Summer.
" Si tu veux savoir avec qui ton mari couche, retrouve moi à l'hôtel le Pharaon à 19h, chambre 201. "
Je repose mon téléphone d'une main tremblante, mon sourire disparaît et la seule chose que je parviens à faire c'est de tourner la tête vers la fenêtre. Je regarde les voitures passées, mon cœur vide de tout ressentiment. En fin de compte, je suis soulagée. Oui, un profond soulagement, c'est ce que je ressens. Mon mari me trompe et tout ce que j'éprouve à cet effet est un profond soulagement. J'éclate de rire dans la salle de réception, et tous les regards se tournent vers moi. Ma réceptionniste me regarde surprise, j'arrive même à voir l'inquiétude dans ses yeux. Je me racle la gorge et je dépose le dossier sur la table de ma secrétaire, l'agent d'entretien et elle se lancent des regards perplexes. Mais je fais mine de ne pas le remarquer, je lève la tête sur l'horloge, il est 18h.
" Vous pouvez partir, nous avons terminé pour aujourd'hui. "
" Mais madame... " Tente ma secrétaire.
Je lève la main pour l'empêcher de continuer, puis je retourne à mon bureau prendre mon sac. J'ai donc cinquante-huit minutes pour arriver à l'hôtel, surprendre mon mari en plein adultère. Je sors du bureau et je me dirige vers le parking d'un pas pressé. Mais pourquoi le suis-je d'ailleurs ? Tu es pressée de mettre fin à cette mascarade et tu le sais. Me hurle une voix dans ma tête. Je l'ignore et je démarre la voiture en direction du centre-ville. Et si c'était un piège ? Après tout Connor n'est pas le genre d'hommes à tromper sa femme, ça pourrait être un coup de ses détracteurs, il est le fils d'un politicien, il en a plusieurs. Mais je sais au fond de moi que c'est faux, j'ai vu les signes, le rouge à lèvres sur le col de sa chemise, le parfum féminin et les préservatifs dans la poche de sa veste. Mais j'ai choisi de les ignorer, parce que c'était mieux pour moi, ça me consolait de savoir qu'il trouvait ailleurs ce que j'étais incapable de lui donner. Je freine brusquement lorsque je manque de renverser un homme, mes cheveux recouvrent mon visage et je serre le volant de toutes mes forces. Il frappe sur le capot de ma voiture et me fait un doigt d'honneur.
" Je suis désolée. " M'excusais-je.
Il continue de m'insulter et je démarre, j'arrive à me sentir mal à cause des injures de cet homme, mais je ne ressens toujours rien pour mon mari qui m'a trompé. Je suis une personne affreuse. Quarante minutes plus tard, je gare ma voiture devant l'hôtel pharaon, un hôtel de luxe rien que ça ! Connor n'a jamais fait dans la dentelle, alors pourquoi suis-je surprise ? Je reste longtemps assise dans la voiture, ne sachant pas quoi faire, je rentre ? Il faut que j'en ai le cœur net. Je descends de la voiture et le vent me fouette le visage et les cheveux, la pluie se met à tomber. Génial ! Je serre les mains sur ma poitrine, la robe que je porte n'est certainement pas adaptée à ce genre de climat. Je marche jusqu'aux portes de l'hôtel, après un instant d'hésitation, je pénètre au sein de l'hôtel. Je fais fis des regards curieux autour de moi, trempée jusqu'aux os, mon mascara a sans doute coulé, je dois faire peine à voir. Mais je m'en moque, je presse le bouton de l'ascenseur qui s'ouvre et je m'engouffre à l'intérieur, je presse le bouton du deuxième étage et je pose ma tête contre le mur. Bon sang ! Mon esprit est vide, totalement dénué de tout sentiment, lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrent, je sors d'un pas déterminé, je ralentis l'allure lorsque je réalise que je suis devant la chambre 201. Je regarde la clé magnétique que je tiens dans la main depuis que j'ai quitté la voiture. J'insère la clé dans la porte et j'entre dans la chambre. La scène qui se joue alors devant moi me glace le sang, mais aucune émotion ne se lit sur mon visage. Mon mari, Connor, est au lit avec son assistante, il lui fait l'amour avec une ardeur et un enthousiasme qu'il n'a jamais manifestés avec moi. Elle est couchée sur le ventre, les fesses en l'air et mon mari est clairement en train de la sodomiser. Les grognements animals qu'ils poussent tous les deux me font comprendre qu'ils doivent adorer ça. Je regarde sa verge coulisser à l'intérieur de la fille, c'est quoi son nom déjà ? Barbie ? Britney ? Elle a clairement une tête à s'appeler Barbie, ce n'est pas juste à cause de ses cheveux blonds et de son amour pour le rose. Je plisse les yeux, elle est la première à remarquer ma présence, je vois dans son regard qu'elle n'est même pas surprise de me voir, je comprends alors que c'est elle qui m'a fait parvenir ce petit mot.
" Oh mon Dieu madame Anderson. " Dit-elle en échappant à la prise de mon mari et en se couvrant la poitrine.
Elle semble apeurée, j'y croirais presque si je n'avais pas vu cette lueur malsaine dans ses yeux. Malgré les bras qui recouvrent ses seins, je parviens toujours à voir ceux-ci, il faut dire, ils sont énormes, Connor aime les seins, plus ils sont gros, mieux c'est. Malgré moi, je regarde ma petite poitrine et une moue de dépit se dessine sur mon visage, puis je pose les yeux sur Connor. Il a le visage d'un gosse pris en train de faire une bêtise, ce qui est d'ailleurs le cas. Je regarde ses yeux, qui m'ont totalement fait craquer quelques années auparavant, je me suis perdue dans ce regard bleu, un océan dans lequel je pouvais me noyer sans peur. Un océan qui est trouble en ce moment. L'eau me recouvre la vue, je me passe la main sur le visage et je le regarde une dernière fois, je pose la clé sur la table à côté de moi, puis je lui dis.
" Mes avocats te contacteront pour les papiers du divorce. "
Aucune émotion dans ma voix, aucune émotion dans mes yeux, je me tourne pour regagner la sortie.
" Sum attends. "
Je marche droit devant moi comme si ce n'était pas à moi qu'il s'adressait, je marche jusqu'à l'ascenseur et j'appuie sur le bouton d'appel. Connor me rejoint quelques minutes plus tard, vêtu d'un peignoir.
" Sum, tu ne peux pas mettre fin à deux ans de mariage comme ça. "
" Je vais me gêner. "
" C'était une erreur d'accord, une énorme connerie, cette fille ne compte même pas. "
Je regarde par-dessus son épaule et je croise le regard triste de l'assistante, j'ai presque de la peine pour elle.
" Je m'en moque Connor, tu es libre maintenant de faire ce que tu veux ! Quant à moi, je ne veux plus jamais te voir. "
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et lorsque j'essaye d'y entrer, Connor me retient par le bras d'une poigne dure.
" Bien sûr, tu sautes sur l'occasion pour te séparer de moi, parce que tu ne m'as jamais réellement aimé, j'ai passé tout mon temps à être comparé à lui ! Mais laisse moi te dire une chose, si tu n'es pas à moi, tu ne seras pas à lui non plus ! "
La haine et le ressentiment que je vois dans ses yeux, je ne les avais jamais vus auparavant. Je retire ma main d'un geste sec et les portes de l'ascenseur se verrouillent. Les mains tremblantes, j'appelle la seule personne à qui j'ai envie de parler en ce moment. Il répond à la troisième sonnerie, je ne sais pas quelle heure il est à Sydney, j'ai sans doute dû le réveiller.
" Allô ma souris ? "
Summer.
" Les passagers en direction de Sydney sont priés de se rendre à la salle d'embarquement. "
Je regarde mon billet d'un air absent, puis je me lève comme tout le monde et je marche jusqu'à la salle d'embarquement. Après discussion avec Camden, nous avons convenu que j'irai passer quelque temps chez lui, le temps de reprendre le dessus. Enfin convenu est un trop bien grand mot, vu qu'il m'a menacé en disant qu'il allait venir me chercher par la peau des fesses et me faire monter dans un avion. Je souris en repensant à cette conversation, il est comme ça Camden, il ordonne et on obéit. C'est d'ailleurs lui qui a fait réserver ce billet, il ne sait pas que j'arrive aujourd'hui, j'ai retardé mon vol de quelques temps pour une raison que je préfère faire pour le moment.Je montre mon billet à l'hôtesse d'accueil qui me sourit et le regarde.
" Vous êtes en première classe madame, mon collègue va vous y conduire. "
Je souris gênée, je n'ai même pas fait l'effort de lire le billet, à ce moment j'en veux vraiment à Camden, je lui avais demandé de ne pas en faire trop, mais comme toujours, il n'en fait qu'à sa tête ! Le steward s'empare de ma valise et me conduit dans l'avion, en première classe. Un luxe que je pouvais uniquement me permettre avec mon mari et mon frère, un célèbre joueur de football. Il me propose une coupe de champagne que je refuse, puis il disparaît discrètement. Je m'enfonce dans le fauteuil et je ferme les yeux en attendant que l'avion décolle. Paris-Sydney est un très long voyage. Lorsque l'avion décolle, je pousse un soupir et j'ouvre les yeux, je regarde l'avion quitter le tarmac, dans quelques heures, je serais avec lui. Je ferme à nouveau les yeux et mes souvenirs remontent à notre première rencontre.
C'était au lycée, j'étais en seconde et lui en terminale. Il était le sportif le plus adulé et aimé de tous, la superstar du lycée, star montante de football américain et moi j'étais la petite fille qui se cachait derrière ses bouquins à la bibliothèque. J'adorais lire, d'ailleurs, c'est toujours le cas. Je lisais toutes sortes de livres, livres fantastiques, romans d'amour, des livres sur le développement personnel. J'en étais vraiment mordue. Un jour, alors que la sirène avait sonné, j'avais un peu trop tardé à la bibliothèque et j'étais en retard pour mon cours. J'ai couru de toutes mes forces pour arriver en classe, je n'ai pas eu le temps de voir cette armoire à glace qui était devant moi et je me suis heurtée violemment à lui. Ça a fait un énorme bruit, je suis restée un instant par terre, secouée par la brutalité du choc. Mes cheveux ont recouvert mon visage, et mes lunettes ont quitté mon nez pour se retrouver par terre.
" Ça va ? "
Je dégage les cheveux de mon visage et je prends ma paire de lunettes que me tend l'armoire à glace. Lorsque je rencontre son regard après avoir mis mes lunettes, pendant un instant, j'en ai eu le souffle coupé. Il me regardait d'un air inquiet, tout en souriant d'un air rassurant.
" Tu devrais regarder où tu mets les pieds tu sais, j'aurais pu te faire encore plus mal. Prends soin de toi. "
Il était magnifique, une beauté à couper le souffle, les filles n'étaient pas folles de lui pour rien, il avait un tel charme qu'il éclipsait tous les autres garçons autour de lui et ses fossettes mon Dieu ! C'est indécent d'être aussi beau, ça devrait être interdit même. Je le regarde avec tellement d'insistance que ça en devient gênant, il m'aide à ramasser mes affaires puis s'en va, sans un regard en arrière. J'ai passé tout le reste de la journée à rêvasser, Camden, la superstar du lycée m'avait adressé la parole, il m'avait dit de prendre soin de moi. Beaucoup de filles à ma place s'en seraient vantées auprès de leurs amies, mais moi je n'avais pas vraiment d'amis. Sauf mes livres et mon frère Gabe. Gabe qui déteste Camden, parce qu'il trouve qu'il se la pète trop. Pourtant des deux, c'est Gabe que je trouve le plus chiant, il fait partie de l'équipe de football , il en est même le capitaine, tout comme Camden est le capitaine de l'équipe de football américain. Mon frère et Camden se livrent une guerre sans merci, pour quelle raison je l'ignore et je ne veux absolument pas savoir. Une semaine plus tard, alors que je me trouvais dans la salle d'étude, derrière un livre, quelqu'un a tiré une chaise devant moi et s'est installé en face de moi. D'abord surprise, j'ai continué de lire jusqu'à ce qu'il m'adresse la parole.
" Tu es toujours ici dans cette bibliothèque, cachée derrière tes livres. On dirait presque une petite souris à te cacher dans tous les recoins. "
Il a baissé mon livre et a plongé son regard dans le mien, avec un sourire d'ange. Je suis tombée amoureuse de son sourire, de sa simplicité, parce qu'au-delà des apparences, j'arrive à sentir sa simplicité, même s'il la cache derrière une étrange indifférence.
" D'ailleurs, J'ai décidé qu'à partir de maintenant, je vais t'appeler ainsi. Tu seras ma petite souris. "
Et c'est depuis ce jour qu'il m'appelle ainsi, je suis devenue sa petite souris et lui, il est l'homme dont je suis amoureuse depuis mes quinze ans. Oui, je suis folle amoureuse de mon meilleur ami, j'ai toujours fait taire ces sentiments pour ne pas perdre son amitié. Il me voit comme sa petite sœur et je me contente de ce rôle. Je sais, je suis pathétique. Même Connor l'a remarqué, mais ses propos sont injustes. J'ai tout fait pour que ce mariage fonctionne, tout fait pour me sortir Camden de la tête. Alors m'accuser moi de n'avoir rien fait pour sauver notre mariage ? L'avion atterrit des heures plus tard à Sydney, lorsque je sors de l'aéroport, je regarde ma montre et il est encore assez tôt, il ne doit pas encore être rentré du travail, alors je vais directement aller à son bureau. Je hèle un taxi qui me conduit au centre-ville. Nous roulons en silence, après quarante minutes de trajet, j'aperçois enfin l'immeuble qui abrite les locaux de l'entreprise de Camden. Il a fait carrière dans le sport, puis a dû s'arrêter à cause d'une blessure, il a donc ouvert une entreprise de construction, qui cartonne plutôt très bien.
" C'est ici que vous descendez ? " Siffle le chauffeur. " Il paraît que tous ceux qui travaillent ici sont pleins aux as. Ne parlons pas de leur boss, un ancien joueur de football américain, son entreprise fonctionne plutôt bien on dirait. "
Je ne réponds pas et je descends du taxi en réglant la course, je reste un instant figée devant cet immeuble, oui, ça ne fait aucun doute que Camden à réussi dans les affaires, lorsqu'il avait dit qu'il s'en sortait bien, ce n'était qu'une pâle réponse face à ce qu'il en est réellement. Combien d'employés compte cette entreprise ? Moi avec mon petit bureau en France où j'ai fuit pour ne plus avoir à le voir, je fais pâle figure face à ça. Je traîne ma valise jusqu'à l'accueil, je fais un petit tour sur moi-même, les étoiles dans les yeux. C'est gigantesque et magnifique, je suis tellement fière de lui. Je marche jusqu'à la réceptionniste qui me regarde d'une drôle de manière. Ah oui, j'oubliais je me suis coupée les cheveux très courts, une coupe garçonne, pourquoi ? Parce que Connor adorait mes longs cheveux et que je ne voulais plus rien qui me rappelle notre mariage. Ensuite, j'ai troqué mes tailleurs de marque pour un jean et un t-shirt, comme quand j'étais à l'université. J'ai sans doute rajeuni de quelques années.
" Bonjour. " Lui dis-je d'une petite voix. " Pourrais-je voir Camden Lloris s'il vous plaît ? "
Elle me lance un regard peu amène, se demandant sans doute comment quelqu'un comme moi peut prétendre rencontrer son patron.
" Vous avez rendez-vous ? "
" Non, mais... "
" Alors je ne peux rien pour vous. " Me coupe-t-elle d'un ton sec.
" Vous ne comprenez pas, je suis son amie et... "
" Puisque vous êtes amis, alors appelez-le. "
Je regarde la femme en face de moi et je secoue la tête, elle est agaçante, mais elle a raison, je devrais l'appeler. Lorsque je sors mon téléphone, je réalise soudain qu'il est éteint.
" Fais chier ! " Murmurais-je.
Je croise le regard furieux de la réceptionniste, elle secoue la tête dépitée.
" Écoutez, des groupies comme vous, j'en connais. Vous arrivez ici en pensant qu'en mentant que vous connaissez monsieur Lloris, la porte vous sera ouverte, mais vous savez quoi ? C'est un homme très occupé qui n'à pas de temps à perdre avec des filles faciles ! Et moi non plus alors allez-vous en ! "
" Je comprends qu'il s'agisse de votre travail, mais vous vous trompez. Nous sommes vraiment amis, j'ai fait tout ce trajet depuis la France pour lui faire une surprise. "
" Très bien, j'appelle la sécurité. "
Elle fait signe à quelqu'un derrière moi et je plisse les yeux.
" C'est ridicule, je veux juste voir Cam. Vous ne pouvez pas... "
Une main se pose sur mon épaule et me pousse vers la sortie.
" Vous n'avez pas le droit ! "
Alors que j'essaye d'échapper à cette main, le colosse me porte me jette sur son épaule comme si je ne pesais rien. La tête en bas, les pieds en l'air, je le frappe aussi fort que je peux, mais je sais bien que ça sert à rien, il est beaucoup trop fort. Cette scène pour le moins surréaliste commence à attirer les regards, j'ai vraiment l'impression de me donner en spectacle. Les murmures s'élèvent autour de moi, j'ai vraiment honte. Soudain, une voix que je reconnaîtrai entre mille se fait entendre.
" Lâchez-la ! "
Je lève la tête et croise son regard, mes yeux l'ont tout de suite repéré, l'effet de sa beauté sur moi coupe toujours autant le souffle. Je lui souris, il ne me rend pas mon sourire. Le colosse me fait tout doucement descendre de ses épaules, je souris à nouveau. Camden avance vers moi d'un pas hésitant, pourquoi semble-t-il aussi distant ? J'ai besoin de lui alors je cours dans ses bras, mais alors que je suis sur le point de le toucher, tout devient noir autour de moi, la dernière chose que j'entends, c'est lui m'appelant avec inquiétude.
Camden.
" Sum reveille-toi putain ! "
Je regarde le visage paisiblement endormi de Summer ne sachant pas comment réagir, j'ai couru aussi vite que j'ai pu pour l'empêcher de se cogner la tête par terre. Qu'est-ce qu'elle fait ici ? Elle était censée venir il y'a de cela plusieurs jours, j'ai même fini par penser qu'elle ne viendra plus. Bordel ! Elle est totalement frigorifiée. Mes employés se regroupent autour de nous, ce qui me gonfle au plus haut point ! La dernière chose dont elle ait besoin c'est de tout ce monde autour d'elle. Il lui faut de l'air bon sang ! Ce que je peine encore à comprendre, c'est ce qu'elle faisait sur les épaules de l'agent de sécurité. Mais ce n'est pas le moment de se préoccuper de ça. Je la soulève dans mes bras, elle ne pèse presque rien. Ce constat m'arrache une grimace. Summer ne s'alimente pas comme elle devrait.
" Demandez à Franck de venir tout de suite à mon bureau. " Dis-je en me tournant vers la réceptionniste.
" Bien monsieur. "
Franck est le médecin de l'entreprise, il examinera Summer dans mon bureau pour que je puisse savoir ce qu'elle a. Je pousse la porte de mon bureau et je la referme d'un coup de pied sous le regard ébahi de ma secrétaire, j'allonge délicatement Sum sur l'un des canapés en cuir de mon bureau, comme si elle était une petite chose délicate. Je m'agenouille près d'elle et je lui caresse la tête. Elle a l'air si faible, je n'imagine même pas ce qu'elle a enduré à cause de ce fils de chien. Je serre le poing furieux, comment un homme normalement constitué peut penser ne serait-ce qu'un seul instant tromper quelqu'un comme Summer ? C'est la personne la plus douce et la plus pure qu'il m'ait été donné de rencontrer. Je dépose un baiser sur son front et je vais m'assoir sur le fauteuil en face du sien, je la regarde, ça va faire quatre ans que nous ne nous sommes pas vu. Quatre longues années durant lesquelles la seule chose que je pouvais faire était de lui parler par écran interposé, il y'a bien sûr eu cette fois où je me suis rendu à Paris pour rencontrer ce connard qui l'a trompé, je n'ai jamais pu le sentir ce mec de toute façon, mais je garantis qu'il va me le payer. Je regarde attentivement son visage, il est couvert de cernes, bon sang ! Mais que lui a fait cette ordure. Je n'avais pas remarqué qu'elle s'était coupée les cheveux, très courts. Je ne me serais jamais douter qu'un jour elle couperait ses longs cheveux noirs qu'elle affectionnait tant. Loin de l'enlaidir, cette coupe de cheveux dégage son visage et fait ressortir sa magnifique tête ovale. Mes yeux continuent leur descente sur son corps et se posent sur sa poitrine. Elle porte un énorme pull, qui malgré tout n'arrive pas à cacher ses rondeurs. Quand nous étions au lycée et plus encore à l'université, Summer avait une taille fine, de petits seins et de petites fesses. Je ne me serais jamais douté que son corps se développerait de la sorte. Bordel ! Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Elle est ta petite sœur, alors arrête de la regarder comme ça.
La porte de mon bureau s'ouvre sur Franck, je me lève en sursautant et je marche vers lui.
" Mais qu'est-ce que tu foutais bordel ? "
" J'étais à ma pause déjeuner, qu'est-ce qui se passe ? Qui est cette jeune fille ? "
" Summer, elle a perdu connaissance, ça doit faire dix minutes. "
" Merde ! J'ai oublié mon matériel. " Dit Franck en me regardant d'un air désolé.
Il s'en va avant que je ne puisse dire quelque chose, il fait bien parce que j'aurais pu lui casser la gueule. Summer se met à remuer et ouvre les yeux, j'accourt vers elle et lui prend le bras.
" Hey. " Dit-elle d'une petite voix.
" Putain Sum ! As-tu la moindre idée de la frayeur que tu m'as faite ? Qu'est-ce qui t'es arrivé bon sang ? "
" Désolée, c'est sans doute une baisse de tension, j'ai sous-estimé mon endurance. "
" Ça fait combien de jours que tu n'as pas dormi ? "
Elle évite mon regard et baisse la tête, je sens mon sang bouillir dans mes veines. Qu'est-ce que ce fumier lui a fait bon sang ?
" Summer depuis combien de temps n'as-tu pas dormi ? "
" Depuis la dernière fois que nous nous sommes parlés. " Dit-elle en se mordant la lèvre.
Malgré moi, mes yeux s'arrêtent sur ce mouvement oh que combien sexy. Elle se passe doucement la langue sur la lèvre et je trouve ce geste hautement sensuel, je secoue la tête lorsque je me rends compte de ce qu'elle vient de me dire.
" Une semaine ? Tu plaisantes pas vrai ? "
" J'étais morte de peur, il m'a menacé, il a juré qu'il me tuerait ! " Hurle-t-elle apeurée.
" Celui qui va buter ce sale chien, c'est moi. "
La porte de mon bureau s'ouvre à nouveau sur Franck les bras chargés d'une énorme mallette. Il nous regarde tour à tour d'une étrange manière, puis un sourire se forme sur ses lèvres et il s'avance vers Summer.
" Vous êtes réveillée, magnifique, j'ai bien cru que Cam allait m'arracher la tête. Comment vous sentez-vous ? "
Franck s'assoit et sort son matériel de médecin, je recule pour leur laisser de l'espace.
" Je ne pense pas que ce soit grave, je dirais que c'est juste une baisse de tension. " Dit Summer en se laissant examiner.
" Tu m'étonnes ! Ça fait des semaines que tu n'as pas dormi souris. "
" Souris ? " Demande Franck en haussant un sourcil.
Summer et moi nous regardons dans les yeux et éclatons de rire, puis nous répondons en même temps.
" C'est une longue histoire. "
Franck nous lance un coup d'œil suspect, puis range son matériel.
" Je ne vous rien d'anormal, c'était peut-être une baisse de tension. Mais pour nous en assurer vous allez devoir passer ces examens. "
Je lui prends l'ordonnance des mains et je la lis, lorsque je lève la tête, je les surprends à discuter et à rigoler ensemble. Ça fait si longtemps que je ne l'avais pas attendu rire que je reste un instant médusé. Je plonge dans des souvenirs que j'avais enfouie dans ma mémoire depuis des années, des éclats de rire nos moments de joie. Je réalise en ce moment précis à quel point mon amie m'a manqué. Mais quelque chose me titille aussi, le regard que lui lance Franck, celui d'un prédateur prêt à bondir sur sa proie. Ne se rend-elle pas compte qu'il lui mange littéralement dans la main ? Je me racle la gorge et ils se tournent dans ma direction.
" Tu n'as rien d'autre à faire Franck ? "
" À vrai dire non, pourquoi ? "
Je secoue la tête sans rien dire, là en ce moment mon ami est vraiment en train de me taper sur le système.
" Cam ? Je pense que je vais aller à mon hôtel pour me reposer, on se voit quand tu rentres ? "
" Ton hôtel ? C'est quoi ces conneries ? Il est hors de question que tu restes dans un hôtel. Tu vas venir chez moi. "
" Chez toi ? Mais je... "
" Discute pas, tu viens et c'est tout. Je vais demander à mon chauffeur de te déposer à la maison, on pourra parler ce soir, quand tu seras un peu plus reposée. "
Elle semble mal à l'aise, pour une raison que j'ignore. J'appelle mon chauffeur et je lui demande de venir chercher Summer. Je la protégerai de cette crapule.