Moi (les armes à la main) : Tout le monde à plat ventre.
Tout le monde se couche par terre et nous nous arrêtons
au-dessus d'eux nos visages masqués par des cagoules.
Nous tenons chacun une mitraillette.
L'homme (à terre) : Prenez tout ce que vous voulez mais
je vous en supplie ne nous faites aucun mal.
Moi : On ne vous fera rien si vous coopérez donc
donnez-nous tout ce qui se trouve dans le coffre-fort.
Jojo : Nous savons que vous avez un coffre-fort ici donc
ne soyez pas avare.
La femme (apeurée) : Nous n'avons pas de coffre-fort
mais nous pouvons vous donner ce que nous avons.
Hulk (mettant son arme sur elle) : N'essaye pas de nous
mentir sinon vous allez le regretter. (Soulevant leur fille)
D'ailleurs viens là toi, il faut que tes parents sachent
qu'on ne blague pas.
La fille : Aaah ça fait mal !
L'homme : Je vous en supplie ne lui faites rien, je vais
vous conduire au coffre-fort.
Jojo suit le monsieur tandis que Hulk reste avec moi
pour surveillée les deux femmes. Je préfère rester ici
avec Hulk parce qu'il ne résiste jamais aux femmes et là
il est capable de se faire une.
La fille : Vous n'allez pas vous en sortir aussi facilement,
vous verrez la police va vous attraper et vous mettre
tous en prison.
Hulk : Tu as une grande gueule toi, attend que je te
montre qui je suis.
Il lui donne une claque et pose son arme sur sa tête, la
charge et s'apprête à tirer.
Moi : Non mais tu es malade, j'ai dit pas de blessé ni de
mort. On prend ce qu'on a à prendre et on se casse.
Hulk : Mais elle a la grande gueule et moi je ne tolère pas
ça. D'accord puisque je ne peux pas la tuer je vais
prendre du bon temps avec elle. Au moins ça
compensera.
Il la soulève par les cheveux et la fait tomber violemment
sur le canapé en détachant sa ceinture. Je vais vers lui et
le saisi.
Moi : Non mais qu'est-ce qui ne va pas avec toi ce soir ?
Tu ne peux pas maitriser ta libido un peu ? Lâche-là.
Il abandonne son plan et me lance un regard meurtrier
mais il ne peut que m'obéir parce que je suis son chef.
Cet imbécile croit qu'en se donnant pour surnom Hulk il
va devenir super puissant et intimidant. Il intimide peut-
être les autres mais moi jamais d'ailleurs il ne fait même
pas la moitié de mon poids.
Jojo revient avec l'homme une manette à la main et
nous partons comme nous sommes venus dans notre
4X4 teintée. Nous enlevons nos cagoules et conduisons
jusqu'à notre QG où nous attend notre boss qui est
toujours accompagné de sa copine qui est je signifie 2
fois plus jeune que lui.
Boss : Alors la chasse a été bonne ?
Moi : Oui boss.
Hulk : Oui sauf que Dusky m'a encore empêché de
prendre mon pied.
Boss : Krkrkr mais tu connais Dusky, tu sais très bien
qu'il est contre toute forme de violence. Il est comment
je peux dire ça...un ange parmi les démons.
Hulk : Mais moi ça m'empêche de m'amuser.
Je lui réponds sans le regarder.
Moi : Tu peux t'amuser avec toutes les putes qui
circulent dans la ville mais pas avec des innocents.
Boss : Ok ok donnez-moi le butin, vous aurez votre part
comme d'habitude demain. Sur ce bonne soirée
messieurs.
Il est minuit et nous sortons chacun de son côté. Enfin
Jojo et Hulk vont se taper des putes quant à moi je vais
dans mon bistro habituel pour déverser toute ma rage et
le dégout que je ressens pour ma propre vie dans
plusieurs verres de whisky.
Je suis devenue un bandit de grand chemin malgré moi.
Aucune autre opportunité ne s'est présentée à moi pour
que je la saisisse. Dusky qui veut dire sombre, obscur
n'est bien évidemment pas mon vrai nom. Mais je l'ai
choisi parce qu'il reflète au mieux ma vie, de mon passé
à mon présent et peut-être même mon avenir. Comme
vous l'avez sans doute remarqué, je n'aime pas qu'on
touche à la vie des gens. Vous vous direz surement
bizarre pour quelqu'un qui est dans ce genre de trafic.
Mais ma personnalité est carrément différente de mon
boulot. Pendant nos raids je veille à ce qu'il n'y ait aucun
mort mais aussi qu'on ne s'en prenne pas aux femmes.
Les hommes je m'en fiche, qu'on leur casse la gueule de
toutes les façons ils sont tout aussi détestable que nous.
Mais la femme non, elle est faite pour être protégée donc
hors de question que je laisse qui que ce soit la
brutaliser encore moins la violer mais je ne dis pas qu'il
n'y a jamais eu de mort pendant nos opérations. Je peux
certes m'empêcher de tuer mais je ne peux pas
empêcher les autres de le faire surtout lorsqu'une des
victimes veut se jouer les super héros.
Je ne touche ni à la drogue ni à la cigarette. Je bois non
pas par plaisir mais plutôt pour oublier, oublier qui je
suis, ce que je fais. Pour oublier ma minable vie et le
minable personnage de cette minable vie. Je me déteste
tout comme je déteste ce que je fais. Mais comment
arrêter si je ne sais rien faire d'autre que ça ? Si j'ai
passé toute ma vie dans les armes à feu ? Déjà à 11 ans
je savais manier une arme.
J'aurai arrêté si j'avais quelque chose qui me motivait et
qui me donnerait assez de volonté pour devenir
quelqu'un de bien. Je n'ai aucune famille encore moins
de petite amie. Les filles, j'en ai collectionné à une
époque mais ça m'a vite dégouté. Moi je cherchais à
chaque fois en elle une compagne qui m'aiderai à être
quelqu'un d'autre mais elles tout ce qui les intéressaient
c'était le blé et le sexe et ces deux choses j'étais capable
de les en combler. Tout comme de ma vie j'en ai eu
marre donc je les ai toute envoyé promener. J'ai une
vision tellement grande de la femme que en voir qui se
dévalorise me déçois sérieusement.
J'ai intégré la bande il y a de cela 5 ans après avoir fait
partie d'une autre bande mais qui était moins équipée et
moins sérieuse que celle-ci. Contrairement aux autres
bandes de braqueurs qui circulent dans le pays notre
bande est très équipée, très puissante et modernisé.
Nous avons en notre portée toutes sortes d'armes à feu
qui nous parvienne des Etats-Unis où notre Boss a aussi
une bande mais qui est plus dans les stupéfiants. Nous
n'avons pas des armes rouillés et vielles, jamais. Elles
sont tellement en bonne état qu'on aurait dit qu'elles
appartiennent à l'armée. Nous utilisons aussi des
couteaux et autres types d'armes pour mieux nous
défendre en cas d'affrontements. Nous ne braquons pas
n'importe qui ou n'importe quel endroit. Nous nous
attaquons aux Banques, aux maisons de personnes
vachement riches. Jamais tu ne nous verras agresser
quelqu'un dans la ville avec un couteau comme le font
les amateurs. Nous nous sommes des pros avec tout ce
qu'il faut. Sur le terrain c'est moi qui commande parce
que le boss a plus confiance en moi qu'aux deux autres
qu'ils trouvent tête en l'air et ce n'est pas faux
d'ailleurs.
Nous opérons de nuit comme de jour toujours le visage
fermé et un appareil sur notre gorge pour modifier notre
voix afin de ne pas être reconnu. Après nos forfais
chacun vaque à ses occupations attendant le lendemain
pour toucher notre part du gâteau. Moi je me rends
toujours dans ce bar pour pleurer sur mon sort avant de
rentrer chez moi. Je ne suis pas du genre fêtard ni très
rieur d'ailleurs. Mon visage garde toujours la même
expression. Pourquoi rire quand je me déteste et déteste
ma vie.
« Alors bonsoir beau gosse »
Je ne tourne pas la tête et continue de siroter mon verre.
Je n'ai pas le temps de discuter avec les putes.
« Ça te dis qu'on aille se prendre un coup. Le genre de
coup qui me fera hurler ton nom ? »
Je sors mon portefeuille et pose un billet que je bloque
avec mon verre avant de me tourner vers la jeune fille.
Moi : Non merci je passe mon tour.
Je veux partir et elle lève la main pour m'attraper mais je
l'en empêche aussitôt. Disons que j'ai un réflexe assez
vif.
Moi : Personne ne me touche.
Elle : Hum j'adore les mecs...Hé je n'ai pas encore fini de
parler.
Je me retourne de nouveau et quitte les lieux sur ma
bécane. Je ne la sors que lorsque je deviens Dusky. Elle
est assortie avec mes vêtements tout aussi sombres que
mon surnom et ma vie. Pourquoi je n'aime pas qu'on me
touche ? Parce que je me sens sale et aussi parce qu'à
force de ce travail je suis toujours sur la défensive. Si je
dois avoir un contact avec quelqu'un c'est moi qui
touche. Hors de question que quelqu'un pose sa main
sur moi. Alors ça jamais. C'est même pourquoi quand je
me bats il n'y a pas moyen que mon adversaire me
touche à moins que je sois distrait ou en position de
faiblesse mais même ça encore faut être vraiment
costaud pour le faire.
J'entre dans mon appart sans vie ni couleur et me dirige
dans la douche où je laisse l'eau couler sur moi,
espérant que ça diminue l'effet de merde qu'est ma vie
sur moi.
***Olivier***
Trois ans, trois fichus années que je traque cette bande
de braqueur en peu trop doué à mon goût. On ne sait
jamais à quel moment ils agissent parce que leurs
heures changent à tout moment. On sait que les bandits
opèrent tard la nuit mais eux ils s'en foutent de l'heure.
Ils peuvent opérer à 6h en plein milieu de la ville sans
craindre d'être attrapés. J'étais déjà dans mon lit lorsque
j'ai reçu un appel m'informant qu'il y avait eu braquage
chez un riche homme d'affaire. Comme tout le
commissariat sait que j'enquête sur cette bande, on
m'informe de leurs moindres faits et gestes.
Je me rends sur les lieux où la police fait déjà des
constats. J'entre et trouve une famille effrayée dans le
salon, la mère tenant la fille dans ses bras pour la
réconforter.
Moi : Bonsoir je suis le Lieutenant Tanoh, est-ce que je
peux vous poser quelques questions ?
Ils acquiescent et je m'assois en face d'eux tenant mon
bloque note en main même si je sais déjà ce qu'ils vont
me dire. Cette bande a toujours le même mode
opératoire.
Moi : Qu'avez-vous remarqué ? En dehors du fait qu'ils
aient des cagoules sur le visage et des armes.
L'homme : Rien d'autre.
La fille se détache de sa mère.
Elle : Si moi. Il y avait l'un d'eux apparemment le chef
qui a empêché l'un de ses amis de me faire du mal. Il
disait qu'il ne voulait pas qu'il y ait de blessé et était
même prêt à en venir aux mains.
Moi (à moi-même) : Dusky. (Levant la tête) Ok merci
mais si quelque chose vous revient n'hésitez pas à
m'appeler. Tenez voici ma carte.
L'homme : Ok pas de souci.
Je me lève et pars m'entretenir avec les policiers pour en
savoir plus sur le constat et comme toujours aucune
trace d'effraction. Ces types sont vraiment bien équipés
pour ne laisser aucune trace de leurs passages. Celui qui
m'intrigue un peu c'est Dusky. Tous les témoignages de
leurs victimes principalement les femmes disent qu'il les
protégeait à chaque fois que l'un de ses coéquipiers
menaçait leur vie. Il s'est même pris une balle un jour en
voulant protéger une femme que voulait abattre un des
coéquipiers. C'est intriguant. Entant normal, il devrait
s'en contreficher du sort de ses victimes mais pourquoi
les protéger ? Mais néanmoins une chose est sûre, c'est
que même s'il défend des gens il n'en demeure pas
moins un bandit, je dirai un très dangereux bandit. Il est
beaucoup plus rédouté que n'importe quel autre bandit.
Cet homme est dangereux et mon but premier c'est de le
coincer et de le mettre hors d'état de nuire.
***Le lendemain***
Je suis au bureau à chercher ne serait-ce qu'un tout petit
indice qui pourrait me mettre sur la voie. Tout ce que je
sais d'eux c'est qu'ils sont trois mais ont un grand chef
qui lui a d'autres bandes sur presque toute l'étendue du
territoire Ivoirien. Je sais que leur armement leur provient
des States mais impossible de mettre la main dessus
comme s'ils avaient un complice à la douane.
Certains de mes collègues trouvent que j'en fais un peu
trop avec cette histoire mais moi je déteste les bandits
de grand chemin. Toute ma vie je les combattrai quitte à
y perdre la vie. Si j'ai voulu être flic c'est justement à
cause d'eux, pour tous les mettre hors d'état de nuire et
même les supprimer de la surface de la terre. Oui j'en fais
une affaire personnelle et je n'abandonnerais pas de
sitôt.
« Je peux ? »
Je me lève pour saluer le commissaire, Mr Thomas mon
chef.
Moi : Oui Monsieur.
Chef : Alors toujours sur la même enquête ?
Moi : Oui monsieur. Je continue de fouiller.
Chef : Tu ne crois pas que tu en fais une affaire trop
personnelle ? Les bandits ça cour les rues donc tu
devrais te concentrer sur d'autres choses. Chercher à
arrêter d'autres bandits que ceux-là.
Moi : Je sais monsieur mais je ne serai jamais en paix en
sachant ces types en liberté et continuer à s'en prendre à
d'autres gens. Ils font des victimes même si des fois
Dusky les en empêches. Mais il y a quand même souvent
des morts.
Il me regarde faire mon speech avec un sourire l'air de
dire « tu es vraiment un entêté ». Oui je suis un entêté et
c'est ce qui m'a permis d'être là aujourd'hui.
Chef : Ok bon je te laisse enquêter mais pense à prendre
ta pause.
Moi : Ok chef.
Il sort de mon bureau et je continue mes recherches. Moi
ma devise c'est « Tant que ces bandits seront en liberté,
il y aura un policier pour les traquer et ce policier c'est
Moi, Olivier Tanoh. »
Je n'ai presque pas d'ami. Presque, parce que les seuls
amis si je peux le dire que je fréquente sont mes
collègues de travail. J'avais un meilleur ami, mon
coéquipier de tous les jours mais il est mort. Sa mort
m'a tellement déstabilisé que je refuse de m'attacher à
un autre collègue. Quand tu as perdu une personne de
très proche tu évites de trop t'acheter à quelqu'un
d'autre de peur de le perdre aussi.
Ma journée de travail se termine et comme à mon
habitude je fais un tour chez Loraine ma petite sœur
adorée. Elle est la seule femme de ma vie, enfin elle et
ma nièce. Ses enfants et elle sont ma seule famille.
Loraine est toute ma vie et je tuerai toute personne qui
lui fera du mal. J'en étais même à deux doigts avec son
ex-mari. Je l'aime tellement que je la protège un peu trop
on va dire. Je ne cherche même pas à me caser parce
que je préfère me concentrer sur elle et son bien-être.
Toute ma vie tourne autour d'elle et maintenant de mes
neveux même si ces dernières années j'ai été beaucoup
plus préoccupé par ces bandits mais n'empêche que
j'avais toujours du temps pour eux.
Je rentre dans la maison et la trouve en train de faire la
table. Elle me serre fort dans ses bras quand elle me
voit, c'est sa manière à elle de me faire déstresser et ça
me fait un bien fou.
Loraine : Alors ta journée ?
Moi : Comme d'habitude mais quand je te vois tout
disparait.
Loraine : Ouais je sais que tu es fou de moi mais sérieux
pense à te caser.
Moi : Pas maintenant. Au fait où sont mes neveux.
Jessica (rentrant) : Bonsoir tonton.
Moi (l'enlaçant) : Comment va ma princesse ?
Jess : Bien.
Je sens quelqu'un me sauter sur le dos et
immédiatement je sais que c'est mon petit.
Moi : Ooohh comment va mon champion ? Tu sais que
tu deviens lourd ?
Sam : Oui, maman n'arrête pas de me goinfrer.
Loraine : Merci de m'encourager. Bon tout le monde à
table.
On s'installe et on dine dans une ambiance bonne
enfant. J'aime terminer mes journées comme ça, ça me
réchauffe le cœur. Rien qu'entendre Loraine rire me glace
le cœur. Vous allez peut-être trouver que j'exagère un
peu mais quand tu as vécu seul toute ta vie avec une
personne, que tu dois te battre pour lui assurer une
bonne vie tu ne peux que l'aimer plus que tu ne le
devais. Notre mère est morte quelque temps après que
notre père ait déserté la maison disant vouloir une vie
meilleure. Heureusement que j'avais déjà eu mon BAC
donc je pouvais commencer à chercher du travail. Bon je
ne vais pas revenir sur toutes ces choses, tout ce que
vous devez savoir c'est que j'ai vécu seul avec ma sœur
jusqu'à ce qu'elle rencontre son mari enfin ex-mari
maintenant.
On finit de diner et les enfants montent dans leurs
chambres pour faire leurs devoirs. Je m'installe à la
terrasse dans la sorte de fauteuil balançant et elle me
rejoint avec deux tasses de thé. On le fait chaque fois
que je viens la voir. On passe du temps ainsi à discuter
en sa balançant légèrement.
Loraine : Alors comment ça avance ton enquête ?
Moi : Comme-ci comme ça mais je ne lâche pas l'affaire.
Je finirai par les coincer.
Loraine : Tu ne penses pas qu'il est temps d'oublier
cette histoire ? Ça te donne plus de soucis que tu n'en
as déjà. Ça fait 3 ans maintenant que Bob est mort donc
laisse tomber.
Moi : Je ne peux pas. Je veux que ces gens-là payent
pour ce qu'ils ont fait à mon ami, mon meilleur ami. Ils
l'ont abattue de sang-froid et je compte en faire de
même avec chacun d'eux à commencer par leur chef
d'opération.
Loraine : Ok je pense que je n'arriverai jamais à te
convaincre. Mais tu as pu découvrir maintenant qui
versait de l'argent chaque mois à sa femme et ses
enfants ?
Moi : Non, je cherche toujours. Je ne sais pas pourquoi
cette personne fait ça mais je compte le découvrir et le
remercier. C'est aussi grâce à lui qu'ils arrivent à s'en
sortir en dehors de ce que je leur donne. Dis-moi toi,
toujours pas de prétendant en vue ?
Loraine : Non, je pense qu'il me trouve vieille.
Moi : Ne dis pas ça, t'es magnifique. C'est vrai que je ne
voulais pas que quelqu'un d'autre t'approche après ce
que cet imbécile de Charles t'a fait mais j'ai compris que
tu avais besoin de quelqu'un à tes côtés pour t'aider.
Loraine : Oui je le pense aussi mais je ne vais pas aller
leur courir après comme une désespérée. Je laisse les
choses se faire.
Moi : Si maman était là je pense qu'elle t'aurait fait tout
un discours pour te rappeler (l'imitant) qu'une femme
c'est fait pour être avec un homme donc va à la chasse.
Elle éclate de rire et je la rejoins en passant ma main
autour de ses épaules. Elle pose sa tête sur mon épaule
et nous continuons à nous balancer dans le silence.
Loraine : C'est fou comme elle me manque.
Moi : Moi aussi. Je sais qu'elle est fière de toi.
Loraine : Il n'y a pas de quoi être fière de moi. J'ai plus
de 30 ans et je suis divorcée avec deux enfants de 16 et
12 ans. Ce n'est pas ce qu'elle souhaitait pour moi.
Moi : Mais te voir forte et battante c'est ce qu'elle voulait
pour toi. Tu as hérité de son courage ma puce et sois en
fière. Si aucun homme ne veut de toi moi je te garde
pour moi. De toutes les façons je ne veux partager ton
cœur avec qui que ce soit.
Elle se met à rire et je me sens bien.
Moi : Je t'aime ma petite puce.
Loraine : Je t'aime aussi mon King Kong.
Je me mets à rire et on profite par la suite du silence de
la nuit. Elle m'appelle King Kong parce que je foutais la
trouille à tous les mecs qui l'approchaient. Je ne sais pas
ce que je ne ferai pas pour ma petite sœur. Son prochain
homme devra bien se préparer parce que je ne lui ferait
pas de cadeau...
N'oublie pas d'appuyer sur J'aime
***Loraine***
Moi (hurlant) : Jess, Sam dépêchez-vous de venir
prendre votre petit déjeuner sinon vous serez en retard à
l'école.
Ils descendent les escaliers presqu'en courant et me
rejoignent dans la cuisine où est déjà servi leur petit
déjeuner.
Eux : Bonjour m'man.
Moi : Bonjour mes bébés. Vous allez devoir faire un peu
vite parce que vous êtes déjà en retard. C'est la dernière
fois que vous restez tard devant la télé ou encore devant
vos appareils.
Jess (mangeant) : Mais maman demain est samedi donc
on n'a pas cours.
Moi : Mais aujourd'hui si, quoi tu l'avais oublié ? Et puis
j'attends toujours vos dernières notes pour voir où vous
en êtes. Je ne veux pas être surprise par une moyenne
désastreuse en fin de trimestre donc ce soir je veux
toutes vos feuilles de devoir sur mon lit et ce n'est pas à
discuter. Bon pour ce midi je vous ai fait des pattes.
Sam : Mais maman on peut très bien manger à la
cantine.
Moi : Même pas en rêve. Vous voulez vous intoxiquer
avec ces conneries qu'ils vous préparent sans hygiène
en plus ? Hors de question que mes enfants mangent
dehors alors que je sais utiliser mes dix doigts.
(Déposant leurs paquets) Voici vos repas, comme
d'habitude il y a des fruits et du jus dedans pour le
dessert. Bon debout maintenant, il est temps d'y aller.
Jess : Mais maman on n'a pas encore fini.
Moi : Fallait donc te réveiller tôt maintenant lève ton
popotin et dans la voiture.
Ils s'exécutent et je range rapidement les assiettes salles
dans la machine à vaisselle. Nous montons dans la
voiture et les conduits à l'école. Je gare devant l'école et
je vois un jeune sourire en regardant en direction de la
voiture, je me retourne et vois Jess sourire aussi.
Moi : Ok je veux rencontrer ce jeune.
Jess : Hein ? Quoi ?
Moi : J'ai dit que je voulais le rencontrer à la maison.
Faudrait que je connaisse celui que ma fille fréquente.
Jess : Maman je ne le fréquente pas, c'est juste un ami.
Moi : Raison de plus pour le rencontrer et si c'est un
voyou je lui montrerai sa place.
Elle fronce les sourcils et descend de la voiture Sam la
suivant.
Moi : Quoi il n'y a pas de bisou aujourd'hui ?
Ils montent à tour de rôle dans la voiture à l'avant et
m'embrasse sur la bouche avant de redescendre. Je les
observe partir un moment puis démarre pour le boulot.
Une longue journée m'attend.
Mes journées se déroulent toujours de la même manière.
Je fais le petit déjeuner, je dépose les enfants à l'école,
je file à ma boutique. Le soir venu je fais le même
parcours mais à l'inverse. J'arrive à ma boutique, salut
les filles et file dans mon bureau où je me mets à vérifier
mes dernières commandes. J'ai une boutique de vente
de chaussures que je dessine moi-même. Ma marque
s'appelle Lo' comme Loraine. Mais j'y ai ajouté des
accessoires d'homme (montre, chaussure, ceinture)
dans un endroit de la boutique juste pour diversifier un
peu sinon la boutique entière est rempli de chaussure de
femme, des hauts talons en générale, aussi des
bottillons supers classes. Mes clients sont en générale
des femmes nantis. Soit elles viennent ici les acheter soit
elles commandent en ligne et on leur livre. Je dispose de
4 employées et 2 livreurs. Bon je ne suis pas super riche
mais je m'en sors très bien.
Pourquoi la mode ? Eh bien parce que j'ai vite arrêté
l'école lorsque je suis tombé enceinte de ma fille. Je ne
pouvais plus continuer et comme le père avait un bon
travail il m'a demandé de venir vivre avec lui. Lorsque le
bébé a eu 1 an nous nous sommes mariés et il a refusé
que je reprenne l'école disant que je devais m'occuper
de sa maison et de son enfant. Je n'ai pas trouvé
d'inconvénient puisqu'il me donnait tout ce que je
voulais. Les choses se sont déroulées ainsi jusqu'à ce
que je tombe enceinte de Samuel et que quelques
années plus tard on divorce.
Ne voulant pas toujours dépendre de lui et attendre qu'il
paye la pension des enfants pour vivre j'ai décidé de me
tourner vers mon ancienne passion qui était la mode plus
précisément dans le domaine des chaussures. J'adore
les chaussures, c'est mon dada. J'en ai même toute une
collection qui occupe toute une penderie. Je m'y plais
parce que ça me permet de m'exprimer et de m'évader.
On toc à la porte. C'est surement une de mes
employées. Je lui dis d'entrer.
Sophie : Madame il y a une cliente qui désire que ce soit
vous qui vous occupiez d'elle.
Moi : Ok j'arrive.
J'espère que ce n'est pas une femme qui ne sait pas ce
qu'elle veut parce qu'il y en a qui viennent et c'est à ce
moment qu'elles vont réfléchir et moi je n'ai pas de
temps à perdre.
Je sors à la suite de Sophie et vais rejoindre la cliente.
C'est une jeune fille du genre pipelette.
Moi (souriant) : Bonjour mademoiselle que puis-je faire
pour vous ?
Elle : C'est madame.
Moi : Oh désolé ! C'est juste que je n'ai pas vu d'alliance
donc...
Elle : Ce n'est pas une alliance qui fait de moi une dame,
je le suis et c'est tout.
Ok bon je pense que cette fille ne va pas sortir d'ici
vivante, en tout cas si elle continue ainsi. Je respire un
grand coup et continue la conversation avec un sourire
qui je suis sûr ne va pas tarder à disparaitre.
Moi : Ok, vous avez fait un choix ? Ou avez-vous
quelque chose en tête ?
Elle : Hum qu'est-ce que vous avez ?
Moi : Tout ce que vous voulez. Il y en de toutes les
sortes ici.
Elle : C'est vague comme réponse.
Moi : Ok bon je vais vous demander de sortir de ma
boutique puisque vous ne savez pas quoi faire de votre
journée. Moi j'ai des chaussures à dessiner et une
boutique à faire tourner sur ce bonne journée.
Elle : Non mais c'est une manière de s'adresser à ses
clients. Le client est roi ou vous l'ignorez.
Moi : Allez donc faire votre royauté ailleurs. Les seuls
rois ici sont ceux qui se comportent comme telle. Vous
vous n'êtes qu'une pauvre fille qui a été surprise par une
forte somme d'argent venant sûrement du mari d'une
pauvre dame qui se demande chaque jour si son mari va
bien lorsqu'il est dehors alors que celui-ci est en train de
fourrer son bangala dans un vagin trop petit pour lui.
Maintenant vous sortez de ma boutique où je m'en
occupe moi-même et je peux vous assurer que vous
n'allez pas aimer.
Je la fixe sans cligner des yeux et elle tourne les talons
après avoir pris le temps de bien me lorgner.
Moi (derrière elle) : Merci pour ce compliment. (Voix
basse) Mtchrrrr n'importe quoi.
Je retourne dans mon bureau sous les éclats de rire de
mes employées. Elles savent que quand on exige que ce
soit moi qui fasse l'hôte il faut aller droit au but donc
avant de venir m'appeler elles demandent à la cliente
d'être bien sûr de ce qu'elle va me dire parce qu'on ne
me dérange pas pour rien.
La journée s'achève et je retourne prendre les enfants à
l'école pour ensuite rentrer. Je leur prépare le diner vite
fait qu'ils engloutissent avant que leur salaud de père ne
vienne les prendre pour le week-end. C'est comme ça
qu'on fonctionne. Après notre divorce les enfants n'ont
pas voulu aller vivre avec lui et sa nouvelle femme donc
on a décidé qu'ils restaient avec moi la semaine et les
week-ends ils les passaient chez lui. Les enfants
n'aiment pas trop sa femme mais comme ils aiment leur
père ils font des efforts pour s'entendre avec elle.
On sonne à la porte, c'est lui. Je vais lui ouvrir pendant
que les enfants vont chercher leurs sacs. J'ouvre et lui
tourne le dos le laissant entrer.
Moi : Bonsoir Charles
Charles : Bonsoir Loraine. Comment ça va ?
Moi : Bien.
Je le laisse assis au salon et vais dans la cuisine. Lui et
moi n'avons rien à nous dire donc je ne vais pas faire
semblant d'être super accueillante et tout et tout. Je ne
suis pas hypocrite et je ne le serai jamais. Je fais la
vaisselle et je sens une présence derrière moi.
Charles : Alors tu vas m'éviter comme ça tous les jours
Lo ?
Je me retourne pour lui faire face afin qu'il voit bien mon
visage.
Moi : Primo tu ne m'appelle plus Lo et secundo ne te
crois pas tellement important pour que je puisse t'éviter.
Je n'ai rien à te dire donc je ne vais pas creuser dans
mon esprit pour chercher un sujet de conversation.
Charles : Mais nous sommes des amis.
Moi : Hon hon nous ne sommes pas amis. Nous
sommes les parents de Jess et Sam et c'est tout. Je ne
fais pas partie de celles qui tiennent coute que coute à
être ami avec leur ex-mari juste pour faire bien. Je t'ai
certes pardonné de m'avoir trompé avec ma meilleure
amie et même de l'avoir épousé mais ça ne veut pas dire
pour autant qu'on devient ami.
Il reste encore là à me regarder tandis que moi je lui
tourne le dos pour continuer à ranger mes assiettes. Les
enfants descendent aussitôt et viennent me dire au
revoir en me faisant des bisous à tour de rôle sur la
bouche puis ils partent.
Moi (criant) : Vous allez me manquer mes bébés.
Jess (criant) : Toi aussi maman.
Puis la porte se claque. A chaque fois qu'ils quittent la
maison je ressens un énorme vide. Ils sont toute ma vie
et sans eux je ne suis plus personne. C'est grâce à eux
si j'ai tenu le coup après la trahison de Charles. Quand je
l'ai surpris dans notre lit conjugal avec ma meilleure amie
j'ai senti mon monde s'écrouler mais quand j'ai appris
par la suite qu'ils allaient se marier c'était encore pire. Je
ne savais pas que j'allais retrouver le sourire et même
reprendre goût à la vie. Mais j'y suis arrivée et ça fait
plus de 3 ans que je vis seule avec mes enfants et que je
me suis prise en charge.
Je me sers une coupe de glace et m'installe devant la
télé pour regarder la série Empire que j'ai téléchargé. J'ai
pris toutes les trois saisons et je les regarde chaque soir
après que les enfants soient montés dans leurs
chambres. J'adore Cookie Lyon, son caractère et son
courage mais surtout la manière dont elle met les gens à
leur place. Ça me rappelle vachement quelqu'un.
Je ne sors jamais genre les boites de nuit et autre. J'en
ai passé l'âge et mes seules distractions sont mes
enfants, mon travail et la télé. Je n'ai d'ailleurs pas
d'amis juste des connaissances et ça me va comme ça.
Après le coup de l'autre je pense que je ne suis plus
prête à faire confiance à qui que ce soit. J'aime ma vie
telle quelle est même si un peu de piment ne me ferait
pas de mal mais bon je fais avec ce que j'aie.