Après un long et éprouvant passage de six mois dans le coma, Aria ouvre enfin les yeux et peut quitter les sombres murs de l'hôpital. Son cœur est rempli de joie à l'idée de retrouver sa vie et ses proches. Cependant, elle réalise rapidement que réintégrer sa vie quotidienne après une si longue absence sera un défi de taille. Elle devra prendre le temps nécessaire pour se rétablir et se réhabituer à son environnement familier. Mélanie, une amie proche, exprime un immense soulagement :
Mélanie: Tu m'as tellement fait peur, je suis tellement heureuse que tu puisses enfin rentrer à la maison.
Un sourire se dessine sur le visage d'Aria, ravi de quitter les murs de l'hôpital, qui l'ont tant vu ces derniers mois. Mélanie ne peut s'empêcher de s'inquiéter :
Mélanie: Es-tu certaine que tu te sens beaucoup mieux maintenant ? Et qu'en est-il de tes migraines ? Son regard trahit une inquiétude profonde. Aria, voulant rassurer son amie, répond avec optimisme.
Aria: Ne t'en fais pas, je ressens encore ces migraines, mais je te promets que je vais bien.
Le Dr Loïc, le médecin responsable du dossier d'Aria, entre dans la chambre pour effectuer un dernier examen avant que Mélanie ne signe les papiers de sortie. Il cherche à rassurer tout le monde :
Dr Loïc: Tout va bien, Mademoiselle Aria, vous êtes définitivement hors de danger.
Mélanie, préoccupée par les migraines d'Aria, demande des éclaircissements.
Mélanie: Et que peut-on faire pour ces migraines ?
Le Dr Loïc, d'un air empreint de compassion, répond :
Dr Loïc: Malheureusement, je crains de ne pas pouvoir faire grand-chose de plus. Cependant, les médicaments que je vous ai prescrits devraient soulager ces maux avec le temps.
Mélanie saisit l'opportunité pour avoir une conversation confidentielle avec le médecin.
Mélanie: Pouvons-nous nous voir en privé pendant quelques minutes ?
Le Dr Loïc tient à rassurer Aria avant de quitter la pièce.
De Loïc: Bien sûr ! Aria, prenez bien soin de vous et surtout, n'oubliez pas de prendre les choses à votre rythme. Ne vous précipitez pas pour reprendre toutes vos activités en même temps.
Aria acquiesce avec reconnaissance. Elle attrape son sac, posé sur une chaise près de son lit, prête à entamer la prochaine étape de sa récupération. Le Dr Loïc, tout en quittant la chambre, adresse quelques mots chaleureux.
Dr Loïc: je suis dans mon bureau, Mademoiselle Mélanie.
L'espoir brille dans les yeux d'Aria alors qu'elle se prépare à enfin quitter cet hôpital qui a été son foyer pendant de trop nombreux mois difficiles. soulagée et excitée, elle ne peut contenir son impatience de quitter enfin les murs de cet hôpital. Mélanie, pressée, lui dit:
Mélanie: Attends-moi dans la voiture, Aria. Je n'en ai pas pour longtemps.
Aria tend la main vers Mélanie et lui demande les clés, après avoir fouillé dans son sac Mélanie les lui donne.
Aria: Merci, ne mets pas trop de temps, je meurs de faim !
Mélanie, comprenant son désir, répond rapidement:
Mélanie: Oui oui, j'y vais tout de suite.
Après quelques minutes d'attente, Mélanie rejoint Aria dans la voiture. Tout au long du trajet, elles restent silencieuses, aucune d'elles n'osent rompre le silence, jusqu'à ce qu'Aria décide de briser la glace.
Aria: Alors, où est-ce que tu m'emmènes manger ?
Mélanie: Chez Boby's. Ils font des plats délicieux, et leurs nouilles sont juste... Elle est interrompue par la sonnerie de son téléphone. Merde ! s'exclame-t-elle en voyant le nom qui s'affiche.
Aria: Qu'est-ce qui se passe ?
Mélanie : C'est le bureau.
Aria: Mais qu'est-ce qu'ils veulent ? Réponds.
Mélanie : Écoute, Aria, je ne peux pas faire ça. Je connais trop bien ce type, il va sûrement me demander de passer au bureau pour je ne sais quelle raison. Pourtant, j'ai pris ma journée aujourd'hui, et il le sait. Pourquoi m'appelle-t-il ? dit-elle avec agacement.
Aria: Si tu veux avoir des réponses, tu dois répondre. Mélanie hésite toujours. Allez !!
Mélanie :D'accord, elle se reprend et prend une grande inspiration avant de répondre. Allo, bonjour Monsieur Oren. Désolée, mon téléphone était dans mon sac. Oui, je l'ai remis à Jorge. Non, pas avant lundi. C'était prévu pour le 15. Quoi ? Tout de suite ? Mais Monsieur, je ne peux pas. Elle jette un regard vers Aria. Oui, je comprends. Mais je suis allée chercher mon amie aujourd'hui. Mais Monsieur, je... Aria lui attrape la main et lui sourit pour la rassurer. Mélanie met son téléphone en sourdine. Mais comment vas-tu faire, toi ?
Aria: Je ne sais pas, mais si c'est vraiment important, je pense que tu devrais y aller. Je peux me débrouiller.
Mélanie: Hors de question. Elle veut ajouter quelque chose, mais Mélanie ne lui en laisse pas l'occasion. Je suis en route, Monsieur Oren. Je serai là dans quelques minutes. À tout à l'heure, Monsieur.
Aria: Qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi tu ne t'arrêtes pas ? Demande elle en constante que son amie ne s'arrête pas. Elle accélère plutôt.
Mélanie: Parce que tu viens avec moi.
Aria: Je ne pense pas que ton boss apprécierait, dit-elle d'un ton ironique.
Mélanie: Tu crois que ça me fait quelque chose ? Je te promets que ça ne prendra pas longtemps. Je vais juste retrouver un document pour lui, et ensuite je t'emmène manger.
Aria: Si je ne meurs pas de faim avant.
Mélanie : Je suis désolée !
Aria: Ne fais pas cette tête, je plaisante.
Après 15 minutes de route, elles arrivent à l'entreprise où travaille Mélanie. Le bâtiment devant elles est grand et imposant, avec une façade en verre. Il dispose d'un grand parking à l'extérieur et les rues sont animées.
Aria: Je vais t'attendre dans la voiture.
Mélanie: Tu es sûre ? Tu peux monter avec moi et je te ferai un café en attendant. Ça ne prendra pas longtemps. En plus, je ne veux pas te laisser seule ici, tu sais à quel point les rues peuvent être dangereuses.
Aria: Mél, je serai dans la voiture, rien ne peut m'arriver ici.
Mélanie : Qu'est-ce que tu en sais ? Et je ne veux rien entendre. Tu montes avec moi. Elle sort de la voiture, se dirige vers la portière d'Aria et l'ouvre.
Aria: Ça ne sert à rien que j'insiste, n'est-ce pas ?
Mélanie : Non, à rien.
Aria finit par céder à contrecœur et pénètrent dans l'immeuble. Mélanie prennent l'ascenseur jusqu'au 12e étage avec une certaine appréhension. En sortant de l'ascenseur, aria découvrent une vaste salle d'accueil qui l'impressionne. Mélanie se dirige directement vers Véronique, la réceptionniste.
Mélanie : Bonsoir Véro !
Véronique : Oh bonsoir Mél, que fais-tu ici à cette heure-ci ? Ce n'est pas aujourd'hui que ta copine est censée sortir ?
Mélanie : Si, c'est bien aujourd'hui, et la voilà d'ailleurs. Elle se retourne et indique Aria du regard.
Véronique: Oh, mais que fait-elle ici avec toi ? Elle devrait être chez elle en train de se reposer.
Mélanie: Oui, normalement, mais figure-toi que Monsieur Oren m'a appelée pendant que je rentrais.
Véronique: Quoi ?! Non... Attends une minute, je me souviens maintenant. Il t'a demandé de passer tout à l'heure. Je pense que tu devrais y aller rapidement, il avait vraiment l'air furieux. Je ne sais pas ce que tu as fait, mais prépare-toi.
Mélanie (exaspérée) : Mais qu'est-ce que j'ai encore fait, bordel ! Elle jette un regard à Aria, assise sur l'un des bancs de la salle d'accueil. Prends soin d'elle, je reviens. Et s'il te plaît, prépare-lui un café, je te le rendrai.
Véronique: Ne t'en fais pas ! Bonne chance. Mélanie se dirige vers Aria, qui observe tout autour d'elle.
MÉLANIE : Aria, je reviens. J'ai demandé à Véro de t'apporter un café.
Aria: ça va ?
Mélanie : oui, ne t'inquiète pas.
Mélanie s'éloigne et Véronique s'approche d'Aria.
Véronique: Salut ! Moi c'est Véronique, une amie de Mélanie et sa collègue.
Aria: Enchantée, dit-elle avec un sourire.
Véronique: Comment vas-tu ?
Aria: Beaucoup mieux, merci.
Véronique: Je suis contente que tu ailles mieux. Aria lui sourit, légèrement décontenancée. Je reviens, je vais te faire ton café.
Aria: Non, ça va vraiment, ne te donne pas ce mal pour moi.
Véronique: Bien sûr que si. J'ai promis à Mélanie que j'allais t'apporter ton café, et ça ne me dérange pas. Avec ou sans ?
Aria: Pardon ?
Véronique: Ton café, tu l'aimes avec ou sans sucre.
Aria: Avec, mais légèrement.
Véronique: D'accord, je te l'apporte tout de suite.
Aria: Euh... Véronique ?
Véronique: Oui ?
Aria: Les toilettes sont part où ?
Véronique: Le couloir derrière toi, tout droit, puis tu prends la porte à droite, les toilettes s'y trouvent.
Aria: D'accord, merci.
Pendant ce temps...
Enzo: Ce n'est pas pour ça qu'on vous paie, mademoiselle Houston. Apprenez à faire votre travail correctement. Je ne vais pas toujours être derrière vous ! Je ne vous demande pas grand-chose pourtant. Ce document, je le veux sur mon bureau dans les minutes qui suivent, et pour la réunion de lundi, je n'aurai plus besoin de vous. Jorge vous remplacera, donc ce n'est pas la peine de venir, dit-il irrité.
Mélanie: Désolée, je vous le ramène tout de suite. Elle se dirige vers la porte lorsqu'il l'interpelle.
Enzo: Mélanie. Elle se retourne.
Mélanie : Oui, Monsieur Oren, avez-vous besoin d'autre chose ?
Enzo: Comment va votre amie maintenant ? Demande-t-il d'une voix plus calme.
Mélanie : Elle va beaucoup mieux...
Une fois terminé, Mélanie retourne dans la salle d'attente où elle avait laissé Aria.
Mélanie : On y va. Véro, merci, on se voit la semaine prochaine, et si tu vois Jorge, dis-lui qu'il a un gros problème avec moi. Elle acquiesce en souriant.
Véronique: Prenez soin de vous.
Lorsqu'elles arrivent chez Boby's, Mélanie s'arrête pour passer un coup de fil.
Mélanie : Ça ne prendra pas longtemps, pendant ce temps, tu peux prendre les commandes. J'arrive.
Aria:Quoi ? Mais pourquoi ? Que fais-tu ?
Mélanie : Je passe juste rapidement un coup de fil et je reviens.
Aria: D'accord.
Elle entre dans le restaurant qui est déjà bondé et en cherchant une place libre, Aria se fait bousculer par quelqu'un.
Aria: Aïe, faites attention ! Dit-elle énervée.
Boby: Aria ?!
Aria: ...
Boby: Je suis tellement content que tu sois là, viens, je vais te montrer où tu peux t'asseoir. Il la prend par le bras.
Aria : Attendez ! Je... l'homme en face d'elle est âgé.
Boby : Je suis vraiment désolé, ma chérie. J'aurais vraiment voulu venir te chercher à l'hôpital avec Mélanie, mais je n'ai pas pu. Il tend un plateau à une serveuse qui passe devant lui. Comme tu peux le constater, le travail est triplé ces derniers temps. Bon, assez parlé. Tu dois être fatiguée après ton long trajet. Mélanie m'a dit que vous alliez venir, alors j'ai préparé votre plat préféré et réservé une table pour vous.
Aria s'assoit à une table pour deux et regarde l'homme devant elle.
Aria : Excusez-moi, mais on se connaît ? Il reste silencieux pendant un instant et la regarde d'un air étrange, comme s'il réalisait quelque chose maintenant.
Boby: Tu ne te souviens pas de moi ?
Aria : Non...
Boby: Ce n'est pas grave, mon plat va raviver tous tes souvenirs. Tu nous as beaucoup manqué ! Il se retourne et balaye la salle du regard. Où est Mélanie ? Je ne la vois nulle part.
Mélanie: Là ! Elle se trouve derrière lui et lui donne un bisou sur la joue. Bonsoir, Boby.
Boby : Salut, ma belle ! Une grande brune fait signe au vieil homme de s'approcher. Euh... Je reviens.
Mélanie: Avec nos plats, j'espère. Elle enlève son blouson et s'assoit.
Boby: Absolument.
Il s'en va en faisant signe à une jeune femme de s'approcher de leur table.
Aria : C'est qui ? Elle grimace en désignant le vieil homme.
Mélanie : Boby? c'est le propriétaire du Bar et notre bailleur. C'est à lui qu'appartient l'immeuble où nous vivons toutes les deux. Il est comme un père pour nous. Tu ne te souviens vraiment pas de lui ?
Aria: Non.
Mélanie: Ne t'en fais pas, sourit-elle. Ça te reviendra bientôt, le Dr Loïc a dit que c'était temporaire. Donne-toi du temps.
Aria: Avec qui tu parlais ?
Mélanie : Devis, mon copain.
Aria: Et moi, est-ce que j'ai... un copain ?
Mélanie: Toi, avoir un copain. Elle se met à rire. Tu es la seule personne âgée de 24 ans qui n'a jamais eu de copain de toute sa vie.
Aria: Tu plaisantes ? Elle écarquille les yeux, choquée. Tu veux dire que je n'ai jamais embrassé de garçon ? demande-t-elle surprise.
Mélanie : Si, tu l'as déjà fait, mais si je m'en souviens bien, c'était en seconde pendant un cap ou pas cap. Et on t'avait forcé à le faire !
Aria: Si tu plaisantes, ce n'est pas drôle !
Mélanie : Oh, et le deuxième, c'était en terminale pendant le théâtre, tu avais embrassé Daniel devant tout le monde.
Aria: Tout le monde ? C'est qui Daniel ?
Mélanie : Oui, tous les parents d'élève étaient venus ce jour-là. Daniel était le garçon le plus populaire du lycée à cette époque. Quelle fille n'aurait pas voulu l'embrasser ? Même moi, je bavais sur lui, un vrai canon je t'assure. Dommage que tu t'en souviennes pas.
Aria: Je devais avoir mes raisons. Mélanie hausse les épaules. Ou peut-être que je ne te disais pas tout. Mélanie lève un sourcil.
Mélanie: Ce n'est pas possible, je suis ton journal intime. Il n'y a rien qui se passe dans ta vie que je ne sache pas. Moi-même, j'ai essayé à maintes reprises de te caser avec de bons mecs, mais tu as toujours fait ta chochotte.
Aria: Je devais avoir mes raisons, je te dis.
Mélanie: Quel genre ? Tu te préserves pour le bon ? Ou tu attends l'homme parfait qui va t'épouser ?
Elles éclatent de rire, créant une symphonie de joie dans l'air. À ce moment précis, une serveuse s'approche d'elles, transportant leurs assiettes avec grâce. Elle dépose tout sur la table avec un sourire enchanteur avant de s'éclipser gracieusement. Aria et Mélanie se lancent goulûment dans leur repas, savourant chaque bouchée, pendant que Mélanie déverse un flot d'anecdotes sur tout ce qu'elle a manqué pendant son coma. Une fois leur repas terminé, Mélanie se lève pour dire au revoir à Boby avant de quitter le bar. Enfin, elles rejoignent leur appartement, qui se trouve à seulement quelques pas de là, empreintes de contentement et d'excitation.
Un jour, c'est l'accident, le coma, et on se réveille avec une mémoire en morceaux. Lorsqu'on souffre d'amnésie, tout doit être réappris : marcher, le nom de ses amis, le sens de certains mots...
Trois semaines se sont écoulées depuis sa sortie de l'hôpital. Aria essaie toujours de retrouver ses habitudes et sa vie avec l'aide de sa meilleure amie. Mercredi matin, Mélanie cherche quelque chose dans leur appartement.
Aria: Bon sang, Mél, tu cherches quoi depuis tout à l'heure ? demande-t-elle en étant assise sur le canapé. Mélanie s'arrête juste devant elle, l'air agacée.
Mélanie : Ma veste en cuir, celle que j'avais la semaine dernière.
Aria: La bleue ou la noire ?
Mélanie : La noire, bien sûr. La bleue, je l'ai mise lundi, Aria.
Aria: Attends que je me rappelle... je pense que je l'ai rangée dans ton armoire après l'avoir repassée. Tu as regardé ?
Mélanie : Non, je ne savais même pas que tu l'avais lavée. Je ne l'ai portée qu'une fois, bon sang.
Aria: Une seule fois suffit pour salir un vêtement.
Mélanie : Ouais, c'est ça !
Elle se rend dans sa chambre pour chercher sa veste et se maquiller, puis elle retourne au salon où Aria est en train de lire un roman.
Mélanie : N'oublie pas de remettre le courrier à Grâce. Je l'ai laissé sur la table. Sors un peu, veux-tu ? Va à l'épicerie, au parc, ou même chez Boby, je ne sais pas, mais sors Aria. Ça fait des semaines que tu es sortie de l'hôpital et depuis que tu es entrée dans cet appartement, tu n'as plus mis les pieds dehors.
Elle prend son café qui est sur la table du salon et le boit d'un trait. Aria ferme son roman et regarde son amie.
Aria: Si ! Je ne vois pas de quoi tu parles. Je sors les poubelles, je fais mon jogging tous les jours et je parle souvent avec Bella. Elle est très sympa d'ailleurs. Tu n'es pas là toute la journée, donc comment peux-tu savoir ce que je fais ? Arrête de t'inquiéter pour moi, je vais bien "maman". Mélanie récupère les clés de sa voiture et son sac posé sur l'un des fauteuils.
Mélanie: Bella, c'est notre voisine. Tu fais pitié, je t'assure. Arrête de me dire des bêtises et fais ce que je t'ai dit.
Aria: Ok "maman", dit-elle en levant les yeux au ciel. Maintenant vas-y, tu vas finir par être en retard.
Mélanie: J'ai fait des pancakes et des œufs brouillés, ils sont sur le comptoir. N'oublie pas de prendre tes médicaments et de sortir. Passe une bonne journée, Je t'aime. Elle l'embrasse sur le front et lui fait un clin d'œil.
Aria: Moi aussi ! Au revoir.
Après le départ de Mélanie, Aria prend son petit-déjeuner, donne son courrier à Grâce, l'une de leurs voisines, puis prend ses médicaments avant d'aller courir. Pendant sa course, elle a ses AirPods dans les oreilles et écoute de la musique à fond. Personne ne peut la déranger. Après son jogging, au lieu de rentrer directement, elle décide de faire un tour au parc, comme lui a suggéré son amie. Assise sur un banc, elle boit son eau tout en continuant d'écouter sa musique. Petit à petit, elle reprend le rythme normal de sa respiration. L'air frais du parc lui fait énormément de bien. L'air frais du parc lui fait énormément du bien. Il n'y a pas assez de monde, les alentours sont calmes. Au bout d'un moment, quelqu'un s'assoit près d'elle et lui touche l'épaule.
...: Hey Aria...
Elle sursaute, enlève ses AirPods et fixe la personne en face d'elle, sans savoir qui c'est.
...: C'est moi, Josépha.
Aria: Je suis désolée, mais on se connaît ?
Josépha: Oui, bien sûr. On a travaillé ensemble chez Bobby's il y a longtemps. C'est vrai que ça fait un moment qu'on ne s'est pas vus, beaucoup trop longtemps, je dirais. Mais je n'ai quand même pas changé à ce point, Aria. Josépha la serre dans ses bras. Tu ne sais pas à quel point ça me fait plaisir de te revoir. Elle se redresse, puis lui tend sa main droite avec un grand sourire. Regarde, chérie, je me suis fiancée.
Aria culpabilise, elle n'a aucun souvenir de la femme devant elle, elle ne se souvient même pas d'avoir un jour travaillé chez Bobby's. Elle a l'air tellement douce, joviale et gentille, comment ne pas se souvenir d'elle?
Aria: Ah oui, Josépha, ça fait vraiment longtemps. Tu t'es fiancée, tu dis ? Mais c'est génial. Et le mariage, c'est pour bientôt, j'espère. Dit-elle en lui faisant son plus beau sourire.
Josépha: Justement, à propos de ça, il y a un mois, je t'ai cherchée, mais on m'a dit que tu n'étais pas là. J'ai même demandé à Mélanie, mais elle n'a jamais voulu rien me dire. Sauf que...
Aria: Tu connais Mélanie ?
Josépha : Bien sûr, c'est ma cousine ! Aria, tu me fais peur, tu es sur que ça va ?
Aria: Comment tu m'as retrouvée ? Josépha se met à rire. Elle ne comprend pas le comportement d'aria.
Josépha: Je ne t'ai pas retrouvée, qu'est-ce que tu racontes ? On avait l'habitude de courir ensemble parfois avant que tu ne disparaisse. Et je passe toujours par ici pour rentrer chez moi. Comme tu peux le voir, moi aussi, je courais. Je ne savais même pas que tu serais là.
Aria: Tu as prévu de faire quelque chose aujourd'hui ?
Josépha: Non, je ne travaille pas aujourd'hui.
Aria : Ça te dit de passer la journée avec moi ? Comme ça, tu pourras me raconter tout ce que j'ai raté pendant mon absence et je t'expliquerai à mon tour ce qui s'est passé.
Josépha: C'est avec grand plaisir !
Elles se lèvent et font le tour en courant. 10 minutes plus tard, elles sont déjà dans l'appartement d'Aria et Mélanie.
Aria : Tu veux boire quelque chose ?
Josépha: Oui, une limonade s'il te plaît.
Aria: D'accord, je t'apporte ça tout de suite.
Elle se dirige vers la cuisine.
Josépha: Ça fait combien de temps que tu es là ?
Elle répond toujours dans la cuisine.
Aria: Presque trois semaines.
Josépha: Vous avez refait la déco ou je me trompe ?
Aria : Oui, je crois. Mélanie dit qu'il manquait un peu de lumière et de vintage. Alors elle a fait quelques retouches par-ci par-là. Je crois que ça s'est fait pendant mon absence.
Josépha: Elle a du goût. J'aime bien, dit-il en balayant ses yeux dans tous les recoins du salon. Surtout les lampes et les nouveaux canapés.
Elle revient avec deux verres de limonade bien frais qu'elle pose sur la table du salon. Josépha prend son verre et boit. Aria s'assoit à côté de lui.
Josépha: Hum... j'en avais vraiment besoin. Il fait très chaud, ce n'est pas supportable.
Aria: C'est normal, tu viens de courir et dehors c'est comme un four. Tu veux plus de glaçons ? Ou peut-être de la limonade.
Josépha : Non, ça ira. Dis-moi plutôt, tu étais où tout ce temps? En voyage? Ou en mission avec ton patron bizarre?
Aria: Je ne vois pas de quoi tu parles donc je vais dire non. Mais ce que je vais te dire, tu dois le garder pour toi, tu comprends?
Josépha: Bien sûr. Répond elle intriguer.
Aria: C'est juste que je ne veux pas que tout le monde le sache.
Josépha : Tu me fais peur Aria, de quoi s'agit-il enfin...
Aria : Il y a quelques mois, j'ai eu un accident de voiture.
Josépha: Quoi ?! Elle est choquée et n'arrive pas à croire ce qu'elle vient d'entendre. OH MON DIEU, non.
Aria : Mon père était avec moi ce jour-là. Et il n'a pas survécu. Quant à moi, j'étais dans le coma pendant tout ce temps, je crois que ça a duré 6 mois, et d'après les médecins, j'ai eu de la chance. Ils appellent ça un miracle. Elle prend son verre et boit d'un trait.
Josépha reste choquée par la nouvelle. Elle avait pensé à tout sauf à ça. Elle se rapproche d'Aria pour la serrer très fort dans ses bras, les larmes remplissant ses yeux.
Josépha: Je suis tellement désolé, quel genre d'amie suis-je ? Elle pleures toujours dans mes bras. Pendant tout ce temps, j'aurais pu être là pour toi et prendre soin de toi avec Mélanie. Au lieu de ça, j'étais à l'autre bout du monde. Je n'avais jamais imaginé que tu traversais une telle épreuve. Aria ajoute d'une voix douce.
Aria : Ce n'est pas tout. Elle se délecte de son étreinte avec Aria et la regarde, les yeux remplis de larmes, inquiète.
Josépha: Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
Aria: Eh bien, l'accident que j'ai eu était très violent. Elle s'arrête, puis reprend. Ça m'a causé un traumatisme crânien.
Josépha: Qu'est-ce que tu veux dire ? C'est quoi un traumatisme crânien ?
Aria : Le choc que j'ai eu à la tête a endommagé mon cerveau et provoqué une perte de mémoire...
Josépha: QUOI ? Tu veux dire que tu as perdu la mémoire ? Aussitôt, elle se rappelle de ce qui s'est passé il y a quelques instants. Oh mon Dieu, tu ne te souviens pas de moi, c'est ça ?
Aria : Oui, mais les médecins ont dit que c'est temporaire. Il me faut juste du temps.
Josépha: Mon Dieu, je n'arrive pas à croire ce qui t'arrive. D'un ton inquiet. Tu vas bien ?
Aria: Oui ça va, ne t'en fais pas.
Josépha: Mais comment fais-tu quand les gens te reconnaissent dans la rue ? Et pourquoi m'as-tu cru ? J'aurais bien pu te mentir.
Aria: Je ne fais rien, c'est pour ça que je ne sors pas. J'ai peur de croiser des gens qui me connaissent et de ne pas les reconnaître à mon tour. Je t'ai cru parce que tu as parlé de Mélanie, je fais confiance à tous ceux qui ont un lien direct avec elle.
Josépha : Je n'arrive pas à croire que Mélanie ne m'ait rien dit. Comment a-t-elle pu ? Elle grimace et fronce les sourcils.
Aria: Elle devait avoir ses raisons, ne lui en veux pas, d'accord ? Et puis passons à autre chose, je préfère ne plus en parler.
Josépha : Mais comme...
Aria: Quand tu dis que tu étais à l'autre bout du monde, c'est où ? Josépha fixa Aria pendant un moment avant de répondre.
Josépha: En fait, j'ai décroché un emploi dans la compagnie Roberts et figure-toi qu'après seulement deux mois, ils m'ont envoyé à Londres pour faire un stage de trois mois.
Aria : Wow, ça a l'air vraiment cool ! Comment c'était ?
Josépha: Bien, plus que ce que je m'imaginais en fait.
Aria: Et ton fiancé, dans tout ça ?
Josépha sourit.
Josépha: Qui lui ? Il était content de se débarrasser de moi. Même si c'est vrai que la distance ne nous arrangeait pas, mais après, c'était juste une affaire de quelques mois.
Elles continuent de parler de tout et de rien. JOSÉ lui raconte tout ce qu'elle a manqué. Elle lui raconte aussi tout ce qu'elles ont vécu ensemble avant son accident...
La journée se passait bien pour les deux femmes. Aria avait retrouvé une amie et Mélanie n'avait pas eu de crise avec son patron, comme d'habitude. Elle rentre du travail tard ce soir-là...
Mélanie : Oh MON DIEU. Dit-elle en croisant Aria devant la porte de la cuisine, un verre d'eau à la main. Qu'est-ce que tu fais encore debout à cette heure ? Tu m'as fait peur. Aria lui montre son verre d'eau.
Aria: J'avais soif ! Elle l'examine de la tête aux pieds. Et toi, d'où sors-tu à cette heure ? Je croyais que tu dormais déjà. Mélanie lui fait un sourire malicieux, puis répond.
Mélanie: Oh, et bien j'étais avec Davis.
Aria : Hum, la vilaine petite coquine. Alors, comment c'était ?
Mélanie : Magnifique, tu n'as pas idée à quel point il m'avait manqué !
Aria: Très drôle, il n'est pas censé être ton copain ? Vous ne vous voyez pas tous les jours ? Mélanie se tait un instant avant d'inspirer longuement.
Mélanie: Si, mais quand tu étais à l'hôpital, je n'avais pas assez de temps pour lui. Elle se rapproche du frigo et sort une bouteille de lait. Je passais la journée au travail et le soir je restais près de toi. Mais ne t'inquiète pas, il comprenait et ça ne lui a jamais dérangé. Tout d'un coup, Aria se sent mal, elle prend conscience de la chance qu'elle a de l'avoir dans sa vie. À part elle et les quelques personnes qu'elle a vues dans leur immeuble et chez Bobby, depuis sa sortie et même à l'hôpital, elle n'a vu personne de sa famille. Mais Mélanie, elle, a toujours été là depuis l'accident et après l'accident.
Aria: Je suis désolée, Mélanie.
Mélanie: Arrête, tu n'as pas à l'être. Tu sais que je serai toujours là pour toi, peu importe l'homme qui entre dans ma vie. Et je suis heureuse que tu sois enfin là avec moi. Elle lui fait un bisou sur le front et prend un paquet de chips dans le placard.
Aria: Il a l'air d'être un mec bien.
Mélanie: Oh oui, il l'est.
Aria: Tu ne m'as jamais raconté comment vous vous êtes rencontré. Alors? C'était comme dans un compte de fée ?
Melanie se met à sourire en se remémorant le souvenir.
Mélanie: Eh bien, tout a commencé il y a quelques mois, avant ton accident. commence-t-elle. J'étais dans un parc, cherchant un endroit tranquille pour m'asseoir et lire un document que je devais soumettre à mon père. J'ai repéré un banc à l'ombre d'un grand arbre et je me suis dirigée vers lui. Mais à peine j'avais posé mes affaires sur le banc qu'un violent vent a soufflé, envoyant mes papiers en pagaille.
Elle fait une pause, amusée par le souvenir.
Mélanie: C'est là que j'ai vu Devis pour la première fois. Il était là, debout près de moi, attrapant mes papiers qui volaient dans tous les sens. Il me les a rendus avec un sourire et nous avons commencé à discuter.
Devis avait un charme naturel et une attitude confiante qui m'ont tout de suite intriguée. Nous avons échangé nos numéros de téléphone et avons décidé de nous revoir. Au fil du temps, notre relation a pris de l'ampleur. Nous partagions nos rêves, nos ambitions et nos soucis les uns avec les autres. Il était devenu mon confident, mon soutien et mon meilleur ami.
Peu à peu, nos conversations sont devenues de plus en plus profondes. Nous avons découvert que nous avions des passions communes pour les voyages, l'art et la musique. Nous passions des heures à débattre et à discuter de toutes sortes de sujets.
Au fur et à mesure que notre amitié se transformait en quelque chose de plus profond, nous avons commencé à nous rendre compte que nous ressentions quelque chose de spécial l'un pour l'autre. Cependant, nous avons pris notre temps pour explorer ces sentiments et nous assurer que c'était bien réciproque.
Aria: Wahou!
Mélanie: Et ça fais maintenant trois mois qu'on sort ensemble.
Aria: Tu dois vraiment l'aimer. Tu as les yeux qui pétille rien qu'en parlant de lui. J'ai hâte de faire ça rencontre.
Mélanie: Assez parlé de moi. Et toi, ta journée, ça a été ? demande-t-elle en enlevant sa veste et en s'asseyant sur le banc de la cuisine. Tu es sortie ? Tu as vu du monde ? Tu as pris l'air ?
Aria: Je suis allée au parc.
Mélanie: Bien, c'est fantastique. Alors, comment c'était ? Tu n'as pas croisé un bel Apollon ?
Aria: Non ! Elle sourit. Mais par contre, j'ai croisé ta cousine.
Mélanie : Passe-moi un verre d'eau, s'il te plaît. Tu as vu ma cousine, tu dis ?
Aria: Oui ! Josépha, dit-elle en attendant sa réaction. C'est bien ta cousine ??
Mélanie : Oui, vous avez parlé ? Tu t'es rappelée d'elle ?
Aria: Oui, nous avons parlé et non, je ne me souviens pas d'elle. Elle lui verse un peu d'eau dans son verre.
Mélanie : Merci.
Aria: Si elle et moi sommes amies et que c'est ta cousine, pourquoi ne lui as-tu pas dit ce qui m'est arrivé?
Mélanie : Je ne sais pas. À ce moment-là, je n'avais pas la tête à ça et quand je me suis enfin décidée à lui dire, elle n'était pas disponible. Je crois qu'ensuite, j'ai dû oublier.
Aria : Mélanie, si j'ai vraiment été amie avec elle, elle aurait alors dû être présente pour moi comme tu l'as été. Tu n'avais pas ce droit, ce n'était pas à toi de choisir.
Mélanie: Je sais, Aria. Désolée...
Aria : Ce n'est pas à moi que tu dois le dire. Quand je lui ai tout dit, elle était choquée et très triste. Elle a dû se sentir coupable de ne pas avoir été là pour moi.
Mélanie: Elle sait tout ?
Aria: Oui, je lui ai tout dit.
Mélanie : Tu as raison, je vais lui présenter mes excuses. Je n'aurais pas dû agir comme j'ai agi...
Aria : Oui, tu n'aurais pas dû. Mais maintenant, c'est du passé. On oublie, je vais aller me coucher. Passe une bonne nuit.
Mélanie: Aria...
Aria : Oui ?
Mélanie: Tu vas bien ?
Aria: Oui, plus que bien ! Pourquoi ?
Mélanie: Non, pour rien... Passe une bonne nuit.
Aria : Mélanie, je ne sais pas comment te remercier d'avoir été si présente pour moi. je suis reconnaissante de t'avoir dans ma vie. Dit elle, elle a besoin qu'elle sache qu'elle apprécie vraiment tout ce qu'elle a fait pour elle jusqu'à présent.
Mélanie: Ne t'en fais pas, Aria, tu n'as pas à me remercier. C'est normal pour moi d'être là pour toi, tu es ma meilleure amie après tout.
Aria : Je suis vraiment chanceuse de t'avoir à mes côtés, Mélanie.
Mélanie: Oh, Arrête, tu me fais rougir ! Maintenant que tu es de retour à la maison, nous pourrons rattraper tout ce temps perdu.
Aria : Absolument, nous allons rattraper toutes les sorties au cinéma, les soirées à rigoler jusqu'à tard dans la nuit.
Mélanie: Nous allons rattraper le temps perdu, profiter de chaque instant et créer de nouveaux souvenirs inoubliables ensemble.
Aria : C'est exactement ce dont j'ai besoin en ce moment, Mélanie. Merci d'être là et de me rappeler que la vie est remplie de belles choses, même après une période sombre.
Mélanie: Toujours là pour toi, ma chère amie. Allez, oublions ces moments difficiles et concentrons-nous sur tout ce qui est merveilleux à venir.
Aria la prend dans ses bras avant d'aller dans sa chambre.
Ce jour-là Aria avait bien dormis par rapport aux autres jours. Peut-être que parler avec une autre personne que Mélanie et qui avait l'air de vraiment la connaître lui avait fait du bien. Même si elle ne se souvenait toujours pas de Josépha ni même de Mélanie, quelque part au fond d'elle, elle savait qu'elle pouvait leur faire confiance. Et rien que ça l'apaisait.