Chapitre 1
La porte massive de la suite présidentielle claqua doucement derrière elle, étouffant le chaos familier des couloirs. L'air y était différent, frais, presque oppressant, imprégné d'un parfum subtil mais cher. Talia Rivers, les mains tremblantes, s'adossa un instant contre la porte, son cœur battant à tout rompre. Elle n'aurait pas dû être là. Ce n'était pas une décision réfléchie, mais une urgence désespérée. Ses heures supplémentaires l'avaient retenue plus longtemps que prévu, et la cafétéria bondée de l'hôtel avait rendu impossible une pause digne de ce nom. Une nécessité pressante l'avait poussée à franchir cette limite interdite. Une fois la salle de bain trouvée, elle pourrait se glisser hors d'ici avant que quiconque ne remarque son intrusion.
Les talons de ses chaussures bon marché résonnèrent faiblement sur le marbre poli alors qu'elle s'avançait. La luxure de la pièce semblait presque irréelle : des canapés en cuir blanc immaculé, des œuvres d'art modernes accrochées aux murs, et un minibar rempli de bouteilles de cristal. Elle détourna les yeux, essayant de ne pas penser à la richesse insultante qui l'entourait.
Dans sa vie, tout était lutte. Alec, son frère cadet, avait besoin d'un traitement coûteux, et les maigres pourboires qu'elle ramenait à la maison suffisaient à peine à couvrir leurs factures. Cette réalité pesante ne lui laissait aucun répit. Elle inspira profondément et se dirigea vers ce qu'elle espérait être la salle de bain. Elle tourna la poignée dorée avec précaution, un murmure de soulagement lui échappant lorsqu'elle trouva ce qu'elle cherchait.
Le miroir scintillant reflétait son visage pâle et marqué par la fatigue. Elle prit un instant pour se regarder, comme si l'image pouvait lui offrir des réponses. Les cernes sous ses yeux lui donnaient un air plus âgé. Talia secoua la tête et murmura pour elle-même :
- Juste une minute, et je sors d'ici.
Elle ferma la porte derrière elle, ignorant le luxe oppressant de l'endroit, et s'approcha du lavabo pour éclabousser son visage avec de l'eau froide. Une sensation de soulagement immédiat la parcourut. Mais alors qu'elle se redressait, un bruit sourd résonna dans la pièce adjacente. Elle se figea. Son sang se glaça lorsqu'elle réalisa que quelqu'un était là.
Des pas lents et lourds résonnèrent. Elle n'avait plus le temps de fuir. La panique la paralysa tandis que la porte de la salle de bain s'ouvrait brusquement. Un homme se tenait là, son ombre imposante remplissant tout l'espace.
Il était immense. Chaque fibre de son être respirait la puissance brute et le contrôle absolu. Ses yeux d'un gris acier s'accrochèrent immédiatement à elle, perçants et glacials. Il portait un costume impeccablement taillé, mais il dégageait une aura sauvage, presque dangereuse. Talia sentit son souffle se couper. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n'en sortit.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-il, sa voix grave et autoritaire résonnant dans la petite pièce.
Talia recula instinctivement, mais il ne bougea pas. Elle sentit son regard peser sur elle, froid et analytique. Les mots se bousculaient dans son esprit, mais rien de cohérent ne franchissait ses lèvres.
- Je... Je suis désolée ! Je ne savais pas que...
- Vous ne saviez pas ? Il y a un panneau « privé » sur cette porte. Alors, expliquez-moi pourquoi une femme de chambre pense qu'elle peut entrer ici comme si elle en avait le droit.
Le ton de sa voix était chargé de mépris, mais quelque chose d'autre vibrait dessous, une curiosité qu'il semblait lui-même essayer de réprimer. Talia rougit de honte et baissa les yeux, jouant nerveusement avec l'ourlet de son uniforme.
- J'avais besoin d'utiliser les toilettes. Les autres étaient toutes occupées, alors je...
Elle leva les yeux vers lui, espérant qu'il pourrait lire la sincérité dans son regard. Mais l'homme ne semblait pas du genre à faire preuve de compassion.
- Vous pensez que c'est une excuse ? Vous êtes sur mon territoire, mademoiselle. Vous ne comprenez visiblement pas les conséquences de ce genre d'intrusion.
Son ton se durcit, et elle sentit une vague de peur monter en elle. Qui était-il pour parler ainsi ? Elle avait entendu parler des clients riches et excentriques de l'hôtel, mais cet homme semblait différent. Il dégageait une énergie qui allait bien au-delà de la richesse.
- Je... je suis désolée. Je vais partir, promis, murmura-t-elle précipitamment.
Il la toisa un long moment, ses yeux s'attardant sur elle d'une manière qui la fit frissonner. Puis, à sa grande surprise, il recula légèrement, croisant les bras sur son torse large et musclé.
- Non. Vous ne partez pas. Pas encore.
Son ton n'admettait aucune objection. Talia sentit une boule se former dans son estomac. Pourquoi ne la laissait-il pas partir ? Elle tenta de garder son calme, bien que tout en elle criait de fuir.
- Écoutez, monsieur, je ne voulais vraiment pas vous déranger. Si vous me laissez partir, je...
- Silence, l'interrompit-il sèchement. Vous pensez que des excuses suffisent pour envahir ma suite comme si c'était un espace public ? Non, je pense que nous devons clarifier certaines choses.
Il s'avança lentement vers elle, et elle recula jusqu'à ce que son dos heurte le mur carrelé. Il se pencha légèrement, ses yeux scrutant les siens avec une intensité presque insupportable.
- Quel est votre nom ?
Sa voix était basse, presque un murmure, mais elle portait un poids qui la fit frémir. Elle hésita un instant avant de répondre.
- Talia. Talia Rivers.
- Talia Rivers, répéta-t-il comme s'il testait le goût de son nom sur sa langue.
Le silence qui suivit était lourd de tension. Puis, soudainement, son expression changea. L'intensité froide dans ses yeux s'adoucit légèrement, remplacée par une lueur qu'elle ne pouvait pas tout à fait comprendre.
- Sortez d'ici, dit-il enfin, sa voix beaucoup plus calme. Mais sachez que ce n'est pas terminé.
Talia ne savait pas si elle devait se sentir soulagée ou encore plus terrifiée. Elle hocha la tête rapidement et s'échappa de la salle de bain sans un mot de plus.
De retour dans le couloir, elle se laissa tomber contre le mur, son cœur battant toujours à tout rompre. Qui était cet homme ? Et pourquoi avait-elle l'impression qu'il la connaissait déjà, d'une manière qu'elle ne pouvait expliquer ?
Ce n'était qu'un moment parmi tant d'autres dans sa vie chaotique, mais Talia sentait au fond d'elle que cet étrange inconnu venait de marquer le début d'un tournant qu'elle ne pouvait ni comprendre ni éviter.
Chapitre 2
Le silence qui suivit son entrée était presque suffocant, comme une tension palpable suspendue dans l'air. Caelan la fixa, ses yeux d'un gris métallique semblant percer jusqu'à l'âme de la jeune femme qui se tenait là, immobile comme une proie prise au piège. Il ne bougeait pas, mais son énergie, brute et dominatrice, envahissait la pièce. Tout chez lui, des épaules larges à la posture rigide, transpirait la menace retenue.
Il plissa légèrement les yeux, comme s'il essayait de décoder quelque chose d'insaisissable. Il avait capté un détail inattendu, un éclat dans l'air qui le perturba. Cela n'avait rien à voir avec son intrusion maladroite. Non, c'était autre chose, quelque chose qui éveillait en lui une conscience qu'il aurait préféré ignorer.
- Vous avez décidé de transformer ma suite en lieu public, peut-être ?
La voix claqua comme un coup de fouet, sèche et glaciale. Talia se tendit, secouée par la violence du ton. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais son souffle semblait lui manquer, ses mots emprisonnés par la peur.
- Je... Je ne savais pas que quelqu'un... Je suis désolée, murmura-t-elle enfin, les yeux baissés.
Caelan fit un pas en avant, comblant une partie de l'espace entre eux. Il la dominait de toute sa stature, chaque mouvement calculé. Il croisa les bras, ses muscles se tendant sous le tissu de son costume.
- Désolée ? Vous pensez que cela suffit ? Vous entrez dans ma salle de bain, comme si cet endroit vous appartenait, et vous espérez repartir sans conséquences ?
Il la regarda avec une intensité froide, mais une part de lui était distrait, capturée par l'odeur qui émanait d'elle. C'était subtil mais persistant, un mélange de quelque chose de familier et de troublant. Son loup, toujours en veille dans un coin de son esprit, grogna faiblement, intrigué. Il serra la mâchoire, essayant de maintenir son contrôle.
- Je n'ai pas d'excuses à offrir, finit-elle par admettre d'un ton rauque. J'ai eu tort. Si vous pouviez juste... me laisser partir, je promets que cela ne se reproduira plus.
Elle tenta un pas en arrière, mais il leva une main, l'arrêtant net.
- Ne bougez pas.
Sa voix avait perdu une partie de son mordant, mais l'ordre restait incontestable. Elle s'immobilisa, comme figée sur place, son regard oscillant entre crainte et incompréhension. Caelan la détailla un instant, ses yeux s'attardant sur les légers tremblements de ses mains.
- Quel est votre nom ? demanda-t-il enfin.
Elle hésita, comme si la réponse était une arme qu'il pourrait utiliser contre elle.
- Talia Rivers, répondit-elle finalement, presque à contre-cœur.
Il répéta son nom intérieurement, comme pour en tester la sonorité. Cela n'éveilla rien de spécifique, mais cela ne dissipait pas l'étrange sensation qui flottait dans l'air. Il se rapprocha encore, suffisamment pour qu'elle sente l'aura écrasante de sa présence.
- Très bien, Talia Rivers. Maintenant, expliquez-moi pourquoi je ne devrais pas vous faire virer sur-le-champ.
Elle releva la tête, affrontant son regard pour la première fois. Ses yeux étaient grands, lumineux, emplis d'une sincérité brute qui détonnait avec les excuses habituelles qu'il entendait dans ce genre de situation.
- Je n'ai aucune excuse. Mais je ne vous ai rien volé, rien abîmé. Je n'ai même pas touché quoi que ce soit. J'étais juste fatiguée, et...
Elle s'interrompit, mordant sa lèvre inférieure comme pour se punir d'en avoir trop dit. Mais il était trop tard. Caelan avait entendu l'écho de son épuisement, cette fragilité sous-jacente qu'elle tentait de dissimuler.
- Fatiguée, répéta-t-il doucement, presque pour lui-même. Vous travaillez ici, n'est-ce pas ?
Elle hocha la tête, surprise qu'il semble s'en soucier.
- Femme de chambre. Je fais des heures supplémentaires pour payer les factures.
Caelan sentit quelque chose en lui vaciller. Ce n'était pas de la pitié, mais peut-être une compréhension qu'il ne voulait pas admettre. Il s'écarta légèrement, rompant le contact visuel pour regarder ailleurs, comme s'il cherchait à se recentrer.
- Vous avez pris un risque insensé, Talia. Vous êtes consciente de ce que cela pourrait vous coûter ?
Elle baissa la tête à nouveau, les joues brûlantes de honte.
- Oui, murmura-t-elle.
Il aurait dû la congédier sur-le-champ, la renvoyer avec une mise en garde sévère pour ne plus croiser son chemin. Mais quelque chose le retenait. Ce n'était pas seulement cette odeur intrigante ou le timbre de sa voix. C'était une combinaison de tout cela, un tiraillement inexpliqué au fond de lui, comme si elle était... importante.
- Vous allez partir, dit-il finalement, mais il y avait une hésitation inhabituelle dans sa voix. Et la prochaine fois, vous réfléchirez avant de franchir une porte qui n'est pas la vôtre.
Elle releva les yeux, prête à exprimer sa gratitude, mais il ajouta rapidement :
- Cependant, je ne vous lâcherai pas si facilement. Nous avons encore à discuter, Talia Rivers. Mais pas ici.
Le poids de ses mots la cloua sur place. Il parlait comme un homme habitué à obtenir tout ce qu'il voulait, et elle sentit une étrange terreur l'envahir. Pourquoi voudrait-il continuer cette discussion ? Elle n'était qu'une femme de chambre parmi tant d'autres.
- Pourquoi ? souffla-t-elle, sa voix à peine audible.
Il se contenta de la regarder longuement, un sourire énigmatique effleurant ses lèvres avant de s'effacer aussi rapidement qu'il était apparu.
- Disons que vous avez éveillé ma curiosité.
Elle sentit son cœur s'emballer. Tout en elle lui criait de fuir, mais quelque chose dans son regard l'empêchait de bouger. Elle savait qu'il ne plaisantait pas, et cela la terrifiait plus que tout.
Chapitre 3
Le silence de la suite était trompeur, mais Caelan n'en était pas dupe. La rencontre avec Talia, aussi brève fût-elle, l'avait laissé avec plus de questions que de réponses. Elle était entrée dans sa vie comme une anomalie, un brin de chaos inattendu dans son monde parfaitement contrôlé. Son esprit ne cessait de revenir à cette odeur, à cette présence unique qui semblait défier la logique. Ce n'était pas qu'une simple erreur de jugement de sa part – quelque chose de plus profond l'appelait, même s'il refusait encore de le nommer.
Assis dans le fauteuil près de son bureau, il tapa un message rapide sur son téléphone. Quelques minutes plus tard, un homme entra discrètement, portant un dossier. Caelan le remercia d'un signe de tête avant de l'ouvrir. Les informations contenues à l'intérieur étaient précises et détaillées, comme toujours.
Talia Rivers, 22 ans, employée à temps partiel à l'hôtel depuis deux ans. Aucun antécédent criminel, pas de dettes excessives en dehors des frais médicaux liés à son frère. Alec Rivers, 16 ans, atteint d'une maladie dégénérative nécessitant des traitements coûteux. Leur situation financière était précaire, pour ne pas dire catastrophique. Les relevés de compte, les factures impayées, tout était là, peinturant un tableau sombre.
Caelan passa une main sur son visage, troublé. La plupart des gens dans sa position auraient simplement ignoré cette histoire. Une intrusion n'était qu'un incident mineur, facilement oublié. Mais il n'était pas la plupart des gens. Il savait que ce n'était pas une coïncidence. Son loup, toujours vigilant, le poussait à agir.
Lorsque la nuit tomba, il savait déjà ce qu'il ferait.
Le lendemain, Talia se sentait encore plus épuisée qu'à l'accoutumée. La rencontre avec Caelan l'avait laissée sur les nerfs, mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre son emploi. Alec avait besoin d'elle, de chaque centime qu'elle gagnait. Ses mains tremblaient légèrement alors qu'elle nettoyait une chambre au troisième étage, essayant de ne pas penser à ce qui s'était passé.
Elle ne s'attendait pas à le revoir. Pourtant, en début d'après-midi, alors qu'elle finissait son service, une collègue lui murmura qu'un homme élégant l'attendait dans le hall. Talia sentit son estomac se nouer. Elle savait que c'était lui avant même de descendre les escaliers.
Caelan était là, appuyé nonchalamment contre une colonne, son regard fixé sur elle dès qu'elle apparut. Il ne fit aucun effort pour dissimuler son observation, et elle se sentit exposée sous ses yeux perçants.
- Mademoiselle Rivers, dit-il en guise de salutation, sa voix basse résonnant comme une promesse.
- Monsieur Storm, répondit-elle, essayant de paraître calme.
- Nous devons parler.
Elle fronça les sourcils, méfiante.
- Si c'est pour mon comportement d'hier, je vous ai déjà présenté mes excuses.
- Ce n'est pas ça. Pas exactement.
Il jeta un coup d'œil autour d'eux, puis fit un geste vers une porte discrète menant à une petite salle de réunion.
- Je préférerais que cette conversation reste privée.
Elle hésita, consciente que refuser pourrait aggraver les choses. Finalement, elle le suivit, la gorge sèche.
À l'intérieur, Caelan s'installa tranquillement sur une chaise, croisant les jambes comme s'il avait tout le temps du monde. Talia, en revanche, resta debout, les bras croisés.
- Très bien, dit-elle. Qu'avez-vous à me dire ?
- Vous êtes directe. J'apprécie cela.
Il marqua une pause, l'observant comme s'il évaluait sa réaction avant de continuer.
- J'ai fait quelques recherches sur vous.
Elle blêmit, son cœur battant soudain plus vite.
- Vous avez... quoi ?
- Ne jouez pas la surprise. Vous savez qui je suis, et vous savez ce dont je suis capable.
Elle recula légèrement, une étincelle de colère remplaçant la peur dans ses yeux.
- Vous n'aviez pas le droit...
- Peut-être pas, mais cela ne change rien au fait que je l'ai fait.
Il se pencha en avant, son ton devenant plus sérieux.
- Votre frère est malade, gravement malade. Les traitements dont il a besoin sont hors de votre portée. Vous travaillez ici jour et nuit, sacrifiant tout pour lui, mais ce ne sera jamais suffisant.
Talia sentit un nœud se former dans sa gorge. Elle détestait qu'il dise cela à voix haute, qu'il réduise sa vie à un constat aussi brutal.
- Où voulez-vous en venir ? demanda-t-elle, sa voix rauque.
Caelan la fixa un moment, puis lança calmement :
- Je peux tout arranger.
Elle haussa un sourcil, méfiante.
- Arranger quoi ?
- Les soins pour Alec. Les factures. Tout. Vous n'auriez plus à vous inquiéter de quoi que ce soit.
Son ton était neutre, presque froid, mais elle sentait une tension sous-jacente, comme s'il se battait contre quelque chose.
- Et en échange ? murmura-t-elle, bien consciente qu'une telle offre ne venait jamais sans contrepartie.
- En échange, vous devenez ma compagne.
Le choc la cloua sur place.
- Votre... quoi ?
Il ne détourna pas le regard, sa voix calme mais implacable.
- Ma compagne. Ce n'est pas une demande en mariage. C'est un arrangement. Vous vivrez avec moi, vous serez à mes côtés.
Talia éclata d'un rire incrédule, bien qu'il soit teinté de nervosité.
- C'est une blague, c'est ça ?
- Je ne plaisante jamais.
Elle secoua la tête, tentant de comprendre ce qu'il espérait obtenir d'elle.
- Pourquoi moi ?
- Parce que je vous ai choisie, répondit-il simplement.
Sa réponse la déstabilisa encore plus. Elle chercha quelque chose, une faille dans ses mots, mais il était impénétrable.
- Vous êtes fou, murmura-t-elle, reculant vers la porte.
- Prenez le temps d'y réfléchir.
Elle s'arrêta, ses doigts sur la poignée.
- Je n'ai pas besoin d'y réfléchir. La réponse est non.
- Êtes-vous certaine ?
Son ton était doux, mais le poids de ses mots était suffisant pour la faire douter.
- Vous avez jusqu'à demain. Une nuit. Après cela, mon offre disparaît.
Talia ouvrit la porte et sortit sans un mot, son esprit un tourbillon de confusion.
***
Cette nuit-là, elle ne trouva pas le sommeil. Les paroles de Caelan résonnaient en boucle dans son esprit, s'immisçant dans chaque recoin de sa conscience. Alec était si faible, si fragile. Et elle... elle se sentait piégée, comme si le monde entier conspirait contre elle.
Quand l'aube se leva, elle savait déjà ce qu'elle allait faire.