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‎Épouse par Contrat, Trahie par amour  ‎

‎Épouse par Contrat, Trahie par amour ‎

Auteur:: Max's books
Genre: Milliardaire
‎Je n'ai jamais cru aux contes de fées. Surtout pas le jour où j'ai été forcée d'épouser Damien Black, un milliardaire glacial dont le nom seul suffit à faire trembler la Bourse. Notre mariage n'était qu'un contrat, un arrangement entre son empire et ma famille ruinée. En échange de ce pacte, il sauverait l'entreprise familiale. Moi, je vendais ma liberté. ‎ ‎Mais plus les jours passaient, plus je me perdais dans ses silences, ses regards voilés, et ses secrets. Jusqu'au jour où j'ai découvert l'impensable : Damien avait un lien avec la trahison qui a détruit ma mère, autrefois une femme puissante et crainte dans les cercles d'affaires. ‎ ‎Brisée, je l'ai rejeté, fuyant ce mariage fondé sur des mensonges. ‎ ‎Je pensais ne jamais le revoir. Jusqu'à ce que le chaos frappe à nos portes... et que je sois la seule à pouvoir l'aider. ‎

Chapitre 1 Chapitre 1

Je signe.

Le bruit sec de la plume sur le papier me vrille les tympans, comme un coup de marteau dans un silence de mort. La main tremblante, je retiens mon souffle. Mon père, assis à ma gauche, détourne les yeux. Il n'a pas le courage de me regarder. Ou peut-être qu'il sait qu'il vient de m'offrir en sacrifice.

- C'est fait, murmure-t-il.

Je serre les mâchoires. J'ai envie de hurler. Mais à quoi bon ? Le contrat est là. Officiel. Irrévocable. Mon nom, accolé à celui de Damien Black, le prédateur froid qui siège à l'autre bout de la table.

Il n'a pas esquissé un seul sourire. Pas même un rictus. Son costume noir est taillé au millimètre. Sa montre vaut probablement plus que l'appartement entier où j'ai grandi. Et ses yeux... ils sont vides. Pas d'agacement, pas de satisfaction. Rien qu'un gouffre d'indifférence.

- Bienvenue dans la famille, mademoiselle, dit-il d'une voix posée, presque mécanique.

Je déglutis avec difficulté. Il ne m'a même pas regardée.

- J'imagine que c'est « madame » maintenant.

Un silence glacé suit mes mots. Son regard monte lentement jusqu'au mien. Et pour la première fois, nos yeux se croisent. Mon cœur rate un battement. Il ne regarde pas, il dissèque.

- Le nom change. Pas la nature du contrat, dit-il finalement. Deux ans. Ni plus, ni moins. Et pendant ce temps, vous remplirez vos obligations.

Je me raidis.

- Vous parlez de moi comme d'un meuble, ou d'un bien loué.

- Ce serait flatteur pour un meuble. Au moins, lui, ne parle pas.

Mon père toussote. Un rappel que je ne suis pas seule. Que je suis vendue devant témoin. Je sens la honte monter en moi, acide et brutale. Mais je ne cèderai pas. Pas devant lui. Pas devant cet homme dont le nom fait trembler les marchés et qui me regarde comme une statistique dans son tableau de bord.

Je me lève lentement. Je voudrais claquer la chaise, mais je me retiens. La dignité. Il ne me reste plus que ça.

- Le mariage est prévu dans trois heures, dit Damien sans lever les yeux. On vous enverra une styliste. Faites en sorte d'être prête.

Il quitte la pièce comme on ferme un dossier classé « Affaires réglées ».

Mon père soupire.

- Je suis désolé, murmure-t-il.

Je me tourne vers lui, la gorge serrée.

- Non. Tu es soulagé. C'est différent.

Il baisse les yeux.

- Tu ne comprends pas, Éliana... L'entreprise, ta mère... tout s'effondrait. Il a été le seul à proposer une solution.

- Tu veux dire un marché. Pas une solution.

Il ne répond pas. Il n'y a rien à répondre. Je suis le prix de sa liberté.

Je n'avais jamais mis les pieds dans une suite aussi luxueuse. Le miroir devant moi fait deux mètres de haut, et pourtant je ne me reconnais pas dans le reflet.

Robe ivoire, bustier satiné, perles cousues à la main. On dirait que je vais jouer dans un film. Mais il n'y a pas de script. Pas de réalisateur. Juste une cérémonie, une promesse que je ne veux pas faire, et un homme que je ne connais pas... mais qui détient désormais les clés de mon destin.

- Vous êtes prête ? me demande la styliste, une femme douce nommée Ingrid.

Je hoche la tête. Je ne suis pas prête. Je ne le serai jamais. Mais j'avance.

Les couloirs du manoir Black sont silencieux, presque solennels. Tout a été organisé dans la plus grande discrétion. Pas de famille, pas d'amis. Juste des témoins légaux, un avocat, un prêtre privé, et une poignée de photographes triés sur le volet.

Quand j'entre dans la grande salle, je sens le monde se figer autour de moi.

Et puis je le vois.

Damien Black, droit comme un roc, vêtu d'un costume noir aux reflets anthracite. Il ne sourit pas. Il ne bouge pas. Son regard se plante sur moi avec la même intensité clinique que tout à l'heure.

Un frisson me parcourt. Ce n'est pas un homme. C'est une forteresse. Et je suis la prisonnière qu'on enferme derrière ses murs.

Le prêtre commence à parler. Je ne l'écoute pas. Mon cœur bat trop vite. Je fixe mes mains tremblantes, le bouquet trop lourd dans mes doigts, les mots qui s'approchent, inéluctables.

- Damien Alexander Black, acceptez-vous de prendre Éliana Rose Martel pour épouse, selon les termes du contrat signé entre vos deux familles ?

Il ne bouge pas. Pas une ride sur son visage.

- J'accepte.

Sa voix est une lame.

Le prêtre se tourne vers moi. Mon estomac se contracte.

- Éliana Rose Martel, acceptez-vous...

- J'accepte, dis-je avant qu'il ne termine.

Je n'avais pas le choix. Pas vraiment.

- Vous pouvez échanger les alliances.

Il glisse la bague à mon doigt. Un anneau froid, presque lourd, serti d'un diamant discret. Il ne tremble pas. Pas une seconde d'hésitation. Moi, je dois respirer deux fois avant de faire de même. Quand je touche sa main, sa peau est glacée. Il ne me regarde même pas.

- Vous êtes à présent unis par les liens du mariage.

Il n'y a pas d'applaudissements. Pas de félicitations. Juste un silence. Un gouffre.

Je lève les yeux vers lui. Et c'est là que je le vois. Le regard.

Un instant. Fugace. Comme une décharge électrique.

Il me regarde. Pour la première fois vraiment. Et dans ce regard, il n'y a ni tendresse ni désir. Juste une alarme. Un avertissement.

Quelque chose me dit que je ne connais rien de cet homme. Et que si je reste, je vais brûler.

Mais je suis déjà sa femme.

Dans la voiture, le silence est pesant. Nous sommes seuls. Un chauffeur conduit. Derrière nous, Paris s'éloigne.

Je finis par briser la glace.

- Vous n'avez même pas fait semblant.

- À quoi bon ? Ce n'est pas une comédie.

- Non, juste un mariage.

Il tourne légèrement la tête vers moi.

- Vous croyez encore aux contes de fées, Éliana ?

- Non. Je crois en la décence. Et au respect.

Il esquisse enfin un sourire. Un sourire sans chaleur.

- Vous allez devoir apprendre que dans mon monde, le respect n'est pas donné. Il se gagne.

Je me détourne, choquée par sa froideur.

- Vous auriez pu choisir n'importe qui. Pourquoi moi ?

Il marque une pause. Puis :

- Parce que vous étiez la seule dont le père était assez désespéré pour accepter.

Je ravale ma salive. C'est pire que ce que j'imaginais.

- Et vous ? Qu'est-ce que vous gagnez ?

Son regard s'assombrit.

- Le silence sur une affaire que vous ne comprendrez jamais. Et l'illusion d'un mariage pour calmer mes actionnaires. Voilà ce que vous êtes : une variable utile dans une équation plus vaste.

Je détourne les yeux vers la fenêtre. Les lumières de la ville disparaissent peu à peu. Je ne sais pas où il m'emmène. Je ne sais pas qui il est. Mais je sais une chose :

Je viens de vend re ma liberté à un homme qui ne croit ni en l'amour, ni en la pitié.

Et la clause du contrat me l'interdit : je ne peux pas partir avant deux ans.

Deux ans avec lui.

Deux ans à survivre.

Deux ans à comprendre qui est vraiment Damien Black... et pourquoi son regard m'a glacée jusqu'à l'âme.

Chapitre 2 Chapitre 2

- Ne touche à rien, ces objets valent plus que ce contrat que tu as signé.

Je sursautai. Sa voix, froide et autoritaire, claqua dans le hall comme un ordre militaire. Mes doigts, suspendus au-dessus d'une sculpture de verre taillée en forme de phoenix, restèrent figés. Je me retournai lentement. Damien se tenait dans l'embrasure de la porte, costume impeccable, regard perçant.

- Tu fais visiter le musée ou tu m'enfermes directement dans la vitrine ? lançai-je d'un ton mordant.

Il ne répondit pas. Il s'avança, mains croisées dans le dos, comme s'il inspectait un investissement incertain. Mon cœur cognait fort. Ce manoir... c'était un piège doré, chaque recoin brillait, chaque silence pesait. Les murs semblaient entendre. Les tapis assourdissaient mes pas mais pas mes doutes. Tout ici respirait la puissance. Et moi, je n'étais rien de plus qu'un trophée d'affaires.

- Ta chambre est à l'étage. Troisième porte à droite. Ne te perds pas, ajouta-t-il avant de tourner les talons.

- Tu ne comptes pas me faire le tour du propriétaire ? Après tout, je suis ta femme.

Il s'arrêta net. Son dos se tendit.

- Je ne joue pas à la comédie. Tu n'es pas ici pour ça.

Je haussai les sourcils.

- Ah bon ? Pourtant, tu as bien mis un diamant sur mon doigt devant une centaine d'invités.

Il pivota lentement vers moi. Son regard s'enfonça dans le mien, tranchant.

- Tout est image, ici. Tu ferais bien de t'en souvenir.

Je sentis une bouffée d'humiliation me remonter à la gorge, mais je la ravalai. Ce n'était pas le moment de montrer mes faiblesses.

- Alors sois clair, Damien. Qu'est-ce que tu attends de moi ? Un sourire factice à tes soirées ? Une épouse silencieuse ? Ou juste une signature sur tes documents fiscaux ?

Il s'approcha. Trop près. Mon souffle se suspendit. Son parfum, boisé et froid, m'assaillit comme un rappel brutal de notre contrat.

- J'attends que tu respectes les règles. Ne fouille pas. Ne parle à personne de ce qui se passe ici. Et surtout, ne tente pas de m'analyser. Ce n'est pas une histoire d'amour. C'est une transaction. Garde ça en tête, et tu survivras à ces deux années.

- Et après ? On arrache le contrat comme une vieille page de journal ? On fait comme si rien n'avait existé ?

Un rictus ironique effleura ses lèvres.

- Il se pourrait que tu n'existes déjà plus pour moi. Ce serait plus simple.

Il partit sans un mot de plus, me laissant plantée là, le cœur écrasé par sa dernière phrase. Je montai les escaliers comme on monte à l'échafaud, et ouvris la porte de "ma chambre".

Un lit immense, des draps brodés, un dressing plus grand que mon ancien appartement. Mais aucune chaleur. Pas un seul objet personnel. Tout sentait la mise en scène. J'étais une étrangère dans un décor parfait. Je posai ma valise sur le lit sans m'asseoir, comme si ce luxe allait me brûler.

- Madame ?

Je me retournai brusquement. Une femme en uniforme se tenait à l'entrée, droite comme une statue.

- Je suis Léa, responsable du personnel. Voici l'emploi du temps de la maison. Le petit-déjeuner est servi à sept heures précises. Monsieur Black n'aime pas le retard. Les repas sont pris séparément sauf indication contraire. Les sorties sont autorisées uniquement avec chauffeur. Des questions ?

Je pris le papier sans répondre. Elle fit une légère révérence et disparut. Pas un sourire. Pas un mot aimable. Juste le protocole.

Je me laissai tomber sur le lit, le visage entre les mains. Chaque fibre de moi criait l'envie de fuir. Mais il y avait mon père. Sa dette. Ce contrat. Ce cauchemar.

Je restai allongée un long moment avant de me lever pour me changer. Il y avait un dîner de charité ce soir-là. Première apparition officielle en tant que Madame Black. Et même si je brûlais de colère, je devais tenir mon rôle.

Lorsque je descendis dans le hall, Damien m'attendait déjà. Costume noir, regard indéchiffrable. Il ne fit aucun commentaire sur ma robe, pourtant sublime, choisie pour lui plaire malgré moi. Il se contenta de tendre le bras.

- Tu sais sourire ? demanda-t-il sans humour.

- Et toi, tu sais dire "merci" ?

Il eut un léger sourire sarcastique.

- Dommage. On aurait presque dit une vraie épouse.

La voiture glissa dans la nuit, silencieuse. Mon reflet dans la vitre me renvoyait l'image d'une femme étrangère à elle-même. Quand je tournai la tête vers Damien, il écrivait un message sur son téléphone. Aucune émotion. Rien. Un mur.

- Tu comptes me garder comme un meuble de luxe ou j'aurai droit à des conversations de temps en temps ?

Il releva lentement les yeux.

- Tu veux qu'on parle de quoi, exactement ? De ton père qui m'a vendu sa fille ? De cette mascarade de mariage ? Ou de ton regard quand tu m'as dit "oui", comme si tu signais ton arrêt de mort ?

Je mordis ma lèvre. Il m'avait observée, donc. Plus que je ne l'aurais cru.

- Tu n'es pas le seul à porter un masque, Damien. Laisse-moi au moins garder le mien intact.

Il ne répondit pas.

Au gala, les regards se posèrent sur nous comme des projecteurs. Il tenait ma taille avec une aisance presque naturelle, mais ses doigts me frôlaient à peine. Il jouait son rôle à la perfection. Moi aussi.

- Vous êtes rayonnante, Madame Black. Quelle chance vous avez.

- Oui, une chance... unique, répondis-je sans ciller.

Damien se pencha à mon oreille.

- Moins tu parles, moins tu risques de dire quelque chose de stupide.

Je me figeai. Ce n'était pas une menace. C'était une stratégie.

Plus tard, tandis que je m'éclipsai aux toilettes, je surpris une conversation dans le couloir.

- Tu l'as vue, sa nouvelle femme ? On dirait une poupée. Belle, mais vide.

- Et docile. C'est tout ce qu'il demande.

Je respirai lentement, tentant d'ignorer la colère. J'étais bien plus qu'un objet. Mais ici, ma voix n'avait aucun poids.

Lorsque je revins, Damien m'attendait, un verre à la main. Il observa mon visage un instant.

- Tu as entendu quelque chose ?

Je fronçai les sourcils.

- Tu places des micros, maintenant ?

- Ton regard crie plus fort que ta bouche. Attention à ça.

Je haussai les épaules.

- Tu veux que je devienne invisible ?

- Non. Je veux que tu sois parfaite. C'est le minimum.

Le retour au manoir fut silencieux. Une tension étrange me collait à la peau. Lorsque je voulus rentrer dans ma chambre, il m'arrêta.

- Ce n'est pas ce que j'ai demandé.

- Quoi encore ?

Il s'approcha. Ses yeux fixaient les miens avec une intensité dérangeante.

- Si tu veux survivre ici, il va falloir que tu comprennes quelque chose : ce n'est pas toi contre moi. C'est toi contre toi-même. Et je ne suis pas ton ennemi... tant que tu ne deviens pas un problème.

Je le fixai sans ciller.

- Tu crois que je vais m'écraser ? Te supplier ? Ce n'est pas parce que tu possèdes tout que tu peux posséder ce que je suis.

- Tu t'enflammes vite... C'est dangereux, ce genre de feu.

Il me laissa sur ces mots, comme un poison lent. Je refermai la porte de ma chambre, le cœur en vrac. Il m'attirait. Diablement. Et je le haïssais pour ça.

Je posai une main sur ma poitrine. Ce n'était pas normal. Ce trouble. Cette confusion. C'était un jeu dangereux... et j'étais déjà en train de perdre.

Chapitre 3 Chapitre 3

- Redresse les épaules. Et souris, au moins pour la photo.

Je pivote vers Damien, les mâchoires serrées. Il ne me regarde même pas. Ses yeux sont fixés droit devant, sur les objectifs, les flashs, la foule d'invités guindés qui se pressent pour saluer l'homme d'affaires intouchable et son épouse contractuelle. Mon sourire est un rictus douloureux que je force, tout en me demandant combien d'années je vais pouvoir jouer ce rôle sans imploser.

Les journalistes nous mitraillent. L'événement est mondain, organisé par l'un des partenaires de Damien, un certain Lewis Crawford, mais tout semble orchestré pour montrer au monde que Damien Black est un homme respectable, puissant et marié. Son bras est posé contre le bas de mon dos, trop possessif pour être purement protocolaire.

- Tu pourrais arrêter de me toucher comme si j'étais ta propriété ? soufflé-je, sans bouger les lèvres.

Il me jette un regard en biais, à peine un frémissement de sourire.

- Et toi, arrêter de jouer les épouses indociles en public ?

Il s'éloigne avant que je puisse répliquer. Je reste figée quelques secondes, entourée de gens riches et élégants, mais je me sens aussi seule que dans une pièce vide. Mon regard balaye la salle. Un bal silencieux de masques et d'ambitions. Ici, tout le monde veut quelque chose. Une alliance, un contrat, un secret. Et je suis devenue un de ces secrets.

- Vous devez être madame Black.

Je me retourne. Un homme d'une quarantaine d'années, costume gris perle, sourire poli mais regard trop incisif, me tend une coupe de champagne. Je la prends, méfiante.

- On dirait que cette soirée n'est pas à votre goût, continue-t-il en scrutant mon visage.

- Je m'adapte, dis-je prudemment.

- M'adapter. C'est exactement ce que disait votre mère, elle aussi, à l'époque.

Je manque de lâcher ma coupe. Il boit une gorgée, comme si sa remarque était anodine.

- Pardon ? Vous connaissiez ma mère ?

Il incline légèrement la tête.

- Vous ressemblez à elle. Dans les yeux surtout. Elle aussi, elle avait ce regard qui cherchait à comprendre ce que les autres cachaient.

Il recule d'un pas, puis me lance par-dessus son épaule :

- Méfiez-vous de Damien. Tous les contrats ont un prix. Et certains ne sont jamais soldés.

Je veux le rattraper, l'interroger, mais une main m'attrape par le poignet.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Damien est revenu, son regard noir fixé sur moi comme s'il avait tout entendu.

- Qui était cet homme ?

- Un invité, un homme qui dit avoir connu ma mère. Il m'a parlé de toi. Il a insinué...

Je me tais. Je n'ai aucune preuve. Juste des mots suspendus comme des lames dans l'air.

- Tu n'es pas ici pour fouiller dans mon passé, souffle Damien, glacial. Tu es ici pour jouer ton rôle.

- Et si ce rôle m'étouffe ? Si je veux savoir pourquoi tu as été impliqué dans la ruine de ma famille ?

Ses yeux se plissent, l'ombre d'un avertissement dans sa voix.

- Ce n'est pas le lieu.

Il m'entraîne dans une autre salle, loin de la foule, et referme la porte derrière nous. Son ton devient tranchant.

- Je t'ai dit une fois de ne pas poser de questions que tu ne veux pas entendre. Ce n'était pas une métaphore.

- Et moi, je t'ai dit que je ne suis pas une poupée que tu peux exhiber pour redorer ton image !

Je m'approche de lui, défi dans les yeux.

- Tu caches quoi, Damien ? Pourquoi cet homme me dit de me méfier de toi ? Qu'as-tu fait à ma mère ?

Il me regarde comme s'il pesait chaque mot, chaque pulsation.

- Rentre au manoir. Maintenant.

Je refuse de bouger.

- Réponds-moi, ou j'irai fouiller moi-même.

Le silence est brutal. Puis, il sourit, froidement.

- Très bien. J'espère que tu es prête à assumer les conséquences de tes curiosités.

La poignée est froide entre mes doigts. Le bureau de Damien est verrouillé. Bien sûr. Mais il a laissé le double dans la bibliothèque, derrière un exemplaire de *L'Art de la Guerre* - une cachette trop classique pour être sérieuse. Sauf si on pense que personne n'oserait y toucher.

Je pénètre dans la pièce. Mobilier sombre, odeur de cuir et de pouvoir. Je cherche un indice, un dossier, un journal. Il y a un tiroir dissimulé sous la table. Je l'ouvre.

Des lettres. Anciennes. Une signature familière : le nom de ma mère.

Je les effleure, incrédule. Elle écrivait à Damien. Il répondait. Ils se connaissaient. Avant ma naissance.

Une phrase m'arrache l'oxygène : * »Tu avais promis de ne jamais mêler ma fille à tout ça. »*

Je n'ai pas le temps de lire plus. La porte claque derrière moi.

- Félicitations. Tu viens officiellement de franchir la ligne.

Je me retourne d'un bond. Damien est là, dans l'ombre, la mâchoire tendue, les bras croisés.

- Tu me dois des explications, balbutié-je. Tu connaissais ma mère. Tu lui as fait du mal.

Il s'avance lentement, menaçant sans lever la voix.

- Ce bureau est interdit. Et tu viens de prouver que tu ignores les règles quand elles t'arrangent.

- Tu m'as menti depuis le début, Damien !

Il me prend le poignet. Pas fort. Mais assez pour me figer.

- Ce n'est pas une question de mensonge. C'est une question de survie. Tu veux jouer à ce jeu ? Très bien. Mais je t'avertis, ce que tu cherches à découvrir pourrait te détruire bien plus que moi.

- Alors dis-le-moi.

Je le défie du regard. Il me relâche et murmure :

- Tu crois que ton mariage est un mensonge ? Tu n'as encore rien vu. Repose ces lettres. Et n'y reviens plus.

- Ou sinon ?

Il se penche, si proche que je sens sa respiration contre mon front.

- Ou tu verras de quoi je suis capable quand je protège ce qui m'appartient.

- Je ne t'appartiens pas.

Un silence tranchant.

- Non. Mais ton silence, oui.

Il se retourne et sort. Je reste là, le cœur battant, les lettres toujours dans la main. Mon regard se pose sur la dernière ligne de la page.

* »Ne laisse jamais notre passé détruire son avenir. »*

Et soudain, je ne sais plus qui je dois croire.

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