Ça fait plus de trente minutes que je suis coincé sur cette voie. Et pourquoi ? Parce que mon grand-père désire me parler. A cette heure de la journée il y a un truc de fou en circulation. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que cette discussion ne va pas me plaire. Le ton qu'il a employé pour me demander de rentrer plus vite aujourd'hui m'a fait un peu peur,je l'avoue. Je le connais c'est un homme qui malgré son âge sait toujours s'imposer.
C'est le seul homme qui arrive toujours à me ramener sur le chemin lorsque je détaille. J'ai peur de sa colère et donc j'évite de faire des choses qui vont l'irriter. Et c'est aussi la seule famille qui me reste. Je n'ai plus aucun parent. Il me reste juste le père de mon défunt géniteur.
Il n'est que 18h et je dois déjà rejoindre mon domicile. Si ce n'est à cause de cet entretien,je serai sûrement en route pour rejoindre mes amis dans un snack. Merde,ce vieux gâche toujours tout.
Après des minutes d'attente interminable, la voie s'est enfin dégagée et nous avons pu passer. J'ai encore roulé quelques minutes et je suis enfin arrivée chez moi.
Je suis ivoirien. J'habite à Abidjan et je vis seul comme tout grand garçon de mon âge. Au début je ne voulais pas que mon grand père sache où j'habite mais c'était le connaître très mal. A moins de quelques semaines de mon aménagement dans cette maison, il a pointé le bout de son nez. Je ne veux pas du tout savoir comment il a fait pour se retrouver ici. Il sait tout ce dont il a besoin.
J'entre dans la cour et je gare la voiture. Je descends et je me dirige vers le salon.
Je me déshabille et je prends une douche rapide,ensuite je me dirige vers la cuisine. J'ai envie de me taper un bon jus très frais.
Devant ma télé pour savourer le contenu de mon verre, j'entends une voiture klaxonner. Je sors voir qui ça peut bien être et je me rends compte que c'est mon grand-père. Je pars lui ouvrir le portail et il se gare près de ma voiture.
Toujours avec son air serein et sûr de lui, il descend de sa voiture.
Malgré qu'il ait 70 ans, il prend toujours le soin de bien s'habiller et aussi de se parfumer. Il ne fait pas son âge. A le voir vous lui donnerez sûrement la cinquantaine.
Il me dévisage et entre dans mon salon sans m'adresser la parole. J'entre après lui. Je trouve qu'il est déjà confortablement installé sur une de mes canapés. Souvent il me sort par tous les orifices mais je n'y peux rien.
Je le salue et je lui sers à boire. Ensuite je prends place à côté de lui.
Il me snobe et allume la télévision.
J'attends toujours qu'il me parle de sa venue ici mais il n'a pas l'air d'une personne qui veut vite en finir. Il prend tout son temps.
Mon grand-père est à la tête de plusieurs multinationales ici au pays et quand je le vois je repense à mon père et ça me fait penser à cette époque douloureuse de ma vie.
Il a toujours pris soin de moi depuis la perte de mes deux géniteurs et je m'en suis pleinement reconnaissant même si j'avoue que parfois c'est pas la mer à boire entre nous.. Nathan KONAN, c'est le nom de mon grand père et moi je suis, Arnold KONAN.
Il vide d'un trait le contenu de son verre et le dépose sur la table avant de m'accorder de l'attention.
-Nathan KONAN: Merci d'avoir honoré mon invitation. Merci d'être rentrée plus tôt aujourd'hui juste pour m'écouter.
-Arnold KONAN:Hmm. Ce n'est pas comme si j'avais le choix
-Nathan KONAN :Bien. Tu n'as toujours pas réfléchi à notre dernière discussion ?
-Arnold KONAN : Papi on ne va pas revenir sur ça. Je t'ai donné une réponse et tu m'as promis de me laisser tranquille avec cette histoire..
-Nathan KONAN : je t'ai promis de te laisser tranquille si seulement tu te comportait bien. Mais je vois que ce n'est pas le cas. Tu continues à fréquenter ces snacks. Tu es toujours dans ces boîtes de nuit. Tu changes les partenaires comme si c'était des jouets. Tu appelles ça bien te comporter toi ?
-Arnold KONAN : Je fais ce que tout jeune de mon âge ferait. Et je crois que tu devrais arrêter de me mettre la pression avec cette histoire. Je ne suis pas prêt à me marier ni à fonder un foyer. Je n'ai pas la tête à ça. Et au cas où il serait temps pour moi de le faire je crois bien que je prendrai cette décision seule. Je te rappelle que j'ai eu trente ans la semaine passée. Putain.
-Nathan KONAN: Tu baisses d'un ton quand tu me parles. Je ne suis pas ton égal. Tu as trente ans et tu n'arrives toujours pas à fonder un foyer ? Tu ne penses que tu devrais avoir déjà une femme et des enfants ? C'est à quoi tu joues enfin?
-Arnold KONAN: Je ne me suis pas encore décidé.
-Nathan KONAN : Tes égaux ont déjà des femmes et des enfants.
-Arnold KONAN: Il y a aussi mes égaux qui sont à la tombe.. tu n'en parles pas ?
-Nathan KONAN :Tu peux les y rejoindre si tu veux. Mais tant que tu feras partie du monde des vivants tu te conformeras aux règles. Et si tu ne veux pas te décider, alors je crois que je vais t'aider.
-Arnold KONAN: Ne pense même pas à mettre cette idée en exécution. Je ne me marierai jamais de force. Je ne le ferai jamais. JAMAIS.
-Nathan KONAN : je pense que cette discussion à déjà assez duré. Je ne suis pas venu ici pour discuter avec toi. Avant de mourir, ton père m'a donné des directives. Quand tu auras la trentaine je dois te faire signer des documents. Tu dois être propriétaire de plusieurs multinationales et aussi entrer en possession de ton héritage. Il y a aussi d'autres privilèges dont tu dois jouir en tant que seul héritier de Didier KONAN,ton défunt père. Et je te jure que si dans un délai d'un mois tu ne te maries pas tu peux oublier tout ce que je viens de citer. Je ne peux pas permettre à un irresponsable de diriger des entreprises.
-Arnold KONAN : tu es sérieux ? Tu fais du chantage maintenant ? Mais tu t'entends parler à la fin? C'est mon DROIT. Je te rappelle.
-Nathan KONAN : oui mais tu devras te conformer à ma volonté si tu veux que je te laisse signer ces papiers.
-Arnold KONAN : et puisqu'on y est pourquoi ne m'impose tu pas en même temps la fille que je dois épouser ? Tél le dictateur que tu es.
-Nathan KONAN : Bien. Je n'y trouve aucun inconvénient. Et je ne te permettrait pas de revenir sur tes paroles. Je te trouverai une fille à épouser. Tu peux me faire confiance. Tu sais très bien que j'ai du goût. Je crois que cette discussion est terminée. Dans un mois tu seras un homme marié. Commence déjà à te préparer.
Je suis resté sur le canapé à le regarder se diriger vers la porte. Je voulais juste me réveiller et me rendre compte que je venais de faire un mauvais rêve. Mais ce n'était pas le cas. Mon grand-père m'imposait une fille en mariage. Et à cause de ma stupidité, ce sera une fille de son choix. Merde. Je ne peux pas l'accepter. C'est impossible. Je ne peux pas me marier maintenant. Je n'ai pas encore fini de me sauter toutes ces belles meufs. Non, il faut que je trouve une solution.
Je prends mon téléphone et je compose le numéro de mon meilleur pote. Il décroche sans perdre de temps.
-Mec.
-Bien j'espère ? Tu es où actuellement.
-Je suis au snack avec les potes. Je me demandais bien pourquoi tu n'étais pas venu ce soir.
-J'arrive de ce pas..
-Je m'habille rapidement et je prends ma voiture en direction du snack. Je sais que Ives mon meilleur ami saura m'aider à trouver une solution.
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Une fois sur les lieux, l'ambiance me fait déjà un bien fou. Je retrouve très vite Ives accompagné de deux de nos amis,August et Michaël. Je commande une bouteille de liqueur. J'amène la bouteille sur mes lèvres et je vide le contenu jusqu'à la moitié.
Ives me regarde avec de grands yeux. Il sait déjà que quelque chose ne va pas.
Les deux autres ne se rendent compte de rien parce qu'on est pas très proche.
-Ives: Mec Sava?
-Arnold KONAN:A ton avis?
-Ives: Oh ne déverse pas ta rage sur moi.
-Arnold KONAN: Désolé. Je crois qu'on se comprendra mieux dans un endroit plus calme.
-Ives: Tu veux qu'on change de coin?
-Arnold KONAN: On peut discuter dans ma voiture.
Sans perdre de temps,nous avons faussé compagnie aux autres et nous nous sommes rendus dans ma voiture.
Une fois à l'intérieur, j'ai expliqué à Yves ce qui me tracassait. Il était lui-même dépassé par le comportement de mon grand père.
-Ives: Tu comptes faire comment alors ?
-Arnold KONAN : je ne veux pas de ce mariage. Mais je le connais, je sais qu'il ne reviendra jamais sur sa décision. Et je ne peux pas non plus renoncer à ce qu'on mon père m'a légué.
-Ives:mais mec toi même tu as pensé comment en lui demandant de choisir ton épouse ?
-Arnold KONAN :Sur le coup de la colère, j'ai dit ce qui m'est venue à l'esprit.
-Ives: c'est délicat. Pour ma part,je crois que tu devrais bien rencontrer cette fille. Peut-être qu'elle n'est pas si mal.
-Arnold KONAN : tu deviens fou ou quoi? Tu crois que je vais renoncer y cette belle vie juste pour une femme ?
La tension commençait à monter mais mon ami à réussi à me calmer. Il m'a aidé à trouver plusieurs idées. Je ne sais pas encore laquelle choisir je verrai bien avec le temps et l'avancée des choses. Peut-être que son grand-père reviendra sur sa décision.
Nous avons ensuite fait la fête et je suis rentré très tard chez moi. Je me suis jetée sur le lit avec mes chaussures. J'étais vraiment épuisé.
~~Nathan KONAN~~
Je sais que vous me détester mais je n'en fais pas mon problème. Je fais tout ça pour le bien de mon petit-fils et il s'en rendra compte avec le temps.
Je crois bien lui trouver une bonne femme à épouser. J'ai déjà des vues sur une fille. Il me reste maintenant à avoir l'accord de son père. Je suis prêt à lui faire du chantage s'il le faut. Il faut qu'il accepte que mon petit-fils épouse sa fille.
Il est 08h et je suis déjà adossé à mon siège, derrière mon bureau. Je passe un appel à ma secrétaire et je lui demande de faire venir à mon bureau M. Daniel KONATÉ. C'est un de mes employés et je sais qu'il a de très jolies filles. J'ai déjà vu la plus grande quand elle est venue lui apporter quelque chose au bureau.
Quinze minutes après, il était devant mon bureau. J'avoue qu'il est plutôt bon employé. J'ai un pincement au cœur parce que je veux me servir de lui mais je n'ai pas trop le choix. Il faut que je le fasse. Je n'ai pas envie que Arnold continue de se comporter comme un adolescent. J'espère au moins que ce mariage le conscientise.
M. KONATÉ : Bonjour patron.
-Nathan KONAN : Bonjour. Merci d'être venu.
M. KONATÉ : Quoi de plus normal monsieur.
Nathan KONAN : J'ai une proposition à vous faire.
M. KONATÉ : Je suis tout ouïe monsieur KONAN.
Nathan KONAN : J'aimerais que vous permettiez à mon petit-fils d'épouser une de vos filles. Et oui je sais que vous avez des filles qui ont l'âge de se marier.
-M.KONATÉ: Pardon ?
Nathan KONAN: Vous m'avez bien compris monsieur.
Je voyais comment il me regardait tel un monstre. Mais je m'en foutais. Je savais qu'il n'allait pas accepter ma proposition sans rechigner c'est pour cela que je me suis assurée de mettre toutes les chances de mon côté. Au cas où il refuserait l'arrangement à l'amiable,je serai obligé de le faire chanter.
M. KONATÉ a passé quelques minutes à me dévisager. J'imagine déjà de combien de noms d'animaux il m'a traité dans sa tête. Mais là n'est pas le problème. Il faudrait qu'il laisse sa fille se marier à Arnold. Je sais qu'il les a très bien éduquées. Je n'en doute point. Malgré les erreurs qu'il a pu commettre je sais que c'est un homme qui ne badine pas dans l'éducation de ses enfants.
-Nathan KONAN : Alors monsieur ? Vous acceptez ?
-M. KONATÉ : Excusez- moi monsieur,mais vous êtes sérieux ?
-Nathan KONAN :je ressemble à une personne qui a du temps a perdre dans des futilités ? Alors c'est oui ou non?
M. KONATÉ : Avec tout le respect que je vous dois, je ne crois pas que mes filles accepteront de se marier. Elles ont plein de projets et moi en tant que père je n'ai jamais penser à imposer un mariage à mes filles. Le choix du futur époux leur incombe. Je ne peux donc pas accepter cette proposition.
-Nathan KONAN : je ne crois pas que vous ayez trop le choix. Je parie que vous vous ne voulez pas que votre femme doit au courant de ce qui passe en cachette dans votre bureau dans cette entreprise ?
Je sentais sa respiration s'accélérer
Cela me plaisait.
-Nathan KONAN: Je sais que vous entretenez une liaison avec votre secrétaire. Mlle Ines Mengué.
J'ai senti qu'il a avalé difficilement une salive. Il ne savait pas que j'étais au courant de cette relation. Mais moi je sais tout ce que j'ai envie de savoir. C'est mon petit secret.
Son visage se décomposait. Je le regardais avec un sourire mesquin. Je l'avais piégé. Je sais comment il tient à son image. Il ne voudra surtout pas qu'on la salisse. C'est un homme respecté de tous. De par sa façon d'être mais toute personne à ses côtés sombres. Moi je me sers de cela aujourd'hui.
-Nathan KONAN : Vous conviendrez avec moi que marier une de vos filles est une bonne idée. Plutôt que de voir votre nom traîné dans la boue et être la risée de tous ceux qui vous connaissent et vous respectent. Et votre femme qui à une totale confiance en vous. Comment va t'elle prendre cela?
-M. KONATÉ : Je vous prie de me laisser un peu de temps pour réfléchir.
-Nathan KONAN : Vous avez jusqu'à demain pour me donner une réponse. Le mariage doit avoir lieu dans un mois.
M. KONATÉ : Bien..
Il est ensuite sorti de mon bureau et je me suis affalé sur le siège. Je suis conscient du mal que je lui fais mais c'est pour la bonne cause. En plus s'il accepte je compte le nommer à la tête d'une de mes entreprises. Il en sera le responsable. Sa fille sera très bien traitée. Je sais que j'ai de l'influence sur mon petit-fils. Il n'osera pas lui faire de mal. Elle aura tout ce qu'elle veut et pourra même continuer ses études si tel est son souhait.
En un mot je compte lui acheter sa fille. Oui c'est fou mais c'est le mot qui convient. Il recevra une somme consistante sur son compte bancaire. Il doit juste accepter.
~~M. KONATÉ~~
J'ai quitté le bureau de mon patron et je suis maintenant dans le mien. Je n'arrive pas à me retrouve dans une situation pareille. Pourquoi fallait-il que ça m'arrive. Si je n'avais pas commencé une relation avec la secrétaire je pouvais facilement décliner cette offre. Mais cette relation rend les choses tellement compliquées. Je ne suis pas prêt à accepter que mon nom soit terni. Je refuse d'être la risée de mes proches. Je refuse d'être pointé du doigt en tant que l'homme infidèle dans mon quartier.
Perdu dans mes pensées, j'entends la porte de mon bureau s'ouvrir. Ce n'est personne d'autre que ma secrétaire.
-Iness MENGUÉ : Mon amour.
-M. KONATÉ : Je t'ai déjà dit d'éviter ces surnoms quand nous sommes dans le cadre professionnel.
-Iness MENGUÉ : Tu as donc honte de moi. C'est ça ? Tu ne veux pas qu'on sache que tu es avec moi n'est ce pas ? Quelle idiote je suis d'avoir cru que tu m'aimais alors que tu es avec moi juste pour satisfaire ta libido.
-M. KONATÉ : Arrête de te comporter comme une fillette. Tu sais très bien que je suis marié..
-Iness MENGUÉ : Tu ignorais cela quand tu as commencé à coucher avec moi ? Tu l'ignorais.?
-M. KONATÉ : Arrête de dramatiser Iness.
J'ai crié sur elle sans m'en rendre compte et elle à commencé à pleurer. Je me sens si faible quand elle fait ça. Je n'aime pas la voir couler des larmes à plus forte raison quand j'en suis la cause. J'ai quitté mon bureau et je suis allée la prendre dans mes bras.
-M. KONATÉ : Arrête de pleurer s'il te plaît. Tu sais très bien que je t'aime plus que tout et que c'est la raison pour laquelle je suis avec toi. Mais comprends juste qu'en ce moment j'ai des problèmes et ça me met hors de moi. Je regrette d'avoir haussé le ton sur toi. S'il te plaît bb. Je t'aime.
-Iness MENGUÉ : J'espère que tu ne dis pas ça pour te débarrasser de moi ?
-M. KONATÉ : mais non voyons? Donne moi juste du temps pour régler tout ça et je te promets que tout reviendra comme avant entre nous.
Elle m'a fait un bisous sur la joue,et a déposé les dossiers qu'elle m'avait envoyés sur mon bureau avant de s'en aller en me faisant des clins d'œil.
Je me rappelle que j'ai commencé cette relation avec cette fille parce que j'avais des problèmes avec mon épouse, Aminata KONATÉ. On pensait même au divorce. J'ai donc cherché du réconfort et je l'ai trouvé dans ses bras. Elle réussissait à le faire oublier tous mes soucis malgré son jeune âge à l'époque. Je pensais déjà à officialiser ma relation avec elle lorsque je serai divorcé. Mais les choses ne se sont pas passées comme je l' avais prévu.
Nous avons trouvé un terrain d'entente avec ma femme et nous sommes restés ensemble. Mais moi j'étais déjà attaché à cette fille. Je ne me vois plus loin d'elle. J'ai entretenu une relation extra-conjugale avec elle et je l'entretien toujours d'ailleurs.
Personne ne me soupçonne. Les femmes m'utilisent comme exemple pour sermonner leurs époux et je me sens fier. Mais au fond de moi je sais que je suis loin d'être celui qu'on croit que je suis.
Mes enfants m'adorent, je ne veux pas qu'ils aient une mauvaise image de moi. Je dois tout faire pour éviter un drame et si mariée une de mes filles est la solution, alors je crois que je suis prêt.
Je suis père de trois enfants. L'aîné ,Michel KONATÉ, ensuite y a la cadette et la benjamine qui sont respectivement Elvira et Cynthia KONATÉ.
Son aîné vient de totaliser 28 ans et il travaille. Elle a 25 ans et est toujours à l'Université et Cynthia à 22 ans.
Je pense déjà à la personne qui sera bientôt Mme KONAN.
Je sais que ça ne sera pas un jeu d'enfant. Mais c'est moi le père de famille. Il doit m'imposer.
Je prends mon téléphone et lance un appel à mon épouse. Elle décroche après quelques sonneries.
-Amina KONATÉ : Oui mon cœur
-M. KONATÉ : Tout va bien chez ma chérie ?
-Amina KONATÉ : Très bien. Tu as encore oublié quelque chose à la maison ?
-M. KONATÉ : J'aimerais qu'on ait une discussion en famille ce soir et j'aimerais que tu informes aux enfants pour qu'ils se ramènent tôt à la maison ce soir. Mais avant tout je voudrai d'abord m'entretenir quelques minutes avec toi.
-Amina KONATÉ : Hmm. Okay je le ferai. Tu me fais déjà peur Daniel.
-M. KONATÉ : Tu n'as aucune raison de t'inquiéter. Je dois te laisser. J'ai du travail qui m'attend..
Après cet appel je sais bien que ce sera difficile pour moi de revenir en arrière. Et je ne compte même plus le faire. Je crois que mes filles ont déjà l'âge de se marier. Je vais juste les aider. En plus, la mariée sera bien traitée. Ça me rassure au moins de savoir que ma fille est dans une famille riche.
Je suis retourné aux dossiers. Mais mon esprit était déjà en famille. J'imagine comment mes filles vont réagir. Oh Seigneur. J'implore ta grâce.
~~Arnold KONAN~~
Après la soirée que j'ai passée hier avec les potes j'ai complètement oublié que j'étais employé dans un service. J'ai tellement dormi et malheureusement il n'y avait personne pour me réveiller. Ma petite amie le faisait toujours mais je l'ai barré. Elle s'était beaucoup attachée à moi et était devenue trop collante. Moi je n'ai pas la tête pour ce genre de relation.
Je préfère une relation où je peux respirer. C'est pour ça que je n'aime pas me mettre en relation. Je préfère avoir des filles juste pour faire l'amour et on en reste là.
J'ai donc appelé au bureau et j'ai prétexté un mal de tête. J'ai menti disant que j'étais malade. Mais en partie c'est vrai. J'ai un mal de tête atroce à cause de l'alcool..
Vu que d'habitude je suis régulier j'ai eu droit à deux jours de repos mais après je devrais amener un papier justificatif. Ce n'est pas un problème. J'ai un ami qui peut me faire cette faveur. Suffit juste de l'appeler.
Je suis couchée seul dans ce grand lit et les paroles de mon grand-père me reviennent en tête. Je me demande comment on peut agir de la sorte envers son sang. Un délai d'un mois. Dans un mois je serai mariée ? Et que vais-je faire de cette vie? Je suis habitué à être libre. A ne pas avoir à rendre de compte à personne. Je suis habitué à sauter de fille en fille. Comment pourrais-je me marier? Le mariage est une grande responsabilité et moi je ne me sens pas prêt pour franchir le cap.
Être mariée signifie être l'homme d'une seule femme et moi je refuse cela. Je refuse d'être la propriété d'une fille quelconque. Je ne sais pas comment m'en sortir. Je peux essayer d'avoir une discussion plus posée avec lui afin d'arranger les choses mais le connaissant je sais qu'il ne m'écoutera jamais. Il dit que c'est pour mon bien mais je ne crois pas qu'il connaît ce qui est bien pour moi. Sinon il ne s'invitera pas autant dans ma vie. Je crois que je vais finir par le haïr.
J'essaie de réfléchir,mais mon mal de tête ne me le permet pas. Je décide d'aller sous la douche. Peut qu'avec l'eau froide la douleur va s'atténuer.
Je me lève difficilement et vais sous la douche. L'eau coule sur mon corps nu et je me sens de plus en plus bien. Je reste plus d'une heure sous la douche avant de me rediriger vers mon lit.
Je saisis mon téléphone et je vois que j'ai manqué des appels d'Yves. Je le rappelle et nous parlons un bon moment. Ça m'a fait du bien.
Pour ne pas mourir de faim j'ai décidé de me préparer quelque chose à manger. Je ne suis pas un cordon bleu mais je me débrouille pas mal en cuisine.
Sûrement les années de célibat. Je ne peux pas tout le temps payer à manger.
Je me fais des pattes avec de la sauce. Il me restait du poisson et du poulet dans le réfrigérateur. Je choisis le poisson et je commence la cuisson. Une heure après, c'était prêt. Je me régale avec un jus de mangue à côté de moi.
Si j'ai appris une chose dans la vie c'est que même avec tous les problèmes qu'un homme peut avoir,il ne doit jamais refuser la nourriture. C'est pourquoi je prends toujours soin de bien garnir mon ventre.
Après avoir terminé mon plat,j'ai rincé mon assiette et j'ai commencé à regarder la Saison une de la série fifty Shade. J'avais entendu parler de ce film mais je ne savais qu'il était aussi intéressant. Ceux qui l'ont déjà visionné savent sûrement de quoi je parle. Lol.
Ma bonne humeur refait peu à peu.
~~Elvira KONATÉ~~
Je suis Elvira KONATÉ. Je suis là deuxième fille d'une famille de trois enfants. J'ai 25 ans et je suis en deuxième année de master dans une des prestigieuses universités d'Abidjan. Je dois soutenir cette année en informatique et après je pourrai songer à chercher un emploi. Je suis actuellement en salle de cours mais il se trouve que le professeur a fait un retard et ce n'est plus sûr qu'il puisse être là aujourd'hui. Je ramasse donc mes affaires et pars m'asseoir au fond de la salle avec mes deux meilleures amies. Disons que ce sont les seules avec lesquelles je m'entends dans cette université. Je trouve la plupart des filles vraiment coincées et les autres se prennent trop. Ces filles-là croient qu'elles sont trop arrivées. Le fait de sortir avec certains de nos professeurs les montent trop à la tête. Bref je m'en vais rejoindre mes amies pour une séance de causerie interminable. Je ne m'assoie pas avec elles pendant les cours parce que je sais qu' ensemble nous n'allons rien écouter et moi je tiens à valider mon année.
Je les trouve en train de critiquer l'accouchement d'une fille et je pouffe de rire quand je prête attention à son habillement. Certaines filles n'ont aucune classe. C'est notre passe-temps ici à l'Université quand nous n'avons rien à faire. Avec Fatima et Vinia nous passons notre temps à laisser des commentaires sur la vie des autres.
-Elvira KONATÉ : Salut les filles.
-Fatima: On dit quoi la plus studieuse ?
-Elvira KONATÉ : Arrête de m'appeler ainsi. Tu sais très bien pourquoi je me mets au sérieux dans mes études.
-Fatima: Oh je plaisantais copine.
-Vinia: Toujours aussi bien habillé. Tu es coquette.
-Elvira KONATÉ : Comme toi bb. Merci.
Je prends place aux côtés de Fatima et nous parlons de tout et de rien. Plongée dans la causerie je ne me rends pas compte que ma mère m'avait manqué en appel et qu'elle tentait toujours de me joindre. Je saisis mon téléphone et me met à l'écart. Je me demande bien ce qu'elle veut me dire. Je viens à peine de quitter la cour et il n'est même pas midi. Je décroche son appel et elle lui fait savoir que je dois rentrer tout juste à la fin des cours et sans tarder. À ce qu'il paraît on aura une petite réunion familiale. Ça je ne me sens pas du tout bien. Ce genre de réunion chez nous ne présage rien de bon. Mais comme je n'ai rien à me reprocher je suis sereine.
Ah je ne vous ai pas présenté ma mère. Elle c'est Amina KONATÉ et mariée à Daniel KONATÉ. Ce sont les deux amours de ma vie et j'aimerais un jour avoir une vie amoureuse et un foyer similaire à la leur. Mes parents ne sont pas aussi riches que ça mais ils ne sont pas plus pauvres. La preuve est que ma petite sœur Cynthia et moi étudions toutes dans des universités privées.
Ce fût aussi le cas de mon grand Michel qui maintenant travaille.
Nous ne manquons de rien et tout est mis en place pour notre plus grand bonheur.
Mon père est un homme très strict et chai de nous faire attention à ne pas le mettre en colère.
Je rejoins mes amies pour qu'on continue la conversation.
-Vinia : C'était notre chéri ?
-Elvira KONATÉ : Notre chéri comment ? Chéri de qui et qui? Tu es dedans depuis quand ? Tchuuurr épargne moi ces sottises. Que je te vous sautez comme une criquet autour de lui. Je te casse tes brindilles qui te servent de jambe.
-Fatima : Mme la possessive.
C'est ainsi qu'elle me surnomme. Mais ça ne me fait ni chaud ni froid. Elles savent très bien que je suis très jalouse et n'hésite pas à me provoquer.
Après s'être bien moquée,Fatima me demande comment se porte mon copain.
Je lui réponds froidement et elle arrête de parler .
Je sais très bien que je suis d'une jalousie maladive mais ce n'est pas de ma faute. Je protège juste ce qui est à moi.
Eh oui. J'ai un petit ami mais pour moi il est mon fiancé. On a vécu tellement de choses ensemble. Il s'appelle Alex. Alex Sylla.. Ça été mon coup de cœur le jour où j'ai mis pied dans cette université. Il était en deuxième ou troisième année. Il m'a tout de suite plu mais en tant que fille vraiment fière je n'ai pas osé faire le premier pas. Mais il se trouvait que je l'avais aussi tapé à l'œil et là nous avons commencé une relation qui jusque-là continue toujours. Il a décroché un job il y a un an et compte demander ma main chez mes parents.
Chez moi personne à part ma petite sœur ne le connais. Je veux bien être sûr avant de présenter quelqu'un à la famille.
Chaque jour qui passe maman ne cesse de me rappeler que je dois penser à me marier mais je ne me prononce pas sur le sujet. Je lui ferai la surprise très bientôt.
Alex me dépasse d'une année. Mais il est très mature pour son âge. C'est justement l'une des raisons pour lesquelles je suis follement amoureuse de lui. Mais c'est aussi parce qu'il à été le premier homme que j'ai connu. Je lui ai donné ma virginité et je ne le regrette pas. Il a su se montrer à la hauteur. À part lui, je ne couche avec aucun autre homme. La fidélité c'est mon deuxième prénom. Et j'espère qu'il m'est aussi fidèle.
-Fatima : Vous dites quoi si on organisait une sortie entre copines ce week-end. Histoire de nous divertir avant que la préparation des mémoires ne nous bouffent tout notre temps.
-Vinia : Désolée baby j'ai déjà un programme. J'ai prévu de passer le weekend avec mon homme. Oorrgg il me manque tellement. Je ne peux pas annuler.
-Elvira KONATÉ : Hmm les amoureux.. J'imagine ce qui va se passer avec vous deux enfermé entre quatre murs.
-Vinia : Ça sera le feu.
-Fatima : Lol.. tue moi de rire. On remettra à la prochaine fois alors.
Nous répondons par l'affirmative avec Vinia.
Elle est tellement amoureuse de son homme et j'avoue que leur complicité me plaît bien.. Son petit ami s'appelle Alan et il à déjà un travail stable. J'ai son numéro et on se parle de temps en temps. Malgré le fait qu'elle me fasse confiance à ce point jusqu'à me donner le numéro de son gars moi je n'arrive pas à m'ouvrir à elle en ce qui concerne ma vie sentimentale. C'est une fille très compréhensive sinon elle m'aurait déjà barré. Mais ce n'est pas un manque de confiance en elle mais plutôt en moi même. Elle me parle de tout ce qui se passe entre eux et je n'hésite pas souvent à lui donner des conseils même si je ne la dépasse pas vraiment en âge. Parmi nous c'est Fatima la plus sournoise. Elle n'aime pas vraiment parler de sa vie mais j'essaie de la comprendre.
Moi je suis renfermée mais pas comme elle. C'est comme si elle nous cachait des choses. Bref.
Vu que le professeur n'est pas venu, nous décidons d'aller manger du garba juste derrière notre université avant de rejoindre nos domiciles. J'affectionne beaucoup la tantie chez laquelle on part manger ce qui fait que je ne mange nulle part si ce n'est chez elle et quand il s'agit bien d'attieké. Elle me considère comme sa fille aussi.
Nous arrivons et mes amies prennent place pendant que moi je vais passer la commande.
-Elvira KONATÉ : Bonjour maman Esther..
-Maman Esther : Bonjour ma chérie. Comment tu vas ?
-Elvira KONATÉ : je vais bien et vous?
-Maman Esther : Dieu fait grâce à ma fille. Et tes études ?
-Elvira KONATÉ : On tient le coup. Ce n'est pas souvent facile.
On continue de causer pendant qu'elle me sert. Vu que nous avons l'habitude de manger ici, elle sait déjà ce que nous voulons et aussi pour combien. Elle finit et je me débrouille pour trimballer les trois plats jusqu'à la table.
-Maman Esther : Bonne appétit.
-Elvira KONATÉ : merci maman.
Nous mangeons dans la bonne humeur toutes les trois avant de nous diriger vers la maison de nos parents. Lol.
J'arrive un peu plus tôt que les autres. Je trouve maman entrain de faire du jus de bissap. Je la salue. Entre me déshabiller et ensuite je vais l'aider à faire son jus. Elle ne le vend pas mais c'est juste pour la consommation de la famille.
-Elvira KONATÉ : Maman c'est quoi la raison de la réunion ? Une réunion imprévue en plus. Ça me fait peur.
-AMINA KONATÉ : Je l'ignore aussi ma fille. Attendons ton père et les autres.
-Elvira KONATÉ : hmm ça ne sent pas bon.
-Amina KONATÉ : Aide moi plutôt à mettre mon jus dans les bidons et arrête de t'inquiéter où tu as quelque chose à te reprocher ?
Je ferme tranquillement la bouche et je me mets au travail. Une heure après nous avions déjà terminé et je vais prendre une douche. Après ces grosses boules d'attiéké que j'ai avalé chez Maman Esther je n'ai plus vraiment faim. Alors je me couche sur mon lit et je m'endors sans m'en rendre compte.
~~Amina KONATÉ~~
Le ton sur lequel mon mari à ordonné la réunion m'inquiète. Je n'ai pas voulu le faire savoir à ma fille mais moi non plus je n'ai pas l'esprit tranquille après notre conversation de ce matin. J'attends impatiemment qu'il revienne du travail et qu'il m'explique au juste ce qui se passe.
Je connais mon mari et je suis sûre que ce qu'il dira ne va pas me plaire.
Je suis couchée dans notre grand lit à trois places et je me sens tellement fière de ma vie ainsi que de ma famille. Nous ne sommes pas riches mais nous ne sommes pas non plus pauvres. On peut dire que Dieu nous a béni. Je suis une fervente croyante. Contrairement à mon mari et à mes enfants qui négligent la religion moi je crois que la prière est remède à beaucoup de choses. Mais j'avoue que ces derniers temps je suis en train de régresser. Je dois me revoir. Perdue dans mes pensées j'entends la porte de la cour s'ouvrir et une personne entre. Je me relève du lit et regarde par la fenêtre et je vois mon ami qui fait son entrée.
Il est venu plus tôt que prévu. Cette affaire doit vraiment lui tenir à cœur. J'ai informé les enfants et j'espère qu'ils seront au rendez-vous et à l'heure. Je n'ai pas envie de subir la mauvaise humeur de mon mari. Il n'est pas brutal ou violent mais quand il s'énerve c'est une autre histoire.
Il traverse la cour et entre au salon. Quelques secondes après, il entre dans la chambre. J'avais déjà quitté la fenêtre pour m'asseoir au bord du lit. Je me suis levée pour lui faire une bise et l'aider à se déshabiller. Il est ensuite rentré se doucher et je lui ai servi à manger au salon. J'attends qu'il finisse pour débarrasser la table et je pars l'attendre dans la chambre.
Il vient s'asseoir près de moi et je m'impatiente de connaître enfin ce qu'il à me dire.
-M. KONATÉ : Chérie tu sais que je vous aime n'est ce pas?
-Aminata KONATÉ : Oui. Mais parle. Tu m'inquiètes.
-M. KONATÉ : Et tout ce que j'ai fait du début jusqu'ici est totalement pour vous. Pour votre bien être. Je veux que tu saches que peu importe la décision que je vais prendre, je l'ai pensé et je ne fais rien au hasard. Je peux comprendre que tu aies besoin de temps pour accepter ça et je suis prêt à te donner tout le temps qu'il faut mais je veux que tu me soutienne dans ce que je compte faire. Et essaie de me comprendre comme tu as toujours l'habitude de le faire.
-Amina KONATÉ : D'accord.
-M. KONATÉ : Bien. Je compte marier une de nos filles au petit-fils de mon patron et a bien y penser j'ai choisi Elvira. Parce qu'elle est la plus grande et celle qui saura mieux s'adapter à la situation.
-Aminata KONATÉ : Quoi???
J'ai cru rêver. Si j'étais debout j'allais seulement tomber. Je n'arrive pas à croire que mon mari devient fou. Je me suis vraiment éloigné de Dieu. Oh Seigneur viens à mon secours.