Comment un masseur-kinésithérapeute s'improvise-t-il subitement écrivain, essayiste ou romancier ? Est-ce seulement un professionnel de santé ou un citoyen à part entière ?
Passionné par la politique au sens noble et même persuadé qu'elle est indispensable pour l'épanouissement du plus grand nombre, et ce depuis mon adolescence, soit avant 1980, j'ai été cueilli à froid en très peu de temps au printemps 2017. D'abord par l'arrivée surprise de l'amateur Emmanuel Macron et la remise en cause trop facile et surtout si injuste de tout un système pour mieux conquérir un pouvoir qui était alors à portée de mains. Par ailleurs, je m'étais investi depuis la fin du siècle dernier dans la défense et la promotion de ma profession, ce qui m'a conduit tout naturellement à exercer des responsabilités au sein de l'ordre professionnel des masseurs-kinésithérapeutes, sans vraiment compter mes heures, avec l'impression d'un travail plutôt bien fait, ce qui me laissait envisager de passer à l'étape suivante qu'aurait été la présidence d'un conseil ordinal départemental. Or, les élections de juin 2017 ont amené, comme pour les députés, un vent de dégagisme aveugle, qui fait fi de la valeur des gens et du bilan de chacun. Je n'ai pu alors m'empêcher de faire ce rapprochement entre les deux situations, tout en restant désœuvré assez brutalement. Une fois la passation de fonction ordinale réalisée, ayant été secrétaire général, j'ai eu l'idée de me pencher sur des problématiques essentielles de notre pays, auxquelles je suis très attaché depuis longtemps, allant des institutions à la réforme de la santé, en passant par la réforme de la formation, l'importance de la laïcité ou encore la nécessité d'une Europe fédérale !
Cela m'a amené à faire des recherches pour m'appuyer sur des bases solides et mieux organiser ma pensée, le risque essentiel étant de construire un mode de pensée et poser des solutions sur le papier qui seraient hors sol, alors que c'est ce que je reproche le plus à certains politiques, à l'instar de nos gouvernants actuels. Il s'en est suivi un travail de fond, qui pouvait s'apparenter à un essai, qui avait aussi des allures de programme politique, complet, avec échéancier, plutôt très étayé, mais avec quelle légitimité ? La légitimité existe finalement, puisque je suis un citoyen, doté de mes facultés intellectuelles, du moins jusqu'à présent, impliqué d'une autre manière que par la politique dans la défense de l'intérêt général et plus qu'intéressé par la politique depuis plus de quarante ans alors que j'en ai plus de cinquante ! Le réel souci m'est apparu avec un écrit, certes riche de réflexions, d'informations, de développements et de propositions, mais sûrement très imbuvable, donc ne pouvant toucher le plus grand nombre, alors que j'étais en train de me rendre compte que c'était plus que certainement l'effet recherché, et pas seulement m'occuper alors que je n'étais plus en responsabilité au sein de mon conseil départemental ordinal !
Nous étions alors au début de l'automne 2019, alors même que je venais de finir le montage vidéo d'un road-trip de 3 semaines aux USA et j'ai vaguement entendu parler d'un roman sur fond politique, ce qui a fait tilt immédiatement. Je me suis alors convaincu tout naturellement qu'il me fallait transposer mes réflexions, propositions et même certaines réflexions ou des cheminements dans un autre support qu'est le roman.
C'est ainsi qu'est né ce roman, qui commence le jour de l'élection présidentielle de 2022 et qui se finit en 2045. Il ne pouvait pas commencer avant, puisque ce serait illusoire de penser qu'il puisse y avoir un quelconque changement de cap avant, tant le président actuel s'est fait lui-même prisonnier de ses réformes et se trouve surtout dans une vraie incapacité à se remettre en cause, alors même qu'il a joué au pyromane ! Mais quand on est persuadé d'être le nouveau Napoléon !
Il se termine plus de vingt ans plus tard, du fait de l'importance du temps long, ce qui a souvent été oublié par nos politiques depuis des décennies, les actuels ne faisant pas exception, mais leurs aînés les y ont amenés, ne serait-ce qu'en raccourcissant le mandat présidentiel et plaçant l'élection présidentielle avant les législatives, faisant tout peser sur les épaules d'un seul homme. Mis à part peut-être 2007 avec l'élection de Nicolas Sarkozy, la dernière élection où le président a été élu pour ce qu'il proposait est celle de Jacques Chirac en 1995. Et en plus, il n'a pas fait ce qu'il avait programmé ! Et après : 2002, vote contre Jean-Marie Le Pen plutôt que pour Jacques Chirac ; 2007, possible défiance vis-à-vis de Ségolène Royal ; 2012 et un vote contre Nicolas Sarkozy plutôt que pour François Hollande et enfin 2017, encore un vote contre Marine Le Pen plutôt que pour Emmanuel Macron, ce dernier n'ayant visé que cette situation, d'où l'intérêt de la situation spéciale avec le dossier « Fillon ». Alors, il est facile d'imaginer ce que je pense des affirmations selon lesquelles les Français ont validé un programme et une politique du président élu quand on s'interroge sur les modalités d'une élection ! Qui peut encore croire qu'un seul Français vote pour l'intégralité d'un programme ! En 1981, si j'avais pu voter, je l'aurais fait en faveur de François Mitterrand pour l'abolition de la peine de mort et non pour la retraite à 60 ans.
La suite dans ce roman, afin de mieux comprendre mes réflexions, mes sentiments et ce que j'espère pour mon pays, le monde, les humains mais aussi ma fille et ses futurs enfants.
Chapitre 1L'élection surprise fondatrice d'une nouvelle gouvernance
Dimanche 8 mai 2022, 19 h 30 : la télévision du bureau de Vladimir est allumée depuis un peu plus d'une demi-heure et l'équipe de journalistes autour de Laurent Delahousse ressasse les mêmes informations ; la participation est exceptionnelle, montrant par là même un surcroît d'intérêt du peuple français pour son destin, ce qui ne peut qu'impliquer que les enjeux sont importants. Avec l'élection d'Emmanuel Macron, on avait été servi en matière de surprise, mais là personne n'avait imaginé le résultat qui se dessine alors.
Il faut revenir quelques semaines auparavant, durant la campagne pour l'élection présidentielle. Certes, Marine Le Pen était candidate, comme annoncé dès début 2020, au même titre que le président sortant, Emmanuel Macron, ce dernier ayant réinsisté sur l'importance de faire un choix entre le progrès, qu'il était censé représenter, et le repli sur soi des populistes avec le Rassemblement National (RN), fortement persuadé que l'issue serait comparable à 2017, laissant Marine Le Pen à nouveau sur le côté, et même s'il avait dû mettre un peu d'eau dans son vin après la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19. Sans compter qu'il avait fait en sorte que la gauche soit en déliquescence dès 2017, que d'autre part Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise (LFI) s'était petit à petit tiré plusieurs balles dans les pieds et de même pour les Républicains (LR), avec la radicalisation de Laurent Vauquier entre 2017 et 2018, aboutissant à la déconvenue lors des élections européennes de 2019. Les élections municipales de 2020, en deux épisodes du fait du report du second tour avec le confinement à compter du 17 mars, auront pu être quelque peu salutaires pour LR, mais c'est surtout le mouvement écologiste, porté par son succès des européennes, qui avait fait la meilleure progression, le parti du président, la République en Marche (LREM), ne parvenant pas à gagner des communes, comme on pouvait s'y attendre alors. Les élections départementales et régionales de 2021 auront peu modifié les rapports de force en présence. Ceci n'avait pas empêché le président Macron de continuer à avancer dans le sens de réformes annoncées dans la campagne de 2017, malgré des retours de plus en plus négatifs dans la société française, mais plutôt sur des réformettes, celle de la retraite passant aux oubliettes, scellant d'ailleurs le sort d'Édouard Philippe, 1erministre jusqu'en juillet 2020. Avait fini par être en capacité de redresser la situation pour la droite classique le soldat Xavier Bertrand, celui-ci ayant gardé un œil plus que critique vis-à-vis de la politique du président, tout en restant pragmatique et empilant quelques résultats socio-économiques intéressants dans la région qu'il présidât jusqu'en 2021. À gauche, personne, mis à part pour LFI n'avait été en mesure de relever le défi de se présenter et même Ségolène Royal avait fini par renoncer, les scores affichés dans les sondages étant vraiment trop faibles. Si on néglige, du fait qu'il s'agit de candidatures de principe, les deux ou trois candidats habituels (Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière [LO], Nicolas Dupond-Aignan pour Debout la France [DLF] ou François Asselineau pour Union Populaire Républicaine [UPR]) ayant pu obtenir tout de même des signatures validant leurs candidatures, la liste des candidats pouvant se présenter était la suivante : Mmes Nathalie Arthaud (LO) et Marine Le Pen (RN) et MM François Asselineau (UPR), Xavier Bertrand (LR), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Yannick Jadot (Écologie Les Verts – ELV), Emmanuel Macron (LREM), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et la surprise du chef, Vladimir Luknikoff, médiatisé à vitesse « grand V » à l'automne 2021, notamment via les réseaux sociaux, ce qui faisait une liste de 9 candidats, soit peu au regard des élections précédentes.
Ces 9 candidats s'étaient retrouvés lors de trois débats télévisés les mardi 1ermars, jeudi 10 mars et mardi 15 mars 2022. Le moins qu'on puisse en dire, c'est que certains avaient marqué des points, tels Xavier Bertrand, mais aussi Marine LE PEN et surtout Yannick Jadot, alors que le président sortant avait peine à se maintenir au-delà des 20 % de satisfaction. La progression de celui qui était sorti de nulle part était à saluer, même s'il était à peine au-dessus de 10 % d'intention de vote. Pour autant, il avait marqué les esprits avec des remarques cinglantes adressées essentiellement au président sortant, lui rappelant qu'il avait largement fragilisé le pays en proposant des réformes souvent pas assez réfléchies, sans concertation réelle avec les différents corps intermédiaires, montrant surtout une capacité à être ferme et autoritaire, alors même que sa légitimité ne s'appuyait que sur à peine un français sur 6 au regard des résultats du 1ertour de 2017 et du rejet de la candidate du Front National, appellation à l'époque du RN. Xavier Bertrand ainsi que Yannick Jadot étaient apparus comme Vladimir Luknikoff des candidats proposant un programme étayé, s'appuyant sur des principes clairs et pouvant laisser à penser qu'il était possible d'imaginer ce coup-ci un vote d'adhésion à un programme et non de rejet, comme depuis 2002. Tant et si bien qu'à la sortie de ces trois débats, les forces en présence pouvaient partir dans la bataille finale avec les pourcentages d'intentions de vote suivants, tout en ayant une participation estimée à 60 %, ce qui reste faible, et un pourcentage de vote déjà identifié à hauteur de 55 %, ce qui laissait alors une marge de manœuvre non négligeable : arrivait en tête Marine Le Pen avec 26,5 %, Emmanuel Macron avec 22 %, d'où alors le duel attendu par l'une et l'autre, Yannick Jadot avec 17 %, Xavier Bertrand avec 11,5 %, Vladimir Luknikoff avec 10,15 %, Jean-Luc Mélenchon avec 7 %, les autres candidats ne pesant que 5,5 %.
À n'en point douter, le candidat surprise avait marqué des points lorsqu'il avait insisté sur l'importance de réformer, non pour réformer par principe, mais pour se donner les moyens d'avancer dans ce XXIesiècle au regard des défis conséquents, mais sans être démagogue ou populiste, en respectant les différents partenaires et surtout sans se tromper d'adversaire. Les axes principaux de son projet portaient sur l'adaptation des institutions à la vie quotidienne des Français, des choix socio-économiques visant à respecter à la fois une construction de société à laquelle les Français sont attachés tout en relevant le défi de la transition écologique et en donnant suffisamment de gages aux jeunes générations autant qu'aux plus anciens sur leurs avenirs respectifs. Il n'avait cessé de marteler que les candidats critiquaient souvent les institutions et oubliaient de les réformer une fois élus, histoire d'en profiter pour avancer sans difficulté ou encore les modifiaient pour ne plus rencontrer aucun problème. Lorsqu'il était interpellé sur l'aspect jugé non prioritaire de ce type de réforme, il n'avait eu aucun souci à comparer la gestion d'un pays à la gestion d'une maison :
« Devant la nécessité de réduire le chômage autant que les inégalités sociales, mes prédécesseurs ont souvent fait du replâtrage parce qu'il y avait des fissures et même ont pu choisir des couleurs différentes, ce qui n'a rien changé sur le fond des emmerdements rencontrés par les Français (sa particularité à parler cash était à noter). Parfois, certains ont été un peu plus loin, avec des réformes plus ambitieuses, allant jusqu'à bouger les lignes, ce qui pouvait se comparer à déplacer des cloisons et réaménager les proportions utiles pour la vie au quotidien, mais cela ne pouvait suffire. Il ne peut y avoir de réforme autant juste qu'ambitieuse si on ne revoit pas les fondations dès lors que la maison a des fissures, présente un agencement non satisfaisant au regard des priorités du moment ; c'est là l'objet d'une réelle réforme institutionnelle qui est devenue nécessaire et qui ne peut se traduire que par le passage à la VIeRépublique, voire à préciser les grands principes de la laïcité ».
Il aura alors eu l'occasion de préciser tant les principes que le calendrier dans les débats, mais surtout dans la campagne officielle, qu'il s'agisse des spots, d'interviews télé et/ou radio ou encore en meeting, mais surtout via les réseaux sociaux. Nul doute que ce positionnement a pu séduire les déçus de LFI, la partie de son programme sur la transition énergétique ayant aussi leur agrément, mais peut-être aussi des électeurs s'étant alors éloignés de la chose publique. D'ailleurs, sur cette partie du programme, il avait d'abord surpris en précisant qu'il n'était pas frontalement opposé à l'énergie nucléaire, et même favorable à la reprise du surrégénérateur, en insistant sur le pragmatisme nécessaire en la matière. Il s'en était expliqué en précisant qu'il ne fallait pas tomber dans la démagogie et regarder les choses en face :
« Il faut arrêter de prendre nos concitoyens pour des andouilles et il faut se méfier de leur faire peur, celle-ci n'étant jamais bonne conseillère : l'urgence est à la décarbonisation, ce qui fait que la solution nucléaire en matière d'énergie doit être reconnue comme la solution la moins pire dès lors qu'il faut produire beaucoup d'énergie. Parallèlement, il faut être capable de développer des usines de géothermie, vraie source d'énergie renouvelable à grande échelle, mais il faut aussi moderniser les habitats de manière à éviter le gouffre que sont les bâtiments mal isolés. Ce type de politique nécessite de vrais investissements sur le long terme, permettant de redéfinir un maillage territorial susceptible de réduire le recours aux véhicules non collectifs et il faut savoir proposer une vraie relance économique sur fond de transition écologique, de plus avec redéploiement d'emplois dans les secteurs porteurs que sont l'énergie et le bâtiment ! ».
Le troisième grand volet, avant la nécessité de redéployer une force européenne, portait sur la confiance en l'avenir qu'il fallait redonner aux différentes générations, notamment les plus jeunes et les plus anciens, ce qui pouvait être résumé par l'impériosité d'un volontarisme vers plus d'exigences, d'où l'explication martelée lors du dernier débat à neuf candidats :
« Il est essentiel que nos jeunes aient à nouveau confiance dans la société qu'il faut construire avec eux, qu'il s'agisse de leur laisser les moyens d'un réel épanouissement, ce qui passe entre autres par une existence sociale, un travail assumé et où on s'enrichit, et pas seulement financièrement, et évidemment un niveau satisfaisant pour échanger avec les autres et appréhender son environnement. Il est aussi crucial que tout un chacun n'ait pas peur de la manière de finir sa vie, l'important étant de pouvoir s'appuyer en permanence sur les moyens les mieux adaptés à son état, qu'il s'agisse d'entretien ou de maintien d'une autonomie la plus grande ou de compensation à la perte de celle-ci, l'accueil en structure ne devant pas être une solution de dernier recours, mais une solution optimisée, ce qui nécessite d'y mettre les moyens. Ces deux objectifs plus que louables ont en commun la nécessité d'une exigence absolue : exigence de proposer un enseignement totalement rénové, une formation adaptée de manière à permettre à tout un chacun de choisir un avenir professionnel au niveau qu'est le sien et à l'envie qu'est la sienne et exigence de proposer un dispositif global pour les plus âgés qui corresponde à leur niveau respectif d'autonomie, en évitant de ménager la chèvre et le chou que représente le maintien à domicile coûte que coûte. Cette double exigence, inévitable pour repartir sur des bases solides quant à notre société, impliquera un gros effort de pédagogie avec toutes les parties concernées, mais le pari sur l'avenir est à ce prix, autant que d'assurer la transition écologique !».
Alors qu'il se laissait aller à se rappeler de ses propos, la pendule indiquait 19 h 35, et les journalistes dans la télévision continuaient à insister sur l'importance d'une participation élevée, tout autant que pour le 1ertour, même si les enjeux n'étaient pas les mêmes. C'est alors qu'il ne pouvait éviter de se remémorer les résultats de ce dimanche 24 avril. La grande surprise avait été une participation à hauteur de 85,41 %, ce qui restera un chiffre hors-norme, faisant déjà de cette élection un millésime exceptionnel, et ce à plus d'un titre. La très forte mobilisation des électeurs allait nécessairement donner plus de crédibilité aux résultats. Le frémissement des dernières semaines s'était retrouvé dans quelques évolutions de sondage, avec notamment un effritement du président sortant, tout comme pour Marine Le Pen, ce qui profitait alors en premier lieu à Xavier Bertrand et dans une moindre mesure à Vladimir, talonnant alors Yannick Jadot. Il était 20 h ce 24 avril quand Laurent Delahousse annonçait le duel final et que Nathalie Saint-Cricq excellait, avec Brice Teinturier, dans les explications plus précises :
« Si on met de côté les candidats arrivés 7e, 8eet 9e, respectivement Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud & François Asselineau, on notera que ;
• le 6èmeest Jean-Luc Mélenchon, avec 6,21%, soit un peu moins qu'à la sortie des débats de la campagne le 15 mars dernier et nettement moins qu'en 2017 (approchant 20 %)
• le 5èmeest Yannick Jadot, avec 11,25%, ce qui est plus et nettement que la candidate de 2017 pour les écologistes, mais surtout moins qu'aux européennes et avec un effondrement quant au chiffre de 6 semaines auparavant
• le 4èmeest Xavier Bertrand, auteur d'une très bonne campagne en faisant un bond de plus de 5 points et en fait de presque 49% en plus, même si le chiffre obtenu n'est pas à la hauteur du candidat de LR en 2017, fusse-t-il François Fillon
• le 3èmeet 1èresurprise, c'est Emmanuel Macron, plus jeune président élu de la VeRépublique, mais aussi seul candidat sortant à être battu, et ce dès le 1ertour, avec un effondrement, passant de 22% à 17,15%, certains pouvant dire que cela aurait pu être son score réel en 2017 sans la peur de voir Marine Le Pen en meilleure position face à un autre candidat
• le 2èmeet la vraie surprise était les 21,48% de Vladimir Luknikoff, nouvel arrivé dans la politique, inconnu ou presque 6 mois avant et doublant son score attendu à la sortie des débats, qui lui avaient déjà profité
• la 1ère, ce qui est moins une surprise, c'est Marine Le Pen, avec 24,52%, ce qui reste stable au regard des scrutins précédents, mais en recul relatif par rapport au 15 mars, ce qui peut laisser augurer d'une dynamique réelle en vue du second tour,
les deux candidats du second tour auront cette particularité de pouvoir s'appuyer sur une dynamique, et l'enjeu se trouvera d'une part sur les reports de voix, mais aussi sur le taux de participation, celui-ci pouvant être à l'avantage de Marine Le Pen s'il est faible et plutôt en faveur de Vladimir Luknikoff s'il est plutôt élevé, mais ce qui est sûr, c'est que le pourcentage de participation du 1ertour obligera le vainqueur du second tour ».
Après les rappels de l'importance du taux de participation, son esprit continuait à vagabonder. Il pensait par des allers-retours dans sa mémoire aux réactions de ses proches, de son équipe de campagne, des mouvements de liesse une bonne partie de la nuit du 24 au 25 avril, du classique débat d'entre-deux tours. Ce débat, qu'il avait très bien préparé, d'autant que Marine Le Pen avait été bien meilleure qu'en 2017, ce qui n'était pas difficile, et il avait été à la hauteur, déclinant ainsi les grands principes de fonctionnement qu'il voulait mettre en musique, les réformes à porter pendant un quinquennat de manière assumée mais pas imposée et avec la promesse de ne pas se représenter en 2027, date à laquelle serait complètement appliqué le changement de République. L'ensemble de ses engagements devaient convaincre le plus grand nombre. De même que les précisions apportées sur le calendrier précis de la 1èreannée de pouvoir s'il était élu et particulièrement très précis sur le 1ertrimestre, avec la volonté affirmée de mettre en œuvre les principes d'une nouvelle gouvernance, comme portés dans une VIeRépublique, mais encore en bouleversant le paysage politique, tout en respectant les institutions actuelles. De ces engagements, il espérait arriver à mobiliser le plus grand nombre. Puis son esprit ne pouvait faire autrement que s'attarder sur le cas d'Emmanuel Macron, président sortant, ayant réformé avec les bonheurs et déboires que l'on connaît, mais perdant dès le 1ertour. Cet homme, destiné à redevenir un personnage plus ou moins dans l'ombre, l'avait invité à célébrer l'armistice du 8 mai 1945 le matin même du second tour. Il avait bien évidemment accepté, touché par l'attention du président encore en exercice pour quelques jours, même si cela signifiait que son adversaire était elle aussi invitée. Le tableau n'était pas banal, puisque se trouvaient à proximité le président hôte de la cérémonie et le (la) successeur(e), le résultat n'étant connu que quelques heures plus tard. Si Marine Le Pen était très satisfaite d'être présente pour l'occasion, il en était de même pour Vladimir Luknikoff, avec le « je ne sais quoi » de retenue nécessaire liée à l'attente du scrutin, les visages de plusieurs membres de la macronie en disaient long sur les états d'âme : il y avait les fidèles des fidèles depuis les premières heures, très marqués par l'expérience malheureuse et ces derniers imaginaient sûrement qu'il n'y aurait pas d'avenir possible dans la politique, tant leur engagement auprès du président Macron semblait les condamner à retourner à leur type de vie antérieure. Ainsi, Mmes Élisabeth Borne, Agnès Buzyn, Roxana Maracineanu, Muriel Penicaud ou Marlène Schiappa et MM Jean-Michel Blanquer, Julien Denormandie, partiraient soit vers une retraite méritée, soit vers leurs fonctions de médecin, romancier, voire aussi des lendemains difficiles. Ils devaient certainement considérer qu'il s'agissait d'une injustice, mais devant s'en remettre au scrutin, tout comme les ministres plus politiques, enclins à rebondir, à commencer par l'ancien 1erministre, Édouard Philippe, mais aussi Mmes Nicole Belloubet, Annick Girardin ou Florence Parly, ainsi que MM Christophe Castaner, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, ce dernier ayant pu envisager un temps de devenir 1erministre à compter de juin 2020. Quoiqu'il en soit, certains avaient la mine triste, d'autres parfois un peu enjoués devant telle ou telle situation désuète au fil des arrivées dans les tribunes, mais tous gardaient un fond d'inquiétude. L'idée même que Marine Le Pen puisse l'emporter le soir même en effrayait plus d'un ; leur chef n'avait-il pas mis en avant que c'était lui, le progrès, ou le recul avec le Rassemblement National, présidé par la fille qui avait tué politiquement son père dans les années précédentes, avant qu'elle ne soit celle qui préside au destin des Français !