'avoir observer de cette manière. Aurait-elle oublié malgré tout qu'elle avait toujours son alliance à son doigt ?

« Et bien peut-être... Je viens d'arriver dans la région et ...

• ⁃ Cela, on ne pouvait s'en douter ... » Coupa Caleb. Mais Rose en avait assez d'être prise pour une femme idiote et incapable de se débrouiller. Elle le ferait si elle connaissait cette ville et même en photo, elle ne pouvait pas dire qu'elle en était une experte.

La ville était pourtant petite

• ⁃ « Auriez-vous la bonté de cesser de me couper la parole ? »

Dit-elle agacée par le comportement de l'officier. Celui-ci montra sa surprise en haussant légèrement un sourcil. Elle avait donc de l'audace ! Assez pour lui parler de cette façon. Il souleva son chapeau d'une main habile, signe de respect pour elle malgré tout avant de lui dire en le reposant sur sa poitrine :

« Pardonnez mes manières Madame... »

Elle se pinça les lèvres d'agacement face à ses excuses qu'elle savait complètement fausses et exagérée. Cette arrogance dans ses yeux sans pour autant savoir lui en vouloir quand on y plongeait à l'intérieur. Elle en était presque frustrée de ne pas savoir lui en vouloir plus que cela.

Elle prit une profonde inspiration pour ne pas exploser de colère avant de lui répondre : « Inutile de faire semblant de vous excusez, officier. Dites-moi juste où se trouve le saloon et cette conversation s'arrêtera là. »

Il afficha un sourire en coin, visiblement amusé par la réaction de Rose. Il avait donc le chic pour mettre dans une situation tendue chaque personne avec qui il avait une conversation. C'est à ce moment-là, alors qu'ils se regardaient en chien de faïence, que Dwight intervint pour calmer la situation :

« Le saloon se trouve dans cette direction Madame Delaway.

• ⁃ Je vous remercie Dwight ... Officier !

• ⁃ Madame ... »

Elle reprit fermement sa valise en levant sa robe tout en s'éloignant cérémonieusement. Elle n'avait pas envie d'être la victime dans cette conversation et préféra partir la tête haute sans penser qu'elle allait sans doute le recroiser à l'avenir.

Le saloon était bel et bien dans la direction que Dwight lui avait indiquée. Elle avait suivi une route assez large pour accueillir deux diligences l'une à côté de l'autre mais celle-ci était tellement boueuse qu'elle avait salit sa robe bordeaux déjà bien abimée par le voyage.

Tout le long de cette rue se trouvait de multiples bâtiments. Elle remarqua rapidement un apothicaire, la banque, une épicerie ainsi qu'un petit café où deux trois personnes étaient attablées. Tout était comme sur les photos. Mais elle pouvait voir que les couleurs étaient bien plus ternes qu'elle ne l'aurait imaginé. Est ce que pour autant elle avait changé d'avis avec son envie de changer de vie ici ? Absolument pas.

Elle prenait le temps d'admirer le réservoir d'eau où était inscrit le nom de la ville quand un petit groupe d'enfants passa devant elle. Mais elle remarqua surtout la présente d'une jeune femme derrière eux qui leur courrait littéralement après en leur criant dessus : « Les enfants, s'il vous plait, ne faites pas de bêtises ! »

Comme réponse, elle n'eut droit qu'à des rires de ceux-ci pour lui faire comprendre qu'elle n'aurait pas le dernier mot. Rose sourit alors face à ce tableau aussi rafraichissant qu'amusant. La jeune inconnue, visiblement essoufflée, s'arrêta devant elle, posant ses mais sur ses hanches :

« Pouh ! Qu'ils sont épuisants ces enfants ! Ils ne me laissent pas une minute de répit ! Vous êtes nouvelle ici ? Je manque à mes devoirs ! Je m'appelle Jane Bradley, je suis l'institutrice de la ville !

• ⁃ Oh ! Je suis ravie de faire votre connaissance. Je m'appelle Rose Delaway. En effet je suis nouvelle en ville

• ⁃ Vous vous êtes déjà rendu au saloon ? »

Dans son interrogatoire, Rose compris que Jane avait complètement oublié sa mission de surveiller les enfants. Elle était face vraiment à une femme spontanée qui ne se souciait guère des conséquences. Elle répondit alors :

« Non malheureusement... Mais j'ai déjà rencontré ce charmant officier. - Dit-elle avec sarcasme

• ⁃ Vous voulez parlez de Caleb ? Il est en effet un peu brut de décoffrage. Mais il ne faut pas lui en vouloir. Il est assez tendu ces derniers temps.

• ⁃ Et bien ce n'est pas une raison suffisante à mes yeux ... »

Rose releva les épaules alors que Jane semblait amusée par sa réaction. Mais les cris des enfants ramenèrent la maitresse à la réalité. Elle dit alors en s'excusant : « Bien le devoir m'appelle ... Bienvenu à Softcreek ! Si jamais vous avez besoin d'aide n'hésitez pas !

-Je n'y manquerais pas ! »

Elle lui afficha un large sourire amical avant de repartir au pas de course vers les élèves. Rose l'observa longuement avant de finalement traverser la rue perpendiculaire à celle qu'elle venait d'emprunter pour finalement entrer dans le saloon.

Elle se retrouva face à quelques regards masculins tourné vers elle. Il était peut etre 11h du matin et il y avait déjà quelque personne pour profiter soit d'un whisky ou même d'une bière. L'ambiance y était froide en ce début de journée. Cela devait être plus festif quand la nuit prenait le dessus. Mais pour le coup, elle ne sentait qu'une vaste odeur de cigare froid mélangée à celle de vinaigre pour nettoyer les tables. Quant aux couleurs de la décoration, elles étaient sommaires. La couleur foncée du bois était légèrement contrebalancée par des touches de rouges de rideaux mis à quelques endroits dans la pièces alors que la mezzanine menant aux chambres étaient décorés par des tableaux.

Elle s'avance vers le bar de la réception et prit rapidement une chambre, la 8 avant d'y monter. Elle avait déjà prévu de redescendre aussitôt pour trouver le maire de la ville et négocier avec lui l'obtention d'un des bâtiments de la ville.

Sa chambre était très sommaire elle aussi. Un lit assez grand pour elle, une chaise pour s'y assoir, un miroir et une petite coiffeuse. Elle déposa sa valise sur le lit avant d'en sortir un petit sac à main contenant son argent personnel. Elle préférait le garder sur elle que de risquer de se le faire voler dans la chambre.

Rose prit finalement le temps pour se recoiffer et nettoyer légèrement son visage avant de quitter la pièce et de redescendre dans la grande salle du saloon. Elle retourna au niveau du bar pour demander au tenancier de lui indiquer où elle pourrait trouver le maire. Il ne lui fallut qu'un instant pour que cet homme assez âgé au regard austère ne lui indique du doigt un homme dans un costume noir assis dos à elle à une table en train de lire son journal. Elle lui fit un sourire et remerciement de la tête avant de s'asseoir en face de lui.

Elle ne vit pas son visage avant qu'il ne décide enfin, au bout de cinq longues minutes, baisser son journal en se rendant compte de cette arrivée à sa table. Elle n'eut le temps que de voir le bleu perçant de ses yeux avant qu'il ne relève son journal avant de lui demander d'une voix fièrement masculine :

« Vous êtes qui ?

• ⁃ Je m'appelle Rose Delaway... Je souhaitais m'entretenir avec le maire de la ville pour un achat.

• ⁃ De quel genre ?

• ⁃ Vous faites toujours des phrases aussi courtes quand une personne vous parle ? »

La franchise de Rose eut le ton d'agacer mais également de surprendre le maire. Il baissa complètement son journal pour la voir finalement plus longtemps que tout à l'heure.

Elle remarqua sa barbe brune magnifiquement bien taillée et ses yeux bleus perçants. Il avait aussi un visage carré qui donnait l'impression d'être plus sévère. Il lui dit alors en penchant la tête sur le côté :

« Je vous demande pardon Miss Delaway ?

• ⁃ Je sais que je dois sans doute vous ennuyer pendant votre lecture matinale mais je suis à la recherche d'un bien dans cette ville à acheter. De préférence dans la rue principale. Je voudrais y ouvrir un commerce. »

Le maire l'écouta avec attention longuement mais dégât quelque chose de méfiant. Elle préféra ne pas relever mais elle aurait dû au vu de ce qui l'attendait. Il joua avec la cuillère de sa tasse avant de lui dire : « Avez-vous de quoi payer miss ?

• ⁃ Évidemment quelle question ! Je ne serais pas devant vous si ce n'était pas le cas. Je paierais le prix qu'il faudra... »

Cette phrase intéressa rapidement le maire mais il avait envie de se venger de l'impertinence de cette femme. Il voulait faire des affaires, se débarrasser de problème et également s'amuser un peu face à cette femme assez impertinente. Il dit alors : « Je regrette, il n'y a aucun bâtiment à vendre à cet endroit. »

Rose soupira de déception. Elle s'apprêtait à quitter la table quand il l'arrêta d'un geste de la main, attirant à nouveau son attention : « Cependant ... Je possède des parts dans un bâtiment. Juste à côté de l'épicerie. Elles sont partagées avec une autre personne qui refuse de me les concéder. Je doute que vous ayez envie de vous battre avec elle pour cela n'est-ce pas ? »

Cet homme était son unique chance, le seul qui pouvait lui donner ce qu'elle avait toujours désirée et rêver et si elle devait négocier avec cette autre personne pour pouvoir au moins faire sa boutique dans le bas, elle était prête à y mettre toutes ses forces.

Rose marqua une pause avant de le regarder dans les yeux et de lui répondre : « J'accepte cette transaction. Je saurais me montrer persuasive. »

Le maire afficha un sourire en coin avant de tendre la main vers elle et lui dire : « A la bonne heure ... Vous voilà propriétaire. »

Elle posa son regard sur sa main avant de la saisir avec un large sourire, excitée par la perspective d'ouvrir enfin sa boutique.

Elle hésita un instant supplémentaire avant de lui demander alors qu'il buvait une gorgée de son café : « Qui est l'autre propriétaire ?

- Le sergent Caleb Robertson »

Chapitre 3 Pourquoi vous !

« C'est une plaisanterie ! » Pensa tout haut Rose alors qu'elle se tenait devant le bâtiment qu'elle venait partiellement d'acheter au maire de la ville. Il appartenait en partie à ce bougre qui lui avait manqué de politesse tout à l'heure. Elle avait bien essayer de bluffer auprès du Maire Moore. Il s'en était même amusé face à cette expression de surprise qu'elle avait affiché lorsqu'elle c'était rendue compte de l'erreur qu'elle avait commise.

Elle avait tenter de changer d'endroit mais c'était le seul de potable et libre dans la rue principale. Elle avait du donc se rendre à l'évidence qu'elle allait devoir mettre de l'eau dans son vin et se montrer courtoise avec le sergent.

Elle prit une profonde inspiration alors qu'elle tenait la clé que le maire lui avait remise avant son départ du saloon. Elle monta les quelques marches du perron qui la séparait de la porte. Il s'agissait d'une double porte assez large avec des vitraux en très bon état. Elle était satisfaite de savoir qu'elle n'aurait rien à débourser pour cela. Mais alors qu'elle tourna la clé dans le barillet et ouvrit la porte, elle se retrouva avec la poignée en main. Elle tenta de garder son calme alors qu'elle sentait des visages l'observer dans son dos. Des femmes et des hommes, aussi curieux les uns que les autres. Elle le savait, même dans l'aristocratie, cela se passait ainsi, dans quelques minutes, elle savait que quelqu'un irait le dire au sergent.

Elle balaya cette future confrontation d'un revers de la main et entra dans la bâtisse. Elle était clairement dans un sale état à l'intérieur. Les murs étaient défraichis, les toiles d'araignées poussaient comme des mauvaises herbes et l'odeur de renfermé embaumait la pièce. Elle avait vraiment intérêt à faire un peu de ménage avant de commencer quoi que ce soit.

Elle eut à peine le temps de faire un tour dans les objets laissés à l'abandon que la porte se réouvrit pour se refermer en claquant. Apparement, Caleb était en colère. Au moins, c'était réciproque. Elle se tourna vers lui, la tête haute, ne laissant transparaitre aucune émotion face au regard fermé et méfiant de Caleb. Elle commenca alors la conversation :

- "Sergent Robertson... Quelle joie de vous revoir"

- "Ce plaisir n'est pas partagé madame ..."

- "C'était de l'ironie Sergent. Mais je vois que vous n'avez guère remis les parties de cerveau qui vous manquaient."

Caleb pouffa un rire jaune. Il en avait déjà assez de cette femme. Il lui dit alors avec colère :

-"Finis de plaisanter ! Vous êtes sur une propriété privé. Vous devez sortir."

- "Pas du tout. Je suis aussi sur ma propriété ..."

Il fronça les sourcils face à ses mots avant qu'elle ne sorte de son sac à main l'acte de propriété signer entre elle et le maire. Caleb vu rouge en moins d'un instant et lançait un regard ivre de colère vers elle : "Vous ne pouvez pas faire cela..."

- "Bien sur que si. A partir de maintenant, il s'agit de ma propriété tout autant que la votre !"

- "Et moi je n'ai pas envie qu'elle devienne une boutique de mode ! Cette maison est censé être la mienne."

Rose se pinça une nouvelle fois les lèvres, signe qu'elle était à la fois agacé mais qu'elle essayait de trouver une solution. Elle croisa les bras sur sa poitrine, observant la disposition de la pièce. Elle devait trouver un arrangement et vite.

Elle se tourna vers lui et dit : "Je vous propose un marché. Je remets à mes frais à neuf cette endroit, sans que vous n'ayez à intervenir, et je vous propose en échange que vous occupiez l'étage comme habitation. Je me contenterait de vivre en bas comme s'il s'agissait de mon atelier et apparement privé."

Il haussa doucement les sourcils avant de lui dire : "Vous avez un appartement privé vous ?"

Elle se tendit instantanément avant de le regarder cette fois-ci avec colère. Il avait percé sa coquille. Rose ne se considérait pas comme une enfant gâtée. Mais le terme qu'elle avait employé était vraiment pour dire qu'il s'agirait de chez elle et Caleb aurait l'étage. Elle lui répondit : "Inutile d'être méprisant."

Il soupira finalement avant de lui dire : "D'accord marché conclu. Mais à une condition, vous ne mettiez jamais les pieds à l'étage une fois que nous y serons installés."

Elle s'adoucit face à ses mots et lui dit alors en tendant le bras : "Marché conclu ?"

Il hésita encore une fois avant de serre la main de la demoiselle et de lui dire, presque les dents serrées : "Marché conclu !"

Rose afficha un sourire de satisfaction : sa boutique allait bientôt ouvrir ses portes.

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