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Adieu Marc, Ma Vie Refleurit

Adieu Marc, Ma Vie Refleurit

Auteur:: Rhéane
Genre: Moderne
Mon doigt s' est figé au-dessus de la photo. Ce sourire éclatant de mon mari, Marc, il ne me le réservait plus. Il tenait un sécateur, au milieu des vignes ensoleillées de la Provence, aux côtés de Sophie Moreau, sa jeune et dynamique collègue. Pourtant, il m' avait dit être à Bruxelles pour affaires. Mon cœur n' a pas bondi d' effroi, il s' est juste glacé. Puis, son appel est arrivé, sa voix fatiguée de « l' homme d' affaires épuisé » : « Il faut que tu signes les papiers pour ta démission. Tes projets de jardins ne rapportent rien et ralentissent la boîte. » Notre entreprise, celle que j' avais aidée à bâtir, était devenue « la boîte » et n' était plus que la sienne. Il voulait aussi que je renonce à ma part de nos biens, pour « simplifier la gestion ». Une notification a surgi dans la fenêtre de discussion de l\'entreprise : un message de Sophie, visible par tous, pointant mon « inefficacité ». Les messages se sont déchaînés : « Femme de patron », « profiteuse », « incompétente ». Puis, la pire des trahisons : Marc lui-même m' a enfoncée devant tout le monde, depuis Bruxelles où il était censé être en réunion. « Sophie a raison. Claire, si tu ne peux pas suivre le rythme, il faut le dire. Confie le dossier à Sophie, elle saura le gérer. C\'est une question de professionnalisme. » Un message privé de sa part a suivi, lourd de menaces : « Fais ce que je te dis, Claire. Ne fais pas de vagues. C\'est la dernière fois que je te le demande gentiment. » Mon monde s' écroulait, mais il y avait un plan de ma grand-mère à sauver. J' ai saisi le téléphone, ma voix calme, trop calme : « Le divorce. »

Introduction

Mon doigt s' est figé au-dessus de la photo.

Ce sourire éclatant de mon mari, Marc, il ne me le réservait plus.

Il tenait un sécateur, au milieu des vignes ensoleillées de la Provence, aux côtés de Sophie Moreau, sa jeune et dynamique collègue.

Pourtant, il m' avait dit être à Bruxelles pour affaires.

Mon cœur n' a pas bondi d' effroi, il s' est juste glacé.

Puis, son appel est arrivé, sa voix fatiguée de « l' homme d' affaires épuisé » : « Il faut que tu signes les papiers pour ta démission. Tes projets de jardins ne rapportent rien et ralentissent la boîte. »

Notre entreprise, celle que j' avais aidée à bâtir, était devenue « la boîte » et n' était plus que la sienne.

Il voulait aussi que je renonce à ma part de nos biens, pour « simplifier la gestion ».

Une notification a surgi dans la fenêtre de discussion de l\'entreprise : un message de Sophie, visible par tous, pointant mon « inefficacité ».

Les messages se sont déchaînés : « Femme de patron », « profiteuse », « incompétente ».

Puis, la pire des trahisons : Marc lui-même m' a enfoncée devant tout le monde, depuis Bruxelles où il était censé être en réunion.

« Sophie a raison. Claire, si tu ne peux pas suivre le rythme, il faut le dire. Confie le dossier à Sophie, elle saura le gérer. C\'est une question de professionnalisme. »

Un message privé de sa part a suivi, lourd de menaces : « Fais ce que je te dis, Claire. Ne fais pas de vagues. C\'est la dernière fois que je te le demande gentiment. »

Mon monde s' écroulait, mais il y avait un plan de ma grand-mère à sauver.

J' ai saisi le téléphone, ma voix calme, trop calme : « Le divorce. »

Chapitre 1

Je fixais l'écran de mon téléphone, le doigt figé au-dessus d'une photo.

Sur l'image, mon mari, Marc Dupont, souriait. Il ne souriait pas comme il le faisait avec moi, un sourire poli, un peu las, le sourire d'un homme d'affaires prospère. Non, c'était un sourire immense, éclatant, qui plissait le coin de ses yeux. Il portait une simple chemise en lin, les manches retroussées, et tenait un sécateur. Derrière lui, des rangées de vignes s'étendaient sous un soleil éclatant, un ciel d'un bleu parfait.

La photo avait été postée il y a à peine une heure sur Instagram par Sophie Moreau, sa jeune et dynamique collègue. La légende disait : « Bonheur simple à la campagne. Papa apprend au grand chef parisien les secrets de la taille ! 😂🍇 #provence #famille #vignoble ».

Mon cœur n'a pas bondi, il n'a pas accéléré. Il a juste semblé s'arrêter, un instant, dans un silence froid.

Marc n'était pas en Provence.

Il était à Bruxelles.

C'est ce qu'il m'avait dit il y a trois jours, en bouclant sa valise. Un projet d'expansion, un nouveau restaurant à superviser, des réunions interminables. Il avait l'air fatigué, préoccupé, et j'avais même repassé ses chemises en lui recommandant de bien se reposer.

Je fis défiler les autres photos de Sophie. Il y en avait une dizaine. Marc attablé avec des gens que je devinais être ses parents, riant à gorge déployée. Marc tenant une corbeille de raisins, Sophie à ses côtés, la tête légèrement penchée vers son épaule, un air d'admiration innocente sur le visage.

Un bonheur idyllique, simple, authentique. Tout ce que notre vie à Paris n'était plus.

Mon téléphone vibra. C'était lui.

J'ai pris une profonde inspiration, essayant de garder ma voix neutre, et j'ai décroché.

« Allô ? »

« Claire, c'est moi. »

Sa voix était exactement comme je l'imaginais : celle d'un homme d'affaires épuisé par son travail.

« Je sors à peine d'une réunion, je suis crevé. Ces Belges sont coriaces en affaires. »

Je n'ai rien dit, je l'ai laissé parler, écoutant le mensonge se déployer, mot après mot.

« Écoute, je t'appelle pour le dossier de l'entreprise. J'ai besoin que tu signes les papiers pour ta démission. On en a déjà parlé, c'est mieux pour tout le monde. Tu sais bien que tes projets de jardins ne rapportent rien et ralentissent la boîte. »

C'était notre entreprise commune. Un restaurant qu'il avait fondé et que j'avais aidé à faire grandir, en m'occupant de toute la partie administrative et en concevant les terrasses et jardins qui faisaient la renommée de nos établissements. Maintenant, il parlait de « la boîte » comme si elle n'était qu'à lui.

« Je t'ai envoyé les documents par coursier, tu devrais les recevoir demain. Signe-les et renvoie-les à l'avocat. C'est juste une formalité. »

Il y avait aussi les papiers pour renoncer à ma part de nos biens, pour « simplifier la gestion » disait-il.

« Ne t'inquiète pas, je m'occuperai de toi », ajouta-t-il, comme une promesse vide qu'il me faisait depuis des mois. « Dès que cette période chargée sera passée, on prendra du temps pour nous, on partira en voyage, comme tu le voulais. »

J'ai regardé à nouveau la photo sur mon autre écran. Lui, en Provence, le visage rayonnant de bonheur. Le voyage, il le faisait déjà. Sans moi.

Chapitre 2

« D'accord », ai-je répondu d'une voix que je ne reconnaissais pas tout à fait.

Elle était calme, trop calme. Vide.

« Bien. Je dois te laisser, j'ai un autre appel. On se parle plus tard. »

Il a raccroché avant même que je puisse dire au revoir.

Le silence est retombé dans notre grand appartement parisien, un silence lourd, oppressant.

Je suis restée assise là, dans le canapé en velours sur lequel nous ne nous asseyions jamais ensemble, et j'ai attendu. Je ne savais pas quoi, mais je sentais que quelque chose allait arriver. La fin de l'acte.

Mon ordinateur de travail était allumé sur la table basse. Une notification a surgi dans la fenêtre de discussion de l'entreprise, un canal public où tous les employés pouvaient échanger.

C'était un message de Sophie Moreau.

« @Claire Dubois, j'ai vu que le projet de la terrasse du nouveau restaurant à Lyon est au point mort. Marc est débordé à l'étranger et on ne peut pas se permettre de prendre du retard à cause de ça. Il faudrait peut-être confier ça à quelqu'un qui a le temps de s'en occuper sérieusement. »

Le message était visible par une cinquantaine de personnes.

Immédiatement, les réponses ont fusé.

Un chef de partie : « Elle a raison, on attend les plans depuis des semaines. »

Une assistante administrative : « Oui, @Sophie a raison, la priorité c'est l'efficacité. »

Un autre collègue : « Claire est peut-être trop occupée. »

C'était une attaque coordonnée, une mise à mort publique. Ils me pressaient, me rabaissaient, sous le prétexte de l'efficacité professionnelle.

Puis, un nouveau message est apparu. C'était Marc. Il avait posté depuis son téléphone, censé être en pleine réunion à Bruxelles.

« Sophie a raison. Claire, si tu ne peux pas suivre le rythme, il faut le dire. Confie le dossier à Sophie, elle saura le gérer. C'est une question de professionnalisme. »

Il ne me défendait pas. Il m'enfonçait, devant tout le monde. Il la choisissait, elle.

Un message privé de sa part est arrivé dans la foulée.

« Fais ce que je te dis, Claire. Ne fais pas de vagues. C'est la dernière fois que je te le demande gentiment. »

J'ai levé les yeux de mon écran. J'ai regardé autour de moi, les murs de cet appartement que j'avais décoré, les livres que j'avais choisis, la vie que j'avais construite. Tout me semblait étranger, comme le décor d'une pièce de théâtre dans laquelle je ne jouais plus le premier rôle.

J'étais devenue une simple spectatrice de ma propre destruction.

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