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Alter Ego

Alter Ego

Auteur:: ATHÈS
Genre: Romance
Leur première rencontre fut celle de l'évidence : ils étaient faits l'un pour l'autre ! L'histoire aurait même pu s'arrêter là. Mais, si pour Jayden cette certitude marquait le début de la plus belle aventure de sa vie, pour Caly par contre, elle n'augurait que bouleversements et souffrances. Car Biggy J était fait pour vivre sous les feux de la rampe alors que Crystal elle, était la Reine de la nuit. Il ne pouvait passer nulle part sans être reconnu pendant qu'elle, ne recherchait que discrétion et oubli. Il était fait pour la lumière, elle était adepte des ténèbres. Faisant fi de tous ces tracas, le Destin trancha : elle sera son Yin et il sera son Yang; elle sera son âme sœur et il sera son ALTER EGO.

Chapitre 1 01

PROLOGUE

Couchés l'un près de l'autre sur mon lit, nous entendons la porte d'entrée claquer. Bientôt, les cris de Papa et les pleurs de Maman résonneront d'en bas mais ce soir, rien ne peut nous atteindre. Nos mains ensanglantées jointes, nos regards plongés inexorablement l'un dans l'autre, nous nous sourions, sereins. Une personne extérieure aurait certainement attribué ce mélange d'hébétude et d'extase à la boîte pleine d'anxiolytiques que nous avons ingurgités il y a quelques instants mais nous nous en fichons. L'essentiel pour nous réside dans cet instant ultime attendu avec impatience, cette seconde unique et irréversible durant laquelle le dernier souffle de vie s'échappe définitivement de notre enveloppe charnelle. Oui, ce moment sera bientôt là. Oui, ce soir, nous sommes candidats au voyage sans retour.

- Regarde Caly, le ciel est plein d'étoiles cette nuit. Même lui se prépare à nous accueillir. Tu es prête ?

-Oui Callum. Et toi ?

-Avec toi à mes côtés, je n'ai besoin de rien d'autre.

Au même moment, nous entendons la voix de stentor de Papa crier :

-UNE SOLUTION ? QUELLE SOLUTION ?! Ecoute-moi bien Susan ! Il n'est pas question que je perde ces élections à cause d'un scandale causé par ton fils ? Est-ce clair ?!

-Tu ne peux pas le blâmer pour quelque chose dont il n'est pas responsable Robert ! Sanglote Maman. Ce site de dénigrement a été créé par des petits crétins qui trouvent drôle de persécuter leurs copains de classe ! Ils n'ont que 13ans ! Et à cet âge là, ils ne mesurent pas les conséquences de leurs actes. Oui Callum est différent ! Et alors ?

-Oh arrête de tourner autour du pot, tu veux ? Ton fils est GAY ! Dis-le !

-D'accord ! Callum est homosexuel ! Et qu'est-ce que cela peut faire Robert ? Il n'en demeure pas moins NOTRE FILS !

-Non mais tu t'entends parler ? Je suis l'un des candidats choisis par le Parti Républicain pour briguer le poste de Sénateur dans l'un des états les plus conservateurs du Sud ! Bon sang ! Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?!

-Calme-toi Chéri ! Stan va certainement trouver un moyen d'étouffer cette histoire. Et une fois qu'elle sera résolue, Callum pourrait l'année prochaine aller en pension ou chez ma sœur à New York. Elle l'adore et je sais que son mari ne sera pas contre...

-Prie pour que cette histoire se tasse sinon, je ne réponds plus de rien ! Termine-t-il dans un hurlement.

-Robert attends...Robert...

Quelques secondes plus tard, la porte du bureau de Papa se ferme dans un bruit sourd, nous soustrayant ainsi à leurs voix. Je n'aurais jamais cru avoir à le dire mais cette dispute est la bienvenue. Ainsi, ils ne feront pas attention à nous. Sans doute même qu'ils ne constateront notre absence que demain matin, au petit déjeuner. D'ici là, nos veines auront eu largement le temps de se vider de cette substance rouge si chère aux vivants.

Soudain, je sens la légère pression compatissante de la main de Caly qui murmure en souriant :

-Ne t'inquiète pas Callum. Une fois que nous serons partis, les soucis de Papa et Maman s'en iront également et il n'y aura plus de problème.

-Oui je sais. Mais tu n'es pas obligée de venir avec moi tu sais ? Je ne t'en voudrais pas.

-Que serais-je sans toi Callum ? Je ne saurais exister toute seule dans ce monde. Non ! Nous sommes nés ensemble. Donc c'est ensemble que nous nous en irons.

Un grand froid me traverse le corps et une irrésistible envie de dormir me submerge. L'impression de léviter devient de plus en plus grande. Je ne sens même plus la douleur atroce des incisions profondes sur mes poignets. Caly aussi se met à frissonner.

-L'heure du départ approche Caly. Promets-moi que nous nous retrouverons très vite.

Elle a les paupières lourdes quand elle murmure :

-Je te le promets Callum. Rien ni personne ne nous séparera...même dans l'au-delà. Parce que tu es mon alter ego.

Juste avant de perdre connaissance, j'ai le temps de chuchoter à mon tour :

-Parce que tu es mon ALTER EGO.

1.JAYDEN

8ans plus tard...

-DEBOUT LA-DEDANS !

La voix de cette enflure de Caleb me sort brutalement du profond sommeil dans lequel m'a plongé la folle nuit dernière. J'ouvre à peine les yeux qu'il tire les rideaux, m'éblouissant avec les rayons vifs du soleil névadain. Pris d'une migraine aussi soudaine que violente, je les referme en grommelant, la tête entre les mains :

-Mais qu'est-ce que tu fous bordel ?! Ferme immédiatement ces rideaux sinon je te jure que...

-Tu ne jures rien du tout ! Vu l'état dans lequel vous vous êtes mis hier, tu ne serais même pas capable de te battre avec un gosse de 2ans ! Allez lève-toi ! Nous avons à parler d'urgence ! Et toi aussi DC !

Sa dernière phrase me fait rouvrir les yeux et les tourner vers l'autre côté du lit...pour trouver DC dans le même état que moi et entre nous euh...comment ont-elles dit qu'elles s'appelaient déjà ? Oh et puis merde ! On s'en fout ! De toute façon, je ne compte pas les revoir alors pas question d'aggraver ma migraine à cause de leurs prénoms! En fait, je ne suis même pas certain qu'elles nous les aient donnés ! La poisse ! Je me suis tapé des jumelles cette nuit et je ne m'en rappelle même pas ! Pendant que je réfléchis à la question existentielle concernant les méfaits des substances illicites sur l'organisme, Caleb continue :

-Et vous aussi Mesdemoiselles ! Hop hop hop!

L'enfoiré frappe dans ses mains maintenant ! Putain, je sens que je vais tuer quelqu'un ! Alors que les deux filles gémissent de douleur tout en essayant de s'asseoir dans le lit King Size – avec les nibards qu'elles ont, c'est sûrement mon pote qui les a choisies – DC grogne de sa voix rauque qui fait tomber toutes les filles :

-Qu'est-ce que tu fous là à cette heure ?

-A cette heure ? Il est plus de 13h je vous signale ! Alors vous décollez vos foutues fesses de ce lit et vous rappliquez au salon dans 5mn ! Je vais réveiller les trois autres !

Cette fois, nous gémissons tous les quatre lorsque la porte claque après son départ. Putain, j'ai l'impression que ma tête va exploser ! Apparemment, nous nous sommes vraiment déchaînés hier soir. Je repose la tête sur l'oreiller, espérant ainsi atténuer mon mal de tête quand la porte s'ouvre quelques secondes plus tard sur notre bourreau qui scande :

-4mn !

Et vlan ! Il claque encore cette fichue porte ! Il ne perd rien pour attendre, ce juif de malheur ! Péniblement, nous nous ramassons tous. Les filles remettent tant bien que mal les bouts de tissus dorés qu'elles nommeraient sans doute pompeusement « robes » pendant que j'enfile un pantalon de jogging gris trouvé sur une chaise et DC son jean noir laissé sur le tapis hier. D'une voix pas du tout convaincante, je débite :

-Vraiment désolé les filles. On vous aurait bien invité à déjeuner avec nous mais vous avez entendu l'autre barjot. Le boulot n'attend pas.

Les deux brunes identiques répondent précipitamment à tour de rôle:

-Oh ce n'est pas grave Jay...

-...Oui, nous comprenons parfaitement. Vous êtes des hommes très occupés.

Je leur fais mon sourire « attrape-meuf » auquel évidemment, elle répondent immédiatement.

- On s'appelle, ok ?

Pourquoi est-ce que je me sens toujours obligé de sortir cette phrase alors que je suis sûr de n'avoir même pas pris leurs numéros ? Sans même un dernier regard aux filles, DC sort de la chambre pour se rendre sans doute dans la sienne. C'est tout lui ça ! Je me demande toujours ce que la gente féminine peut bien trouver à ce mec qui fait toujours une tronche de pitbull, qui lorsqu'il l'ouvre, ce n'est que pour lancer des piques acerbes et pour couronner le tout, est toujours vêtu de noir. Il faut croire qu'une belle gueule d'italien et une voix sexy (enfin d'après elles) fait toute la différence. Je hausse les épaules pour abréger cette réflexion dont, au fond, je me fous royalement.

Après un tour dans la salle de bain dans une vaine tentative pour me débarbouiller, j'ouvre la porte de la chambre pour laisser les jumelles passer devant – eh oui, je peux me montrer gentleman...Bon d'accord, c'est juste pour reluquer leurs culs d'enfer une dernière fois. Après tout, j'en ai le droit, non ? Il faut bien compenser l'absence de souvenirs de la nuit d'hier ! Nous empruntons l'escalier qui mène au rez-de-chaussée. Une fois dans le salon, je ne peux m'empêcher de sourire en constatant les dégâts. On aurait dit qu'un tsunami est passé par là : des dizaines de bouteilles d'alcool, de canettes de bières, de verres en plastiques, de mégots de cigarettes et d'herbe, de capotes et bien d'autres détritus jonchent le sol et les tables. Il y a même deux culottes en soie et dentelle qui ont manifestement été oubliées par leurs propriétaires et qui pendent sur le lustre accroché au plafond.

-Bordel de merde! C'était chaud hier soir ! Dis-je en rigolant à mes cinq potes déjà installés avant de grimacer en me tenant la tête.

-Ah ça tu l'as dit Man ! Me répond Noah, étendu sur le large canapé circulaire, sa casquette lui masquant le visage. Je suis complètement dans les vapes. Eh Caleb, tu peux nous préparer un de tes trucs contre la gueule de bois ?

Je lui donne une tape pour qu'il descende ses pieds, l'obligeant ainsi à se redresser et je m'assieds à côté de lui.

-Bonne idée ça ! Approuvé-je. J'en ai grave besoin !

-Une minute Mesdemoiselles ! S'exclame mon manager et ami d'enfance, préférant s'adresser aux jumelles « nibards et culs d'enfer » que de nous répondre. Merci de me remettre vos téléphones portables. L'assistant que vous trouverez près de la porte de sortie vous dédommagera afin que vous vous en achetiez de nouveaux.

Elles protestent jusqu'à ce qu'elles entendent le montant du dédommagement. Il n'oublie cependant pas de leur remettre leurs cartes sim. Une fois parties, leurs smartphones vont rejoindre tous ceux récoltés par lui depuis la nuit dernière. Il s'assied enfin et nous lance furieux :

-Quant à vous, je ne suis pas votre bonniche, ok ? J'en ai jusque là d'être toujours obligé de passer derrière vous pour régler vos conneries. Regardez ce que vous avez fait de cette maison ! Les réparations vont coûter plus chers que la location elle-même...

Mon cerveau décroche comme à chaque fois qu'il commence l'un de ses sermons et j'échange un regard moqueur avec les quatre autres mecs aussi déchirés que moi assis tant bien que mal sur le canapé. Ah Ethan ! Il n'y a pas plus casse-noisettes que ce type ! Malheureusement pour nous, à part le fait qu'il soit mon manager, mon avocat et celui à qui j'ai confié la gestion de mon label – Giants Records – ce satané juif est avant tout notre ami d'enfance, ce qui pour nous signifie « frère de sang ». Du coup, impossible pour nous de nous débarrasser de lui.

-Oh Jay, tu suis ou merde ?!

Je redescends immédiatement sur terre et je soupire :

-Désolé Mec. J'essayais de me rappeler la baise d'hier !

Mario et moi nous tapons dans les mains et nous éclatons tous de rire. Même DC a sa grimace qui fait office de sourire chez lui.

-C'est ça, rigolez ! Gronde Caleb. On verra bien si vous continuerez à vous marrer quand vous saurez ce que je vous prépare, surtout toi Jay !

En apercevant la lueur triomphante dans ses yeux noirs, je me cache la tête entre les mains.

-Putain ! Je pensais qu'on en avait terminé avec cette histoire ! J'ai fait ces trois mois de désintox, non ?

Il se lève pour se diriger vers la cuisine. Il revient quelques secondes plus tard avec un plateau contenant une carafe en cristal et des verres. Enfin, nous avons droit à sa mixture magique : un mélange de bicarbonate, de jus de citron, d'eau et de sucre. Une fois tous servis, il reprend sa place et continue :

-Mais ce n'est pas fini ! Tu n'as pas encore réussi à convaincre le conseil d'administration de ta bonne foi ! Et t'as intérêt à ce que j'ai réussi à récupérer tous les téléphones. Si jamais une des personnes présentes ici hier soir a réussi à filer avec une vidéo, nous sommes cuits ! TMZ et compagnie ne nous louperont pas et les actionnaires mettront leurs menaces à exécution.

-Moi je pense qu'ils bluffent ! Réplique Mario. Giants Records rapporte trop à ces hijos de puta pour qu'ils le laissent tomber !

-Qu'ils bluffent ou pas, ce n'est pas le moment de les défier ! Nous devons faire profil bas. Tu restes l'actionnaire majoritaire Jay mais tu sais bien que nous avons besoin d'eux.

Je soupire avant de déclarer :

-Ok Man, comment ça se passe ?

-Comme je te l'ai dit, après cette histoire avec le juge Collins, nous devons redorer ton image aussi bien aux yeux du public que du conseil d'administration.

-Tout ça c'est la faute de ce connard de juge ! M'exclamé-je.

-Je t'avais prévenu pourtant Jay. Me répond calmement DC, jouant avec son canif. On aurait dû s'en occuper et très rapidement.

-Je commence à croire que c'est toi qui avais raison DC ! Acquiescé-je.

-Non mais ça va pas la tête ? Proteste Caleb. Vous vouliez faire quoi à un juge de la Cour Suprême ?

-Mon cul ouais ! M'énervé-je. Attends, nous sommes calmement en train de kiffer dans la voiture, mon nouveau tube à fond la caisse et le mec nous fait un dépassement ? Et j'aurais dû laisser passer ? Il est où le respect Man ? Ou alors parce que je suis un négro, je dois la fermer ? Il fallait que je lui montre un aperçu de ce qu'il en coûte de manquer de respect à Biggy J !

-Et pour cela, vous étiez obligés de cribler sa voiture de balles ?

-Oh arrête Caleb ! S'écrie l'asiatique du groupe. Nous avons seulement tiré sur ses pneus.

-J'y étais Min, alors t'as pas à me raconter des bobards!

-En tout cas, il a eu la frousse de sa vie ! Il a même pissé dans son froc !

Nous nous tapons des barres de rire en se rappelant ce fait.

-Qu'il s'estime heureux qu'on n'ait pas dévoilé à sa vieille que pendant qu'elle fait du crochet assise devant sa cheminée, son respectable juge de mari vient dans les quartiers chauds pour se taper une jeunette !

-Tope là mon frère ! Approuve Noah, la main en l'air.

Mais Min l'esquive en le narguant :

-T'es le frère de qui ? Regarde autour de toi « Blanche-Neige » ! Tu as sous les yeux une représentation de la minorité californienne et toi tu es de la race de l'envahisseur ! Nous, nous sommes frères ! Toi, tu es juste notre garantie de ne pas nous faire emmerder par les keufs !

Nos sifflements moqueurs et nos doigts qui claquent résonnent comme à chaque fois que l'un de nous lance une pique à un autre du groupe. C'est une habitude que nous avons prise depuis que nous sommes rencontrés au primaire. Une sorte de jeu compris et apprécié que de nous.

-Oula ! Qu'il se calme le « chinetoque ». Sort DC de sa voix calme. Il doit avoir des restes de nems dans le réfrigérateur.

Le salon ne résonne plus que de nos fous rires. Mario s'écroule pratiquement sur le tapis.

-Le Coréen que je suis t'emmerde royalement le mafioso ! Réplique Min.

-Je vois que malgré vos gueules de bois, vos cerveaux de tordus ont encore de la ressource. Hoquette de rire Caleb, heureux d'y échapper aujourd'hui. Mais revenons à nos moutons. Avec Ava Wood, la conseillère en image, nous t'avons concocté le plan parfait ! Il est radical mais...y a pas plus efficace ! Si tu le suis à la lettre, tu passeras de « Biggy J le mouton noir » à « Biggy J le repenti ». Toutes les mères te voudront comme gendre pour leur fille.

-Eh merde Jay ! J'aimerais pas être à ta place. Prévient Mario. D'après ce que vient de dire Caleb, ça sent pas bon pour toi.

Son air de renard satisfait non plus ne m'inspire que dalle.

-Vas-y, accouche !

-Alors, tu viens de sortir d'une cure de désintoxication mais ce n'est pas assez pour toi. Tu as décidé de laisser le monde des strass et paillettes de côté durant un moment pour vraiment revenir à l'essentiel. Voilà pourquoi tu t'envoles pour Oxford dans le Mississipi, la charmante petite ville qui a vu naître ta mère. Déclare-t-il en se délectant de chaque mot. Enfin, c'est ce que dira le communiqué que nous délivrerons à la presse...

Je m'étouffe presque avec la gorgée que je viens de prendre avant de me mettre à tousser violemment. Quand je reprends enfin mes esprits, je m'exclame :

-QUOI ?! Tu peux pas me faire ça... Enculé ! Tu veux ma mort ou quoi ?

Et voilà, c'est à mon tour de prendre ! Ces cons sont tous littéralement morts de rire, même DC.

-Toi Jay...Aller te ressourcer...La bonne blague...Se marre Mario.

-Là tu as fais fort Caleb ! Ajoute Noah. La dernière fois qu'on y est allé, c'était un trou perdu de même pas 20 000 habitants !

-Attendez, il faut vérifier ça ! Souligne Min.

Ce connard de geek part chercher son laptop dans sa chambre. Lorsqu'il revient, nous nous regroupons autour de lui alors qu'il se connecte sur Google Maps et bientôt je vois sur l'écran, les rues d'un autre siècle de cette petite ville que je connais si bien.

-Le coin n'a pas tellement changé depuis. Marmonne DC, sarcastique.

-Eh pas question que j'y aille seul ! Vous venez avec moi les mecs !

-Désolé mais ce sera sans moi. Refuse net l'italien. Mon père a demandé à me voir. Je dois me rendre à New York Lundi.

-Ok DC. Mais les autres, vous n'allez pas me lâcher, n'est-ce pas ?

-Moi euh...J'ai aussi un truc super urgent... Essaie de se justifier Min.

-En fait, nous devons faire...euh...ce truc urgent ensemble, n'est-ce pas Min ? Rame Noah.

-Soit vous venez avec moi, soit je rentre à L.A et c'est nous tous qui perdons parce que Giants Records est notre bébé !

Je croise les bras, l'air buté.

-Merde ! Tu nous en demande trop là Jay ! Rester chez ta grand-mère, ça signifie un mois sans alcool, sans herbe et sans baise ! Proteste Noah.

-Caleb peut nous arranger cela, n'est-ce pas ? Tu peux nous trouver une maison à louer. De toute façon, nous serions trop à l'étroit chez Mama Rose.

-Ok, je vais voir mais je pense que c'est faisable. Mais si je le fais, ce n'est pas pour que vous fassiez des bourdes. Rappelez-vous que nous y allons en mode « enfants de chœur ».

-Alors vous venez ? Demandé-je plein d'espoir. Please, ne me laissez pas seul avec le rabbin sinon je risque de clamser.

Cette pique me vaut une tape sur la nuque de la part de mon manager. Quant au mangeur de tacos, au bouffeur de nems et au fan de cheeseburger, ils se concertent du regard durant quelques secondes. Puis Noah hausse les épaules.

-Et merde ! Allons-y !

-De toute façon, nous nous suivons toujours et partout alors ce ne sera qu'une nouvelle aventure de plus. Renchérit Min.

-Et puis la dernière fois qu'on y est allé, les filles du coin n'étaient pas mal.

-Pfff nous avions 14ans, Tête de nœud ! Se moque Mario. Ce qui veut dire 10 ans plus tôt ! Si ça se trouve, nous n'y trouverons que des thons qui passent leurs moments de liberté à l'église ! Je le sens pas ce truc les mecs !

-De quoi il se plaint le mariachi* ? Le nargue Noah. Tu oublies Selena ? Nous ne sommes même pas sûrs qu'elle te laisse venir ! Déjà que tu as dû supplier pour nous suivre pour cette virée à Vegas !

Devant nos ricanements, le mexicain de la bande essaie de se justifier :

-N'importe quoi...Moi supplier...

Comme pour confirmer nos moqueries, nous entendons soudain résonner dans la pièce « I will always love you » de Whitney Houston, nous confirmant ainsi l'appel de sa belle. C'est elle-même qui a programmé cette chanson et il n'a jamais osé la changer.

-Vas-y dépêche-toi de répondre sinon, elle risque de rappliquer ici ! Le charrie Caleb.

Il nous fait un doigt d'honneur et décroche. Il se dirige ensuite vers les chambres mais nous avons le temps de l'entendre bégayer :

-Allô Bébé...Mais non Bébé, je suis toujours sage moi...Mais non, je ne suis pas sorti de la chambre d'hôtel...Mais Bébé calme-toi...

Nous éclatons encore de rire. Voilà pourquoi je ne me lasse pas de traîner avec ces mecs à longueur de journée. Je ne me tape des barres de ce genre qu'avec eux.

-Le voyage est prévu pour quand?

-Dans une semaine.

-Vous avez entendu les mecs ? Il nous reste une semaine pour profiter des bienfaits de Vegas ! Affirmé-je en me frottant les mains.

-Alors qu'est-ce qu'on attend ? Demande Noah. Nous sommes à Vegas les mecs ! Vous vous rendez compte qu'on peut même se marier et divorcer avant de rentrer ?

Et voilà Noah reparti dans ses délires ! Il a de ses idées bizarres parfois ce mec ! Les autres se regardent un court instant avant de commencer à le mitrailler avec les multiples coussins du canapé. En les regardant faire ainsi les gamins – Caleb et DC compris – je me dis que je n'échangerais ma place pour rien au monde. Ils sont peut-être loin d'être parfaits mais ils restent ma famille.

Un mois à jouer au mec parfait à Oxford ! Après tout, pourquoi pas ? Qui sait ce que me réserve cette foutue petite ville !

Mariachi*: nom donné à des groupes de musiciens ambulants mexicains aux costumes bariolés qui prestent dans des restaurants, des mariages,...

Chapitre 2 02

2.CALY

Couchée sur l'herbe, les yeux fermés, je savoure cet instant magique. Les doux rayons du soleil qui me caressent le visage, le bruit des arbres centenaires dont le feuillage se balance au gré de la brise légère, les oiseaux qui chantent, heureux de l'arrivée du printemps... Je soupire d'aise.

-On est bien ici, n'est-ce pas? Demande doucement Callum.

-Un vrai bonheur! Acquiescé-je, un sourire béat aux lèvres.

-J'aime te voir ainsi, radieuse et souriant à la vie. Et cela s'est ressenti aujourd'hui pendant que tu chantais avec ta chorale gospel. Ils ont bien fait de te prendre comme soliste. Ta voix n'a jamais été aussi envoûtante! On se serait presqu'attendu à voir descendre des anges tellement tu nous transportais!

J'éclate de rire, secrètement flattée par tous ces compliments.

-Tu n'exagères pas un peu? Protesté-je.

-Humm...A vrai dire...Un tout petit peu oui. Me taquine-t-il.

J'ouvre immédiatement les yeux en feignant d'être vexée.

-Callum! Comment oses-tu?

Devant mon air exagérément offusqué, il est pris d'un fou rire qui bientôt devient communicatif. Puis il reprend:

-Finalement, je pense que tu as trouvé la ville idéale pour t'installer. Elle est petite donc tu ne risques pas de rencontrer une personne du passé et ses habitants sont accueillants. Ce qui signifie te faire enfin des amis qui sauront t'entourer d'amour et de bienveillance sans vouloir forcément obtenir quelque chose en échange.

-Tu veux dire NOUS avons trouvé la ville idéale pour NOUS installer.

Il pousse un soupir avant de se mettre sur le côté, le coude levé et la tête posée sur sa main. Caressant doucement mes longs cheveux auburn, il déclare doucement:

-Je ne serai pas toujours là Caly. Il va bien falloir que nous nous séparions un jour où l'autre, tu sais.

Je sens cette douleur familière au cœur comme chaque fois qu'il évoque ce sujet. Je m'assieds, ma bonne humeur temporairement envolée.

-Je sais mais pas maintenant. J'ai encore besoin de toi.

-De moins en moins, avoue-le. Tu t'es installée dans cette charmante petite ville, tu t'es trouvé le boulot parfait pour toi, tu peux enfin assouvir ta passion du chant et le plus important, tu as arrêté de prendre tes antidépresseurs.

-Oh tout cela, c'est surtout grâce au Docteur Smith. C'est elle qui m'a recommandé au foyer des jeunes.

-N'empêche que tu as d'abord eu la volonté de te battre pour changer de vie. Et regarde-toi aujourd'hui: tu as toujours été belle mais maintenant, tu es lumineuse!

J'esquisse un sourire de remerciement qui disparaît aussitôt lorsqu'il ajoute avec un clin d'œil :

-Et bien sûr, les prétendants commencent à affluer.

Je me prends la tête entre les mains en gémissant:

-Ne m'en parle pas, s'il te plaît. Je suis à court d'excuse pour refuser leurs avances.

-Tu connais mon avis sur le sujet. Tu as 21ans Caly! Il serait plus que temps que tu te comportes comme une jeune femme normale. Laisse-toi draguer, accepte les invitations qu'ils te font, pars en virée avec Mira et ses amis. Bref, amuse-toi tout simplement!

-Tu ne m'apprends rien hein! C'est un domaine que je maîtrise parfaitement...

-Ce n'est pas pareil! Me coupe-t-il. Et c'était dans une autre vie! Aujourd'hui, tu es Caly Wright, une belle jeune femme, orpheline de père et de mère, qui a débarqué ici il y a quelques mois pour se construire un bel avenir. Et cette Caly là a besoin de se fondre dans la masse pour ne pas se faire remarquer. Voilà pourquoi tu dois agir comme les jeunes gens de ton âge.

-Mais j'agis comme les jeunes de mon âge!

Il lève ses magnifiques prunelles pareilles aux miennes en l'air.

-Chérie, être une fan absolue de Beyoncé, Coldplay, Drake et Biggy J ne suffit pas. Tu dois aussi pouvoir dire oui à Mira quand elle vient toute excitée t'apprendre qu'elle a eu des places VIP d'un de leurs concerts et qu'elle veut que tu y ailles avec elle. Ou encore répondre à l'invitation de Lucas Alden quand il vient gentiment te proposer d'aller au cinéma. Depuis que tu es ici, tes seules activités sont les cours d'instruments de musique que tu donnes aux enfants et la chorale. Tu ne penses pas qu'il serait temps...

-CALY! CALY! Où es-tu?

L'appel de Mira, mon amie - ma seule amie en fait - nous interrompt. Callum se lève pour s'en aller et juste avant de disparaître derrière les arbres du jardin, il me prévient:

-Nous reprendrons cette discussion plus tard. A tout à l'heure.

Je lui fais un dernier signe de la main. Puis, je réponds à Mira qui s'égosille toujours:

-Je suis là, derrière la maison.

Bientôt, je vois cette pétillante afro-américaine débouler, une lueur d'excitation dans le regard:

-Devine qui vient pour quelques semaines élire domicile dans notre charmante ville d'Oxford!

Elle s'assoit précipitamment sur l'herbe près de moi avant de me prendre les mains et de s'écrier:

-Allez ! Devine !

Un peu confuse à cause de la frénésie dont elle fait preuve, je réfléchis quelques secondes. Puis je bégaie:

-Je n'en sais rien...Tu sais très bien que...je ne connais personne dans les environs...

Un sourire mystérieux se forme sur ses lèvres charnues et elle répond:

-Oh si ! Lui tu le connais même très bien ! Tu épluches tous les journaux et tous les sites people pour ne rater aucune info sur lui !

N'osant comprendre ce qu'elle veut dire de peur de me tromper, j'ouvre de grands yeux effarés avant de m'exclamer:

-BIGGY J ! Tu parles de Biggy J ?

Elle pousse un cri d'hystérique. Puis elle confirme :

-Lui-même !

Mon cœur manque un battement à l'annonce de cette nouvelle. Biggy J, ce rappeur aussi bien connu pour son talent que pour ses frasques, cette immense star qui s'est fait connaître grâce à cette anecdote selon laquelle il aurait écrit son premier tube derrière les barreaux d'une prison, cet enfant terrible de l'Amérique dont de nombreux professionnels du showbiz parlent en le qualifiant d'« héritier de 2Pac » ou encore du « Nouveau Jay Z » , ce grand black aux allures de gangster mais au sourire à fossettes si sexy...Mais avant tout, celui dont je collectionne tous les objets à son effigie, tous les articles de journaux, tous les posters telle une fan absolue...ou plutôt comme une psychopathe... Bref, Biggy J débarque à Oxford ?

Je tourne un regard sévère vers Mira puis je la rabroue:

-Ce n'est pas bien de me faire marcher comme ça !

Elle éclate de rire et s'étend sur l'herbe, son sourire ne la quittant plus.

-C'est la même phrase que j'ai sorti à Papa quand il me l'a appris. Ça semblait si invraisemblable que mon cerveau a "buggé" durant un court instant avant de réaliser. Tu savais que Mama Rose était sa grand-mère ?

Les neurones complètement engourdies, je demande :

-La grand-mère de qui ?

Elle secoue la tête en prenant un air légèrement excédé :

-De Obama !

-Hein ! Quoi ?

Elle frappe dans ses mains et ironise:

-Eh ! Oh ! La terre appelle Caly ! Vous me recevez ?

Amusée, je lui donne une légère tape sur le bras.

-Te moque pas Mira ! Avoue que ce genre de nouvelle n'est pas facile à assimiler !

-Surtout pour les fans inconditionnelles que nous sommes ! Mon Dieu ! Si nous sommes déjà dans cet état là rien qu'en apprenant son arrivée, qu'est-ce que ça va être quand il sera là ?

-Alors comme ça, Mama Rose est sa grand-mère ? C'est donc elle qui a appris la nouvelle au Révérend Wilson ?

-Tu as tout juste. Elle la lui a annoncé à la fin de l'office. D'après Papa, elle est euphorique depuis qu'elle sait que son petit-fils vient lui rendre visite alors elle l'annonce à tous ceux qu'elle croise.

J'ai un sourire amusé en l'imaginant. Cette chère Mama Rose ! Elle a été l'une des premières personnes à m'accueillir à mon arrivée. C'est une vieille femme d'à peine 1m60 à la chevelure aussi blanche que la neige, au sourire avenant et à l'approche facile. Elle est connue de toute la communauté ici. Je l'apprécie beaucoup et malgré notre différence de couleur de peau, je la considère secrètement comme une grand-mère de substitution. D'ailleurs deux fois par semaine, je vais lui rendre visite et nous discutons durant des heures...ou plutôt elle me raconte sa vie et moi je l'écoute attentivement, ne me lassant jamais de l'entendre évoquer son vécu passionnant. C'est vrai qu'elle m'avait une fois expliqué que le piano qui trônait au milieu de son petit salon lui avait été offert par Jayden, son petit-fils mais j'avoue que je n'aurais jamais imaginé qu'elle parlait de Ce Jayden là !

Assimilant enfin l'information dans sa globalité, je pousse un cri et j'enlace frénétiquement mon amie :

-Il vient Mira ! Il vient ici !

Nous nous écroulons sur l'herbe verte, hurlant comme des gamines. Quelques minutes plus tard, essoufflées et échevelées mais heureuses comme jamais, nous nous asseyons en tailleur. Puis je demande :

-Il viendra seul ou avec ses potes ?

-J'en sais rien. J'étais tellement pressée de t'apprendre la nouvelle que je n'ai même pas demandé plus de détails. Tout ce que Papa a pu me dire, c'est que Jay a décidé de rentrer au bercail après sa cure pour se faire oublier un peu de la presse à scandale et se reposer. Imagine qu'ils viennent tous ! Ces six beaux gosses célèbres dans notre petite ville d'Oxford ! Ce serait presque trop à supporter pour nos cœurs de jeunes filles fragiles !

Nous sommes prises d'un fou rire en y pensant.

-Ne t'inquiète pas. Cet après-midi, je dois aller chez Mama Rose l'aider à trouver une nouvelle déco pour son salon. J'en profiterai pour glaner autant d'infos que je pourrai.

-Ok! Je compte sur toi !

Elle saute brusquement sur ses pieds.

-Maintenant viens ! Une inspection rigoureuse de nos placards est de mise ! Nous devons lui montrer que les filles du Sud ont aussi sinon plus de style que celles de L.A !

Alors que nous nous dirigeons précipitamment vers l'entrée de la maison de ses parents, mon bonheur tout récent s'estompe peu à peu lorsque j'entends la voix de Callum me prévenir :

-Attention Caly ! N'oublie pas que rencontrer Jayden serait le moyen le plus sûr de courir à ta perte !

Chapitre 3 03

3.CALY

L'une des plus belles rencontres que j'ai fait quand je suis arrivée à Oxford a été sans aucun doute celle de la famille Wilson, aussi bien sur le plan affectif que matériel. Et cela, c'est en grand partie au Docteur Smith, mon psychiatre que je le dois. Lorsque j'ai décidé de changer de vie, elle m'a confié au Révérend Wilson qui s'est empressé de me trouver du boulot et un logement adéquat. Avec sa famille, ils ont l'immense chance d'habiter une très belle maison au style typique du sud qui a été construite sur un immense terrain recouvert de verdure et d'arbres centenaires. Elle est située juste derrière l'église protestante dans laquelle il officie en tant que pasteur principal.

Comble de chance, l'ancien professeur de musique avait dû déménager pour raisons professionnelles. J'ai ainsi pu commencer à travailler en donnant des cours de divers instruments de musique et de chant aux enfants, cours que j'administre dans une salle située dans le "foyer des jeunes", un bâtiment jouxtant l'église et qui accueille les jeunes de la communauté, dans lequel ils peuvent se divertir grâce à diverses activités ludiques de toute sorte. Concernant le logement, je vis dans l'appartement de l'ancien professeur qui est juste au-dessus de mon lieu de travail. Je peux donc de la fenêtre de ma chambre profiter de la vue que m'offre le parc.

Une semaine est passée depuis que j'ai appris la venue de Biggy J. Arrêtée devant le miroir de ma douche, je termine tant bien que mal le maquillage léger que je fais lorsque je vais à l'église le dimanche. Mais aujourd'hui, j'ai les mains tremblantes tellement je suis excitée.

-Si tu ne te calmes pas, tu vas ressembler à une chouette, se moque Callum adossé à la porte.

-J'y peux rien. Le Révérend m'a confirmé qu'il viendrait aujourd'hui. Tu te rends compte ? Je vais voir Biggy J en personne !

Je ne peux m'empêcher de pousser un cri de joie en sautillant sur place.

-T'as pas intérêt à te comporter comme une fan hystérique sinon aucune chance que tu obtiennes un autographe de lui. D'ailleurs, fais attention à ne pas te faire remarquer de lui Caly. C'est un vrai coureur et nous sommes dans une petite ville. Tu risques d'attirer l'attention. Il ne manquerait plus qu'un paparazzi prenne une photo de lui et toi et bonjour les problèmes.

-Ne t'inquiète pas Callum. Je ne m'approcherai même pas de lui. Je ne veux surtout pas qu'il fasse une fixette sur moi. Je demanderai à Mira de prendre l'autographe pour moi. Heureusement, ce ne sera pas moi la soliste aujourd'hui. C'est Beth donc aucune chance qu'il me repère parmi la chorale.

Mes yeux tombent sur mon reflet dans le miroir et je soupire, dépitée. Non, je resterai très très loin de mon idole même si je meurs d'envie de faire un selfie avec lui. Et le grand coupable de tout cela est mon physique. J'ai toujours eu conscience de ma grande beauté : de grands yeux en amande et légèrement bridés dont la couleur oscille entre gris, le bleu et le vert avec en prime quelques paillettes dorés, un petit nez droit, des pommettes hautes, des lèvres légèrement charnues qui me donnent un air faussement insolent, des fossettes installées juste au coin de ma bouche; tout cela sur un visage à l'ovale parfait qu'entoure une belle et longue crinière auburn. Et comme si cela ne suffisait pas, les origines brésiliennes de ma mère m'ont donné un corps d'1m70 au teint naturellement mat, à la poitrine assez généreuse, au ventre plat, à la petite taille marquée, au postérieur qui n'a rien à envier à celui de J-Lo et aux longues jambes galbées. Une autre fille que moi aurait jubilé d'avoir un tel physique, mais pour moi, c'est presqu'un calvaire. Impossible pour moi de passer inaperçue et cela qu'importe l'endroit où je me trouve. Cependant, je reconnais qu'il m'a bien servi à une époque...Mais, il ne m'est d'aucune utilité aujourd'hui. D'où mon installation dans cette petite ville. Ici au moins, je suis certaine de ne pas rencontrer une personne de mes vies passées...

-Et personne ne te pose de questions indiscrètes. Termine Callum avec cette manie qu'il a de lire dans mes pensées. En plus, ta vie ici n'est pas mal. Tu es même dans un deux pièces que tu loues pour trois fois rien et tes horaires de travail sont flexibles.

-Tout cela, je le dois au Docteur Smith et au Révérend Wilson. S'ils n'avaient pas été là, je pense que je croupirais sous les ponts à l'heure actuelle ou peut-être même que je ne serais plus de ce monde...

Inconsciemment, mes yeux se posent sur les cicatrices laissées sur le poignet de ma main droite qui tient mon eye liner. Les larmes me montent alors aux yeux.

-Ne pleure pas Caly. C'est du passé maintenant. Il faut que tu ailles de l'avant.

-Oui je sais. Sinon, tout cela n'aura servi à rien, n'est-ce pas ?

-Exactement ! Maintenant, sèche tes larmes sinon, tu vas vraiment le faire fuir ton Biggy J ! Il te reste moins d'une heure avant le début de l'office.

-Tu seras là ? Tu sais que j'ai besoin de ta présence pour assurer.

-Et tu sais que je ne peux te quitter même si je le voulais...

Je me détourne du miroir pour le regarder au fond des yeux, un sourire attendri aux lèvres :

-...parce que tu es mon ALTER EGO.

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