- Em dépêche-toi ! S'écriait ma meilleure amie.
- J'ai presque terminé !
- Bah fais vite ! S'écria-t-elle à nouveau ma collègue avant de donner un coup de pied dans le ventre d'un des hommes de mains.
Je continue de taper sur les touches du clavier, à vrai dire, je tape un code pour cracker leur système et choper la carte mémoire dont j'ai besoin.
- J'ai presque terminée Kat ! M'écriais-je en tapant les derniers caractères du code.
- Grouille bordel !
Je clique sur entré et l'ordinateur s'éteint soudainement. La carte mémoire sors de son por, je l'attrape avant de la fourrer dans l'une des poches de mon pantalon. En me retournant, j'aperçois les trois hommes à terre, tous inconscients.
- On peut y aller maintenant ? Demandais Katalyna.
- Yes !
- Au moins le patron sera content.
- J'espère bien, répliquais-je.
_________________________________________________
Ma meilleure amie mesdames et messieurs ; Katalyna Powel. Et je suis Emilya Forio. Nous sommes encore au lycée.
Oh, j'ai failli oublier ! Nous sommes des agents secrets.
Je fais glisser la carte mémoire sur le bureau en verre de Monsieur Hardison, alors que Katalyna s'affale sur le canapé. Notre patron coupe son appel téléphonique et nous fixes, plus qu'exaspéré du comportement de ma collègue. Puis son regard tombe sur la carte mémoire et son exaspération se mue en satisfaction.
- Mission réussie avec succès les filles, déclarait notre patron.
- Encore heureux ! S'exclamait Katalyna.
- Pouvons-nous y aller ? Demandais-je en croisant les bras.
- Pas tout de suite, j'ai une mission pour vous, répondit notre chef.
- Désolée, mais on a un examen à passer, prétendait Kat en se levant du canapé.
- Vous n'avez pas d'examen, vous êtes en vacances, rétorquait le patron.
Parfois, Kat est vraiment stupide. Il fait 35°c, nous sommes en août et elle proclame que nous avons un examen ?
- Quelle est cette mission ? Demandais-je, légèrement curieuse.
Notre patron se lève et attrape une télécommande. Il appuie sur un bouton puis deux photos apparaissent sur l'écran télévisé à ma droite. L'une, avec représentant une école à l'architecture assez ancienne, et la deuxième photographie montre une maison aux allures de manoir méditerranéen. Puis une troisième photo apparaît, cette fois-ci la demeure a une architecture type parisienne.
- Voici le lycée Saint-James, établissement réputé pour son taux de réussite le plus élevé d'Île de France, situé dans le 14ème arrondissement. Là-bas, enfant de chirurgien, politicien, diplomate, boursier,étranger basé en France, et j'en passe, étudie pour devenir l'élite mondiale, nous informait Monsieur Hardison en montrant l'école du doigt.
- Super, des gosses de riche, rétorquait Kat en se postant à mes côtés.
- Un lycée international ? Questionnais-je.
- Exactement Agent Forio. Plus de trente nationalités font le prestige de cet établissement.
- Et ces maisons ? Demandait Kat.
- La première est celle de la famille Peterson dont le père est un professeur de combat et un ancien champion d'art martiaux de renom, et sa femme une danseuse professionnelle qui a été la tête d'affiche de plusieurs opéras.
- Des bourges, déclarait Kat d'un ton nonchalant.
- Et l'autre maison ? Dis-je pour éviter que le patron ne fasse attention à sa remarque.
- La famille Leighton. Le père est un avocat aux clients internationaux, il a pu travailler avec les dirigeants de Toyota, Samsung et Microsoft. Quant à madame Leighton, elle est pour l'instant manager marketingdans une enseigne de luxe parisienne, continuait Hardison.
- Et donc ? Soupirait Katalyna.
- Ces deux couples ont des fils, commençait Monsieur Hardison. Tous les deux sont élèves au lycée Saint-James et ils sont loin d'être des imbéciles. Une moyenne générale allant jusqu'à 18, chacun, et uniquement les meilleures appréciations dans toutes les matières.
- Dit comme cela, on dirait presque des anges, lançait Katalyna à moitié convaincue.
- Jayden Kais Peterson, l'aînée de la famille Peterson. Aaron Smith Leighton, fils unique. Ces deux garçons sont tout deux âgés de 18 ans et comme vous l'avez compris, ils ont besoin de protection et-
- Excusez-moi monsieur Hardison, le coupais-je. Si je comprends bien la situation, vous allez nous demandez de partir à Paris pour surveillez ces deux garçons ?
- Oui.
- Très drôle. Hors de question que j'aille protéger ces deux créatures en même temps.
- En quoi vous ai-je laisser penser que vous seul protégerez les deux garçons Agent Powel ?
- Alors quoi ?
- Chacune se verra attribuer la tâche de protéger l'un des fils.
- Et puis quoi encore ? Nous allons emménager avec eux ? Demandait Kat ironiquement.
- Oui.
- Quoi ?! S'exclamait ma collègue.
- Officiellement, vous ferez l'objet d'un échange scolaire.
- Je résume, commençais-je. L'agent Powel et moi-même allons nous rendre à Paris pour protéger deux adolescents tout en partageant leurs vies sous une fausse identité, c'est bien cela ?
- Vous voyez, rien de compliqué Mesdemoiselles.
- Cette situation ressemble beaucoup trop à un mauvais scénario d'une série américaine. Ou d'un livre.
- Emilya a raison, commençait Kat. Et puis, pourquoi est-ce que l'ont doit les protéger ?
- Pour cette raison.
De nouvelles photographies apparaissent et très rapidement je comprends à quelle organisation elles font référence. OK. À en juger les nombreuses photographies et audio que Hardison nous communique, cette mission n'est pas du tout un jeu. Et en entendant les explications de notre patron, je me rends compte à quel point la vie de ces deux garçons est en péril.
- Vous vous foutez de nous là ? Soupirait ma meilleure amie. Nous venons de rentrer de mission, on est crevées et vous nous balancez ça, normal.
- Oui, répondit Monsieur Hardison.
Le contrat stipule très clairement que nous ne pouvons refuser une mission sauf cas extrême. Et là, ce n'en n'est pas un. Mon regard rencontre celui de ma collègue et elle comprend rapidement que nous n'avons pas le choix. De toute manière, ces garçons ont besoin de nous et c'est notre travail. Nous avons choisi de faire ce job, refuser une mission n'est pas envisageable.
- Une dernière question, lançais-je. Pourquoi ne pas envoyer des agents plus expérimentés ? À en juger par les informations que vous avez, le risque est énorme sur cette mission.
- Deux agents avaient été envoyés avant vous, ils ont joué le rôle de majordome et assistant personnels durant tout le mois d'août. Mais les parents ont décidé plus judicieux d'envoyer des agents plus jeunes afin de mieux s'immiscer dans le quotidien de leurs fils. D'autant plus que ces agents n'auraient, en aucun cas, pu protéger ces jeunes hommes dans leur établissement scolaire.
- Dans ce cas-là, je présume que nous irons en cours avec eux ? Supposait ma meilleure amie.
- Exactement. Vous ne les quitterez pas d'une semelle.
Nous n'avons jamais opéré de cette manière. Nos clients savaient toujours qui nous étions, cachés son identité est peut-être normal pour d'autres agents venant d'organisations telles que la DGSE ou le MI6, mais pas pour nous. Certes, nous sommes parés à tout toutefois, ce sera une première pour Kat comme pour moi.
- Et quand est-ce que l'on part ?
- Dans trois jours, répondit notre patron.
PDV Emilya
- Il aurait tout de même pu nous prévenir plus tôt, se plaignait Kat à l'autre bout du fil.
- Dans tous les cas, tu aurais été de mauvais poil, alors qu'est-ce que ça aurais changer ? Demandais-je en pliant un pull.
L'été va bientôt prendre fin et je sais que la température est plus capricieuse à Paris qu'à Mulhouse.
- Et alors ?! Ce n'est pas lui qui doit faire les valises !
- Et ce n'est pas lui qui doit supporter tes plaintes, soupirais-je avant de sourire.
- Je sais que tu m'aimes Em.
- Si tu le dis.
- Au fait, est-ce que tu sais à quoi ressemblent les mecs ? Demandait Kat subitement.
- Honnêtement ? Non, Hardison ne m'a rien montré, répondis-je.
- Je suis sûr que c'est des petits intellos avec des lunettes et un appareil dentaire en costume cravate à longueur de journée. D'ailleurs, est-ce qu'il y a un uniforme dans ce lycée ?
- D'après le dossier que j'ai lu, l'uniforme était en période de test l'année dernière, mais il y a eu tellement de plaintes de la part des parents qu'il a été retiré.
- Des plaintes des parents ? Répétait Katalyna. Je pense plutôt que ces gosses de riches se sont plaints chez papa et maman parce qu'ils ne pouvaient plus flasher les autres avec leurs vêtements de luxes.
Je ne peux m'empêcher de rire à la remarque de Katalyna. C'est fort possible. Mais en même temps, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle est sûrement en train de les juger trop vite. Parfois elle oublie que nous aussi, en tant qu'agent, nous avons de belles sommes d'argent qui repose dans nos comptes en banques. Je suppose qu'elle ne veut pas s'identifier à une classe sociale qu'elle stigmatise en fonction des films ou séries qui peuvent passer sur Netflix.
- Kat, est-ce que tu as lu le dossier de Jayden ?
- Ça ne fait que deux jours que nous sommes rentrées. Tu crois vraiment que j'ai eu le temps de lire ce truc ?
- J'ai eu le temps de lire celui de Aaron, répliquais-je.
- Ouais bref.
- Et puis pourquoi est-ce que ce ne seront pas des mecs mignons, très gentils et agréable ? Demandais-je tout sourire.
- Parce que la vie n'est pas un biscuit ! Honnêtement Em, arrête de regarder Netflix, c'est mauvais pour ton jugement.
- Va finir ta valise ! M'exclamais-je.
Je l'entends marmonner quelque chose mais je ne prends pas la peine de lui demander quoi.
- Em ?
- Je t'écoute.
- Qu'est-ce que tes parents vont dire ?
- Ne t'inquiète pas. Hardison a pris les choses en mains, comme d'habitude.
- OK. Préviens-moi quand tu arrives.
J'acquiesce et coupe la conversation.
Cela fait deux jours que le patron nous a donné les informations sur cette mission et je n'ai toujours aucune idée de ce que Hardison a pu dire à mes parents. Étonnement, mes parents ne savent rien de ma vie d'agent secret. Contrairement à la mère de Kat, qui elle, sait tout sur notre double vie. C'est pour cette simple raison que Hardison doit me couvrir à chacun de mes déplacements.
J'enfile une chemise légère par-dessus mon t-shirt et passe le bandana autour de mon poignet avant d'attraper la poignée de ma plus grande valise. J'inspire un bon coup et rejoins le hall d'entrée, mes valises en mains. Lorsque je m'arrête devant le salon, j'aperçois ma mère relever la tête vers moi.
- Tu t'en vas donc.
Non, je me suis habillée, coiffer, fait mes valises et les aient traînés jusqu'ici pour le plaisir.
- Oui, répondis-je.
- Tu aurais pu nous prévenir Emilya, rétorquait mon père.
Qu'est-ce que Hardison leurs as racontés ?
- Et dire qu'il a fallu que nous apprenions l'existence de ton échange scolaire par la bouche de ton proviseur, lançait ma mère exaspérée.
Échange scolaire. Bien sûr. La même couverture que nous utiliserons avec les deux garçons.
Ma mère lève les yeux au ciel avant de se lever du canapé comme-ci c'était la chose la plus dure à faire. Elle et mon père marche jusque dans le hall, non sans traîner des pieds.
- Nous sommes au courant que c'est une chance incroyable pour toi, mais tu aurais dû nous en parler, ajoutait mon père.
- Désolée ?
Puis, le téléphone de mon père se met à sonner. Il l'attrape et répond assez rapidement.
- Allô ?
Il discute pendant quelques instants et à en deviner par ses propos, il parle avec Hardison. Et ma théorie se confirme lorsqu'il raccroche et qu'il s'approche un peu plus de moi.
- Ton tuteur t'attend en bas, apparemment. Je vais t'aider à descendre les valises.
- Pas besoin, m'empressais-je de répondre.
- Pourquoi ?
- Tu sais très bien que je déteste les au revoir à rallonge.
Et c'est un mensonge. Enfin, à moitié, puisque je n'ai jamais eu besoin de leurs dire au revoir. À vrai dire, je ne sais pas trop à quoi un au revoir ressemble.
C'est après de longues paroles d'avertissements, et peu d'encouragement, que mes parents me laissent finalement partir. Je me dépêche de descendre les quelques escaliers de l'immeuble pour rejoindre le hall d'entrée. J'y croise notre voisine, Madame Richter, et elle m'adresse un sourire très chaleureux que je lui rends. Une fois à l'extérieur du bâtiment, un agent m'attend. Olivier Muller, si je me souviens bien.
- Hardison m'a envoyé pour faire diversion.
- Merci. Je n'aurais jamais pu sortir sinon, répliquais-je.
- Vraiment ? Pourtant tes parents ne sont pas avec toi.
- Lève la tête, répondis-je.
Il fait ce que je lui dis et soupire, non sans sourire, en remarquant que mes parents sont à la fenêtre.
- Maintenant je comprends, dit-il. Vas-y grimpe, je m'occupe de tes valises.
PDV Katalyna
Je ferme ma dernière valise et la roule jusque dans le coin de ma chambre. Emilya ne devrait plus tarder. Lorsque je me tourne vers la porte, j'aperçois ma mère debout dans l'encadrement de cette dernière.
- Combien de temps allez-vous rester ? Demandait-elle.
- On ne sait pas exactement.
- Et est-ce qu'ils sont gentils ? Questionnait ma mère en faisant référence aux deux garçons.
- On ne les connaît pas encore maman.
- Je vois. Comment Emilya va expliquer ce voyage à ses parents ? C'est la première fois que vous partez aussi longtemps.
Je considère Em comme ma sœur, tout comme ma mère la considère comme sa deuxième fille.
- Hardison s'en est occupé.
Ma mère hoche la tête.
Je cherche mon téléphone du regard et le trouve sur mon lit. Je me jette dessus pour chercher Emilya dans mes contacts. Une fois trouver, je clique sur appeler. Après trois sonneries, elle décroche enfin.
- Allô ?
- Em ? Ça va ?
- Ouais et toi ?
- Comment ont réagi tes parents ?
- Plutôt bien.
- Comment elle va ? Demandait ma mère en venant s'asseoir sur le lit.
- Ma mère te demande comment tu vas.
- Elle est adorable ; dit lui que ça va, répondit Em.
- Elle te dit que ça va, répétais-je à ma mère.
- Comment ont réagis ses parents ?
- Assez bien, répondis-je.
Ma mère hoche la tête et se lève du lit pour sortir de ma chambre en fermant la porte.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Lui demandais-je. Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?
- Je suis devant ta porte.
Je raccroche et cours vers la porte. Je l'ouvre et dévale les escaliers, sans tomber, pour aller au rez-de-chaussée. Ma mère se dirige vers la porte mais je cours vers celle-ci.
- Bouge mama !! Criais-je.
Elle s'écarte et j'accélère la cadence. J'ouvre grand la porte et prends Em dans mes bras. Je la serre fort contre moi, en l'étouffant presque, mais on s'en fiche !
- Ça va ma petite chérie ? Lui demandais-je.
- Mise à part que tu m'étouffes, oui ça va, répliquait Em.
Je la lâche et m'écarte un peu. Je la regarde de haut en bas. Son t-shirt est assez mignon avec tous ces motifs japonais. Son petit jean me rappelle que mon jean préféré est au lavage malgré que je doive absolument l'emporter avec moi, coûte que coûte ! Puis, je remarque que ma meilleure amie porte des baskets. Bizarre, elle est plus sandale à cette période l'année.
Et c'est là que ça fait tilt.
- Voleuse ! Ce sont mes baskets ! Lui criais-je.
- Rends-moi ma robe alors.
- Tu sais quoi ? Elles te vont mieux qu'à moi.
- Mouais, dit-elle en souriant.
Je l'aide à rentrer ses valises, avant de refermer la porte. On prend ses valises pour se diriger vers les escaliers lorsque ma mère sort de la cuisine.
- Emilya !
- Tata ! S'exclamait Em à son tour.
Ma mère la prend dans ses bras. Et Em fait de même.
- Comment tu vas ma chérie ? Lui demandait ma mère en la lâchant.
- Super et toi ?
- Pour l'instant tout va bien. Mes enfants ne m'ont pas encore rendu folles aujourd'hui.
- On sait que tu nous aimes mama ! S'exclamait mon frère depuis le salon.
- Salut Reda, lançait Em en se tournant vers l'entrée du salon.
Mon petit frère la salue de la main, rapidement, sans quitter son jeu vidéo des yeux.
- Bon Em, on monte ? On doit encore régler les derniers détails.
Elle hoche la tête et rejoins ma chambre à l'étage. Une fois dans la chambre, je ferme la porte et elle saute sur mon lit. Oui bien sûr, prends tes aises ma chère !
- Tu as fini de lire le dossier de ton client ? Questionnais-je.
- Pas encore. Il faut dire qu'il a un dossier assez rempli pour un petit de 18 ans.
- Vraiment ?
- Oui. Il a beaucoup voyagé et forcément, il y a beaucoup d'informations sur les endroits où il était ; les écoles, les gens qu'il a fréquentés, etc.
- Je vois le délire. J'espère que ce Jayden est un asocial. Je déteste lire les dossiers, me plaignais-je.
Emilya relève la tête vers moi avant de s'asseoir sur le bord du lit.
- On pourrait les lire ensemble si tu veux.
- Tu serais prête à lire le dossier de ce gosse de riche pour moi ?! M'exclamais-je, un grand sourire sur les lèvres.
- Absolument pas !
- Pff, quelle amie es-tu Emilya Forio, soupirais-je.
- Je voulais dire qu'on pourrait chacune lire le dossier de son client, au moins on passera le temps ensemble. Et si on trouve des informations intéressantes ou drôle, on peut les balancer à voix haute.
En réalité, ce n'est pas une mauvaise idée.
- OK.
Je me tourne vers mon bureau et attrape le dossier posé dessus. Je soupire à nouveau en voyant la taille de ce dernier. Allez Katalyna. Plus tôt, tu l'auras commencé et plus tôt, tu l'auras terminé.
***
- Ce mec est trop social ! M'exclamais-je.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Il a trop d'amis ! Jack, Arthur, Enzo, Léo, Yanis, Diego, Nathan, trop d'amis bordel !
Emilya se met à rire comme-ci je venais de lui balancer une blague à Toto.
- C'est la vérité ! Il passe ses soirées soit, avec ses amis, soit au cinéma, au bowling, au restaurant ou dans des soirées bizarres.
- Soirées bizarres ?
- Ouais ! Des soirées sur le thème du Loup-garou. Tu crois qu'il se déguise en loup-garou ? Peut-être que c'est un fétiche.
Emilya explose de rire et je ne comprends toujours pas pourquoi ! Il n'y a absolument rien de drôle. Ce mec va être une plaie à surveiller.
- Loup-garou n'est pas en référence à l'animal mythologique. Enfin, un peu oui, mais ce n'est pas ça le thème.
- Alors quoi ?
- C'est un jeu Katalyna.
- Un jeu ?
- Oui. Un jeu de carte où les joueurs interprètent des loups garous ou d'autres personnages.
- En plus de ça, c'est un geek ?! J'en ai déjà marre !!
PDV Emilya
Lorsque l'on arrive dans le hall des arrivées de l'aéroport, nous nous mettons à la recherche des personnes correspondant aux parents des garçons. Hardison nous avait communiqué des photos d'eux sur le chemin de l'aéroport. Mais pour notre « propre sécurité », il a exigé que l'on prenne un vol de nuit dans le jet de l'agence. Le truc que Kat déteste, légèrement. À vrai dire, je me demande même s'il ne l'a pas fait exprès ; pour se venger de la façon dont elle lui a parlé.
- Je crois que c'est pour nous, lançait Kat.
Je regarde dans la direction que m'indique ma collègue et j'aperçois deux femmes, chacune accompagnées d'un homme en costume. Les femmes tiennent chacune une pancarte avec nos noms de famille tandis que nous nous dirigeons vers eux.
- Emilya Forio ? Demandait la jeune femme vêtue d'une robe noir.
- C'est moi, répondis-je.
L'homme à côté d'elle me prit les bagages des mains.
- Vous êtes donc Katalyna Powel, déduit l'autre femme.
- Ouais, répondit Kat désintéresser.
L'homme à côté d'elle prit les bagages de Kat, et je la vois lui lancer un regard plus que noir.
- Je suis Natalie, m'informait mon interlocutrice.
- Et moi Anne.
- Et nous sommes chargé de vous escorter dans les maisons respectives.
- Attendez, cela veut dire que nous n'allons pas voyager ensemble ? S'offusquait Kat.
- Non, répondis la dénommée Anne.
- Youpi, soupirait ma collègue.
- Suivez-moi, me dit Nathalie d'un air bienveillant.
Je me tourne vers Kat et lui souris.
- On s'appelle ?
- On s'appelle, confirmait Katalyna.
Je me retourne et suis cette fameuse Natalie.
- Pourquoi est-ce que les parents ne se sont pas déplacés ? Demandais-je à la jeune femme.
- Madame est actuellement en réunion d'affaire, et Monsieur est en weekend avec Aaron, réponditNathalie tout sourire.
- Je vois.
Je prends alors le temps de la détailler. Ses cheveux roux sont ramenés en un chignon parfait sur le haut de sa tête. Ses petits talons noirs vernis d'à peu près sept centimètres lui donne une très belle silhouette, ce qui n'est pas étonnant puisqu'elle semble avoir de sublime jambes.
- Est-ce que je peux vous appeler Nat ? Demandais-je.
- Si vous voulez, c'est ainsi que m'appelle Aaron.
Lorsque Nathalie prononce le nom de mon client, je ne peux m'empêcher de me demander à quoi il ressemble. Pas que physiquement, mais aussi son attitude.
- Voici la voiture, lançait Nathalie
Je lève la tête et vois une-
- Rolls Royce Cullinan, soufflais-je impressionnée.
J'entends Nat émettre un petit rire alors que l'homme place mes bagages dans le coffre.
- Connaisseuse ? Demandais Natalie.
- Légèrement. Bien que je préfère les voitures de sport, admis-je en admirant le véhicule.
- Les voitures de Monsieur devraient vous plaire alors.
- Sûrement !
L'homme referme le coffre et viens nous ouvrir la portière. Natalie entre la première dans le véhicule, et je la suis. Une fois installé, le chauffeur referme la portière et vient prendre place sur le siège du conducteur. Il démarre et commence à s'éloigner de l'aéroport.
- Comment est Aaron ? Demandais-je, très curieuse.
- Très social, je dirais, répondit Nathalie.
PDV Katalyna
La voiture s'arrête et j'ouvre la portière pour en sortir. Et qu'est-ce que je vois ? Une maison immense, une fontaine en plein milieu de l'allée, des fenêtres qui n'en finissent pas, on dirait presque Versailles. Bordel, ça m'agace déjà.
- Vous pouvez entrer, m'informait Anne.
Encore heureux que je peux rentrer !
Je m'approche des marches et les montes une par une. Je pousse ensuite la porte et je n'ai pas le temps de jeter un œil aux hall d'entrée puisqu'une fille apparaît devant moi tel un fantôme.
- C'est toi Katalyna ? Mes parents m'ont prévenu que je ne serais plus la seule fille à la maison ! Enfin, la seule "jeune" fille à la maison ! Parce qu'il y a ma mère aussi, tu vois, mais elle n'est plus si jeune que ça et-
- Respire ! L'interrompis-je.
Et mon cri soudain semble la surprendre puisqu'elle me regarde assez bizarrement. C'est elle qui parle plus vite qu'un moulin et c'est moi qu'elle dévisage ? L'hôpital qui se fou de la charité !
- J'entends une voix de jeune fille ! S'exclamait une voix légèrement plus aigue que la mienne.
Quelques instants après débarque une femme habillée d'un simple jogging et une sorte de t-shirt beaucoup trop large pour elle, toute transpirante.
- Tu dois être Katalyna, dit-elle en me tendant sa main.
- Katalyna Powel, oui.
Hors de question que je sers sa main pleine de sueur !
- Oh pardon ! S'exclamait la femme en retirant sa main. Je suis Shelby, la mère de Jayden.
Je vous assure que jusqu'à présent on jurerait que Shelby et sa fille joue dans une série du type Gossip Girl. Ou du moins dans une série où tous les personnages sont parfaits. Il ne manque plus que le père et j'aurais ma confirmation sur la perfection de cette famille. Ah ouais il y a le fils aussi. Jaydes... Jaidene... Jayden !
- Mon mari n'est pas là aujourd'hui, il est en week-end avec Jayden et James Leighton ainsi que son fils, m'informait Shelby.
En gros, qu'est-ce que je fous ici si le mec que je suis censé protéger n'est pas là ? Le truc qui ne sert totalement à rien !
Je sens mon portable vibrer dans ma poche. Je le sors et vois que c'est la réponse d'Em à mon SMS de tout à l'heure.
De : Em
Non, il n'est pas là et son père non plus, et toi ?
De : Moi
Non plus ! Ils sont partis avec celui que tu protèges et son père !
Je range ensuite mon téléphone et tout de suite Shelby m'attrape le bras. Tranquillou gillou ?
- Nous allons te faire visiter, dit-elle joyeusement en me montrant sa fille du doigt.
Super.
***
PDV Emilya
Je me jette immédiatement sur le grand lit qui trône au milieu de ma chambre. Il est trop bien ! Tout mou, et les draps sont si doux. La chambre est extrêmement neutre, mais je suppose qu'elle a été décorée dans le but d'être une chambre d'ami. En revanche, je dois partager la salle de bain avec la pièce d'à côté, et je ne sais pas s'il s'agit d'une autre chambre d'ami ou d'une salle de sport. Mais je suis interrompu dans ma réflexion par la sonnerie de mon téléphone.
- Ahoy ?
- Ah quoi ? Rétorquait Kat à l'autre bout du fil, confuse.
- Tu n'as pas la référence ?
- Non Emilya.
- Dans The Big Bang Theory, Sheldon explique que l'inventeur du téléphone avait proposé qu'on décroche le téléphone en disant « Ahoy ».
- Et donc ? Lançait Katalyna.
- D'où le ah- Laisse tomber, soupirais-je. Ça va ?
- Mouais et toi ?
- Oui ! La chambre est super agréable. Et la tienne est comment ? Demandais-je en admirant la pièce.
- Passable.
- Si on t'écoutait, tout serait passable, répliquais-je en riant
- Je sais.
Je lève les yeux au ciel, amusé du comportement de ma meilleure amie.
- Tu penses qu'ils ressemblent à quoi ? Demandais Kat en faisant référence aux deux garçons.
- Je n'en ai aucune idée, mais quand j'ai posé la question à Natalie elle m'a dit qu'Aaron était, je cite « très social ».
- Comme Jayden ! Honnêtement, on ne pouvait pas tomber sur des garçons qui aiment rester enfermer chez eux toute la journée à regarder Netflix ?
- Tu prends tes rêves pour la réalité Kat.
- C'est préférable d'avoir un asocial qu'un mec qui ne sera que coïter toute la semaine !
- Katalyna !! Criais-je, surprise.
- Bah quoi ? Lançait Kat, amusé.
- C'est quoi cette comparaison ?!
- Mais comment est-il possible que tu hurles comme ça en plein milieu de la nuit ? La mère n'est pas là ? Le gars n'a pas de frère ou de sœur ? Demandait Kat.
- Enfant unique, Hardison l'a dit pendant la présentation. Et la chambre des parents est beaucoup trop loin pour que sa mère m'entende.
- Pas mal. Au moins, tu ne l'entendras pas faire du sport en plein milieu de la nuit comme la mère de Jayden.
- Quoi ?
- Je te jure ! Quand je suis arrivée, elle venait de sortir de la salle de sport et sa fille était hyper énergétique. Il est bientôt une heure du matin ! Soyez fatigués bordel !
C'est vrai que Kat n'est pas hyper réceptive à l'énergie que les gens peuvent avoir à des heures aussi tardives.
- J'arrive ! La mère de la famille veut que je les rejoigne au rez-de-chaussée, soupirait Kat. Ces gens ne dorment-ils donc jamais ?
- Allez, courage !
Je rigole légèrement et elle raccroche.