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Amour et Raison

Amour et Raison

Auteur:: FLEUR FLORIDE
Genre: Romance
Il n'est personne à qui l'amour n'offusque la raison, et l'homme le plus sensé, et l'homme le plus faible d'esprit, sont également exposés à ce malheur. Cette histoire pleine de déraison, que l'on a mis du temps à construire, qui nous a surpris à un instant T de notre vie, ou qui a su nous faire chavirer à nouveau, nous redonner l'espoir, le goût, l'envie. Cet autre, qui a su se faire cette place que l'on ne voulait plus accorder, qui s'est faufilé imperceptiblement au fin fond de notre âme, en pleine conscience le disait-on, ou bien le pensait-on. Aimer à en perdre sa fierté, sa dignité, sa raison. Que sommes-nous prêts à supporter au nom de cette histoire ? Pour cet autre ? En amour, faut-il écouter le cœur ou la raison ? Du Bénin au Burkina Faso passant par le Gabon pour échouer au Togo, jusqu'où iront- ils pour préserver leur Amour, leur raison de vivre??

Chapitre 1 Prologue

Amour & Raison

Prologue

Nadine GBEGNON épouse GBEVOU...

Père spirituel : l'amour est patient, il est plein de bonté, l'amour n'est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s'enfle pas d'orgueil. Il ne fait rien d'inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s'aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L'injustice l'attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. Cléopâtre & Antoine, Roméo & Juliette, Tristan & Yseult, Apollon & Aphrodite, ils ont su démontrer la force de l'amour, nous avons lu à travers l'histoire que l'amour surmonte tout, religion, rang social, les obstacles... la mort.

Nadine prend ton homme, aujourd'hui, devant nous, il est prêt à surmonter les obstacles avec toi. Il n'est ni pieux, ni exempte de péchés, mais il implore ton pardon.

Moi : mais qu'est-ce qui me dit qu'il ne recommencera pas? Comment en être certaine? Qu'est-ce qui me garantit ta parole ? Que tu n'auras pas d'autres aventures ?

Père spirituel : rien du tout ma chère fille, rien ne lui garantit non plus qu'il ne sera pas puni pour le restant de sa vie. (se tournant vers moi). Quoique si vous vous êtes tournés vers une aide extérieure, c'est que vous êtes prêt à vous en sortir et à deux. Vous êtes prêt à prendre le risque pour cet amour qui vous avait unit devant cette assemblée il y a une quinzaine d'années. Et ça, ça s'appelle le pardon !

J'étais mitigée par ses paroles bien que j'eusse la haine qui dévastait mon âme, s'il existe un amour pur et sincère sur cette foutue terre, c'est bien celui que j'ai donné à mon mari durant les vingt années de notre vie à deux. C'était lui mon souffle, avec lui, j'avais ouvert mon cœur et formater mon cerveau.

ERREUR

Certes, mais je l'aimais ainsi, que dis-je ! Je l'aime ainsi parce que je ne connais pas d'autres façons d'aimer.

Tous les yeux étaient tournés vers moi, tout le monde était suspendu à mes lèvres attendant ma réponse, pourtant je n'en avais aucune. Mon cœur voulait de cet homme, mais ma raison n'arrivait pas à surpasser les blessures et les coups durs. Peut-être qu'il a changé comme il le dit ou peut-être pas. Rien ne le prouve !

Toutefois, je me lève munie d'une force invisible et avance jusqu'à lui en silence. En silence devant lui, je l'ai pris dans mes bras, il y a de ces moments où le silence lourd et pesant exprime plus que le fond de nos pensées.

Florent (les larmes aux yeux) : merci Nadine, je promets devant Dieu et les hommes ici présents de te respecter, de t'aimer et de te rendre heureuse pour le restant de notre vie.

Nous recevons quelques suppléments de conseils de la part du père spirituel et de nos parents respectifs avant de regagner le domicile conjugal.

*

*

Cynthia KLARK...

Je cours à travers la forêt, je suis fatiguée, je respire à peine mais sa voix m'exhorte à faire plus d'effort. Je prends un raccourci et tombe dans un buisson, il ne peut plus me suivre, j'ai réussi à détourner son attention grâce au bruit de mes chaussures que j'ai lancé au loin dans la rivière. Je me relève aussitôt soulagée d'avoir pu le semer lorsque je me retourne et tombe nez à nez sur lui, mon bourreau, ce fou qui vient d'assassiner mes parents ainsi que mon petit frère. Il est là, devant moi le poignard couvert du sang des miens à la main gauche.

Lui : Cynthia, je t'en prie ne me laisse pas, j'ai fait ça pour nous deux. Ils ne peuvent plus nous empêcher de vivre notre amour ! Je t'aime Cynthia, ne t'en vas pas...

Moi hurlant : NON !!!!!

Je me réveille en panique, le regard vague, le cœur qui bat très vite réveillant Austine de son profond sommeil au passage.

Austine (le regard terrifié) : encore ???

Je secoue vigoureusement la tête laissant échapper quelques larmes.

Moi sanglotant : il était là avec son poignard, il... Il les a tués...

Elle me prend dans ses bras et me caresse le dos pour me consoler.

Austine : shhhhuuutttt, c'est fini, ce n'était qu'un vilain cauchemar. Il est à Maryland et toi au Togo, des milliers de kilomètres nous séparent à présent n'oublie pas. Il est incarcéré pour le restant de ses jours, tu n'as plus de soucis à te faire.

Moi (un point calme) : je sais, mais ça fait tellement longtemps que je n'ai plus fait ce cauchemar, ça me paraît bizarre.

Austine : Cynthia, il va te falloir plus de cinq ans pour oublier ce chapitre de ta vie, tu sais ? Toute ta vie, tu t'en souviendras, néanmoins ça te hantera de moins en moins. Pense à toutes les bonnes choses que tu as pu accomplir jusque-là.

Moi (pleurant de plus bel). Austine, il m'a pris ma vie, il m'a pris ma famille et tout mon bonheur.

Austine (me reprenant dans ses bras) : shut, ne pleure plus chérie. Ne lui donne pas davantage d'importance.

Moi : je le sais, mais c'est très difficile.

Austine calmement : heee chérie !!! Regarde-moi s'il te plait (je m'exécute). Tu es plus forte que ça, tu le sais que t'es une guerrière. J'ai obtenu tout ce dont j'avais besoin grâce à toi et c'est surtout grâce à ton courage et ta détermination. Je t'ai toujours admiré pour ta bravoure malgré les périodes sombres de ta vie. Ce n'est pas le moment de flancher, non Cynthia Shina CLARK, je refuse de te voir lâcher prise à cause de tes angoisses. N'oublie pas que tu es la lumière dans nos vies, à moi et toutes ces jeunes filles qui reposent leurs futurs sur nos épaules.

Moi (souriant à travers mes larmes) : merci Aus (lire Aouss), tu as toujours la phrase idéale pour donner la pêche. Merci d'être dans ma vie.

Austine : ouais, je sais, je suis géniale (j'éclate de rire.). Sois gentille, laisse-moi dormir, j'ai une présentation à faire de bonne heure. Si tu t'en souviens !

Moi : ohh zut !!! Toutes mes excuses ma chérie, rendors-toi. Je vais me chercher un verre de lait.

Austine (baillant) : n'oublie pas le ...

Moi (terminant sa phrase) : soupçon de cannelle, thanks mom !

Austine : ta gueule !

*

*

Nihad Milenzi ANOUAM...

Plus de trois heures du temps que je gesticule dans ce vaste lit américain King size, je ne suis plus que souvenirs et remords depuis six mois. Le plus difficile pour moi est de me rendre compte qu'après six mois, je l'aime plus encore plus que jamais. Comment ne pas? Je l'ai dans la peau, enfouit dans le cœur. Une fois de plus c'est parti en vrille, comme toujours d'ailleurs.

Je décide finalement de me lever de ce lit un peu trop vaste et trop frais pour moi. Je regagne le salon en soupirant avant de m'allonger sur mon canapé en tissu et d'allumer la télévision. La télévision a toujours eu le don de me consoler et de m'endormir, enfin quand une chanson ou un film ne me replonge pas dans mon passé comme c'est le cas en ce moment.

Imaginez une seule seconde NimiA, la déesse de l'euphorie, la reine des coups foireux, l'œuf d'or de sa très chère génitrice, j'ai nommé Mme Geneviève MIKALA broyant du noir dans la pénombre de sa somptueuse et coquette chambre quelque part à La Sablière (soupir).

NimiA dont les tweets sont retweetés à la tierce de seconde, dont les stories attirent des milliers de vues et les statuts ? Je m'arrête là, vous finirez par me trouver narcissique! Bon j'avoue que je sais attirer de l'attention sur ma petite personne.

Tout ça, c'est moi aux yeux de tous, une diva et que sais-je encore ?

Et pourtant...

Je suis seule, seule avec ce feu qui me brûle le cœur et qui me consume à pas-de-géant pour la seule raison d'avoir aimé. Non, que dis-je ? Pour avoir été dingue de ce Mpongwè de fils de Dylan, ah oui lui !!!

Dieu !! Je l'aimais, l'adorais, le vénérais !

Parce qu'il était tout ce que je désirais, mon oxygène, mon ivresse, ma force, il était TOUT.

Bref, il était car aujourd'hui il n'est plus qu'un vague souvenir...

*

*

Axel BENAN...

Rachelle (à l'autre bout du fil) : tu as fait quoi de ta journée chéri ?

Moi : rien de spécial, ton voyage sur Accra tient toujours ?

Rachelle : mouais, maman voudrait que j'avance la date, mais je dois suivre le programme à la fac avant de confirmer la date.

Moi : ok, tu pourras venir à Cotonou me voir ? Je paierai ton déplacement si possible, il n'y a que Lomé qui me séparerait de toi une fois au Ghana.

Rachelle hésitante : on verra bien coco, Euuuhh... Il faut que je raccroche. Ma tantine vient d'arriver.

Moi : ok bébé prend soin de toi, je t'aime.

Rachelle : je t'aime aussi mon Dinosaure des collines.

Ping !

Dorcas (d'un air indigné) : si tu l'aimes elle, tu fais quoi de moi Axel ? Je suis ici avec toi, je prends soin de toi, je lave ton linge alors qu'elle s'est probablement vautrée dans les bras d'un idiot en ce moment même tchippp !

Moi : Dorcas arrête pour toi ce matin, tu fais tout ça de propre chef. Je t'ai vaguement expliqué les clauses de notre arrangement, il n'y a jamais eu question d'engagement entre toi et moi. Si tu veux plus que cet arrangement, tu sais ce qui te reste à faire.

Elle se lève presque furieuse, ramasse ses effets et sort de la chambre.

Salifou DIOMANDE...

Je prends un dernier virage à droite et m'engouffre dans une rue pavée parsemée d'arbres immenses, quelques mètres encore et je me mets à klaxonner. Moussa (le gardien) sourit en ayant aperçu mon véhicule et s'empresse ouvre l'immense portail du garage.

Moussa (accent burkinabé) : bon arrivée patlon.

Je descends et lui fais mon plus beau sourire.

Moi : Moussa comment tu vas ?

Moussa : alhamdulilah patlon, et la voyasse ?

Moi (sortant mes affaires du coffre) : j'ai fait un bon voyage Moussa, tout va bien ici, j'espère.

Moussa : oui patlon, Marame afec les enfants ils font tous bien.

Moi (lui tendant un sachet) : tiens Moussa, c'est pour ta femme et tes enfants.

Moussa souriant : merci, merci patlon. Ma femme, elle sera contente comme ça !

Moi : au plaisir Moussa. Surtout, n'oublie pas, je ne suis là pour personne.

Moussa : pas de problème patlon.

Il prend quelques-unes de mes affaires et me devance. Je verrouille les portières de mon véhicule avant de le suivre mon attaché-case et ma petite valise en mains. Une fois à l'intérieur, je me libère les mains avant de hurler le nom des miens.

Moi : Kismat ma princesse, Mariam ! Chérie, je suis rentrée. Fayez, Islam, papa, est rentré.

Kismat ma petite dernière (cinq ans) est la première à pointer le bout de son nez et me saute aussitôt dans les bras.

Kismat : papa ! Tu m'as ramené quoi ?

Mariam (ton réprobateur) : Kis, je t'ai dit quoi la fois passée ?

Kismat (la petite voix) : bon arrivé papa, tu as fait un bon voyage ? Tu m'as ramené quoi ?

Moi (caressant sa joue) : papa a fait un bon voyage princesse, il t'a ramené la maison de poupée que tu voulais.

Elle descend à la hâte et se met à sautiller, Mariam en profite pour m'embrasser et me débarrasser de ma jacket.

Kismat (débordant de joie): youpiiii !! Je vais leur coudre des robes de princesse.

Mariam : mon chéri, tu as fait un bon voyage ? Les garçons ne vont plus tarder, ils sont à l'école coranique. (marchant vers les chambres) Je vais te préparer un bain tiède, tu dois être épuisé. Ensuite, nous allons dîner, tes plats préférés sont au menu.

Moi (l'enlaçant par l'arrière) : non, moi, je veux d'abord un gros câlin.

Nous entendons la voix d'Islam mon cadet (dix ans) depuis le hall d'entrée.

Islam : maman ! Maman ! Papa est rentré ? (en m'ayant aperçu) Papa !

Il court se réfugier dans mes bras.

Islam : sois le bienvenu comme tu m'as manqué papounet.

Moi riant : hoo doucement mon fils, tu pèses une tonne ! (caressant ses cheveux) Tu m'as manqué aussi fiston, et ton frère ?

Fayez (derrière lui) : me voici papa

On se prend dans les bras, ensuite, je me mets à le scruter.

Moi : je deviens vieux là, Fayez tu fais le double de ma taille et tu pousses même des barbichettes. (me tournant vers Mariam) Il est temps pour moi de me contenter de toi seule loulou, les petites filles au-dehors ne voudront plus de moi.

Mariam (souriant) : de toute façon, tu ne faisais pas le poids, mon fils est plus mignon que toi.

Kismat : moi aussi, je suis belle hein maman ?

Moi : tu es la plus belle des princesses Kis.

Islam : et moi alors ?

Kismat (faisant la moue) : tu es un laideron et ce n'est un secret pour personne.

Islam : toi, je vais t'en coller une bonne...

Moi : hey hey les enfants, vous êtes tous charmants, mais c'est maman la plus belle ici.

Fayez : ouais, je suis d'accord krkrkr...

Mariam : flatteurs ! Aussi bien le père que le fils.

Kismat (faisant un clin d'œil à sa mère): c'est vrai maman, you look mamilicious !

Islam : tu es la plus belle maman.

Moi : princesse ton école est superbe, tu parles déjà bien l'anglais.

Kismat : yeah dad, my school is the best one !

Moi : et bien bravo !

Mariam : vous êtes gentils, maintenant tout le monde sous la douche ! Je vous attends dans trente minutes pour le dîner.

Nous nous exécutons tous après un tour de câlin en famille.

Chapitre 2 Chapitre 01

Chap 1 : l'histoire de ma vie

Salifou DIOMANDE...

Sans perdre une seule seconde, Mariam me prépare un bain moussant à la fraise. Je ne me le suis pas fait répéter deux fois avant de me buller là-dedans, l'eau tiède eu rapidement l'effet de dissiper cette fatigue qui me plombait les articulations. Et ça, c'est ma définition du vrai bonheur (sourire), en fait il n'y a que ma femme, ma perle qui ait ce don de me procurer la sensation d'être au paradis. Année après année, son ingéniosité fulgurante a toujours été un fort appoint à notre vie de couple. Elle a toujours eu de la poigne et du répondant, avec elle tout devient si facile que l'aimer l'ait encore plus. Rassurez-vous qu'elle n'a usé d'aucun charme sur moi (rire), elle a simplement su sauvegarder cette image parfaite que je me suis toujours fait d'un parfait couple.

En réalité Mariam et moi, étions tombés amoureux enfants. Vous allez peut-être trouver cela puéril, mais enfants, nous savions déjà que nous étions ce dont nous avions besoin lorsque nous nous tenions par les mains. Mariam, ah Mariam (soupire d'aise.), ma belle peulh Moba (peuple du Nord Togo) ma seule raison de vivre. Pour elle, j'étais capable de sarcler tous les champs de ce village. Elle et moi avions grandi ensemble avec la promesse de nous marier une fois quand je serai riche. Heureusement et malheureusement à l'époque, elle s'était retrouvée enceinte et bannie de sa famille à quatorze ans. Unique fille d'une fratrie de dix enfants, elle était promise à Monsieur Djibril un peulh possédant plusieurs troupeaux de bovins, d'ovin et de caprin.

Pour tout vous dire, ma vie n'a pas été un long fleuve paisible comme vous l'aurez sûrement entendu dire par 80 % des nantis. Notre vie à deux était assurément vouée à l'échec, enfin, c'est ce que pensaient notre entourage et surtout son père en tête des statistiques. Mais bon, avec nous l'adage qui dit que l'amour, le vrai résiste à tout, prend tout son sens.

Cela va de soi que mon cœur se serre chaque fois que je dois me remémorer le passé, mon quotidien était loin d'être commun à celui de mes camarades d'antan. Je rentrais des cours les articulations enraidies après une longue distance parcourue entre l'école publique et la maison. Je ne pouvais me plaindre, tous mes amis n'avaient pu se procurer le privilège d'être instruit. Moi, je l'étais, bien que je n'aie pas les moyens de payer tous les fournitures et les livres. Chaque après-midi, je croupissais sous le poids de la fatigue, mes pieds chancelaient, mais je devais tout de même reprendre la route du champ (vous comprenez à présent pourquoi je raffole des bains relaxants rire.). À peine je déposai mon sac en bambou qui me servait de cartable que je me munissais de mon équipement de fortune (hache, houe, daba) direction l'immense champ de Monsieur Dabou. Monsieur d'Abou était le plus riche de Biediokro (un village du Burkina Faso) dans le temps, il possédait plusieurs hectares de champs maniocs et des fermes où on élevait des animaux de toute espèce.

J'occupai ainsi chacun de mes après-midi depuis tout au long de l'année et deux fois plus lors des grands vacances, non seulement pour ma survie, mais je voulais offrir le meilleur à Mariam. D'autant plus qu'elle s'était retrouvée enceinte.

Je me souvins de ce jour comme si c'était hier, ce jour funeste où Diagoné avait éconduit la prunelle de ses yeux en tenue d'Eve lorsqu'il s'était rendu compte de son état. Ce matin-là, où l'harmattan foisonnait et n'avait rien du tout à envier à un hiver canadien, Mariam traversa le village nue comme un ver jusqu'à l'autre extrême pour me retrouver.

Mariam (en pleur) : Lifou, Baba m'a chassé de la maison, il a menacé de me tuer si jamais je remettais mes pieds dans sa maison.

Moi : calme-toi Ayam (ma femme), nous allons trouver une solution.

Les jours d'après, toutes mes tentatives de conciliation fut vaines. J'avais droit à toutes sortes de noms d'oiseaux, moi le pauvre orphelin sans avenir qui avait mis fin aux projets d'avenir de sa fille.

J'avais certes perdu mes parents quand j'avais deux ans, j'étais certes pauvre, mais je croyais aux lendemains meilleurs et je luttais pour cela. Je fus l'un des plus grandes victimes d'une mystérieuse maladie a sévit dans tout Biediokro, j'avais perdu mes parents ainsi que mon enfance. J'ai tôt fait de me chercher dans tout le village afin d'acquérir un bout de pain pour assouvir ma faim. Ma grande mère étant trop vieille pour s'occuper de moi, à sept ans, je vendais déjà les fruits saisonniers pour m'en sortir. Elle me quitta elle aussi un jour de pluie, j'avais dix ans en ce moment.

Baba Diagoné (manchette à la main) : sort.de chez moi enfant maudit ! Sortez !!!

C'était ma dernière tentative pour trouver un compromis qui pour ma plus grande déception fut une fois de plus vain. Ce jour, je suis rentré déterminé à ne plus jamais laisser Mariam couler des larmes par ma faute, je me suis fait le vœu de ne jamais l'abandonner. J'ai promis la protéger contre vents et marrées d'être sa forteresse. Ce jour nous nous sommes tenus par les mains en nous faisant la promesse d'être l'un pour l'autre la famille que nous n'aurons jamais. C'était dès l'instant qu'elle m'offrit cet amour inconditionnel qui nous lie jusqu'à présent.

De cultivateur, sans domicile fixe, gardien de sécurité, de chargeur de marchandises, commerçant de rue, racoleur, et j'en passe, je suis aujourd'hui Salifou DIOMANDE l'opérateur économique, deuxième homme le plus riche du Burkina Faso et le mari idéal (plus que vrai lol). C'est avec un point de fierté que je vous dirai que j'ai la plus belle famille au monde, surtout que j'aime ma femme et je tiens à elle comme l'abeille à son miel (clin d'œil).

Axcel BENAN...

Je fulmine de colère dans toute la maison, je brise même un verre sur mon passage et enfonce mon poing dans le mur. J'ai la main qui dégouline du sang, mais cela ne me préoccupe plus que la colère que je ressens en ce moment. Mais bon sang, comment est-ce papa peut prendre une telle décision sans demander mon avis ? Qu'est-ce que j'irai faire au Bénin alors que toute ma vie est ci ?

Bang !

Je déchaîne ma haine et ma frustration sur tous les objets décoratifs du salon avec la pensée que je serai peut-être puni et que papa oublierait cette foutue décision qui m'éloignera de Rachelle. Je vide toutes les boissons de son mini bar en fracassant un par un les bouteilles sur le sol, je continue mon manège lorsque je vois maman débouler dans le salon toute paniquée. Elle me lance un regard apeuré puis court chercher la boîte à pharmacie.

Maman (me jetant un regard inquiet) : Axcel mon Dieu ! Qu'est-ce qui t'a pris ?

Nous nous fixons un bref instant avant que je ne m'écroule sur le sol, gisant dans le sang. Ma mère tenta tant bien que mal de le neutraliser avant de m'envoyer sans tarder à la clinique « Immaculée Conception ».

Moi (grinchant de douleur) : je vous déteste maman, je vous déteste papa et toi.

Elle me lance un regard plein d'incompréhension à présent, j'y pense, elle n'y est pour rien dans cette stupide décision de papa. Elle n'avait d'ailleurs jamais eu le droit, et même le cran de le contredire depuis tout petit. Durant toute ma vie, je suis demandé quel modèle d'amour ma mère ressentait pour son époux (soupir). Moi ce que je sais de l'amour, il peut être tout sauf contraignant. Mon père a toujours été un homme despotique et intégriste qui n'a jamais aimé les démonstrations affectives donc j'ai toujours recherché la raison pour laquelle ma mère l'aimait si tant.

Maman soupirant : Axel, chéri, comprend qu'il le fait pour ton bien.

Moi (commençant à m'énerver à nouveau) : maman arrête, je suis assez grand pour savoir ce qui est bien pour ma vie. En fait, c'est pour me séparer de Rachelle hein ? Il l'a toujours détestée pour une raison que j'ignore, mais je n'ai pas encore dit mon dernier mot !

Maman calmement : calme-toi mon fils, tu sais bien que les décisions que prend ton père sont toujours irrévocables. Je suis certaine que tu pourras t'en sortir au Bénin, tes oncles et tes tantes seront là pour te soutenir.

Moi (ton meurtri) : maman parfois, il faudrait imposer des limites à la soumission de ton cœur, non seulement pour toi-même, mais aussi pour le bonheur de tes enfants. Je sais bien que cette décision te déplaît autant que moi, tu n'as qu'à essayer une fois de plus de lui en dissuader. Je t'en prie maman...

Elle se tut un moment avant de me prendre dans ses bras, je savais au fond de moi qu'elle n'allait pas oser contredire le boss bien que je nourrissais au fond de moi un brin d'espoir. Nous étions restés entrelacés des secondes entières qui me parurent comme une éternité quoique cela me fasse du bien.

Les deux semaines qui ont suivi, j'avais fini par capituler, par respect à ma mère. Ces deux semaines, je les ai passées avec Rachelle, ma beauté romaine avec un embonpoint parfaitement symétrique, à la taille de guêpe et au teint d'ébène. Le jour du départ à l'aéroport, je me saisis fortement de maman et pleure tout mon soul, oui je suis un homme, mais un homme qui a un cœur sur la main.

Deux ans que je suis à Cotonou, mon pays d'origine et je déteste toujours autant ma vie ici. La seule chose qui m'attendrit un tant soit peu c'est la douce voix de ma chérie, ma Rachelle que je reverrai dans les quinze prochains jours (sourire).

*

*

Nihad Milenzi ANOUAM...

Donc, comme ça, j'ai réussi à ne pas me noyer dans mon chagrin cette nuit. Sois disant en passant, je vous confie ma joue droite la prochaine fois que je remettrai à penser à ce Dylanmachinchose ! J'ai bien dit la joue droite, je suis sensible du côté gauche de mon corps, et même que c'est comme ça le type m'a eu malgré la carapace de fauve.

Et me revoilà en train de parler de lui, vous serez sûrement d'accord avec Gabrielle OBIANG, ma sœur de cœur que j'avais une cervelle avant de tomber amoureuse. C'est méchant de dire cela à sa sœur, n'est-ce pas ? Bah, disons qu'elle avait raison sur toute la ligne.

Je sors du lit sans réelle motivation pour me diriger vers le réfrigérateur que j'ai oublié de remplir pour le retrouver plein à croquer. Nul doute que ma mère fit irruption dans ma maison ces dernières quarante-huit heures. Ma mère est une brebis dans la peau d'une louve, sous ses airs d'une femme d'affaires obnubilée par son travail et sans humanité, elle a un cœur en or contrairement à ce que pensent tous les employés de MIKALA Textile. La seule chose qui lui rappelle encore mon père, un Marocain qui a fait chavirer le cœur de Geneviève MIKALA. Je n'ai jamais connu le bon monsieur pour la simple raison qu'il avait dû repartir au Maroc auprès de sa famille en lui léguant la firme. Pour lui, ce fut une aventure sans lendemain, mais pour elle, ce fut l'amour de sa vie dont je suis le fruit. J'ai toujours rêvé de le rencontrer un jour, cet homme qui a autant de l'emprise sur ma mère au point où elle n'a plus jamais pensé à refaire sa vie. C'était un géant du textile qui était de passage ici à Libreville dans les années 90, je doute fort qu'il soit au courant de mon existence.

Ma vie a tout de même été un conte de fées, du lycée français, je me suis retrouvée à Havard d'où je suis rentrée avec un doctorat en Affaires internationales. Je bosse dans les succursales familiale tout en collaborant avec d'autres entreprises en tant que consultante. Cependant, cela ne m'empêche guère de faire la belle dans tout Libreville lol. Le seul hic dans ma vie, ce sont mes relations amoureuses (soupir), elles, ce sont toutes les fois soldées en échec. Tout ce que je demande à ces hommes, c'est juste de m'aimer, je ne leur demande que ça, mais je finis toujours déchue. (soupir lasse). Enfin avec Dylane j'y croyais enfin, et même que j'y étais presqu'arrivée !

*

*

Cynthia CLARK...

Voix de l'animateur : merci mesdames et messieurs d'avoir fait le déplacement massif ici à l'olympiade de Lomé pour la présentation de la fondation de notre chère sœur, parent, amie, et connaissance Austine AGBEKO qu'elle a dénommé ″Fille-mère épanouie″. Vous avez tous à votre disposition le programme et une brochure qui vous présente brièvement les objectifs de cette fondation. À présent je laisse la jeunette Austine AGBEKO nous parler de sa fondation parce que moi je ne fais que répéter ce qui est écrit sur ce bout de papier (il brandit le bout de papier en question.), tel un perroquet.

Tout le stade effectue un rictus joyeux et je vois ma Aus avancer dans une belle robe imprimé floral qui lui va à ravir. Elle avance majestueusement et fit une bise à l'animateur au passage avant de prendre la parole.

Je suis Cynthia CLARK, présentatrice télé de formation et coach de développement personnel. Il faut dire que je dois beaucoup à Austine, plus qu'une amie, une sœur de me faire croire à nouveau en la vie après tout ce que j'ai vécu par le passé.

Austine : la fondation "Fille-mère épanouie" a pour vocation d'améliorer la condition de vie des filles ayant contractés des grossesses précoces, des filles de bas âges tombées enceinte sans le soutient de leur famille, des filles-mère obligées de se prostituer pour subvenir aux besoins de leur progéniture. Nous avons pour mission de les aider à s'intégrer dans la société active, à reprendre confiance en elle et à devenir une fille-mère épanouie. Je passe la parole à notre coach de développement personnel, j'ai nommé Cynthia CLARK. Je dois vous avouer que c'est l'exemple parfait d'une battante, elle a surpassé tant d'épreuves pour être devant vous aujourd'hui aussi que jamais. Cynthia CLARK sous vos ovations s'il vous plaît !

Flattée par le compliment, je souris à Austine et le remercie avant de prendre la parole pour briefer mon rôle dans cette fondation.

Je finis ma présentation et redonne la parole aux autres orateurs, la cérémonie pris fin deux heures plus tard par un déjeuner et une collecte de fond. Nous rentrons ensuite dans notre petit appartement où les flûtes de champagnes coulaient telle une fontaine.

*

*

Nadine GBEGNON épouse GBEVOU...

Notre croisière en mer, c'est la parfaite rime aux notes musicales (soupir d'aise). J'ai retrouvé mon Florent, celui dont j'étais naïvement tombée amoureuse pendant qu'il venait voir sa tante à Abomey. Notre amour était simplement impossible, je me rappelle encore combien de fois mon père m'humiliait pour cet homme.

Florent est en fait le neveu à ma tante, la sœur utérine de mon père. Je n'avais jamais trouvé d'inconvénients à ça, mémé Houéfa avait eu mon père avec pépé Crépin, après la mort de celui-ci, elle se retrouva mariée au frère de pépé (pépé Gontran) par lévirat et a donné naissance à ma tante Anette. Florent, c'est le fils à la sœur de ma tante Anette, sa demi-sœur.

L'histoire de ma famille est assez compliquée, entre la tradition et nos histoires d'amour nous nous perdons tous à un moment.

Ces dix jours en mer me semblent si court, j'aimerais tant m'y éterniser et profiter de ces moments idylliques.

Chapitre 3 Chapitre 02

Chap 2 : la rencontre

Annick ANJO...

La musique en fond sonore fait trembler tout le bâtiment, mais cela ne nous empêche guère de continuer nos folies.

J'ai ma main enfouie dans le corsage de Cholah, je tripote, malaxe et pince le bout de ses tétons pointant comme un i. Asanda quant à elle me donne une tape sur mes rondeurs extrêmement au-dessus de la moyenne, disons que mère nature a été généreuse envers moi car je suis bien accessoirisée. Sans me vanter, j'ai des fesses énormes et une poitrine bien rebondie qui fait baver plus d'un.

Je me trémousse telle une bimbo, il n'y a pas de doute que nous avons pris plus de Vodka et de champagne qu'il en fallait.

Cholah s'éclipse et retrousse chemin munie d'un sextoys avec lequel elle se donne du plaisir sous nos avides regards, ses cris de jouissances agaçaient les voisins qui nous lançaient des injures à travers leurs murs. Ce n'est en rien notre problème, c'est la normalité dans ce bâtiment.

Lorsque Tenor arrive sur le refrain "my baby I wonna do some bad things with you", je bouge mon popotin au rythme du groove avant de pousser un long gémissement surprise par l'effet que me procure la vibration de la machine que Cholah vient d'introduire en moi.

Moi haletant : Cholah tu es folle ?

Cholah : tu aimes ça hein ! Répond moi, tu aimes! (me donnant la fessée) Je ne t'entends pas !

Moi hurlant : ohh oui, oui, oui...

Asanda passe devant moi et me débarrasse de ma mini robe couleur verte foncé puis s'alpague ma poitrine voluptueuse, elle les saisie entre le creux de ses mains et passe sa langue d'un sein à l'autre. Je passe sous une longue vibration lorsque spontanément Asanda pince mon havre de plaisir que constitue mon sein droit, la suce tel un bébé qui vient de découvrir le téter et Cholah qui a décuplé les va-et-vient de la machine. Je passe par diverses sortes d'émotions oubliant presque le monde dans lequel je suis. Elles me portent l'une par la taille, l'autre par les épaules jusque sur l'immense lit dépassant les trois places auxquelles nous avons souvent l'habitude. Là-bas, m'attendait Paterson et son troisième pied tendu comme un baobab, les nerfs nettement tendus le long du gland.

Secouée encore par le plaisir que m'avaient procuré les filles, j'enfonce goulûment son membre dans ma chatte en chaleur dégoulinant de la cyprine sur la verge de Paterson. Il pousse une grogne et me regarde les yeux pleins de désir. Aidée par les mains féeriques d'Asanda, je commence d'abord par des mouvements lents puis accélère la cadence au fur et à mesure que je sentais les coups de langue de Cholah sur mon seins droit.

Les quatre doigts d'Asanda dans mon intimité me procurent une sensation de plaisir débordé, mes membres passent par un spasme régulier alors que je me tords au côté de Cholah qui geint sous les coups de massue que lui donne Paterson. Asanda nous embrasse à tour de rôle, je la retourne et prends ses entrailles en otage, elle aime ça ma petite rouquine, j'enfonce ma langue le plus loin possible et simule des mouvements de va-et-vient. Asanda se retrouve au paradis de la libido, elle cite le nom des membres de sa famille à commencer à son père qui lui a montré le chemin du plaisir.

Paterson abandonne Cholah secouée par un orgasme et prend Asanda en levrette, ma chatte à moi recommence à réclamer son dû. Les doigts dans celle-ci fouillant pour retrouver un objet imaginaire, Paterson culbute Asanda de toutes ses forces sous les cris de celle-ci.

Ce manège dura une bonne heure au bout duquelle nous encaissons nos millions dûment gagnés. Place à nos soirées huppés, aux champagnes et vêtements et accessoires de luxe.

*

*

Nihad Milenzi...

Le soleil venait de s'éteindre sur Port-Gentil ainsi que sur mon éprouvante journée de travail. Je me suis rendue à l'usine où je supervise depuis deux semaines la production de nouveaux motifs de pagnes. C'est une commande venant de l'un de nos fidèles clients Italiens très exigeant donc imaginez ma galère quant aux rendements. Mes journées se ressemblent pratiquement, je suis entre les ouvriers, les machinistes et les graphistes. Bof, il faut dire que le chef service production ne m'est d'aucune grande utilité, d'ailleurs, je pense à le remplacer donc n'hésitez pas à déposer vos candidatures (rire).

Je range ma blouse ainsi que mes affaires avant de prendre la direction du parking. Je salue quelques ouvrières au passage, il y en avait avec qui j'avais droit à la révérence comme ils en ont l'habitude avec maman. Tout ce cérémonial était trop pour moi, ma mère, je la trouvais parfois trop irascible. Non-content de faire travailler ces pauvres dames 20/24h, elle leur exigeait un traitement spécial vis- à-vis de sa personne.

Je marchais aussi vite que me le permettait mes lourdes bottes en pensant à l'aversion qu'elles doivent ressentir à son égard, lorsqu'une voix me ramena soudain sur terre. Je me retrouve regard dans le regard avec un boy agrippant d'une main une barrière de police.

Lui : tu es de Moabi si ?

Bien que stupéfaite par son culot, je souris et réponds par le négatif.

Lui : de Bitam alors, tu as les traits de mes cousines.

Moi (souriant de plus bel) : ah ouais ?

Lui : m'bolo ani

Moi : lol bonsoir !

Lui : une chose est sûre que je ne me suis pas trompé, tu sais préparer les feuilles de manioc ?

Et puis il sort d'où le type ?

Lui : je veux savoir ma belle.

Moi : je te le dirai une prochaine fois.

Lui : et pourquoi pas tout de suite ? Il faut battre le fer quand il est chaud, rien ne me rassure que je te reverrai par ici. Tu as plus l'air d'une touriste qu'une employée de l'usine d'où tu sors.

(en plus, monsieur est un flatteur !)

Moi : en effet ! (enchaînant) J'apprécie cette charmante conversation même si je trouve cela un tout petit peu impertinent, mais ces tâches imaginaires d'huile à moteur sur mes vêtements ne demandent qu'à se faire nettoyer donc je vais devoir te fausser compagnie.

Il fit un sourire qui mit en relief des fossettes très creuses, ce n'est qu'à cet instant que j'ai pu remarquer qu'il a un visage angélique.

Lui (redevenant sérieux) : ça me ferait plaisir de te revoir ma belle cousine de Bitam.

Ça m'aurait également plu de le revoir, mais je n'allais tout de même pas lui faciliter la tâche.

Moi : je dois vraiment partir.

Je me suis contentée de lui dire avant d'ouvrir la portière arrière de mon Audi Q3 et d'y jeter mes affaires. Je referme la portière et me retourne pour tomber front à front sur lui qui me tend spontanément son téléphone.

Lui : mes parents m'ont appelé Dylan à ma naissance, mais je me contenterai d'être "le cousin".

Sa phrase m'arrache un fou rire, c'est bien une première fois que je me sens aussi à l'aise en face d'un inconnu !

J'insère mon numéro et lance l'appel vers mon téléphone avant d'y inscrire « dimple boy ». Je lui tends son appareil et m'empresse de prendre congé de lui pas sans avoir captivé son regard une dernière fois, va savoir pourquoi. Nour (disons un ami intime.) a un concurrent de taille, pensai-je dans mon fort intérieur avant de démarrer en trombe.

Je gare une dizaine de minutes plus tard devant le studio que j'occupe lorsque je suis sur Pog, en descendant de la voiture, je remarque une silhouette qui m'est familière, mais je me dis qu'elle n'est pas assez folle pour débarquer comme ça à Pog en pleine semaine de travail. Sauf que lorsqu'il s'agit de Gabrielle OBIANG, les folles s'habillent en Prada.

Moi (ton gai) : Gabiii !!!

Gabrielle : Niniii !!

Moi (pendant qu'on se fait la bise) : mais tu fais quoi à Pog un mercredi soir ?

Gabrielle : c'est King ohh, il a délogé sa bande ici donc je suis venue surveiller mes arrières. Il faut que je laisse ma signature avant que les louves d'ici ne sévissent.

Moi amusée : alors comme ça, tu es venue marquer ton terrain ou quelque chose comme ça.

Gabrielle : tu as tout compris !

Moi : tu ne changes donc jamais !

Gabrielle : je suis bien comme je suis ma copine ! On rentre ou quoi ? Ça fait plusieurs heures que je poirote ici, j'ai besoin de reposer mes pieds.

Moi me précipitant: vraiment ! Désolée ma puce, allons que je te raconte. Je viens de rencontrer quelqu'un !

Gabrielle excitée : ah ouais ? Il est comment ? Donne les détails guéee !

Moi : calme-toi, il faut d'abord que je prenne un bain ensuite, je t'invite au restau de ton choix. J'aurai le temps de tout déballer.

Gabrielle : non non, on fera tout ça mais après notre conversation. (au tac) Il est comment ? Il est élancé ? Il est clair ? Non je préfère le teint noir, il a un beau sourire ? Tu as regardé ses doigts...

Moi (l'interrompant) : Bri, Gabi respire ! Fhoum, fhoum, oui, c'est ça respire !

Nous éclatons de rire pendant que nous nous dirigeons vers la chambre où je me débarrasse de ma tenue de travail et file sous la douche malgré son insistance sur le sujet.

*

*

Cynthia CLARK...

Austine (au téléphone) : oui chéri la fête sera superbe (...) j'ai fait appel à l'organisatrice de mariage la plus efficace de la planète terre et même sur Mars rire (...) mon cœur je l'ai déplacé depuis l'Australie, la ceinture du monde, donc il n'y a rien à craindre (...) je le sais, je ne voulais pas déranger ta mère, c'est vraiment gentil de sa part mais comprend que c'est trop demandé pour moi (...) les nerfs à fleur de peau, ça va dans tous les sens dernièrement. (...) Ok, je t'aime babe (...) je t'embrasse aussi.

Elle pose le téléphone sur la table de cuisine en souriant puis se retourne vers moi. Je dépose le verre que j'avais en main et me concentre à nouveau sur mon texto.

Austine : vivement, que ce mariage ait lieu, j'en peux plus de la pression.

Moi : tout va bien se passer, c'est normal de stresser. Ça arrive à tout le monde !

Austine : espérons, (passant du coq à l'âne) je sais que tu synchronises souvent avec moi, mais le sourire-ci que tu affiches dernièrement m'intrigue, allé ! dis-moi ce que tu caches !

Moi (la fixant pantoise) : cacher ? Austine, tu sais absolument tout ce qui se passe dans ma vie, même ce qui n'est pas encore survenu !

Austine (secouant la tête) : je parle de ce sourire béat qui ne te quitte plus depuis la présentation, celui que tu fais en ce moment même.

Moi : ah ça ? Ce n'est rien, c'est juste une connaissance qui me raconte quelques blagues.

Austine (fronçant les sourcils) : une connaissance ? Depuis quand tu as des ″connaissances ″ toi ?

Moi : tu as bien des amis que je ne connais pas.

Austine : non, les seuls amis que j'ai à part toi ce sont mes collègues et tu les connais tous.

Moi : bah, c'est un ami quoi voilà. (petite voix) Je l'ai rencontré le jour de la présentation.

Elle se lève brusquement et se précipite vers moi toute excitée.

Austine : mais c'est formidable ! Enfin, tu t'intéresses à un homme, il était temps.

Moi riant : calme-toi, nous sommes justes amis rien que ça.

Austine : c'est mieux que rien, ça te fait sourire, c'est déjà un pas vers l'avenir.

Moi (soupir exaspéré) : Aus, il n'y aura rien plus que de l'amitié entre nous.

Austine : ça te coûte quoi d'essayer une vraie histoire pour une fois ? Cynthia quand est-ce que tu vas t'autoriser à être à nouveau heureuse ?

Moi : mais, je le suis, je trouve ma satisfaction dans mon travail.

Austine : bébé le travail oui, mais le soir, tu ne te blottiras pas dans les bras de ta carrière. Il te faut des sensations fortes, ça fait combien de temps que tu n'as pas eu d'aventure sexuelle dans ta vie ?

Moi : tu ne vas pas remettre ce sujet sur le tapis, tout ne se résume pas qu'au sexe.

Austine : si, parce que j'en ai marre que tu m'appelles mon amour dans ton sommeil !

J'éclate de rire.

Austine : je suis sûre qu'il n'est pas mal ce mec, ça te coûte quoi de lui donner une chance ? En plus, je suis certaine qu'il ne mord pas.

Moi souriant : tu le connais d'où ? Tu ne sais rien de lui.

Austine : pas besoin, il n'est même pas encore ton petit ami qu'il te donne autant le sourire. Imagine une seule seconde s'il l'était.

Moi soupirant : je voudrais bien lui en donné sauf que, il est... Bon, il n'est pas mal dans son genre, mais il n'est pas comme toi et moi.

Austine (arquant un sourcil) : quoi ? C'est un handicapé ? Un nain ?

Moi (un point d'hésitation dans la voix) : il est... Il est atteint d'albinisme !

Austine (moue de dégoût) : tchiippp tu m'as fait peur, j'ai cru qu'il avait la peste. Tu vas lui donner une chance à ce jeune homme et que ça saute !

Moi : mais...

Austine (quittant devant moi) : il n'y a pas de mais qui tienne !

Je soupire simplement, honnêtement, je préfère ma vie telle qu'elle est présentement. Les relations et tout ce qui va avec ce n'est pas ma tasse de thé, mais bon, je ne perds rien à essayer en plus Joe à l'air de quelqu'un de bien. Il est charmant, drôle et avenant, il est nettement mieux que tous les mecs avec qui je suis sortie ces deux dernières années. C'est vrai que ça fait à peine une semaine que je le connais. Toutefois, il me fait bonne impression, le seul problème qui se pose est sa pigmentation.

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