Au cœur du Ranch...
Complètement recouverte d'une épaisse couche de neige, Cunégonde peina à courir pour s'échapper de son kidnappeur. Voyant qu'il n'était pas si loin et qu'il finira par la rattraper, elle prit son courage à deux mains et courut aussi vite qu'elle le pouvait. Le rythme du battement de son cœur s'accéléra, elle regarda de temps en temps en arrière pour s'assurer que son kidnappeur n'était pas si près d'elle. Il n'en était pas question qu'elle se retrouve une nouvelle fois dans cet enfer, ligotée sur une chaise, un bandana recouvrant sa bouche. Non ! Elle voulait absolument le fuir et même sans laisser de trace. Elle commença à avoir affreusement froid, la neige lui colla la peau et elle grelotta sous l'effet de la fraîcheur. Elle avait longuement couru sans savoir où elle allait. Tout ce qui comptait pour elle en traversant ces bois était fui ce monstre une bonne fois pour toute. Sa première tentative avait échoué, mais cette fois-ci, elle savait qu'elle l'avait échappé étant donné qu'elle n'entendit plus ses pas ni ses cris.
Cependant, elle était au milieu de nulle part. Il faisait sombre et la brune avait recouvert l'horizon. Elle avança d'un pas et par mégarde elle trébucha un rocher et tomba. Elle poussa un gémissement de douleur et lorsqu'elle massa sa cheville pour atténuer la douleur, elle se rendit compte qu'elle saignait abondamment. Dieu, elle avait horreur de ça. Elle détestait voir du sang. Elle déchira une partie de sa robe et l'attacha autour de sa cheville pour arrêter l'hémorragie.
_ Cunégonde!!!
Elle frissonna de peur à l'entente de son prénom. Son kidnappeur était toujours dans les parages. Elle se leva brusquement du sol et se mit à courir malgré la douleur qu'elle ressentait. Elle vit au loin une maison éclairée. Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'elle avança. Elle était enfin sauvée, songea-t-elle.
Elle toqua à la porte en bois et en profita pour surveiller ses arrières. Personne ne vint ouvrir pourtant elle Jura qu'il y avait une présence humaine dans cette maison. Elle toqua à nouveau, mais personne n'ouvrit. Bizarre !
Elle boita jusqu'à la fenêtre et jeta un coup d'œil. Elle apercevait une silhouette assit devant la cheminée avec une tasse en main. Elle boita jusqu'à la porte et donna un violent coup à la porte manquant de faire craquer le bois.
_ Ouvrez-moi cette porte, cria-t-elle. Je sais qu'il y a quelqu'un à l'intérieur.
Voyant qu'elle n'ouvrait pas elle continua à frapper la porte en vain.
_ Je vous en prie, supplia-t-elle en sanglots. Je suis en danger, ouvrez-moi cette porte.
La porte s'ouvrit brusquement. Un homme braqua son fusil sur elle. La jeune femme mit ses mains en évidence en claquant de peur.
_ Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi à une heure tardive ? Questionna-t-il en rapprochant son fusil plus près du visage pâle de la jeune femme.
_ Je... Laissez-moi entrer dans votre maison, balbutia-t-elle.
_ Vous blaguez j'espère, s'écria-t-il en chargeant son fusil.
Cunégonde grimaça et recula. Quel grotesque homme ! Ces trois mois, enfermée dans une chambre sombre sans pour autant voir l'extérieur était un cauchemar pour elle et maintenant qu'elle avait réussi à s'échapper ou presque, elle s'était retrouvée devant la maison d'un homme odieux et sans grâce qui avait rien à faire qu'une femme vulnérable soit-elle frappait chez lui pour lui demander de l'aide.
_ Allez-vous-en, s'égosilla-t-il en menaçant de tirer.
Voilà elle n'avait que deux options. Répartir et se faire attraper à nouveau par son kidnappeur ou affronter cet homme désagréable pour se réfugier de force chez lui. En y pensant, elle n'aura pas le cran pour faire demi-tour et se retrouver une nouvelle fois dans cet enfer insupportable qu'elle avait eu du mal à s'extirper. Quoiqu'il en soit, aussi odieux soit-il elle allait quand même entrer dans cette maison qu'il le veuille ou non.
_ J'exige que vous vous effaciez de la porte pour me laisser entrer. Ordre de la princesse, manda-t-elle en lui tenant tête.
Prise de stupeur, il baissa son fusil et retira son chapeau en paille qui avait couvert la totalité de sa chevelure noire. Elle remarqua qu'il était plus grand qu'elle. Les sourcils froncés, il la mitrailla du regard et poussa un rire moqueur qui énerva la jeune femme.
_ Pourquoi Riez-vous ? Demanda-t-elle en restant impassible.
_ Ordre de la princesse ? Railla-t-il. Qu'est-ce qui ne faut pas entendre. Allez-vous-en, ordonna-t-il en voulant fermer la porte.
La jeune femme étant rapide, cala la porte avec son pied en foudroyant cet homme du regard.
_ Je suis la princesse de Clèves et je vous ordonne de me laisser entrer, insista-t-elle.
_ Et moi je suis le roi, ironisa-t-il. Et je vous ordonne de retourner dans vos quartiers jeune fille.
En proie à la lassitude, elle poussa un soupir de désespoir et baissa furtivement la tête.
_ Quelqu'un veut ma mort. J'ai fait tout ce chemin pour venir devant votre porte. Il ne tardera pas à me retrouver et me tuer.
_Qui ça il ? Interrogeait-il en portant durement son regard sur elle.
Elle releva la tête, émerveillée par ses yeux de couleur bleu azur qu'elle vit lorsqu'il s'était plus rapproché d'elle.
_ J'attends ! S'impatienta-t-il.
_ Un...
_ Cunégonde!!!
La bouche légèrement entrouverte, elle se retourna. Elle entendit des pas qui se rapprochaient. Elle regarda ensuite l'homme qui était en face d'elle d'un œil craintif.
_ Je vous en pris, Laissez-moi entrer, supplia-t-elle.
_ Cunégonde!!!
La voix de son ravisseur se rapprocha de plus belle. Signe qu'il n'était pas loin. Cunégonde dû s'agenouiller pour implorer son aide.
_ Relevez-vous !
Elle se leva sous son ordre et d'un geste hésitant il s'écarta de l'entrée.
_ Entrez avant que je ne change d'avis.
Toute souriante elle entra et il ferma la porte derrière lui. Il accrocha son fusil au mur et s'avança vers la cheminée pour y mettre du bois. Pendant ce temps-là Cunégonde scruta la pièce. C'était une grande maison chaleureuse et bien rangée pour un homme s'étonna-t-elle en songeant à l'appartement de son frère aîné sens dessus dessous. En dépit de la fatigue et de la douleur qu'elle ressentit à sa cheville, Cunégonde ne put s'empêcher d'éprouver une sensation de liberté. Elle s'était enfin détachée de l'emprise de cet énergumène.
Sentant que sa robe lui colla à la peau, elle ouvrit la fermeture éclaire et s'apprêta à la glisser au sol quand l'homme à l'apparence froide s'écria.
_ Vous n'allez tout de même pas vous déshabiller dans mon salon et devant moi en plus, fit-il en restant baba.
_ Pourquoi pas ! Je vous ai supplié lamentablement pour que vous me laissiez entrer dans votre maison et maintenant que j'y suis vous m'aviez laissé planter là sans me donner de quoi poser mes fesses. Alors ça m'étonnerait que vous me laissez entrer dans l'une de vos chambres pour me déshabiller.
D'un geste rapide, elle laissa tomber sa robe au sol laissant découvrir sa forme généreuse, sa culotte rose à dentelle ainsi que son soutien-gorge qui couvrait à peine sa poitrine. Elle attrapa ses cheveux roux en un chignon et boitait sur le sol froid pour se tenir ensuite devant la cheminée.
Suffoqué, il écarquilla les yeux par ce spectacle qui s'offrait à lui. Il quitta le salon et revint quelques minutes plus tard avec un peignoir qu'il lança à la jeune femme.
_ Couvrez-vous !
Son ton employé lui donna froid au dos.
_ Je le ferai quand j'en aurai envie. Cependant j'ai besoin d'exposer mon corps à cette chaleur ardente du feu de votre cheminée. Permettez-moi.
_ Eh bien, je ne vous permets pas. Dans ce cas señorita je ne me dérangerai pas à vous foutre dehors ou encore mieux vous livrez à cet homme qui vous recherche, menaça-t-il sur un ton ferme.
Instantanément, elle prit le peignoir et se couvrit. Voyant qu'elle saignait du pied, il poussa une chaise devant la cheminée et l'ordonna de s'asseoir. Il revient avec une boîte à pharmacie et s'assit devant elle sur un tabouret.
_ Votre pied !
Elle lui tendit son pied et il retira le tissu imbibé de sang. Elle trembla en voyant le liquide rouge qui s'échappa de sa cheville. Elle détourna son regard pour éviter de voir le sang.
Délicatement, il appliqua une pommade sur la plaie après l'avoir désinfecté. Ce geste doux et agréable lui donna des frissons, mais il l'interrompit pour bander la plaie.
_ Vous aviez une très jolie maison, complimenta-t-elle pour briser le silence qui devenait trop pesant pour elle.
Il ne répondit pas et acheva son geste.
Fugace elle reprit la parole.
_ Chez moi, quand quelqu'un nous fait un compliment que ça soit sur notre maison ou notre physique on dit merci.
Il referma la boîte et se leva du tabouret.
_ Merci, remercia la jeune femme sans pour autant détacher son regard meurtrier sur lui.
_ Cet homme qui vous recherche, s'empressa-t-il de dire. Pourquoi vous cherche-t-il ? Est-ce votre époux que vous fuyez ?
_ Mon époux ?, fit-elle stupéfaite. Ce n'est pas mon époux et puis, je ne suis pas mariée. Je suis toujours célibataire.
_ Je ne vous ai rien demander sur ce point, fit-il référence à sa dernière phrase. Je m'en moque que vous soyez célibataire ou pas et puis vous mentez très mal, rajouta-t-il en posant ses yeux sur son annulaire.
Elle regardait sa bague et la retirait de son doigt pour la jeter dans les flammes. Il leva un sourcil d'étonnement. Cette femme était carrément folle. Soudain quelqu'un frappa à la porte. Le visage de la jeune femme se pâlit.
À suivre...
Au cœur du Ranch...
_ Peut-être que c'est lui, dit-il en regardant Cunégonde tremblée comme une feuille. Autant vous livrez à lui, ajouta-t-il en s'avançant vers la porte.
_ Mais je ne vous... ai rien fait à part abuser de votre hospitalité, bégaya-t-elle au bord de la panique.
_ Justement, lâcha-t-il en faisant un pas.
_ Pourquoi vous êtes si cruel ? Demanda-t-elle en boitant vers lui. Attendez, vous êtes de mèche avec mon kidnappeur ? Vous voulez soutirer de l'argent à mon père ? Suis-je entrée dans la gueule du loup ?
À sa dernière question, elle sentit ses joues s'empourprées. Il lui jeta un regard étonné.
_ Non mais qu'est-ce que vous racontez ? Pourquoi aurais-je besoin de soutirer de l'argent à une personne que je connais ni de vue et d'existence ?
_ Et bien ce n'est pas cette impression que vous me donnez.
Les coups de porte se firent entendre à nouveau. Ils se regardaient pendant un moment ainsi que la porte à tour de rôle.
_ Écoutez Mlle, je n'ai absolument rien à avoir avec ce type. Rien ! Maintenant prenez les escaliers et cachez-vous dans l'une des chambres.
Avant qu'il ne termine sa phrase Cunégonde avait déjà pris les escaliers à son plus grand désarroi. Il ouvrit la porte après s'être assuré qu'elle s'était enfermée. Il vit un homme habillé d'une capuche noire avec le visage cicatrisé qui se tenait devant lui. Sa respiration était saccadée et malgré cette fraîcheur des gouttes de sueurs perlaient sur son front. En tout cas il ne lui présageait rien de bon. Après tout il s'agissait sûrement de ce kidnappeur et probablement un tueur en série. Il avait caché son fusil derrière lui au cas où il en aura besoin.
_Bonsoir, n'aurez-vous pas vu une femme rousse de couleur de peau blanche ? Demanda-t-il impatient
_ Non désolé, répondit-il.
_ Hum, j'aurai juré qu'elle était passée ici. Je peux fouiller votre maison ?
_ Absolument pas, refusa-t-il catégoriquement.
Le kidnappeur regarda par-dessus son épaule espérant voir la jeune femme.
_ J'ai dit qu'elle n'était pas ici. Je n'ai jamais vu cette femme d'ailleurs, s'agaça-t-il pour lui faire comprendre clairement qu'il voulait qu'il parte.
Le kidnappeur le regarda d'un air douteux... Au départ, il ne voulût pas s'en aller, mais lorsqu'il sortit son fusil, il se résigna à partir. Il referma la porte à double serrure, accrocha son fusil au mur et grimpa les escaliers. Après avoir fouillé les quatre premières chambres sans la retrouver, il ouvrit la cinquième et trouva la jeune femme couchée dans le lit.
_ Pour quelqu'un en danger elle se permettait de dormir pendant que je persuadais son kidnappeur qu'elle ne se trouvait pas chez moi, chuchota-t-il en secouant la tête.
Il déplia une couverture avec laquelle il la couvrit pour la protéger du froid. Il sortit ensuite de la Chambre et referma délicatement la porte pour éviter que le bruit la réveille. Demain elle quittera sa maison et il allait enfin retrouver sa tranquillité....
Cunégonde fût réveillée par des hennissements de chevaux. Elle se leva du lit et regarda par la fenêtre. De là, elle aperçut une forêt dont les arbres étaient couvertes d'une couche de neige. Pour un matin bonheur, le soleil brillait si fort laissant paraître les rayons qui fondirent la neige du sol. D'un geste puéril, elle ôta son peignoir. La nuit avait été longue pour elle. Son kidnappeur avait hanté toute la nuit et Heureusement pour elle ça n'avait été qu'un mauvais rêve même si elle avait eu l'impression qu'il était réel ainsi que les coups qu'elle recevait de sa part. À présent, elle se rendit compte qu'elle n'avait rien à se mettre. Sa robe était en mauvais état ce qui la brisa. C'était le dernier cadeau qu'elle avait reçu de sa grand-mère avant qu'elle ne décède. Elle trouva un dressing posé dans un coin de la Chambre et elle se hâta pour l'ouvrir. Elle sentit l'odeur du renfermé qui y dégageait. Elle songea qu'il était fermé depuis bien longtemps sans que personne l'ouvre. Elle fouilla l'intérieur et trouva des sachets en plastiques contenant des vêtements ainsi que des robes féminins soigneusement pliés à son plus grand étonnement. Des questions lui tourbillonnèrent l'esprit. Était-il marié ? Ces vêtements pourraient-ils appartenir à sa femme ? Sachant bien qu'elle ne pouvait y répondre elle-même elle entreprit de porter une robe de couleur jaune moutarde qui lui venait au genou. Après avoir refermé l'armoire, elle descendit les escaliers pensant le trouver au Salon. Il n'y était pas. Des hennissements de chevaux attiraient son attention. Lorsqu'elle les avait entendus il y a quelques minutes elle pensait que c'était le fruit de son imagination, mais cette fois-ci elle les entendit si vivement.
_ Des chevaux ! S'exclama-t-elle lorsqu'elle vit ces animaux faire des aller-retours devant la maison.
Elle rêvait de les voir de plus près et maintenant qu'elle en avait aperçu plusieurs, rien ne l'empêcherait de les approcher. Même pas son père, ni sa mère et même ses frères ainés. Elle boitait jusqu'à la terrasse. Pendant quelques secondes, elle resta immobile. Elle regardait le propriétaire de la maison brossée la crinière d'un cheval blanc. Contrairement à ce qu'il portait hier soir, il s'était vêtu d'un chemisier à carreau rouge piqué dans un Jean bleu délavé. Des cuissardes en cuir emprisonnaient ses pieds et un chapeau en paille couvrait sa tête. Elle descendit les cinq marches d'escalier pour le rejoindre.
_ Bonjour !
Il arrêta instantanément son geste et se retournait. Son visage arborait une mine lorsqu'il vit la robe que portait cette femme. Avec une stupeur horrifiée, il s'approcha d'elle. Cunégonde reculait tandis que les traits de son visage se déformaient.
_ Qui vous a autorisé à porter cette robe ?, interrogea-t-il en la regardant de travers.
_ Je...
_ Qui vous a donné l'ordre ?
_ Personne, répondit-elle dans l'embarras. Au fait, je n'avais rien à me mettre et en fouillant le dressing, j'ai trouvé cette robe...
_ Que vous aviez eu le culot de la porter, termina-t-il en serrant les dents.
_ Désolé, j'irai de ce part l'enlever, dit-elle en tordant la bouche.
La gorge nouée elle tourna les talons. Elle ne comprenait pas pourquoi en faisait-il de trop pour une simple robe qu'elle avait jugée bon porter. Elle serra les poings, releva la tête et s'avançait vers les marches.
Remarquant qu'il l'avait blessé gratuitement à cause d'une simple robe il reprit ses esprits et la rattrapa en saisissant son bras. Cunégonde frémissait au contact de ses mains sur sa peau si blanche et fragile.
_ Excusez-moi señorita, je n'aurai pas dû crier sur vous.
_ Non ! Vous aviez tout à fait raison. Cette robe ne m'appartenait pas et je n'aurai pas dû la porter et je m'en excuse, dit-elle en dégageant son bras.
Elle se mit à grimper les marches quand il l'arrêta à nouveau en saisissant son poignet.
_ Gardez la ! De toute façon, vous n'aviez rien à vous mettre.
Sur ses paroles, il relâcha son poignet et retourna à ses occupations. Cunégonde hésitait un moment avant de le rejoindre.
_ Si ça vous dérange autant que je la porte je peux bien la retirer, lâcha-t-elle derrière son dos.
_ J'ai dit que vous pouvez la garder, s'empressa-t-il de dire en brossant le dos du cheval.
Il renchérit...
_ J'ai réussi à persuader votre soi-disant kidnappeur que vous n'étiez pas chez moi pendant que vous dormez.
_ Je vous en remercie.
Elle le regardait faire. Il savait s'y prendre avec les chevaux, pensa-t-elle. Il laissa tomber la brosse dans le sceau et s'éloignait. Elle en profitait pour toucher pour la première fois de son existence un cheval. Nom de Dieu ! Elle se trouvait devant un cheval. Elle peinait à y croire qu'elle se trouvait à moins d'un mètre d'un cheval. Si son père la voyait en ce moment, il allait piquer une crise et la punir pour au moins deux mois.
Cependant, il n'y avait pas son père dans les parages. Autant en profité ne serait-ce qu'une seule fois. Elle approcha sa main et la posa délicatement sur son dos. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu'il restait calme à son toucher. D'un geste vétilleux, elle le caressait. Il reniflait et elle souriait. Elle boita jusqu'à l'intérieur de la cuisine et fouilla les placards à la recherche du sucre. Elle savait que les chevaux en raffolait. Elle trouva un bocal remplit de morceau de sucre. Elle en prit suffisamment et les mit dans l'une des poches de la robe. Elle sortit de la maison et s'approcha du cheval.
_ Tu aimes les sucres pas vrai ? Demanda-t-elle en lui présentant un morceau de sucre dans la paume de sa main.
Il en rafla et le croqua. Elle rigola sous le chatouillement de sa la langue. Il hennissait en guise de réponse. Elle lui donna un second morceau de sucre tout en le caressant le dos. Le propriétaire fit son apparition avec une quantité de fouin en main.
_ Que lui donnez-vous ? Demanda-t-il en fixant la jeune femme.
_ Du sucre, je les ai trouvé dans votre cuisine, répondit-elle en lui donnant un troisième morceau. Il a l'air d'aimer, renchérit-elle.
Elle prit la brosse du sceau et se mit à le brosser comme une débutante. Le cheval s'affola et trépigna. Cunégonde recula, l'air pétrifié. Il déposa les foins et calma le cheval en le murmurant des mots doux.
_ Vous lui fait mal avec la brosse, dit-il en reprenant la brosse de sa main.
_ Je... Je ne voulais pas lui faire du mal. Ce n'était pas mon intention, balbutia-t-elle en écarquillant les yeux.
_ Vous devriez le brosser délicatement avec douceur.
Il enjoint sa parole avec les gestes. Il brossait le dos de l'animal tout en lui caressant sa crinière.
_ Tenez !
_ Vous êtes bien sûr ?
_ Oui prenez la brosse. Je vais vous apprendre.
À suivre...
Au coeur du Ranch...
Elle prit la brosse de sa main et s'approcha d'un pas hésitant vers l'animal. Il se tenait derrière elle. Elle posa la brosse sur le dos de l'animal et le brossait en essayant de ne pas lui faire mal. Même si l'animal ne bougeait pas elle savait qu'elle s'y prenait mal. Le propriétaire posa sa grande main sur la sienne et la montrait comment s'y prendre. À un moment donné, elle se sentait gênée. Le sentir coller à son dos la rendait perplexe. Il caressait le revêt de sa main suscitant en elle un trouble qu'elle n'avait jamais ressenti auparavant. Il arrêta subitement son geste et établit le foin devant le cheval qui se mit à brouter. Cunégonde continuait à le brosser tout en faisant bien attention.
- Vous aviez combien de chevaux ? Demanda-t-elle sans le quitter des yeux.
- Une cinquantaine, répondit-il sans pour autant la regarder.
Elle écarquilla les yeux, stupéfaite. Une cinquantaine ! Elle n'en croyait pas ses oreilles.
- Vous aviez la chance d'être entouré de tant de chevaux, parvint-elle à articuler sous l'effet du choc.
Une cinquantaine ! Se répéta-t-elle pantois.
- Pourquoi vous dites ça ? Interrogea-t-il en achevant son travail.
Il se releva et essuya ses mains sur son pantalon.
- J'ai toujours adoré les chevaux depuis toute petite. Mais mon père ne nous laissait pas les approcher, dit-elle avec une lueur de tristesse dans les yeux en songeant à la première fois quand elle avait à peine quatre ans elle avait réussi à dessiner un cheval et comme tout enfant voulant montrer à ses parents ses exploits, elle s'était infiltrée dans le Bureau de son père. Lorsqu'elle lui avait montré son dessin, Celui-ci l'avait déchiré en plusieurs morceaux avec un ordre à l'appui. Elle avait pleuré ce jour-là presque toutes les larmes de son corps et s'était enfermée dans sa chambre.
- Et pourquoi ? Demanda-t-il, curieux.
- Je ne sais pas, répondit-elle en poussant un juron.
- Vous ne l'aviez pas demandé ? S'enquit-il en l'adressant un regard curieux.
- Oh que si, maintes fois même. Il ne répondait que par' ' je déteste les chevaux'' fit-elle en imitant la voix rauque de son père. Sans mentionner le pourquoi. C'est ça le plus étonnant.
- Il a peut-être ses raisons.
- Que nous ne connaissons pas, lâcha-t-elle à son plus grand regret.
- Comment vous vous appelez ? Demanda-t-elle après un moment de silence.
- Dallan, répondit-il.
- Enchantée moi, c'est Cunégonde.
- Ça je le sais, la princesse de Clèves.
Elle ignora l'ironie qu'il avait employé.
- En fait, je ne suis pas une princesse, ni une duchesse, ni une reine et même une Cheik-ha. J'ai juste utilisé ce titre pour vous obligé à me faire entrer chez vous.
- Ça je l'avais deviné. Vous n'aviez rien d'une princesse.
Elle prit sur elle pour ne pas s'emporter par sa remarque.
- Pendant qu'on y est Dallan... Je peux vous appelez comme ça ?
- De toute façon, ce prénom m'a été donné pour qu'on m'appelle non ?
- D'accord. Dallan pourriez-vous m'apprendre à monter à cheval ?
- Ça ne serait pas possible, dit-il en tirant la laisse du cheval.
Cunégonde le suivit...
- Mais pourquoi ? Demanda-t-elle.
- Vous quittez mon ranch dès aujourd'hui, répondit-il avec fermeté.
- Je vous insupporte, c'est ça ? Pour aller où en fait ?
- Bah chez vous, fit-il en haussant les épaules. Vous êtes à présent libre et rien ne vous oblige à rester ici à moins que vous préfériez que votre ravisseur vous kidnappe à nouveau.
- Surtout pas !
- Dans ce cas, foutez le camp de chez moi.
Estomaquée elle s'arrêta et le regardait s'éloigner.
Quel rabat-joie ce con ! Fulmina-t-elle en son for intérieur. Sans plus attendre, elle marcha sur ses pas. Une grande écurie se trouvait derrière la maison. Les chevaux montraient leur tête lorsque Dallan fit entrer le cheval blanc dans l'enclos pour ensuite le fermer.
- Vous êtes encore là ! Fit-il lorsqu'il croisa la jeune femme après s'être retourné.
- Vous êtes vraiment déplaisant et détestable, cracha-t-elle rudement.
- Merci pour le compliment, ironisa-t-il.
- Ce n'est pas un compliment en fait. Je m'en fiche de toute façon. Prenez ça comme vous voulez, mais laisser moi vous dire que vous êtes un homme odieux. Vous vous foutez de ce qui pourrait bien m'arriver hein.
- Justement, je ne vous connais ni d'Adam ni d'Eve.
- Je vis à trois mille kilomètres d'ici je vous signale.
_ Une raison de plus pour commencer par gratter le sol pour arriver chez vous avant la Noël ou encore mieux allez voir votre ravisseur et demander lui de vous ramener chez vous par le moyen qu'il vous a fait quitter. Le reste, ce n'est pas mon problème. Bon débarras.
Sur ce, il s'enferma dans sa maison laissant la jeune femme seule face à son sort.
- Vous n'aviez pas le droit, cria-t-elle en frappant contre la porte.
- Bien sûr que si, c'est chez moi après tout. À présent disparaissez et ne revenez plus jamais.
Tout penaude elle regarda la porte pendant un moment dans l'espoir qu'il regrette et qu'il la fasse entrer et ensuite s'excuser. Vue qu'elle était devant cette porte pendant plus d'une demi-heure, elle réalisa qu'il n'allait sans doute pas l'ouvrir.
C'est ainsi qu'elle prenait les bois le visage larmoyant. Sa famille lui manquait énormément. Surtout sa petite nièce. L'avait-elle oublié ? Trois mois qu'elle avait quitté la Crète et elle n'avait aucune nouvelle d'eux. Sûrement qu'ils ne se sont pas aperçus de sa disparition, pensa-t-elle le cœur serré. Non impossible, revient-elle sur sa pensée. Elle avait disparu pendant plusieurs mois et sa famille devrait remarquer son absence depuis for longtemps. Lorsqu'elle était enfermée entre ces quatre murs, son ravisseur venait constamment se plaindre, car il n'arrivait pas à joindre sa famille pour une demande de rançon. Elle pensait qu'elle n'allait jamais pouvoir survivre. Et puis savoir qu'il n'arrivait pas à joindre sa famille l'angoissait. Elle espérait vivement que ses parents soient en train de remuer ciel et terre pour la retrouver. Elle continuait sa route en essuyant les larmes qui glissaient sur sa joue. Comment allait-elle pouvoir s'en sortir dans ce village qui lui est totalement inconnu ? Avec le peu d'espoir qui lui restait elle continuait à avancer. Peut-être trouvera-t-elle une personne de bonne volonté et assez gentil qui l'aiderait à se mettre à l'abri de son ravisseur qui à coup sûr rodait encore dans les parages.
Dallan n'arrivait pas à se concentrer sur son travail. Il repensait sans cesse à cette femme qu'il avait jeté au dehors. Que faisait-elle en ce moment ? Son kidnappeur l'avait-il retrouvé ? À ses pensées son corps se raidit. Son regard se posait soudain sur la photo cadrée de sa petite sœur. Il avait l'impression que celle-ci le reprochait de l'avoir renvoyé de sa maison. Incapable de soutenir son regard et de ressentir cette culpabilité, il saisit son manteau du lit et sortit de la maison. Il prit la route menant au ranch. Il ouvrit l'enclos où se trouvait Harold, son cheval.
- Bonjour Harold, désolé de te déranger à une heure tardive. J'ai besoin de toi.
Le cheval se redressa et se tint sur ses sabots. Il renifla ensuite en signe d'approbation et sortit de l'enclos. Après avoir bien ajusté la selle sur son dos, il le monta ensuite et tira sur les rênes. Il prit ensuite la route pour retrouver cette femme.
***
Elle était acculée contre un arbre toute affolée et haletante. Dans la pénombre, le. Loup s'avançait résolument, décidée à en finir avec elle. Il n'était plus qu'à trois mètres d'elle. Elle n'en pouvait plus. Elle avait couru près d'un quart d'heure, cependant le prédateur ne comptait pas s'en retourner. Son regard était tel un dard qui perçait son âme fragile.
Cunégonde avait expérimenté la mort plus de dix fois... Quoi de plus terrible qu'une mort qui se moque de votre état d'âme ? La bête n'était plus qu'à deux pas... Rassemblant toute son énergie, la jeune femme hurla de toute sa force. Mais aucun son ne parvenait à sortir de sa bouche. Le bourreau bondit, la gueule en avant. Un coup de fusil retentit ! La bête s'écroula au sol tandis que Cunégonde s'attardait de même au sol le visage remplit de sueur. Elle était glacée d'épouvante et sa respiration était bloquée. Elle avait failli y rester et elle en tremblait encore.
Dallan descendit de son cheval et accourut vers elle. Il l'obligea à se lever, mais celle-ci peinait à se tenir sur ses deux pieds encore sous l'effet du traumatisme.
- Vous n'aviez rien j'espère, demanda-t-il en retirant la neige qui collait sur ses mèches.
Elle s'agrippa contre lui pour éviter de tomber à nouveau. Ses yeux s'attardaient sur l'animal qui était à présent mort. Au bord de la panique, elle tremblait si fort que Dallan eut pitié d'elle.
- Il... il s'apprêtait à me dévorer, babilla-t-elle en sanglotant.
Dallan la serra contre son torse en lui caressant les cheveux.
- C'est bon! señorita, ne vous angoissez pas. Vous êtes en vie, susurra-t-il d'une voix douce.
- Oui, mais si vous n'étiez pas venu à temps Dieu seul sait si j'aurai pu m'échapper, dit-elle en sanglot.
Il l'aidait à s'avancer vers son cheval. Cunégonde ne quittait pas des yeux l'animal pendant qu'il la tirait par le bras.
- Allez ! Venez, dit-il en l'aidant à monter sur le cheval. Accrochez-vous bien.
Elle le serra par la taille tandis qu'il tirait les rênes pour faire avancer le cheval.
- Merci de m'avoir sauvé, mâchouilla-t-elle en collant sa tête contre son dos.
Une fois au ranch, il aidait la jeune femme à descendre. Une fois encore elle tremblait et n'arrivait pas à tenir sur ses pieds. L'image du loup vacillait dans sa tête et l'idée qu'elle ait floré la mort la frissonnait de peur. Dallan remit son cheval dans l'enclos et revint vers elle. La tenant par la taille, ils grimpaient les marches d'escalier et ouvrit la porte.
- Prenez place, je vous en prie.
Ce qu'elle fit.
- Je paris que vous aviez très faim, reprit-il en entrant dans la cuisine.
En effet, elle avait eu une crampe dans l'estomac lorsqu'elle s'aventurait dans les bois. Mais la situation dans laquelle elle était avec ce loup et la peur qu'elle avait ressenti l'avait coupé l'appétit.
- Non... Pas vraiment, répondit-elle hésitante.
- Permettez-moi d'en douter, cria-t-il de la cuisine.
Il avait déjà mis une poêle au feu et avait cassé les œufs pour en faire des omelettes. Cunégonde quitta le salon pour le rejoindre dans la cuisine. Elle prit place devant la longue table dressée au milieu de la cuisine et le regardait achever son travail.
- Quelle chance que vous soyez passé par là, fit-elle en triturant la nappe qui couvrait la table.
Dallan vint poser son plat devant, elle ainsi qu'un verre de jus de fruit.
- Vous feriez mieux de ne plus y penser señorita, déclara-t-il en rapportant dans un petit plat des Madeleines et un verre de lait.
- Impossible ! J'ai failli y rester. Ce n'est pas si facile d'oublier. Je ne me suis jamais trouvée en face d'un loup. D'habitude je les vois à la télé et en voir un en face de moi m'avait complètement déstabilisé.
- Ça suffit maintenant ! S'exclama-t-il.
La jeune femme se tut et promena son regard sur tout ce qui avait sur cette table.
- Maintenant mangez !
Elle saisit le couteau et la fourchette et en coupa un morceau.
- Et vous ? S'enquit-elle en envoyant l'omelette dans sa bouche.
- Je n'ai pas faim, répondit-il en se tenant derrière elle.
Il posa un manteau sur elle et d'un geste délicat, il enleva de ses chevaux les débris de neige. Elle haussa les sourcils en écarquillant les yeux. Elle interrompu son repas et resta figé. Quelle mouche l'avait piqué pour qu'il se comporte de cette manière avec elle si soudain ? D'abord il la sauve d'un loup affamé, la fit entrer dans sa maison, la fit à manger et ensuite il secouait ses mèches pour faire retirer la neige qui s'était collée dans ses cheveux. Pourtant, il y a quelques heures, il s'était comporté avec elle de façon désagréable en la jetant au dehors sans se soucier du danger qu'elle pouvait encourir. Ainsi, sentir ses doigts se promener dans ses boucles la fit frémir. Elle s'agita sur son siège et vacillait de chaque côté.
- Tenez-vous tranquille !
Elle restait immobile pendant qu'il achevait ses gestes.
- C'est mieux comme ça, souffla-t-il en se retirant.
- Votre cuisine est exquise, complimenta-t-elle en esquissant un faible sourire.
- Content qu'elle vous a plu, répondit-il en faisant la vaisselle.
- Votre épouse a de la chance d'avoir un mari si bon cuisinier contrairement à Max, fit-elle en vidant son verre de lait.
- Je ne suis pas marié, rectifia-t-il.
- Oh !
Alors à qui appartenait ces vêtements qu'elle avait vu dans le dressing ? Se demanda-t-elle, pensive.
- Et c'est qui ce Max sans vouloir paraître indiscret ? Renchéri t-il.
- Mon fiancé, répondit-elle d'un ton neutre.
Il se souvenait de la bague qu'il avait vu sur son annulaire hier soir, mais ce qu'il ne comprenait pas était le fait qu'elle l'avait jeté dans les flammes. Même s'il mourrait d'envie de connaître la raison, il se ravisa de poser la question pour ne pas paraître curieux.
- À chaque fois qu'on doit dîner ensemble dans son appartement il fait toujours venir un service traiteur.
- Dans ce cas pourquoi ne faites-vous pas vous-même la cuisine ?
- Parce qu'il prépare déjà tout avant mon arrivée.
- Quoi ? Vous ne logez pas ensemble ?, s'enquit-il en tournant son regard vers elle, les sourcils levés.
Elle secoua négativement la tête.
- Mes parents tiennent à ce qu'on se marie d'abord.
Il acquiesça d'un petit signe de la tête et se remit à faire la vaisselle. La jeune femme se leva de son siège et apporta son assiette dans l'évier.
- Laissez-moi faire, dit-elle en voulant prendre l'éponge de ses mains.
- Il n'en est pas question, répliqua-t-il avec véhémence.
La jeune femme sursauta. La bipolarité serait donc sa nature, constata-t-elle en se mordillant la lèvre. Tantôt il était tendre, tantôt il devenait violent.
- Allez vous assoir, reprit-il d'une voix calme qui trahissait ses traits déformés.
La jeune femme ne se fit pas prier une nouvelle fois et posa ses fesses contre le siège. Elle le regardait si attentivement qu'elle se perdait dans son esprit. Il était grand, musclé et si séduisant. Accoudée contre la table, elle se laissait divaguer dans ses souvenirs. Max ! Jamais elle n'avait ressenti avec lui un quelconque trouble lorsqu'il la caressait et même l'embrassait. Mais pas contre lui, il suffisait qu'il la saisisse par le poignet et qu'elle en frémisse de désir qu'elle-même ne put s'expliquer. Il se retourna et constata qu'elle le dévisageait. Prise au dépourvu, elle baissa furtivement les yeux.
Il sortit de la cuisine avec un sceau à la main. Il retira son manteau du port manteau qu'il porta et sortit ensuite. La jeune femme le regardait s'éloigner par la fenêtre. Elle sortit à son tour et le suivit.
- Qu'est-ce que vous faites ? S'enquit-elle en le voyant sortit d'une étable une vache.
Il déposa le sceau au sol et s'accroupir pour traire la vache.
- Vous voyez bien, répondit-il sans la regarder.
- Vous n'utiliser pas une trayeuse ?
- Si, je l'ai prêté à un ami qui me la ramènera avant la fin de la semaine.
- Je veux vous aider.
- Non restez à l'écart.
- J'insiste, apprenez-moi du moins.
Voyant qu'elle n'était pas décider à laisser tomber il la fit signe de la main pour qu'elle s'approche. Avec joie, elle s'approcha et s'assit sur le tabouret qu'il lui présenta.
À suivre...