Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Nouvelle > À la quête du bonheur
À la quête du bonheur

À la quête du bonheur

Auteur:: MALACHIE
Genre: Nouvelle
Comme le titre l'indique déjà, allons ensemble à la quête du bonheur.

Chapitre 1 Chapitre 01

Elle venait de se réveiller, je l'entendais pleurer à travers le baby phone. Je me suis levé malgré la fatigue pour la retrouver dans sa chambre, je l'ai prise dans mes bras et elle a instantanément cessé de pleurer. Je me suis alors dirigé vers la cuisine, je lui faisais son biberon avec une main et je la tenais avec l'autre. Elle rigolait, c'était un jeu pour elle sauf qu'elle gigotait dans tous les sens et ça m'empêchait de mettre le lait en poudre dans le biberon...

Moi : Em arrête de bouger, tu veux ?

Elle balbutiait je ne sais pas trop quoi, de toute façon elle parle en bébé et je ne comprends pas cette langue so...

J'ai quand même pu finir son biberon avant de m'asseoir dans mon fauteuil préféré et de la nourrir. Quand elle a fait son rot, je l'ai ramenée dans sa chambre et mise dans son berceau, elle voulait encore jouer la petite...

Moi : Papa est super super fatigué alors je vais te chanter une berceuse et tu vas fermer tes magnifiques yeux avant de te laisser emporter par Morphée, hum ?

Oui je m'amuse à faire des monologues avec elle, c'est peut être con mais c'est ça la vie de père célibataire, je crois.

Moi (en chantant) : Douce nuit, sainte nuit, dans les cieux, l'astre luit....

Désolé mais c'est la seule chanson qui m'est passée par la tête, c'est pas Noël et pourtant. Ce qui est sûr c'est qu'elle s'est endormie avec ça, le pouce dans la bouche. Elle était tellement mignonne, Emily, juste 10 mois dans ma vie et je suis déjà comblé. Ce n'est pas rose tous les jours, je n'ai quasiment plus de vie sociale, je souffre quand elle ne fait pas ses nuits certes mais à chaque sourire, à chaque « bababababa... », à chaque essai qu'elle fait pour marcher, je suis heureux et je ne regrette en rien de l'avoir...

Le matin même après m'être préparé pour aller au boulot, je suis passé dans sa chambre pour lui faire un bisou avant de m'en aller pour une longue journée de travail. Elle dormait paisiblement, ça me fendait le cœur de la laisser à chaque fois avec une inconnue, bon pas si inconnue que ça, ça fait quand même 8 mois que Mélanie, sa nounou de 35 ans, s'occupe d'elle. Je l'ai connue par le biais d'une de mes voisines super gentille et depuis tout se passe bien, elle prend bien soin de ma fille, c'est le plus important.

Je déteste prendre le métro, c'est toujours bondé de monde et ces gens ont des têtes plus déprimantes les unes que les autres, j'avoue que des fois j'ai cette tête-là mais ce n'est pas tous les jours non plus. Je vais devoir supporter ça le temps de m'acheter une voiture mais ça ne risque pas d'être pour tout de suite, un bébé ça coûte hyper cher.

=========================================>

Je venais de finir mon déjeuner quand mon téléphone a sonné et merde j'allais passer un sale quart d'heure, je ne l'avais pas rappelée la dernière fois, elle ne va pas me rater !

Moi : Allô tante Betty !

TB : C'est pas la peine de faire la petite voix ici, pourquoi tu ne m'as pas appelée depuis là ?

Qu'est-ce que je vous disais ? Le pire c'est que son accent est drôle, donc c'est difficile de la prendre au sérieux quand elle est fâchée.

Moi : Désolé, j'étais débordé.

TB : Tchrouu dis-moi juste si ma petite-fille va bien !

Moi : Ahaha elle va bien merci.

TB : Elle a recommencé à ne plus faire ses nuits hein ?

Moi : Non maintenant ça va mieux, elle les fait. Par contre elle commence à manger un peu trop.

TB : Il ne faut pas la malparler ici, elle a pris ça chez toi. Je me souviens bien de ta gourmandise là.

Moi : Tante Betty arrête de m'afficher.

TB : Ahaha tu rigoles moins han ?! Bon mon fils c'était juste pour avoir de vos nouvelles, surtout n'oublie pas de m'en donner, au moins une fois par semaine.

Moi : Je tâcherai de me le mettre dans le crâne. Bonne journée Tata !

TB : Hey Chris !

Moi : Oui ?

TB : Le gardien m'a dit qu'elle est encore passée à la maison, ça fait deux fois quand même.

Moi : Ah ouais ? Ne t'inquiète pas, si tu la vois tu l'ignores. On ne lui doit rien.

TB : Okay. Porte toi bien mon fils !

Moi : Bises.

Click !

Il ne manquait plus que ça, qu'est-ce qu'elle essaie de faire comme ça ? Put*** elle m'a gâché la journée...

======================>>>>

Je suis rentré à 18h30 et j'ai trouvé Em et Mélanie en rires, elles jouaient sûrement. J'ai embrassé ma fille avant d'aller me changer. Je m'apprêtais à enfiler mon t-shirt quand j'ai entendu Mélanie crier mon nom, j'ai aussitôt accouru au salon et là j'ai vu la plus belle chose qui soit...Em faisait ses premiers pas, elle en a fait 4 avant de tomber sur ses pieds, je l'ai fait survoler dans les airs je savais qu'elle aimait trop ça. Plus je la regardais, plus je remarquais qu'elle ressemblait à sa mère, ce qui ne m'arrangeait pas les choses parce que je voulais l'oublier. Je sais que ce que j'ai fait est cruel, que ma fille ne me pardonnera probablement jamais mais je suis prêt à prendre ce risque...de toute façon je ne peux pas faire marche arrière, la machine est lancée et ce depuis un moment déjà.

Chapitre 2 Chapitre 02

Mon histoire ne vient pas de commencer, elle a commencé depuis des années maintenant. Tout ce que vous devez savoir c'est que je n'ai que Tante Betty et ma petite Emily dans ma vie, elles sont surtout ce qui me reste. Qui suis-je ? Christopher Eli Roux, 23 ans en L3 Banque Assurances en alternance à Paris, j'habite à Maisons-Laffitte à 30 minutes de Paris un coin assez sympa. Je suis papa comme vous le savez déjà et aussi célibataire, pour info je ne cherche pas de petite amie et au cas où vous vous posiez des questions je ne suis pas gay (no offense).

Il était déjà 21h quand j'ai couché Em et j'ai pensé à Tante Betty...

Moi : Allô ma Tata !!

TB : Obame ! C'est quoi cet enthousiasme ?

Ah il n'y avait que Maman qui m'appelait comme ça, c'était le nom de son père.

Moi : Em a marché hier !

TB : Aaaaw c'est génial ça !

Moi : Oui je suis trop content de l'avoir vu de mes propres yeux.

TB : J'imagine ! J'aimerai tellement que Ya Sylvie soit là pour toi.

Moi : Moi aussi.

TB : J'ai aussi une surprise pour toi, je viens dans trois mois !

Moi : Sérieux ?

TB : Oui gué, ma petite Emily me manque.

Moi : Il y a juste elle qui te manque ?

TB : Hmmm bon toi aussi mais un peu seulement.

Moi : Que des bonnes nouvelles, je suis heureux !!

TB : Oui par la grâce de Dieu mon fils.

Moi : Dis Tante Betty, elle est encore passée ?

TB : Non je pense qu'elle a compris le message...Tu ne penses pas qu'on devrait quand même ..

Moi : NON sûrement pas, écoute mieux on parle de choses positives.

On a parlé longuement avant de se laisser...Pour vous éclairer, Ya Sylvie, c'est ma mère, elle est décédée quand j'avais 9 ans et de là jusqu'à mes 17 ans c'est mon père, un lâche de la pire espèce qui s'est « occupé » de moi. Je suis le fruit d'un coup d'un soir, mon géniteur était un entrepreneur et c'est lors d'un voyage d'affaires à Libreville qu'il a rencontré ma mère, cette dernière provenant d'une pauvre famille pensait avoir trouvé son « blanc » sauf que ce dernier ne la voyait que comme un objet sexuel...Il lui avait quand même donné ses coordonnées en quittant le Gabon, c'est ainsi qu'elle a pu lui dire pour sa grossesse. Il a dit qu'il pouvait reconnaître le bébé et qu'il lui enverrait de l'argent chaque mois pour moi mais rien de plus. C'est ainsi que je suis né et que j'ai grandi à Lbv jusqu'au jour où ma mère n'est plus revenue du marché, un accident de voiture l'avait tuée. J'étais anéanti, elle était tout pour moi, nous ne roulions pas sur de l'or mais elle s'assurait toujours que je ne manque de rien, j'étais son petit prince. Quand mon « père » l'a su, il est venu me chercher, Tante Betty avait tout essayé pour le convaincre de me laisser avec elle sans succès. C'est comme ça que j'ai atterri en France et que mon cauchemar a commencé.

Mon géniteur n'était jamais là, je devais me débrouiller tout seul, il payait mon école et tout mais jamais il ne me félicitait jamais quand j'avais de bonnes notes, en gros je ne l'intéressais guère. C'était Tante Betty qui m'appelait de temps à autre et m'encourageait, c'est grâce à elle et à Maman que j'ai eu le peu d'éducation que j'ai.

J'ai décroché mon bac à 17 ans et mon père est mort cette année là d'un cancer du foie, normal vu tout ce qu'il buvait et fumait. C'est pas que je ne ressentais rien, oh que si je ne ressentais rien, je n'étais pas triste au contraire j'étais comme soulagé. A ma grande surprise, il m'avait tout légué, la maison à Maisons-Laffitte, un appartement sur Paris et un compte en banque fourni mais pas trop non plus. Et sur un coup de tête j'ai suivi une formation de cuisinier et puis quelque chose a changé, j'ai eu d'autres priorités...

====================================>>

On était Samedi et je voulais emmener Em dans un zoo, on se préparait ou plutôt dirais-je je la préparais elle, et je me préparais moi. Ses cheveux n'étaient pas faits, je lui ai fait un petit chignon qui lui allait bien d'ailleurs, elle a de longs cheveux pour son âge je trouve, je dirai à Mélanie de s'en occuper. Une fois prêts, j'ai pris sa poussette et j'y ai placé son sac qui contenait couches, biberons et eau. Et comme par hasard ma voisine qui m'a présenté Mélanie sortait de chez elle and guess what ? Elle a une voiture, alors elle a proposé de nous déposer au zoo à mon plus grand bonheur car comme vous le savez je déteste les transports en commun ! Pour la voiture je vais vraiment penser à m'y m'être, j'ai plus envie de traîner ma fille n'importe où.

Moi : Merci beaucoup Anne.

Anne (la voisine) : Oh mais je t'en prie, amusez-vous bien ! A ce soir !

Moi : Ciao !

En fait, elle nous a invité à dîner chez elle, bon si Em ne fait pas trop de caprices on n'y sera peut être. Il n'y avait pas beaucoup de monde dans ce zoo et je préférais ça, Em ne devait pas trop comprendre ce qui se passait mais elle s'est beaucoup amusée devant les singes en général. Je me dirigeais vers la cage aux lions quand je suis maladroitement rentré dans une autre poussette, il n'y avait rien de grave.

... : Ooh je suis désolée, je faisais pas attention.

Moi : ...

... : Vous allez bien ?...Monsieur ?

Moi : Heu oui tout va bien, excusez-moi.

... : Non c'est moi !

Moi :...

J'étais troublé, non mais vraiment troublé quoi. C'était son double trait pour trait j'hallucinais presque. Ce qui les différenciait c'était les cheveux et le teint, ses cheveux à elle étaient vraiment des cheveux pas des brésiliennes ou autre et son teint était plus foncé. A part ça, dans la poussette il y avait un petit garçon de deux ans je crois, je me suis dit alors que ça ne pouvait pas être elle.

... : Vous allez voir les lions ?

Moi : Oui.

... : On y va aussi.

Moi : Ok.....Il est beau votre fils.

... : Merci...(petit rire)...mais ce n'est pas mon fils, je suis sa baby-sitter.

Moi : Ha désolé.

... : Non ça va !

On était devant la cage des lions, et j'avais sorti Em de la poussette pour qu'elle puisse les voir, puis la baby-sitter qui était juste à côté de moi avait détourné son attention sur Em...

... : Je ne sais pas si c'est votre fille mais elle est magnifique.

Moi : Merci et oui c'est ma fille.

... : Elle est trop mignonne...(en tendant ses bras)...je peux ?

Moi : Euh oui bien sûr.

Elle l'a prise dans ses bras tout en la berçant, c'était un beau tableau je me disais si seulement sa mère...pffff. L'image que j'ai eue ensuite m'a répugnée, j'ai alors demandé à reprendre ma fille. Après avoir vu les lions en long et en large, on s'est fait les girafes, les alligators avant de finir avec les pandas. Pendant tout ce temps on parlait des enfants, de leurs gaffes et habitudes, rien d'autre. On s'est séparés naturellement sans s'être même présentés, de toute façon à quoi ça aurait servi ?

Le soir comme convenu j'ai dîné chez Anne mais j'ai dû rentrer plus tôt car Em s'était endormie. J'ai passé le reste de ma soirée devant le basket avec des chips. Quelques heures plus tard Em s'est réveillée et nous nous sommes amusés comme à notre habitude.

========================================>>

En plein milieu de semaine, Mélanie m'apprend qu'elle ne pourra plus s'occuper d'Em puisqu'elle devait aller s'occuper de sa mère dans le Sud qui était subitement malade. En gros je n'avais qu'un jour pour trouver une nounou, on va dire que c'est vraiment chaud. Le pire c'est qu'elle n'a personne qui pourrait la remplacer, et puis je n'ai jamais cherché de nounou, je ne sais pas comment procéder. J'ai contacté quand même une garde d'enfant et exceptionnellement ils m'ont proposé de la déposer quand je voudrai c'est-à-dire à partir de 7h30 et je la récupérerai le soir en rentrant. Je ne trouve pas que c'est l'idéal pour Em, j'espère qu'elle ne sera pas désorientée, j'abuse un peu mais bon c'est juste que je ne peux pas faire autrement. Je chercherai quelqu'un d'autre pour la garder à domicile comme d'habitude, ça me rassure plus.

La séparation a été plus dure pour moi que pour elle, cette garde d'enfants avait une bonne renommée mais laisser ma petite fille avec des inconnus ne m'enchante guère. Bref, toute la journée je m'inquiétais, j'ai appelé là-bas deux fois pour me rassurer qu'elle allait bien. Je suis un papa poule ET ALORS ?? J'étais heureux d'aller la chercher à ma sortie du boulot, elle semblait se plaire dans cette crèche ma petite Em. Après l'avoir couchée le soir même, j'étais posé sur le canapé avec mon ordi sur les jambes, en faisant un tour sur mon yahoo, dans mes nouveaux mails il y en avait de Lisa...Elle m'en envoyait régulièrement mais jamais je n'ai eu le courage d'en ouvrir un seul, après ce que j'ai fait à sa sœur je me vois mal lui parler à elle.

Comme toutes les autres fois, je ne l'ai pas lu et la semaine continuait son cours. J'ai appelé Mélanie pour savoir si elle reviendrait sur Paris et elle m'a dit qu'elle en était pas sûre. J'ai donc commencé à parcourir les annonces de baby-sitter à domicile, j'ai quand même repéré quelques bonnes annonces que je comptais contacter le lendemain. En sortant du boulot je suis allée chercher Em avant d'aller faire des courses au supermarché, nous étions au rayon fruits et légumes quand j'ai cru apercevoir cette fille, vous savez la fille du zoo. Elle avait l'air de ne pas m'avoir vu mais je n'ai pas fait cas de cela, je traînais joyeusement Em dans sa poussette vers le rayon pour bébé, je n'avais plus de couches en stock. Finalement en allant vers la caisse, je tombe encore sur cette fille et cette fois elle m'avait bien vu, elle s'avançait vers nous en souriant.

Elle : Comme le monde est petit, vous allez bien ?

Moi : Oui merci et vous ?

Elle : Bien...(en se baissant sur Em dans sa poussette)...comment va mon petit bout d'chou ?! Hein ?

Em lui souriait de tout son cœur, cette image m'a donné une petite idée : elle s'entend super bien avec ma fille, elle est baby-sitter et j'ai vu comment elle s'occupait du petit au zoo, alors why not ??

Je cherchais maintenant à lui en parler mais comment faire alors même que je ne connais pas son prénom ??!

Elle : Elle a l'air d'avoir soif, c'est quand la dernière que vous lui avez fait boire ?

Moi : Pas aujourd'hui, je viens tout juste de la prendre de la crèche.

Elle : Ah elle est à la crèche ?

Moi (en faisant boire Em) : Oui maintenant car sa nounou a dû s'absenter, justement ça vous dirait de devenir sa baby-sitter ?

Elle : Euuh on va passer aux caisses d'abord puis on finira cette conversation, ok ?

Moi : Bien évidemment.

J'avoue qu'on empêchait les gens de passer. Et puis c'est moi où l'idée n'avait pas l'air de l'emballer ?? Bref, elle est allée à une caisse différente de la nôtre et comme elle a fini avant nous, elle nous attendait avec le sourire. Quand on eut fini, on la rejoignit et nous marchions maintenant vers la sortie...

Moi : Alors qu'est-ce que vous en pensez ?

Elle : C'est plutôt intéressant mais il faudrait que je vois avec la famille pour laquelle je bosse pour le moment.

Moi : Oui bien sûr, ça signifie que vous devrez démissionner car j'aurai besoin de vos services de 7h30 à 18h30 et cela du Lundi au Vendredi.

Elle : Parce que c'est toute la journée ?

Moi : Oui comme je suis au boulot.

Elle : Ok. Bah j'y réfléchirai et je vous donnerai une réponse le plus vite possible.

Moi : Merci Mlle ???

Elle : AGBE, Sarah Agbè. Vous me passez votre mail ou numéro de téléphone pour que je puisse vous répondre ?

Moi : Oui c'est le 06-**.....**, et je m'appelle Christopher Roux.

Elle : C'est noté ! Bah je vous tiens au courant de toute façon ! Au revoir ma petite puce et bonne soirée à vous.

Moi (en lui serrant la main): Merci à vous aussi.

J'étais impatient de savoir ce qu'elle allait me dire et franchement j'espérais que ce soit positif. Le reste de la soirée avec ma petite Em s'est passée comme d'habitude et quand elle s'est endormie j'ai appelé Tante Betty pour « l'actualiser » comme elle même le dit...Et elle était aussi de mon avis qui était de garder Em à la maison, et je fus soulagé de ne pas avoir entendu parler de l'autre.

Je surfais sur la toile quand en allant sur mon yahoo j'ai encore vu un nouveau mail de Lisa, c'était trop bizarre qu'elle m'en envoie deux fois de suite comme ça en l'espace de deux jours seulement. Je ne voulais pas le lire mais la curiosité a fini par l'emporter sur moi et voilà ce qu'il disait...

Lisa : « Christopher j'en ai marre maintenant, j'ai été assez patiente envers toi parce que quelque part je comprenais ce que tu as fait mais de là à ce que tu ne daignes même pas répondre à mes mails, c'en est trop ! Je tiens juste à te dire que je ne pourrai pas te protéger longtemps si tu continues à te comporter ainsi. Jusqu'à preuve du contraire tu n'es qu'un ami et elle ma SOEUR ! A bon entendeur ! »

Je ne savais pas quoi faire ni dire, ce qu'elle disait était vrai mais qu'est-ce qu'elle veut que je fasse ? Je pensais que m'isoler me ferait du bien et que j'y retrouverais la paix. Je voulais juste effacer tout ça de mon esprit, mettre le tout de côté et n'y plus revenir mais décidément mon passé me rattrape...encore..

Chapitre 3 Chapitre 03

KAREN

Pour que vous y voyez plus clair, je vais revenir sur certains événements de ma vie.

Comme je vous l'ai dit après la mort de mon père, mon bac en poche j'étais plus désorienté que jamais, n'étant pas majeur je n'ai rien pu touché de mon héritage et j'ai été placé en famille d'accueil. Etrangement mon père m'avait viré une assez grosse somme quelques temps avant sa mort, peut être savait-il que je ne toucherais rien avant mes 18 ans. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à faire des choix pas très bons. Moi qui était un ado introverti et très solitaire, je me mettais à traîner avec quelques jeunes de la cité où je vivais avec ma famille d'accueil. Je leur donnais de l'argent, j'en faisais n'importe quoi, je ne voulais pas en profiter encore moins seul. Je faisais partie des rares dans la bande qui avait décroché le bac, ils avaient tous des objectifs que je trouvais non ambitieux. Mais très vite je me suis posé une question dont la réponse changeait tout pour moi : à quoi ça me servirait de faire de longues et prestigieuses études vu que je n'ai personne à qui le faire profiter ? Je n'avais que Tante Betty, elle vivait certes modestement mais rien ne lui manquait, alors pour qui ferais-je tout cela ?

C'est dans cette optique que j'ai lâché mes inscriptions en prépa pour une formation de cuisinier à l'école « Le Cordon Bleu » à Paris. On me demandait souvent pourquoi j'avais fait ce choix vu que j'avais eu un bac S avec mention « Très Bien », je répondais juste que c'était par passion, ce qui n'était pas totalement faux. Très tôt j'ai dû m'occuper de moi-même, mon père étant toujours absent, mes repas c'était moi qui les faisait alors le métier de cuisinier je le respecte et je l'apprécie. C'est quand j'ai entendu un de mes potes de la cité en parler que je me suis décidé à me lancer, il était très passionné mais n'avait pas les frais d'inscriptions, je me suis alors inscrit avec lui et j'ai payé ses frais d'inscriptions au moins l'argent de mon père a servi à quelque chose...

Cette même formation commençait en Octobre, c'est ainsi que Tante Betty m'a proposé d'aller passer les vacances d'été à Lbv. Ma famille d'accueil n'y voyait aucun inconvénient alors quelques jours après je m'envolais pour le Gabon, pays qui m'a vu naître mais aussi celui qui m'a pris ma mère. Les retrouvailles avec Tante Betty étaient comment dire chaleureuses, plus pour elle que pour moi, elle a pleuré quand elle m'a vu. J'étais content de la voir mais ça faisait tellement longtemps que j'étais quelque peu gêné. Dans la voiture en quittant l'aéroport j'étais comme fasciné par le paysage, la plage, les gens, les sons, les odeurs. Ca me rappelait de tellement de choses, je me sentais bien, je me sentais chez moi.

Quand nous sommes arrivés chez elle (elle devait avoir déménagé entre temps puisque je ne reconnaissais pas la maison) il y avait une fille de 16 ans qui devait être Solange, sa fille. Je me souvenais d'elle, nous allions à la même école primaire, elle était comme ma petite sœur, nous faisions les trajets maison-école-maison toujours ensemble. Elle avait beaucoup changé, je suppose que moi aussi puisqu'elle était comme intimidée par moi. Une heure plus tard c'est un grand garçon qui a fait apparition dans le salon suivi par une fille, ça devait être les jumeaux (les enfants aînés de Tante Betty). John s'est avancé vers moi avant de me tendre la main, la fille, Rachel elle m'a fait la bise. Ils me taquinaient un peu en disant que j'avais beaucoup changé autant physiquement que mentalement car apparemment j'étais plus bruyant petit mais là j'étais trop réservé pour eux. Le soir venu le mari de Tante Betty est rentré du travail et j'ai eu droit à un bon dîner d'accueil, le poisson salé aux légumes, les feuilles de manioc aux crevettes, de la banane mûre et du bon manioc obamba. Je n'avais plus mangé ça depuis tellement longtemps que j'en avais oublié le goût, c'était comme si je redécouvrais tout cela, toute la maisonnée me regardait comme si j'étais un nouveau spécimen tellement j'ai mangé. En voyant ça Tante Betty a encore pleuré, elle est trop émotive ma tante, sûrement qu'elle pensait à Maman. Elles étaient super proches, quand Maman a été répudiée de chez leurs parents à cause de sa grossesse, c'est elle qui déjà mariée à l'époque l'avait hébergée, nourrie et qui encore à mes premiers mois l'aidait à s'occuper de moi. Je dois tout à cette femme, malgré la distance elle a toujours pris le soin de m'appeler, de me souhaiter joyeux anniversaire, c'était la seule à s'en rappeler d'ailleurs, je l'aime, c'est ma deuxième mère <3

Mes cousins m'ont fait faire le tour de Libreville, j'ai eu droit aux bédoumes (beignets de farine) de mama gâteau du quartier (ancien sobraga), le pain au chocolat avec le tropique à 17h, je l'ai fait aussi. Les après-midi piscine au Saoti, les brochettes de Tartare, les glaces au Parad'Ice tout ça c'était le pied pour moi. On était toujours avec des amis à eux, c'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Lisa, nous sommes tout de suites devenus très proches malgré le fait qu'elle soit plus âgée que moi d'un an, on s'entendait super bien. Tout le monde pensait qu'on sortait ensemble ce qui était archi faux, elle était une très bonne amie, j'ai pu facilement me confier à elle, c'était une sorte de grande sœur, elle m'écoutait et contrairement aux autres qui ne m'expliquaient pas tout, elle prenait le temps de le faire et ne m'excluait jamais. C'est après que j'ai fait la connaissance de sa sœur Karen, et c'est là que tout a réellement commencé. Karen avait 17 ans comme moi et était particulièrement belle, je veux dire très belle, elle savait se mettre en valeur, elle était extravertie tout le contraire de ce que je suis et pourtant ça me plaisait. Très vite elle m'a fait comprendre que je lui plaisais et c'est comme ça qu'on a commencé à sortir ensemble.

Nous ne nous cachions pas forcément des autres, au début c'était gênant pour moi puisque c'était la sœur à Lisa mais je lui en avais parlé avant et elle était ravie pour moi, en plus jusqu'à présent c'était elle seule qui savait que je n'étais jamais sorti avec quelqu'un auparavant. Je ne voulais pas que ça se sache parce que j'allais passer pour un loser et je voulais être au top pour Karen. Elle qui était déjà si femme à son âge, j'étais souvent très intimidé par elle, elle avait ce je ne sais quoi qui la rendait si sûre d'elle. J'avais prolongé mon séjour à Lbv rien que pour elle, j'y ai donc fait 3 mois en tout, j'étais déjà amoureux et je trouvais qu'elle aussi, en tout cas nous étions bien ensemble. Si bien qu'on a couché ensemble, bien sûr je ne lui avais pas dit que j'étais puceau vu qu'elle même n'était plus vierge. Là encore c'est Lisa qui m'a informé et aidé de telle sorte que pour une première je m'en étais plutôt bien sorti, elle m'avait dit qu'elle n'avait jamais eu autant de plaisir lors d'un rapport (le cours de Lisa sur les zones érogènes a bien payé :) )

Karen était vraiment avide de sexe, pas que ça ne me plaisait pas loin de là, jusque je trouvais que les filles devraient être un peu plus timides sur ce sujet-là mais bon j'y connaissais strictement rien alors c'était normal pour moi. Nous batifolions autant que possible surtout que je devais rentrer quelques temps après. Des disputes on en avait presque pas, il y avait juste un sujet sensible : mon amitié avec Lisa.

Moi : Mais c'est ta sœur, il y a encore moins de chances qu'il se passe quelque chose entre nous !

Karen : Rectification, c'est ma DEMI-soeur et puis c'est pas parce que tu l'as connue avant moi que tu la connais totalement, tu ne sais pas tout sur elle !

Moi : Arrête d'en faire tout un plat, c'est une bonne amie et n'oublie pas que c'est grâce à elle que je t'ai connue toi.

Karen : Ah je dois maintenant me prosterner à ses pieds pour la remercier c'est ça ?

Moi : T'exagères chérie !

Karen (en boudant): Hmm !

Moi : Elle c'est mon AMIE et toi ma petite amie, c'est vraiment différent, et arrête avec tes trucs genre « ce n'est pas ta sœur mais ta demi-soeur » c'est complètement déplacé je trouve, elle t'adore !

Elle me faisait quelques scènes pour ça, je me disais juste que c'était de la jalousie innocente ou qu'elle voulait que je la rassure. Le temps était passé très vite et je devais m'en aller, elle était triste mais moi aussi, on avait eu une conversation un soir et on s'était promis de s'attendre, elle devait passer le bac l'année pro et notre projet était de se retrouver à Paris, elle après son bac mais avant je devais revenir sur Lbv pour les vacances. Lisa elle était partie la même année à Houston, on était toujours aussi proches, on pouvait passer des heures à parler sur Skype, je lui racontais un peu comment ma formation se passait et elle se plaignait de ne pas encore avoir beaucoup d'amis là-bas. Avec Karen, on se parlait sur facebook, ma photo de profil était la sienne, nous étions tellement amoureux...

Nous n'avons pas eu de problèmes particuliers cette année là, tout allait bien pour moi à l'école de cuisine, ça me plaisait et je faisais du bon boulot, Tante Betty était enceinte, Lisa avait un nouveau boyfriend et Karen préparait son bac tranquillement. Entre temps j'avais pu toucher l'héritage de mon père et début Juillet je m'envolais pour le Gabon, mon bébé me manquait trop, je lui ai fait une surprise elle n'était pas au courant de mon arrivée. Elle avait déjà passé les épreuves du bac et laissez-moi vous dire que nos retrouvailles étaient chaudes, caniculaires même ! Tante Betty était déjà à terme et allait accoucher dans pas longtemps, les jumeaux John et Rachel étaient tous les deux en Afrique du Sud et ne rentreraient qu'en Décembre du coup je n'allais pas les voir. J'étais la majeure partie de mon temps avec Karen, nous prenions du bon temps et de temps en temps nous sortions en compagnie de Solange (ma cousine) histoire de ne pas la laisser toute seule. Malheureusement Karen a été recalée au bac, elle était effondrée, c'est vrai qu'elle n'avait pas eu des moyennes exceptionnelles ces trois trimestres mais de là à être recalée...I mean come on ! Je la consolais comme je pouvais et à ma grande surprise elle était à nouveau en forme le lendemain des résultats. Elle disait ne pas vouloir gâcher mes vacances à se morfondre sur son sort, j'étais quand même déçu puisqu'il va falloir qu'on attende encore une année avant d'être ensemble pour de bon ! J'étais un peu dégoûté mais bon la naissance de ma cousine m'a un peu plus égayé puis les vacances se sont bien déroulées ! Ah si il y a eu un petit bémol, je dirais même un GROS bémol, j'ai failli mourir, vrai vrai blague à part (C'est John qui parle comme ça).

Ce soir-là avec Karen on avait mangé au Tivoli de l'aéroport puis je l'ai raccompagnée en taxi chez elle à Nzeng. On s'est dits au revoir avant que je n'aille prendre une course pour ancien sobraga, il n'y avait personne dans le taxi et le taximan ne prenait personne et pourtant ce que j'avais proposé lui permettait de prendre des clients. Bref, il était quand même tard 23h47 et au même moment Tante Betty m'a appelé me demandant si je rentrais ou pas, je lui ai dit que j'étais en route et que j'étais au niveau de la gare routière donc je ne tarderai pas. Puis le taximan m'a demandé...

Taximan : Jeune homme est-ce que je peux aller prendre des clients à Nkembo ?

Moi : Euuh oui du moment que ça ne prenne pas de temps.

Taximan : Ne vous inquiétez pas !

Justement à Nkembo deux hommes sont montés dans le taxi et là il a pris une autre route qui ne menait carrément pas à Ancien Sobraga...

Moi : Vous ne vous trompez pas de chemin là ?

Taximan : Non c'est un raccourci.

Je ne suis peut être pas ici toute l'année mais je sais qu'il n'y a pas d'autres chemins que celui que je connais pour aller à Ancien Sobraga que celui que je connaissais, il y a un truc qui ne va pas !

Client1 : Non il va me déposer avant en fait.

Moi : AH non, je suis déjà assez en retard, je vous ai laissé aller les chercher vous n'allez pas les déposer avant moi quand même !

Client2 : Calmez-vous Mr c'est pas la bagarre !

Moi : De quoi je me mêle ?

J'ai passé mon temps à me disputer avec les deux-là et c'est après que je me suis rendu compte que nous étions dans une sorte de clairière, ça ressemblait plus à une forêt même !

Moi : Laissez-moi descendre !

Il a arrêté la voiture et les trois sont sortis, moi avec. Je voulais m'en aller quand les deux soi-disant clients m'ont attrapé et quand je me débattais je recevais des coups, je commençais sérieusement à avoir peur, surtout je ne savais pas ce qui se passait...

Moi : Vous pouvez prendre mon téléphone et mon portefeuille mais lâchez moi !

Taximan : TAIS-TOI ! Tu parles trop petit moundélé ! Suivez-moi !

Ils m'ont emmené dans une maison délabrée où il y avait deux hommes avec des bières en main et dans le coin où ils m'ont laissé il y avait un garçon d'une vingtaine d'années et une ado très apeurée.

Moi : Qu'est-ce qui se passe ici ?

Le mec : Je ne sais pas moi-même !

La fille : Sniiiff on va mourir oohh on va mourir sniiiff Anyambè Papa vient me chercher oooh !!

Ils avaient mon téléphone et mon portefeuille, je réfléchissais à comment on pourrait faire pour nous enfuir, mais c'était quasiment impossible, ils étaient cinq et nous trois. Une demie-heure plus tard, un homme qui n'était pas là au départ et qui avait l'air d'être leur supérieur a fait son entrée dans la pièce, il me regardait longuement...

Lui : Eeh les gars venez ici ! Vous l'avez pris où celui-là ? (en me pointant du doigt)

Le taximan : Qui ? Le métisse ? Je l'ai pris dans mon taxi et comme il avait l'air en forme et puis il est jeune quoi !

Lui : Vous êtes maboules ou quoi ?! C'est le fils du Grand !

Le taximan : Quel grand ? Mr T ? Le ministre ?

Lui : Bah oui, il a eu un fils avec une watara (blanche) !

Client1 : Ah oui sa bouille me dit quelque chose maintenant !

Client2 : Donc on ne doit pas le take parce que c'est un fils de tété (riche) ?

Client1 : Toi aussi tu vois bien que son boss est bien dans nos wés (choses) comment c'est son mouna (enfant) qu'on va lui livrer.

Le taximan : (à moi) Mais petit pourquoi tu ne nous as pas dit ça depuis ?

A ce moment je venais de comprendre qu'il me confondait à un enfant de ministre qui travaillait avec eux donc en gros j'étais épargné. Je réfléchissais maintenant à comment sauver les deux autres, il fallait que je fasse quelque chose...Je me suis alors mis en mode vénère...

Moi : Pourquoi j'allais le dire alors que je ne savais même pas où vous m'emmeniez ?

Le chef : Ah pardon ils ne savaient pas.

Mec bourré : Hé hé hé qu'est-ce que tu foutais dans un taxi alors que Mr T a plusieurs voitures et chauffeurs à disposition ?

Moi : C'est à ça que vous jouez ? Je vais tout raconter à mon père vous verrez !

Le Chef: Petit calme-toi ne l'écoute pas il est bourré, vient on va aller te déposer chez toi.

Moi : Et mes amis ?

Le taximan : Qui ceux-là ? Tu les connais ?

Moi : Bah oui, il ne faudrait pas que leurs parents viennent les chercher chez moi puisqu'on trainait ensemble il y a deux jours !

Client2 : Barré barré, le Big va se fâcher si on ne lui apporte rien cette fois, moi je veux mon do (argent) !

Client1 : Mani tu as raison hein !

Le Chef : Ecoute même si leurs parents te demandent après eux tu dis que tu ne les as pas vu depuis c'est tout, et je te rappelle que ton boss (père) travaille avec nous donc tu n'as pas le choix !

Moi : Remettez-moi mes affaires svp!

J'ai repris mon téléphone et mon portefeuille, puis le gars qui était avec la fille m'a lancé un regard de chien abattu...

Le gars : Mani, tu es sérieux que tu vas nous laisser comme ça ?!

Moi : Ah man je ne peux pas faire grand chose hein, c'est vous ou mon boss !

Le Chef s'est excusé en me demandant de ne rien dire à mon père, j'ai quitté cet endroit le cœur serré d'avoir laissé ces pauvres innocents mais j'avais une autre idée en tête. Le taximan m'a ramené jusqu'à la voiture et on a démarré, je lui ai demandé où est-ce qu'on était, et il a fini par me le dire, j'ai texté ma Tante « Appelle la police et dis leur d'aller à ******, il y a une route isolée qui mène à une maison abandonnée, il y a deux jeunes qui y sont retenus, ne t'inquiète pas je vais bien et j'arrive bientôt. ». Le taximan me regardait longuement quand j'écrivais, j'ai donc joué le jeu jusqu'au bout...

Moi : Ca fait chier, je vais être en retard pour ma teub (boîte), en plus que c'est moi qui organise, c'est bad !

Le taximan : Encore pardon petit, on savait pas. Tu veux que je te dépose où déjà ?

Moi : A Tartare, je vais manger un bout, j'ai la dalle.

Il m'y a déposé et je me suis empressé de prendre un autre taxi pour rentrer, je n'allais quand même pas lui redire que j'habitais à Ancien Sobraga. Quand je suis arrivé, Tante Betty était morte d'inquiétude, et même qu'elle a failli tomber en syncope quand je lui ai tout raconté.

Son mari : Ce doit être cette affaire de crimes rituels, il y avait des rumeurs là-dessus mais on dirait que c'est bien vrai.

Tante Betty : Seigneur Jésus ! Merci d'avoir protégé mon fils !

Moi : J'avoue que j'ai eu beaucoup de chance.

A l'époque l'affaire des crimes rituels n'était pas aussi connue qu'aujourd'hui. La police qui comme on la connaît ne bouge que selon les humeurs des officiers qui y opèrent, a quand même pu arriver à temps à l'endroit que j'avais indiqué, et les deux jeunes ont pu être sauvés. J'ai décidé de garder l'anonymat histoire qu'on ne me retrouve pas puisqu'ils ont dû savoir que je n'étais pas le fils du Mr T là. Il y avait même l'interview des deux jeunes dans l'Union (journal national du Gabon) ils me remerciaient tous les deux de les avoir sauvé, et pourtant ils n'étaient pas censés savoir que c'était moi. Bref, c'est l'histoire de ouf que j'ai vécue , je tenais aussi à sensibiliser les jeunes de mon pays sur ce sujet, car ce phénomène est encore beaucoup plus répandu qu'avant. Faîtes attention à vous et surtout n'ayez confiance en personne !

Revenons à mon récit sur Karen...En effet malgré son échec au bac, nous nous amusions comme on le pouvait. Puis finalement j'ai dû rentrer à Paris pour continuer ma formation, j'étais triste de la laisser mais bon on ne pouvait rien y faire. Puis notre routine a repris, on ne se disputait plus, c'était le plus important. Et un jour, elle m'a dit quelque chose qui m'a fait réfléchir et même qui m'a poussé à faire certains choix...

Karen : Doudou ?

Moi : Oui ?

Karen : T'es sûr que tu veux devenir cuisinier ?

Moi : Euh oui comme ça je pourrai te faire de bons plats !

Karen : Mouais.

Moi : Qu'est-ce qu'il y a bébé ?

Karen : Quand on me demande ce que mon copain fait et que je dis qu'il est à l'école de cuisine, les gens se moquent de moi, j'ai honte Chris !

Moi : Mais c'est un métier comme tous les autres !

Karen : Oui sauf que ça ne paye pas et ça n'a pas l'air intelligent. Toi tu l'es alors pourquoi tu ne fais pas des études comme tout le monde et pour la cuisine plus tard tu pourrais ouvrir un restaurant, tu vois ?

Moi : Hum, pas faux. J'y réfléchirai !

Karen : Il ne faut pas y réfléchir, il faut que tu te décides, je ne sors pas avec n'importe qui moi.

A l'époque je ne me posais pas plus de questions que ça, et comme on était juste en Septembre, j'ai abandonné l'école de cuisine et je me suis inscrit à la fac en économie-gestion. C'était dur de m'adapter, tellement que je n'ai pas pu valider mon année. J'avais perdu confiance en moi, je me sentais inutile et impuissant, je n'avais même pas envie d'aller au bled tellement j'avais honte. Karen a finalement été admissible et après les rattrapages, elle l'a finalement eu. J'avais finalement décidé de ne pas à Lbv cet été là, de toute façon comme elle a eu son bac, elle viendrait ici. Je me suis mis à bosser comme un fou, je ne voulais plus jamais échouer, j'ai eu un poste d'agent d'accueil dans une banque, ça me permettait de me familiariser au milieu dans lequel je voulais bosser, de me faire un peu d'argent et aussi de ne pas m'ennuyer. Malheureusement Karen n'a pu avoir aucune inscription avec Campus France. Je lui ai proposé de s'inscrire à Afram vu qu'elle était en série B (ES pour les français) elle a accepté et je me suis occupé des frais. On ne s'était pas vus cet été-là alors en Décembre je suis allé à Lbv vu que mon premier semestre s'était bien passé, je n'avais pas encore les résultats mais je savais qu'ils étaient bons, j'ai tellement trimé pour ça qu'ils ne pouvaient être que bons. Nos retrouvailles étaient comme à leur habitude chaleureuses, en plus cette fois mes cousins étaient rentrés d'Afrique du Sud donc c'était « Feu » comme on dit chez nous.

//// Retour au présent ////

Moi : Allô !

... : Oui bonjour Mr Roux, c'est Sarah Agbè.

Moi : Bonjour Mlle Agbè.

Sarah : Je vous appelle pour vous dire que j'ai décidé d'accepter votre offre, si elle tient toujours bien sûr.

Moi : Oui, j'en suis ravi !

Sarah : Quand est-ce que je commence ?

Moi : Lundi prochain si vous voulez. Je vous rappellerai pour qu'on parle de votre paye et de tout le reste.

Sarah : C'est entendu. Bonne journée.

Moi : Merci.

J'étais content qu'elle ait accepté, je me soucierai moins du confort et de la sécurité de ma fille. Nous nous approchions du week-end et j'ai prévu de faire du shopping pour Em et moi, on avait un réel besoin de renouveler notre garde-robe. Bon je m'occupe de ma fille ensuite je reviens vous raconter la suite.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022