Chapitre 1
- C'est elle, annonça calmement Kay en désignant la jeune femme debout près de lui.
Installée à la terrasse d'un café cossu, une dame au port noble leva les yeux, et les posa sur Arya. Tout, de sa posture à la finesse de ses gestes, trahissait une éducation privilégiée et un monde de privilèges. Arya sentit un picotement de défi glisser sur sa nuque.
*Les gens ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être*, pensa-t-elle sans un mot, observant la femme avec méfiance.
Kay, qui connaissait les circonstances difficiles dans lesquelles Arya se débattait, l'avait convaincue de le suivre. Il lui avait promis qu'une rencontre pourrait tout changer. Elle n'avait rien à perdre, lui avait-il dit.
La femme détailla Arya du regard, sans se presser, puis déclara simplement :
- Elle fera l'affaire.
Elle les invita d'un signe du menton à prendre place en face d'elle. Arya s'assit, droite, tentant de dissimuler le tourbillon de questions qui tournait dans sa tête.
- Je m'appelle Rita, dit la femme, la voix posée, presque douce.
Elle devait avoir la vingtaine, pas plus. Derrière son maquillage impeccable et ses vêtements élégants, elle dégageait une autorité glaciale, comme si elle avait appris à contrôler la pièce sans jamais hausser le ton.
Rita se lança dans une explication détaillée de ce qu'elle attendait d'Arya. Au fil des mots, les sourcils de la jeune femme se haussaient de plus en plus. L'offre semblait irréelle - des conditions presque trop parfaites.
- C'est quoi, exactement, ce travail ? Ce que vous me proposez semble sorti d'un film. Ce n'est pas... illégal, au moins ? demanda-t-elle enfin, la gorge un peu serrée.
Rita se contenta de sourire. Un sourire glacial, sans vraie chaleur.
- Tu dois juste exécuter une tâche précise. Rien de criminel. Tu n'as pas besoin d'en savoir plus.
- Mais... pourquoi faire tout ça ? Pourquoi moi ?
- La question du pourquoi ne t'appartient pas. Ce qui importe, c'est que tu acceptes.
Arya jeta un regard incertain à Kay. Il comprit immédiatement son désarroi.
- Tu n'as pas beaucoup de portes ouvertes en ce moment, lui dit-il, la voix pleine de douceur. Tu ne vas blesser personne. Tu n'as qu'à suivre les instructions. Rita se chargera du reste.
Elle inspira lentement. Dans sa situation, cette proposition était peut-être la seule voie possible.
Sept jours plus tard.
Debout devant le restaurant, Arya s'essuyait les paumes sur sa jupe. Son cœur battait à tout rompre. Un dernier soupir pour calmer ses nerfs, puis elle poussa la porte.
*Sois naturelle. Fais comme si de rien n'était*, se répéta-t-elle comme un mantra.
Dès qu'elle entra, les regards convergèrent vers elle. Elle le savait d'avance. Ce n'était pas la première fois. Depuis l'université, elle avait l'habitude de ces yeux qui la suivaient, envieux ou admiratifs. Elle portait sa beauté comme une armure, même les jours où elle se sentait vide à l'intérieur.
Mais aujourd'hui, ce n'était pas une apparition qu'elle devait faire. Elle avait un rôle à jouer. Un rôle délicat.
Son objectif était là, à quelques mètres à peine. Ryu Ken. PDG tout-puissant de Ramada.com, figure légendaire du monde numérique. Seul à sa table, concentré sur son écran, il semblait n'avoir même pas remarqué sa présence.
Elle s'installa à l'endroit prévu, en vis-à-vis de lui, mais à une table séparée. Il ne leva pas les yeux.
Il émanait de lui une froideur autoritaire, un détachement presque inhumain. Elle en fut troublée. Peu d'hommes avaient eu cet effet sur elle.
La serveuse s'approcha et elle commanda sans retenue. Elle aimait manger. Ce n'était pas un vice, simplement une gourmandise assumée, une des rares joies qu'elle ne s'était jamais refusée.
Kay lui avait dit d'être elle-même. Alors elle l'était.
Elle entama son repas, le cœur toujours un peu noué. C'est alors que son téléphone vibra sur la table. Elle regarda l'écran : un numéro inconnu. Mais elle savait déjà qui c'était.
Jim.
L'ex. Le traître. Le lâche.
Elle avait mis fin à leur relation après l'avoir trouvé dans les bras d'une autre. Et tout ça pour une raison qu'elle n'arrivait pas encore à digérer : il la trouvait « trop réservée ». Il avait dit qu'elle était frustrée, coincée. Elle, qui pourtant respirait la liberté dans ses vêtements et ses manières. Mais sous cette allure moderne, Arya avait ses limites, ses frontières.
Elle annula l'appel. Mais le téléphone vibra à nouveau. Il insistait.
Pensant que c'était peut-être un appel important, elle décrocha... pour entendre la voix qu'elle aurait voulu oublier.
- Je t'ai dit de m'oublier, Jim. De ne plus appeler, jamais. Tu n'as plus ta place dans ma vie, tu entends ? Tu as tout gâché. Je m'amuse, maintenant. Je profite. Je bois, je ris, et peut-être que ce soir, je donnerai à quelqu'un d'autre ce que tu n'as jamais su mériter.
Elle avait parlé d'un ton calme mais ferme, sans attirer les regards. Puis elle coupa court et posa le téléphone, frustrée.
Sa colère était vive. Elle appela une seconde bouteille de vin. La première était déjà vide.
Elle avait momentanément oublié pourquoi elle était là.
Quand elle releva les yeux, elle croisa le regard de Ryu. Il la fixait. Droit dans les yeux. Un regard soutenu, implacable. Elle soutint l'échange.
Un duel silencieux.
Il ne clignait même pas des yeux. Elle décida de faire pareil.
Mais c'était lui qui dominait. Il avait ce genre d'aura qui déstabilisait, qui écrasait.
Alors elle posa son menton dans sa paume, soutenue par son coude sur la table. Et haussa un sourcil, malicieuse.
- Alors ? Tu veux me dire ce que tu regardes comme ça ? Je suis si irrésistible ? lança-t-elle, un sourire en coin, espiègle.
Il esquissa un sourire, presque imperceptible. Puis il se leva, récupéra ses affaires, et quitta la salle sans un mot.
Elle resta bouche bée.
*Je viens de le faire fuir ?*
Une angoisse glaciale lui serra l'estomac. Elle se mordit la lèvre, furieuse contre elle-même. Et contre Jim.
Pourquoi l'avait-il appelée aujourd'hui ? Pourquoi fallait-il qu'il vienne hanter sa journée, encore une fois ?
Elle sortit son téléphone et composa le numéro de Kay.
- Dis-moi que je peux faire autre chose. Je crois que j'ai tout foutu en l'air, souffla-t-elle.
Elle lui expliqua rapidement la scène.
Au bout du fil, Kay éclata de rire.
- Tu es parfaite. Crois-moi, ça se passe mieux que tu ne l'imagines.
- Tu plaisantes, j'espère. J'ai fait fuir Ryu Ken. Il doit me prendre pour une folle.
Il rit de nouveau, puis ajouta, plus sérieusement :
- Arya, tu es exactement la personne qu'il nous faut. Continue comme ça. Ne change rien. Et si tu as besoin d'être rassurée, parle à ta mère. Elle est au courant. Rita a tout organisé.
Arya ferma les yeux, soupira longuement, et murmura :
- Très bien. On va faire comme tu dis.
Chapitre 2
**Chapitre 2**
Un filet d'eau glacée dégoulinait le long de sa nuque tandis qu'Arya se rinçait rapidement, espérant chasser les relents de vin qui lui embrumaient encore l'esprit. La soirée avait été trop arrosée, elle le savait. Mais ce n'était rien comparé au tumulte intérieur qui grondait en elle.
Elle avait encore du mal à accepter ce que Rita attendait d'elle. Pourtant, cette dernière n'avait pas tardé à agir, comme pour signifier que l'affaire était déjà scellée. Une aide précieuse, sans nul doute, mais chargée d'un prix lourd, inavouable.
Arya soupira longuement, le souffle empli d'un mélange d'angoisse et de résignation. Elle aurait pu mettre des années à se frayer un chemin par elle-même, et encore, sans aucune garantie. Débuter sans contact ni soutien dans le monde féroce de l'art et du divertissement tenait de l'utopie. Ce que Rita proposait, en revanche, ouvrait grand les portes - pour peu qu'elle ose les franchir.
Elle avait bien tenté d'obtenir un prêt, mais les banques ne prêtaient qu'aux gens en place. Elle, elle n'avait que ses espoirs pour tout bagage. Un usurier avait bien voulu l'écouter, mais son regard avait glissé sur elle avec une convoitise écoeurante, laissant entendre que l'argent se paierait autrement. Elle avait fui.
En frottant ses dents avec vigueur, Arya croisa son reflet dans la glace. Une jeune femme issue d'un bon milieu, douée, belle, sensée. Elle avait un visage que l'on remarque, une silhouette qui attirait les regards. Mais aujourd'hui, des jeunes femmes comme elle, il y en avait des milliers. Que valait-elle vraiment ? Suffisamment pour séduire un homme comme Ryu Ken ?
Kay, lui, en était convaincu. Elle, elle doutait encore.
Ils se connaissaient depuis presque un an. Une figure incontournable du showbiz, Kay n'avait jamais caché ses préférences pour les hommes, mais il adorait repérer les perles rares. Ils s'étaient rencontrés lors d'un concours de beauté à l'université, où Arya représentait son département. Kay était dans le jury, et dès le premier regard, il avait vu en elle une étoile.
Il n'avait cessé, depuis, de la pousser à entrer dans l'univers du spectacle sous sa houlette. Mais Arya avait refusé, préférant terminer ses études. Leur amitié était née là, au croisement de l'admiration et de la franchise. Kay la trouvait rafraîchissante, sans filtre. Elle, elle se demandait parfois si elle n'avait pas été trop naïve.
Et maintenant, voilà qu'elle devait attirer Ryu Ken. L'homme n'était pas seulement une figure du monde des affaires, il était une légende - glaciale, redoutée, presque mythique.
Arya l'avait vu dans des interviews, et ce qu'elle y avait perçu l'intimidait : une intelligence acérée, un regard implacable, et une cruauté polie qui savait réduire en poussière la réputation de n'importe qui.
Une actrice célèbre en avait fait les frais, ridiculisée publiquement après une question indiscrète d'un journaliste sur leurs fiançailles supposées. La réponse de Ryu, brève et cinglante, avait suffi à ruiner la carrière de la malheureuse. Son mépris avait traversé les écrans.
Comment Arya pourrait-elle approcher un tel homme sans se brûler ?
Alors qu'elle allait se coucher, Kay l'appela pour l'avertir que Ryu se trouvait dans le bar de l'hôtel. En moins de dix minutes, Arya était prête.
Elle n'avait pas pris la peine de s'attarder devant le miroir. Elle enfila une robe chic, sobre et suggestive à la fois, qui mettait en valeur ses courbes et dévoilait juste ce qu'il fallait. Ses jambes nues et fines prenaient appui sur des talons discrets. Une élégance étudiée, calculée.
En arrivant au bar, elle ne s'attarda pas sur les clients. Elle s'approcha du comptoir et commanda un cocktail. Juste de quoi calmer les battements frénétiques de son cœur.
Kay lui avait donné pour seule consigne de rester dans le champ de vision de Ryu. Le reste suivrait. Facile à dire.
Alors qu'elle tournait son verre entre ses doigts, un homme d'âge mûr s'approcha, le pas mal assuré. Il bredouillait quelque chose en japonais. Arya répondit en anglais, poliment d'abord, puis plus sèchement en le voyant insister.
Il s'approcha encore, tenta de lui attraper le bras.
« Hé ! Tu me touches encore une fois et je crie ! » lança-t-elle avec fermeté. Puis, s'adressant au barman : « Pouvez-vous appeler quelqu'un ? Ce type est insistant ! »
L'homme, visiblement ivre, marmonnait toujours dans sa langue, les yeux injectés de sang. Il leva la main.
Mais le coup ne l'atteignit jamais.
Un corps mince et droit s'interposa entre Arya et l'agresseur. Le bras du client s'écrasa contre le dos du nouvel arrivant, qui ne broncha pas. Arya leva les yeux, stupéfaite. Ryu.
Il lui lança un regard chargé d'un mépris glacé.
« Tu attends toujours qu'on vienne te secourir ? Tu ne sais pas esquiver ? » murmura-t-il, l'ironie acérée.
Arya, saisie, ne trouva rien d'autre à dire que : « Merci. »
Déjà, les agents de sécurité entraient dans la pièce. Ryu discutait brièvement avec eux. Elle le regardait, encore sous le choc. L'odeur subtile de son parfum flottait dans l'air. Elle secoua la tête, agacée par sa propre pensée.
*Il était à plusieurs mètres, bon sang ! Tu t'inventes des sensations, Arya !*
Soudain, elle sentit un poids léger sur ses épaules nues.
« Ils ont besoin de ta version des faits », dit-il, en la recouvrant de sa veste.
Elle acquiesça sans un mot. La veste sentait bon. Le tissu, chaud contre sa peau fraîche.
Il la guida vers les agents, la main posée délicatement sur son épaule.
Et dans ce bref contact, Arya se surprit à penser qu'il n'était peut-être pas aussi effrayant qu'on le disait.
Chapitre 3
- Une call-girl ? C'est ce qu'il s'est imaginé ? Si c'était le cas, j'aurais au moins exigé un minimum de bon goût... Je veux dire, quitte à être payée, autant l'être par quelqu'un qui n'a pas l'air de sortir d'un vieux congélateur graisseux. Traduisez-lui ça. Mot pour mot. Et qu'il le grave. - cracha Arya avec une rage contenue, mâchoires serrées et regard noir.
L'idée même qu'on ait pu la confondre avec une escort envoyée pour ce type la mettait hors d'elle. L'agent de police lui expliqua calmement que l'homme, persuadé qu'elle était la femme qu'il avait réservée, avait jugé logique de l'aborder ainsi, simplement parce qu'elle était, selon lui, la plus séduisante du bar.
Arya roula des yeux, hésitant entre l'indignation et une sorte de sarcasme absurde. Devait-elle le prendre pour un compliment ? Certainement pas. Il avait tenté de la forcer, de la bousculer, et même de lever la main. Il ne méritait rien d'autre qu'un signalement en règle.
- Qu'on lui apprenne les bases, marmonna-t-elle. Peu importe à qui il croit s'adresser, on traite une femme avec respect. Et la prochaine fois qu'il veut commander une fille, qu'il prenne soin de garder une photo ! Peut-être qu'il saura enfin qui il attend...
Elle signa sa plainte d'un geste sec, déterminée à ce que cet homme paie pour son comportement grossier.
Pendant qu'elle bouillonnait de colère, Ryu, resté en retrait, l'observait avec un calme intrigué. Il avait d'abord remarqué cette fille à l'allure vive, quelques heures plus tôt, dévorant son assiette dans le restaurant de l'hôtel, comme si le monde autour n'existait pas. Elle n'avait pas essayé de se rendre discrète. Elle mangeait avec une Franchise désarmante.
Et maintenant, la voilà, plantée là comme une furie, protestant avec une fougue qui aurait pu être risible si elle n'avait pas été, quelque part, étrangement captivante. Elle faisait la moue, levait les bras comme une enfant frustrée, mais il y avait dans son attitude un je-ne-sais-quoi qui éveillait chez lui une forme de curiosité... presque amusée.
Son assistant juridique arriva à cet instant précis.
- Monsieur, la voiture est prête. L'équipe de sécurité gère les formalités.
Ryu opina du chef. Son regard se posa sur Arya.
- Viens. On y va, lança-t-il sans émotion apparente.
Elle hésita. Une ombre de prudence traversa son esprit. Devait-elle le suivre ? Après tout, elle ne savait presque rien de lui. S'il était dangereux ? Et si Rita avait organisé tout cela justement pour le piéger ? Peut-être que cet homme n'avait rien d'un sauveur. Peut-être que c'était un monstre derrière les beaux costumes.
Elle s'était déjà disputée avec Kay à ce sujet, l'implorant de lui expliquer pourquoi Rita avait monté un plan aussi étrange contre Ryu. Mais Kay avait haussé les épaules. Il disait avoir simplement pensé à elle parce qu'elle traversait une période difficile. Elle était la candidate idéale pour... cette mission.
- Merci pour ton aide, mais je vais prendre un taxi, lança-t-elle, polie mais distante.
Et elle s'éloigna sans attendre de réponse.
Assise dans le taxi, elle massa lentement ses tempes, comme pour chasser la confusion qui l'envahissait. Pourquoi avait-elle fui ? Elle s'était comportée de manière absurde, sabordant peut-être une occasion importante. Il y avait quelque chose dans les yeux de cet homme... une intensité qui la déstabilisait profondément.
De retour à l'hôtel, elle ne put s'empêcher de retourner au bar, poussée par le besoin de noyer sa frustration dans un verre de plus. La journée avait été un désastre, un échec complet.
Elle composa le numéro de sa mère.
- Maman ? Comment va Reese ? Je reviendrai d'ici une semaine. Donne-moi des nouvelles, d'accord ?
- Arya ? Tu as bu ? Ta voix est bizarre... Ne t'inquiète pas pour Reese, ma chérie. Rita nous aide beaucoup, tu sais bien.
Un sourire se dessina sur le visage d'Arya.
- Oui, j'ai un peu bu, avoua-t-elle. L'ambiance ici est morose. Kay arrive demain... Bref, je voulais juste te dire que je vous aime, toi et Reese.
- Tu es partie hier, ma puce, ricana sa mère. Reprends-toi. Et fais attention à toi.
Arya hésita.
- Papa... Il a appelé ?
Un silence se fit à l'autre bout de la ligne. Long. Pesant.
Elle comprit la réponse dans ce silence. Un soupir s'échappa du combiné.
- Je dois y aller. À bientôt, maman, souffla-t-elle en coupant l'appel.
Ryu séjournait dans le même hôtel. Rita avait usé de ses relations pour le faire loger là. Une façon subtile de les rapprocher. Une coïncidence soigneusement fabriquée. Arya, elle, participait à un défilé de mode, le tout premier de sa vie. Kay avait tellement cru en elle qu'il l'avait projetée dans ce rôle sans préavis.
Elle prit une gorgée de son cocktail. Une de trop. En se levant pour rejoindre sa chambre, elle se sentit vaciller. L'alcool lui montait à la tête. Les portes de l'ascenseur se refermaient.
- Attendez ! lança-t-elle à voix haute.
Elles se rouvrirent.
- Merci beaucoup... dit-elle dans un souffle, avant de grimacer en voyant qu'elle avait appuyé sur presque tous les boutons.
Un rire lui échappa.
Elle sortit son téléphone pour tuer le temps. En parcourant les réseaux, un appel inconnu surgit à l'écran. Encore un numéro qu'elle ne reconnaissait pas.
- Sérieusement... Combien de numéros ces types vont-ils utiliser ?! marmonna-t-elle.
Une voix masculine lui répondit, sortie de l'ombre :
- Bloque tous les numéros inconnus. Ce sera plus simple.
Arya sursauta, puis haussa les épaules.
- Et si c'est mon père ? Il appelle toujours avec des numéros cachés.
- Alors change de numéro. Et préviens-le, ton père, répondit l'homme sur un ton agacé.
Elle ne leva même pas les yeux pour savoir qui lui parlait. Elle se sentait trop faible. Sa tête tournait, ses jambes chancelaient. Elle tituba hors de l'ascenseur, cherchant sa chambre à l'aveugle.
Mais avant qu'elle ne chute, un bras se referma autour de sa taille, ferme et assuré.
- C'est stupide de se noyer seule dans l'alcool si tu ne sais même pas tenir debout, murmura une voix grave, tout près de son oreille.
Le souffle chaud contre sa nuque la fit frissonner. Elle ne se retourna pas. Elle n'osait pas.