Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Romance > Amélie: Le Pacte de l'Argent
Amélie: Le Pacte de l'Argent

Amélie: Le Pacte de l'Argent

Auteur:: Alistair Crane
Genre: Romance
« Amélie, pour la centième fois, largue ce type. » Ma meilleure amie, Chloé, déposait son verre de vin avec fracas, me rappelant la vie tranquille que je menais à Paris. Puis, une révélation glaçante est tombée, non pas de Chloé, mais d' autres voix, d' autres échos du passé. Louis, mon Louis amnésique, mon amour, n' était qu' un imposteur, un manipulateur cynique, me jetant aux requins de sa famille sans un regard en arrière. J' ai vu son mépris, senti son abandon, et ma vie s' est brisée en mille morceaux, me poussant au bord du gouffre, jusqu' à l' acte irréparable. Pourquoi ? Pourquoi cette cruauté ? Quel crime avais-je commis pour mériter un tel sort ? Mais le destin, parfois, offre une seconde chance. Je me suis réveillée, non pas dans l' au-delà, mais dans mon petit appartement parisien, trois mois avant notre première rencontre. Cette fois, je choisirais l'argent, pas l'amour.

Introduction

« Amélie, pour la centième fois, largue ce type. »

Ma meilleure amie, Chloé, déposait son verre de vin avec fracas, me rappelant la vie tranquille que je menais à Paris.

Puis, une révélation glaçante est tombée, non pas de Chloé, mais d' autres voix, d' autres échos du passé.

Louis, mon Louis amnésique, mon amour, n' était qu' un imposteur, un manipulateur cynique, me jetant aux requins de sa famille sans un regard en arrière.

J' ai vu son mépris, senti son abandon, et ma vie s' est brisée en mille morceaux, me poussant au bord du gouffre, jusqu' à l' acte irréparable.

Pourquoi ? Pourquoi cette cruauté ? Quel crime avais-je commis pour mériter un tel sort ?

Mais le destin, parfois, offre une seconde chance. Je me suis réveillée, non pas dans l' au-delà, mais dans mon petit appartement parisien, trois mois avant notre première rencontre. Cette fois, je choisirais l'argent, pas l'amour.

Chapitre 1

Ma meilleure amie, Chloé, a posé son verre de vin avec un bruit sec sur la table basse.

« Amélie, pour la centième fois, largue ce type. »

J'ai souri en remuant la sauce dans la casserole, une odeur d'oignons et de tomates remplissant mon petit appartement parisien.

« Chloé, sois gentille. Louis a juste besoin de temps. L'amnésie, c'est compliqué. »

« L'amnésie ? Mon œil ! » s'est-elle exclamée en se levant pour faire les cent pas. « Il est beau, c'est vrai. Mais il squatte chez toi depuis trois mois, ne paie rien, et prétend avoir perdu la mémoire. Ça ne te semble pas être la définition parfaite d'un gigolo ? »

J'ai haussé les épaules, jouant la carte de la jeune femme amoureuse et un peu naïve.

« Il n'est pas comme ça. Il est doux, il est attentionné. »

Chloé a levé les yeux au ciel.

« Il est attentionné parce que tu lui offres le gîte et le couvert ! Réveille-toi, Amélie. Tu mérites mieux qu'un parasite, même s'il a des abdos parfaits. »

J'ai continué à sourire, mais intérieurement, je jubilais. Chloé jouait son rôle à la perfection, sans même le savoir. Elle était la voix de la raison, l'amie inquiète que toute fille dans ma situation devrait avoir. Si seulement elle savait que j'étais parfaitement d'accord avec elle.

Larguer Louis ? Il n'en était pas question. Pas avant d'avoir touché le jackpot.

Ce soir-là, après que Chloé soit partie en secouant la tête de désespoir, Louis est rentré. Il portait un simple t-shirt blanc et un jean usé, le genre de tenue qui criait « étudiant fauché ». Il avait l'air fatigué.

« Ça a été, ta journée de recherche d'emploi ? » ai-je demandé avec une douceur mielleuse.

Il a hoché la tête, un air sombre sur son visage magnifique.

« Rien de concluant. C'est difficile sans souvenirs, sans papiers... »

Je l'ai pris dans mes bras, lui caressant le dos.

« Ne t'inquiète pas. Tout va s'arranger. Reste ici aussi longtemps que tu le voudras. »

Il m'a serrée plus fort.

« Tu es un ange, Amélie. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »

J'ai failli éclater de rire. Un ange, moi ? J'étais tout le contraire.

Plus tard dans la nuit, alors que je faisais semblant de dormir, je l'ai entendu se lever. Il est allé sur le petit balcon qui donnait sur la cour intérieure. J'ai tendu l'oreille, mon cœur battant non pas d'angoisse, mais d'une excitation pure.

C'était le moment que j'attendais.

Sa voix était basse, complètement différente de celle, douce et hésitante, qu'il utilisait avec moi. Elle était froide, autoritaire.

« Tout est en place ? »

Une pause. Il écoutait son interlocuteur à l'autre bout du fil.

« Bien. Maintenant que ces poissons ont mordu à l'hameçon, il est temps de rentrer et de ramasser le filet. L'opération a assez duré. »

Mon corps tout entier a frémi de joie. Le filet. J'étais le petit poisson qui attendait s'être fait ramasser.

Puis, j'ai entendu la voix de son assistant, étouffée par le téléphone, mais la question était claire.

« Et Mademoiselle Dubois, qu'allez-vous faire d'elle ? »

Le rire de Louis a été court et méprisant.

« Elle ? Elle est obsédée par l'argent. Un chèque suffira à la faire partir. Elle ne fera pas de vagues. »

J'ai enfoui mon visage dans l'oreiller pour étouffer un cri de pur bonheur. J'ai dû mordre le tissu pour ne pas rire aux éclats.

Obsédée par l'argent ? Oh, oui. Totalement.

Et ce chèque, j'allais m'assurer qu'il soit assez gros pour acheter la moitié de Paris.

J'allais enfin devenir riche.

Pendant les jours qui ont suivi, j'ai continué ma comédie. Je lui préparais ses repas, je lavais ses vêtements, je l'écoutais se plaindre de son « amnésie » avec une patience infinie. Chaque geste de fausse tendresse était un investissement.

Je l'ai même suivi une fois, juste pour être sûre. Il a rencontré son « assistant » dans un café chic près des Champs-Élysées. L'assistant, un homme en costume impeccable, lui a tendu une mallette. Louis l'a ouverte, a vérifié le contenu, et a hoché la tête avec un air de patron. Pas l'ombre d'un amnésique fauché.

Le soir, il revenait dans mon petit appartement, reprenait son rôle de pauvre homme perdu, et me regardait avec des yeux pleins d'une fausse adoration.

C'était presque comique.

La conversation finale, celle qui a scellé mon destin, a eu lieu une semaine plus tard. Encore une fois, sur le balcon, au milieu de la nuit. J'étais devenue une experte pour faire semblant de dormir.

« L'accord est finalisé. Grand-père est satisfait, » a dit Louis, sa voix tranchante comme une lame.

« Excellent, Monsieur Bernard. Pour Mademoiselle Dubois, le montant du chèque ? »

Il y a eu un silence. J'ai retenu mon souffle. Allez, Louis, ne sois pas radin.

« Laisse-le en blanc, » a-t-il finalement dit, avec une pointe d'agacement. « Qu'elle écrive ce qu'elle veut. Ça m'est égal. Je veux juste qu'elle disparaisse de ma vie. Elle n'est qu'un détail insignifiant. »

Un détail insignifiant.

Un chèque en blanc.

J'ai cru que mon cœur allait exploser. J'ai dû me concentrer pour ne pas sauter du lit et danser la gigue.

Cette nuit-là, je n'ai pas dormi. Je suis restée allongée, les yeux grands ouverts dans le noir, un sourire immense étiré sur mon visage. Je repassais en boucle les mots « chèque en blanc ». Je pensais aux robes de haute couture, aux appartements avec vue sur la Seine, aux voyages en première classe.

Je pensais surtout à ma revanche. Une revanche si douce et si lucrative.

Louis Bernard, l'héritier charismatique et manipulateur, pensait me jeter comme une vieille chaussette avec un peu d'argent.

Il n'avait aucune idée que c'était exactement ce que j'attendais depuis le début. Il n'avait aucune idée que j'allais le plumer jusqu'au dernier centime, et le faire avec le plus grand des plaisirs.

Chapitre 2

Si Chloé ou n'importe qui d'autre avait connu ma vie antérieure, ma réaction aurait semblé parfaitement logique.

Car oui, j'étais morte une fois. Et j'étais revenue.

Dans ma première vie, j'étais Amélie Dubois, la romantique, la naïve. Une jeune étudiante en design de mode qui croyait aux contes de fées. Et mon prince charmant s'appelait Louis Bernard.

Notre rencontre, la première fois, avait été identique à celle-ci. Je l'avais trouvé sous la pluie, désorienté, prétendant avoir perdu la mémoire. Mon cœur de midinette n'avait fait qu'un bond. Un bel inconnu en détresse ? C'était le début d'une grande histoire d'amour, j'en étais sûre.

Je l'avais recueilli, soigné, aimé. J'avais vidé mon maigre compte en banque pour lui acheter des vêtements, pour le nourrir. Je croyais en lui, en nous. Il était mon monde. Je dessinais des robes de mariée en pensant à lui, en rêvant du jour où je porterais l'une d'elles pour lui.

Puis, un soir, des voitures noires et luxueuses s'étaient arrêtées devant mon immeuble modeste. Des hommes en costume en étaient sortis. Louis, mon Louis fauché et amnésique, s'était redressé. Son expression avait changé, devenant froide et distante.

Il était Louis Bernard, l'unique héritier du puissant groupe Bernard.

Son grand-père, un vieil homme au regard d'acier, m'avait toisée de haut en bas, comme si j'étais une ordure sur son soulier verni.

Ils m'avaient offert de l'argent pour que je disparaisse. Une somme qui, à l'époque, me paraissait astronomique.

Mais j'étais amoureuse. Tellement amoureuse et stupide.

« Je ne veux pas de votre argent, » avais-je sangloté. « Je veux Louis. »

Je n'oublierai jamais le regard de Louis à ce moment-là. Pas de la pitié, pas de l'amour. Juste un mépris glacial. Un amusement cruel. Comme si j'étais un insecte particulièrement stupide qu'il venait d'écraser.

Il est parti sans un mot, me laissant en larmes au milieu de mon petit appartement qui sentait soudain la pauvreté et l'humiliation.

Mais je n'ai pas abandonné. J'étais folle. J'ai utilisé les médias, j'ai raconté notre histoire, j'ai prétendu être enceinte. Je voulais le forcer à revenir, le forcer à m'aimer.

Et d'une certaine manière, j'ai réussi. Pour éviter le scandale, la famille Bernard a accepté le mariage.

Ce fut le début de mon enfer.

Mon mariage n'a été qu'une longue et douloureuse torture. Louis me méprisait. Il m'ignorait, m'humiliait en privé et en public. Il rentrait tard, l'odeur du parfum d'autres femmes sur ses vêtements. Sa maîtresse, une mannequin célèbre nommée Sophie Laurent, ne se cachait même pas. Elle m'envoyait des photos d'eux, m'appelait pour me narguer.

Louis, lui, s'amusait de ma douleur.

« Tu voulais être Madame Bernard, non ? » me disait-il avec un sourire sadique. « Alors assume. C'est le prix à payer. »

Il a retourné l'opinion publique contre moi. De la pauvre fille abandonnée, je suis devenue la croqueuse de diamants, la femme avide qui avait piégé un riche héritier. Personne ne croyait à ma souffrance. Mes parents eux-mêmes étaient gênés, me suppliant de supporter en silence pour préserver le peu de dignité qu'il me restait.

J'ai sombré. La dépression m'a dévorée de l'intérieur. Les couleurs ont disparu, la nourriture n'avait plus de goût. Mon seul rêve, le design, est devenu une source de douleur. Chaque robe que je voyais me rappelait celle que j'avais rêvé de porter pour lui.

Un soir, après une humiliation de trop lors d'un dîner de gala où il m'avait présentée comme « son petit accident de parcours », je suis rentrée dans notre immense et froide maison.

J'ai regardé mon reflet dans le miroir. Je ne me reconnaissais plus. J'étais une coquille vide, un fantôme.

L'amour m'avait tuée.

Alors, j'ai mis fin à mes jours. Un geste calme, désespéré. Ma dernière pensée a été pour le regard méprisant de Louis.

Et puis, je me suis réveillée.

J'étais de retour dans mon petit appartement d'étudiante, trois mois avant ma première rencontre avec lui. Le soleil filtrait à travers les rideaux. J'étais jeune, j'étais en vie. Et surtout, j'étais libre.

La première chose que j'ai faite a été de pleurer. Pas de tristesse, mais de soulagement. La seconde a été de rire. Un rire un peu fou, libérateur.

J'avais une seconde chance.

Et cette fois, je n'allais pas la gâcher pour un homme. Cette fois, je n'allais pas choisir l'amour.

J'allais choisir l'argent.

Toute la naïveté, toute la romance en moi étaient mortes dans ma vie précédente. Ce qui restait était une femme pragmatique, résiliente, avec une seule obsession : devenir si riche et si puissante que plus personne, jamais, ne pourrait me traiter comme un « détail insignifiant ».

Mon plan était simple. Revivre le scénario, mais en en connaissant la fin. Accueillir le faux amnésique, jouer la comédie de l'amour, et attendre patiemment le chèque.

Cette fois, quand ils me le proposeraient, je ne pleurerais pas. Je ne suppliera pas.

Je le prendrais. Et j'écrirais dessus un chiffre avec tellement de zéros qu'il leur donnerait le vertige.

L'amour ? C'est pour les imbéciles. Moi, je voulais l'indépendance. Je voulais le pouvoir. Je voulais construire mon propre empire, brique par brique, robe par robe.

Et Louis Bernard, sans le savoir, allait en être le premier et le plus généreux investisseur. Sa cruauté passée allait financer ma gloire future.

C'était une ironie délicieuse.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022