Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Romance > À la lumière du bonheur
À la lumière du bonheur

À la lumière du bonheur

Auteur:: CELANIE
Genre: Romance
Les routes les plus longues conduisent à de belles destinations dit-on. Lorsque dame X, désespérément à la recherche d'un emploi, accepte de devenir l'intendante d'de monsieur Y, la jeune femme n'imagine pas dans quoi elle s'embarque... Il est aussi secret qu'elle est expensive. Elle est lumière quand les ombres sont devenues son unique refuge.

Chapitre 1 Chapitre 01

PROLOGUE

Aie mon dos est douloureux. Depuis que je suis courbée pour lancer le maïs dans ce champ. Je passe la main sur mon front pour essuyer la sueur qui est remplie. Heureusement que j'ai commencé tôt ce matin parce qu'avec la chaleur ci, je n'allais pas m'en sortir. Je balade les yeux aux alentours et je suis contente du travail que j'ai accompli. Je me dirige vers l'arbre où j'ai laissé ma ration de la journée et je m'assieds. J'ouvre mon plastique où se trouve mon plat de nourriture. Je l'ai réchauffé le matin avant de me rendre ici. Je fais ma petite prière. Au moment de mettre la cuillère dans ma bouche, je ressens une douleur qui m'étreint le cœur. Ca fait mal. J'éclate en sanglots. A chaque fois que je pense à eux, je suis toute en larmes. Ils étaient tout pour moi. Je dirai même mon alpha et mon omega. Me voici seule abandonnée à moi-même malgré le fait que mami Marie soit là pour moi. Je me souviens encore de ce jour qui restera à jamais gravé.

J'étais dans ma chambre lorsque mami Marie est entrée en toussant

- Moi : mami je sais que tu es là

- Mami : ah mon enfant tu me connais déjà

- Moi : oui en me retournant vers elle

Nos regards se croisent et je vois dans les siens des larmes perlées aux cils

- Moi : mami c'est quoi en la faisant asseoir sur le lit

- Mami :..............

- Moi : mami tu sais bien que lorsque tu es comme ca, tu m'inquiètes parles moi sil te plait

Elle se lève et fait les cents pas dans la chambre.

- Moi : mami tu me donnes des crampes d'estomac

Finalement, elle tire la chaise et s'assied face à moi. Elle prend mes deux mains et me regarde dans les yeux

- Moi : mami tu me fais peur

Elle se décide à me parler en raclant sa gorge.

- Mami : tu sais la vie est parfois triste. L'on se réveille bien et personne ne sait ce qui se passera plus tard ni comment va se dérouler la journée

Là, je ressens de l'appréhension. J'ai l'impression qu'il y'a un malheur dans l'air.

- Moi : parles mami sil te plait

La porte s'ouvre sur mbombo Philoména, une voisine. Son regard est fuyant.

- Moi : j'en ai assez. Y a quoi comme problème ici ? Que me cachez-vous ?

- Mami : Il faut que tu sois forte. Tes parents ont fait un accident et sont morts sur le coup

- Moi : que.... Quoi ? en m'affalant sur le lit

Mamie se lève de sa chaise et Mbombo Philoména accoure vers moi. Je suis stoïque. Que mes parents que j'ai vu hier après midi avant leur voyage vers la capitale politique m'ont laissée ainsi ? J'éclate en sanglots. Je pleure de plus belle. Je suis toute seule maintenant avec Mami. Que vais-je devenir ?

- Mbombo : calmes toi ma fille. Tu vas te rendre malade

- Moi : tu penses que c'est facile ? Vous m'annoncez que je suis orpheline de père et de mère et je devrai en rire ?

- Mami : ce n'est pas facile pour moi. Je viens de perdre mon fils, celui qui est devenu tout pour moi à la mort de mon mari

Elle le dit tout en pleurant. Je me relève et je l'entoure de mes bras en essuyant ses yeux. Dans mon fort intérieur, pour mami c'est encore plus dur. Papa a toujours été là pour elle.

- Moi : mami, nous allons nous en sortir. Le Seigneur nous fortifiera dans cette perte.

Ma voix est toute tremblante. J'avais tellement de projets avec mes parents. Nous sommes venus en congé chez mami et ils ont dû voyager hier pour un mariage. Et me voilà donc aujourd'hui orpheline.

Je reviens au présent et j'écrase une larme qui roule le long de ma joue. Je m'efforce de manger car ces souvenirs pèsent dans mon esprit. La vie doit continuer et je dois me battre pour faire honneur à mes parents qui m'ont quittée assez tôt.

Je m'appelle Jenny ATANGANA.

CHAPITRE 1

Je m'appelle Jenny ATANGANA. J'ai quinze ans (15) et je viens de réussir avec brio l'examen du Brevet d'Etudes. Mes résultats ont récompensés mes efforts de toute une année de dur labeur. J'ai fais mes études primaires à l'école Catholique d'Obout. A l'obtention de mon CEPE, mes parents n'ont pas eu d'autre choix que de m'inscrire au lycéée d'Oyack à Mbalmayo. La distance n'est pas petite. Cela fait environ quarante (40) km pour m'y rendre. Lorsqu'ils sont décédés, mami a prit mon éducation en charge car mon feu père était unique et elle ne connaissait pas assez bien la famille de maman. Elle a estimé qu'il était judicieux que je reste avec elle pour qu'elle m'encadre. Mami m'a toujours dit que c'est à travers l'école que je me ferai une place dans la société. Avec le peu de moyen que nous avons, je suis obligée de prendre la route tous les matins avec d'autres camarades pour que le chemin ne soit pas long pour moi. Elle me fait une gamelle pour le repas et je me satisfais de cela. Elle n'est que cultivatrice et c'est avec les fruits de nos récoltes qu'elle paie mes études. Le week end, je l'aide dans les travaux champêtres et je vais vendre les bâtons de manioc à la petite gare routière où les passagers attendent les voitures pour Mbalmayo. Elle dit qu'elle aime cette façon de l'appeler qui change du nom usuel donné à la grand-mère dans les familles ewondo (tribu béti). Pour me divertir les samedis soir, elle me fait rêver avec ses contes et légendes. Elle a bercé toute mon enfance dans cette atmosphère. Elle a complété l'éducation donnée par mes parents.

Oh, le soleil est déjà haut au zénith, il faut que je rentre. Je ramasse mon plastique et mon matériel et je prends le chemin de retour. Grand-mère est partie rendre visite à une de ses cousines dans un village voisin. Je rentre avec du manioc pour faire la sauce de fian (d'arachides). La maison est constituée de quatre chambres mais nous occupons juste deux grand-mère et moi. Je me dirige directement à la cuisine où j'apprête le repas. Lorsqu'il est finit, je vais prendre ma douche à la rivière qui est non loin de la maison. Je descends tout doucement lorsque j'entends une brindille se casser derrière moi. Je me retourne les sens en alerte. On ne sait jamais.

- Moi : toi alors tu m'as fais peur

C'est Marcy qui est mon amie depuis toute petite

- Elle : tu as toujours été peureuse. Change même non

- Moi : je change quoi là ! Tu vas laver les habits ou prendre ton bain ?

- Elle : (claquant les mains) : on dirait souvent que tu réfléchis en l'envers. Après avoir travaillé le matin au champ, tu penses sincèrement que je vais faire la lessive ?

- Moi : c'est normal que je pose la question puisque je te vois avec un seau. En tous cas, descendons, la grande bagarreuse est derrière toi

Elle se retourne carrément. Pas moyen de faire le kanteu (congossa) avec elle.

- Moi : tu étais obligée de te retourner ?

- Elle : est ce que j'ai peur d'elle ?

- Moi : descendons. J'ai trop travaillé aux champs aujourd'hui et je ne veux pas m'énerver

- Elle : allons y

Nous descendons la pente en nous racontant les derniers divers. Après le bain, chacune reprend la route et nous nous donnons rendez vous au terrain de football. Pendant les vacances, les jeunes de la ville viennent se défouler à travers des matchs et autres distractions. Non loin de la maison, j'aperçois la porte du salon ouverte. Certainement mami est déjà rentrée. Je pousse la porte.

- Moi : mami, mami

- Elle : ................

Je vais dans sa chambre. Elle n y est pas. Pourtant ses effets sont posés sur le lit. Je me dirige vers ma chambre pour me changer. Je suis prête pour la balade. A part cela, il y'a aucune attraction. La porte s'ouvre sur mami.

- Moi : mami je t'ai cherchée de retour du bain

- Mami : j'étais derrière entrain de couper le bois

- Moi : tu as encore coupé le bois mami ? tu ne comprends pas que je peux le faire

- Elle : il faut que je m'habitue à quand tu ne seras pas là

- Moi : que je vais où ? suis là non ? ce sont les tâches que tu ne devrais plus faire.

- Elle : je sais mais tu dois devenir quelqu'un pour faire honneur à tes parents qui te regardent où ils sont. D'ailleurs, nous devons causer

- Moi : mami, il y'a quoi encore ? je voulais rejoindre Marcy au terrain de football

- Elle : (en claquant les mains) je ne vous comprendrai jamais, vous les jeunes. Je te parle de ton avenir et tu me parles d'un jeu. Viens t'asseoir ici

- Moi : hum ca a cuit sur moi en murmurant

- Elle : que dis tu ?

- Moi : rien rien

Je me dépêche de m'asseoir. Ma grand-mère est une femme de poigne et a une forte personnalité. Elle est respectée dans le village. Mon grand père est décédé très tôt. Par conséquent elle a dû se battre pour élever papa. Elle a dû se sacrifier pour qu'il puisse aller à l'école tout comme elle fait pour moi. Je prends place sur le canapé en face d'elle.

- Mami : (en avançant sa poitrine vers la table) : Tu sais que je me fais de plus en plus vieille et le Seigneur peut me rappeler à lui à tout moment

- Moi : (en tenant ses mains) : mami ne dis pas cela, tu me fais de la peine

- Mami : (caressant mes mains) : je suis juste réaliste ma petite fille.

Avec un regard lointain, elle est pensive et reprend la parole après quelques minutes de silence.

- Mami : tu sais, j'ai tellement traversé des épreuves entre la mort de ton grand père, la vie ici au village, l'éducation de ton père, leur décès et maintenant je prends soin de toi. Pour moi, c'est une joie de le faire parce que rien ne me dit que tu aurais été traitée de la même manière que si tu avais été ailleurs. Tu viens de réussir à ton examen et il faudrait que tu continues tes études. Ce n'est pas que je ne peux plus t'assumer mais je trouve pénible qu'il faille que tu fasses des kilomètres pour aller à l'école. C'est vrai que tu me diras que les autres font comment. Je voudrai le meilleur pour toi

Depuis là, je l'écoute parler et je sens que ce qu'elle va me dire ne va pas me plaire du tout.

- Mami : Je t'ai toujours dis lorsque ton oncle maternel Claude m'envoyait de l'argent pour tes fournitures scolaires. Il a toujours prit de tes nouvelles. Lorsqu'il a demandé à ce que tu ailles poursuivre tes études chez lui, je ne pouvais pas m'y opposer car après tout la ville t'offre beaucoup plus d'opportunités.

Mon cœur bat. Donc c'était cela l'objet de la causerie. J'ai mal et je vois cela comme une trahison

- Moi : (me redressant sur mon séant) : mami, je suis une lourde charge pour toi pour que tu veuilles que le premier venu me prenne ?

- Mami : ne réagis pas comme cela. Je veux ton bien

- Moi : si tu veux mon bien, laisses moi rester avec toi. Je suis bien ici. Je ferai tout ce que tu voudras mais c'est mon univers ici

- Mami : ma fille, tu parles avec ton cœur. Fais travailler ton cerveau en mettant le doigt sur sa tempe. Tes parents auraient voulu le meilleur pour toi et tu dois penser à eux en posant chaque acte de ta vie. Je sais que ce n'est pas facile pour toi mais tu vas t'adapter parce que je te sais forte.

Je pleure en silence. J'ai déjà perdu mes parents. En allant en ville, si grand-mère a un souci qui sera là pour elle ? Depuis que papa et maman sont morts, nous sommes restées que deux. Me dire que je vais la laisser, ca me fait mal au cœur. Elle veut mon bien mais j'aurai pu continuer à aller au lycée à des milliers de kilomètres mais rester avec elle.

- Mami : ca va aller. Penses y en se levant et en me pressant légèrement l'épaule

Je reste assise lorsqu'elle sort du salon. Même aller à la rencontre de Marcy est douloureux pour moi. Je suis entrain de passer mes derniers moments dans cette maison qui m'a bercée depuis que je suis toute petite. Je revois lorsque je jouais à cache cache avec papa et que maman me faisait des chatouilles sur tout le corps. Je suis plongée dans mes pensées. Je revois défiler mon enfance passée dans ce village. J'y ai passé toute ma vie ici et je dois malheureusement le quitter pour continuer mes études secondaires en ville. Je me pose une et mille questions à savoir si je vais m'adapter à cette nouvelle vie. Je suis née en campagne. J'y ai grandie et je suis allée quelques fois en ville et je n'ai que de vagues souvenirs.

La nuit est tombée et je suis couchée dans ma chambre. Je n'ai pas pu avaler mon repas tellement suis angoissée à l'idée de n'avoir aucun repère dans les prochains jours. Je m'endors sur cette idée. Je suis dans un jardin avec papa et maman.

- Moi : papa, maman comme vous me manquez

- Maman : nous sommes toujours près de toi et te regardons

- Moi : est ce que je suis obligée d'aller chez tonton Claude ?

- Maman : oui tu verras tu seras bien traitée là bas

- Papa : penses un peu à ta grand-mère. Elle ne te le dit pas mais elle se fait énormément de souci pour toi à l'idée que si elle n'est pas là aujourd'hui, comment sera ta vie

- Moi : (baissant la tête toute honteuse) : c'est vrai que j'ai été égoïste

- Papa : raison pour laquelle tu devrais lui enlever ce poids

- Moi : (en courant dans ses bras) : vous me manquez

Je ne vois personne autour de moi. Où sont t ils partis ?

Je me réveille brusquement. Tout est encore noir. Je frotte mes yeux. J'ai fais un rêve. Depuis que j'ai perdu mes parents, je rêve rarement d'eux uniquement quand je suis en pleine réflexion. Quand je repense à ce qu'ils m'ont dit, je me rends compte que mami ne veut que mon bonheur. Qu'elle me place au devant de tout. Je lui dirai le matin le fond de ma pensée. Je me rendors le cœur en paix, consciente d'avoir prise la bonne décision.

Le matin, j'ai une conversation avec grand-mère qui manifeste sa joie. Elle me dit que je partirai dans une semaine. Je vois cela court pour moi. Néanmoins, je profite au maximum des moments avec Mami et Marcy mon amie, ma sœur de cœur. Nous avons pleuré lorsque je lui annoncé mon départ pour la ville. Elle m'a fait promettre de ne pas l'oublier lorsque j'aurai de nouvelles amies. Je lui ai dis qu'elle aura toujours une place spéciale dans mon cœur.

Le jour fatidique est arrivé plus vite que je ne le pensais. La veille, j'ai pris mes effets qui étaient encore en bon état et j'ai fais mon petit sac. Je me suis endormie en songeant aux lumières de la ville. Le matin, grand-mère m'a réveillée assez tôt pour que je m'apprête et que je ne rate pas le premier véhicule. Je suis sortie de la chambre en laissant errer mes yeux sur ce lieu qui m'a abrité pendant des années. A tâtons, je pouvais retrouver mes choses même dans le noir. J'ai tiré la porte vers moi et je me suis adossée dessus quelques instants.

- Mami : Jenny, Jenny

- Moi : meuma (il m'arrivait de l'appeler de cette façon lorsque je suis émue et c'est le cas)

- Mami : (en souriant) : ca faisait longtemps que tu ne m avais pas appelé comme ca

- Moi :..........................

- Mami : (me donnant un sac) : tiens le sac que j'ai mis de côté pour ta famille et toi.

Elle a fait les bâtons de manioc, des arachides grillées, du nnam ngon (met de pistache) et a mis aussi des prunes. Je prends le sac pour le poser près de la porte lorsqu'elle me retient

- Mami : mon enfant te voilà qui part en ville, je te fais confiance et je n'ai pas grand-chose à te reprocher, tu es exemplaire. Ne te laisses pas détourner par la vie de la ville car tu trouveras de tout là bas. Ne sois jamais envieuse, tu as tout pour réussir.

Elle sort de son soutien un billet de dix mille et me le donne. Je suis toute retournée. Des larmes coulent sur mon visage. Ma grand-mère a joué le rôle de maman depuis sa mort. Elle m'a donné beaucoup d'affection. Elle compte beaucoup pour moi. Elle est ma seule famille car elle a toujours été là dans les bons comme les mauvais moments.

- Mami : gardes cet argent. C'est à titre symbolique que je te le donne. Ton oncle Claude est assez nanti. Je ne pense pas que tu auras des problèmes de ce côté. Je ne le connais pas vraiment mais je sais qu'il aimait ta maman qui était sa cadette. Ton sac est prêt ?

- Moi : meuma, j'ai pas grand-chose à apporter. Tu le sais une paire de chaussures et quelques vêtements, c'est tout. Meuma merci pour tout ce que tu as fait pour moi et continue de faire. Sans toi, je ne sais pas ce que je serai devenue. Ne travailles pas trop, tu commences à te fatiguer. Si tu tombais malade, je ne serai vraiment pas tranquille.

- Mama : mon enfant tu peux partir en paix. J'ai compris ce que tu as dis.

La veille, je suis allée dire aurevoir aux gens du village avec qui grand-mère s'entendait et qui avaient aussi d'une quelconque manière participé à mon éducation. Elle m'a accompagnée où le car a l'habitude de s'arrêter pour conduire les gens à Yaoundé. Je ne voulais pas me détacher d'elle tellement ce départ m'attriste. Ce sont les klaxons du chauffeur qui m'y ont obligés. Ses petits yeux sont rouges mais elle veut me cacher sa tristesse et se mouchant bruyamment le nez. Je monte dans le car et me retourne une dernière fois. Elle me fait un signe de la main auquel je réponds avant d'aller prendre place au fond du véhicule.

Durant tout le trajet, j'appréhendais ma nouvelle vie. J'étais si triste de laisser ma grand-mère toute seule au village mais je savais aussi que c'était une femme appréciée. Les gamins ne manquaient pas souvent de lui puiser de l'eau et de ce côté, je n'avais pas de souci à me faire. Elle allait s'en sortir. Il fallait juste qu'elle réduise ses activités. Je me suis assoupie un instant et peu de temps après j'ai senti du mouvement. J'ai vu des passagers rangé leurs affaires et j'ai compris que nous étions arrivés. Mon oncle devrait m'attendre à la gare routière. Ca faisait trois ou quatre ans que je ne l'avais pas vu. J'espère que je n'aurai pas de mal à le reconnaitre. Je suis la dernière à sortir du car. Regardant à droite et à gauche, je ne vois personne qui semble me reconnaitre ou se diriger vers moi. Je suis entrain d'avancer lorsque je me rends compte que j'ai oublié le paquet de nourriture dans le car. Je reviens sur mes pas. Heureusement, le chauffeur est encore là, fumant une cigarette. Je le tiens informé de cet oubli. Il me demande de monter regarder si le sac est là. Je le retrouve à la place où je l'ai mis.

Je descends et vois un homme venir vers moi. Je le reconnais, c'est lui. Il est avec une fille qui doit être ma cousine. Il est tout souriant.

- Lui : jenny ma fille tu as grandi et tu ressembles tellement à ta mère. As-tu bien voyagé ? Donne-moi tes sacs.

Je les lui donne d'un air timide. Pendant ce temps, ma cousine a gardé son calme et son visage est resté de marbre. Tonton Claude reprend

- Lui : Jenny, voici ta cousine Esther. Vous avez le même âge et j'espère que vous allez vous entendre.

- Moi : ok tonton bonjour Esther

Je la salue avec tout le sourire du monde et elle me répond froidement. Je me dis intérieurement qu'elle doit avoir surement d'autres problèmes à gérer. Nous prenons la route pour la maison. La circulation est dense et il y'a assez de bouchons. La ville est bondée de monde. Des taxis klaxonnent par ci et par là. Mon oncle me fait comprendre qu'on habite le quartier Olezoa et qu'il m'a inscrit au Lycée général Leclerc qui n'est pas loin de la maison. Devant un portail de couleur verte, un gardien ouvre. Il a dû reconnaitre le bruit du véhicule de loin. J'entre dans ma nouvelle demeure, ma nouvelle vie.

Chapitre 2 Chapitre 02

CHAPITRE 2

Lorsque nous entrons dans la maison, une fille d'une dizaine d'années accoure et d'un air souriant me tend la main

- Elle : c'est toi Jenny ?

- Moi : oui c'est moi en lui rendant son sourire

- Elle : suis sophie la petite sœur d'Esther

- Moi : bonjour sophie enchantée de faire ta connaissance

- Sophie : suis toute contente d'avoir quelqu'un avec qui causé hein parce qu'Esther hum

- Tonton Claude : Sophie qu'est ce que tu racontes en la reprenant

- Esther : ha papa laisses là

Mon oncle a regardé la scène d'un air résigné. Pendant ce temps, Esther s'est empressée de se diriger vers une porte. J'ai emboîté le pas à tonton qui a pris mes sacs du coffre du véhicule. Il a demandé à Sophie de me conduire dans la chambre pour ranger mes effets. Apparemment, c'est avec elle que je devrai dormir. Je traverse le salon qui est séparé de la salle à manger par des escaliers. Nous traversons un couloir qui sur mon passage a deux portes. Avec le temps, je saurai de quoi il s'agit. Nous pénétrons dans la chambre où sont installés un grand lit qui peut même prendre trois personnes, une armoire à deux battants et une table d'étude. Sophie me fait visiter la maison qui comporte trois autres chambres, une cuisine, une salle de bains et des toilettes. Je suis entrain d'admirer un tableau lorsqu'une dame entre au salon. Ca fait des années que je ne l'ai pas vu. Je dirai que c'est certainement la femme de tonton Claude, Tata Martine. Je la regarde d'un air intimidé. Elle est de taille moyenne et a un teint clair.

- Elle : bonjour ma fille en me tendant la main

- Moi : bonjour tata

- Elle : comment vas-tu ? et meuma Marie ?

- Moi : elle va bien

- Elle : d'accord Sophie t'a montrée la chambre ?

- Moi : oui oui tata

- Elle : ok

Elle se dirige vers la cuisine. Je suis un peu gênée car ne sachant pas quelle posture prendre. Finalement, je prends la direction qu'elle a empruntée. Je pousse la porte qui grince légèrement. A mon entrée, elle se tourne et me regarde d'un air surpris.

- Tata : oui tu veux quelque chose ?

Je m'approche d'elle.

- Moi : euh excuses moi si je dérange. Je venais juste te proposer mon aide

- Tata : (je lis de l'étonnement dans ses yeux) Merci mais tout es fait. Je t'aurai demandé de dresser la table mais de un tu es fatiguée et de deux tu ne sais pas où est rangée la vaisselle. Tu observeras lorsqu'Esther le fera. En parlant même d'elle...

Elle tire la porte vers elle et s'écrie

- Tata : Esther, Esther, dois je sonner la cloche pour que tu fasses la table ?

Elle revient vers moi en marmonnant. Hum les enfants de la ville. Tu sais à quelle heure le repas est servi mais tu restes dans ta chambre. Je suis debout près du grand frigo. C'est le genre que je voyais à la télévision de Papa Anthon au village. Quelques minutes plus tard, des bruits de pas se font entendre. Mami a horreur de cela. Elle dit que l'on devrait soulever les pieds en marchant plus encore lorsqu'il s'agit d'une femme. Esther entre d'un air courroucé dans la cuisine. Elle va vers le placard pour en sortir la vaisselle tout en faisant du bruit que j'ai l'impression que mon tympan va éclater

- Tata : mais Esther arrêtes avec ce bruit. C'est comment ? Tu penses que tu vas juste t'asseoir et manger ? les autres feront le travail à ta place ? N'importe quoi ?

- Esther (se retournant vers sa mère) : est ce que j'ai dis que je le ferai pas ?

- Tata : (voulant bondir sur elle) : tu me fermes ta bouche là tu entends ? je ne suis pas ton père qui te passe tes caprices hein

Mama, je vois la scène là comme le cinéma du monde entier. Esther ne sait pas qu'elle a de la chance d'avoir ses deux parents vivants. Qu'est ce que je ne donnerai pas pour être comme elle ! Je suis ébahi et ca me fait froid dans le dos. Esther tire la bouche comme le capuchon du bic. On dirait qu'elle va exploser. Elle sort et va mettre la table. Dès qu'elle finit, elle repart dans la chambre. Je m'exclame seulement dans mon cœur. Tata Martine me sort de mes pensées en me disant que nous pouvons aller dans la salle à manger. J'hésite un peu de lui dire cela mais je le fais.

- Moi : euh tata désolée. Est-ce que je peux vous rejoindre à table parce que je veux me laver ?

- Tata : (mécontente) : aka passes ici. Depuis que tu es arrivée, tu ne savais pas que tu devais le faire ? il faut apprendre qu'on ne mange pas sale à ma table. Dépêches toi d'aller te décrasser.

Je sors de là tétanisée. Est-ce que je savais alors que je devais me faire égueulée de la sorte ? Il est vrai que je devais le faire, mais cet environnement est nouveau pour moi. Elle m'a parlé comme si je suis une petite peste. Je cours prendre une robe et mon nécessaire de toilettes et j'entre dans la salle de bains. Waouh, elle est grande plus que ma chambre au village. Il y'a le wc, le lavabo et un autre truc là dont je ne connais pas le nom. A la place de la douche que je vois dans certaines maisons du village, il y'a un objet long et ovale. J'ai l'impression que c'est là où l'on se lave. Je fais travailler mon cerveau. J'avance un pied. Je teste la surface. C'est ferme. Quand je mets le deuxième, bang. Je n'étais pas prête. Aie, j'ai failli tomber. Je m'agrippe au rebord lorsque la porte s'ouvre sur Esther. Elle me lance un regard haineux.

- Esther : qu'as-tu à crier de la sorte ?

- Moi : (en me massant le bras) : j'ai glissé

- Esther : qui t'a envoyée te laver ici ? pour les villageoises comme toi, il y'a les toilettes derrière la maison pour les employés

J'entends un bruit de pas.

- Pourquoi tu es méchante comme ça ?

- Esther ; tsuips

Elle pousse Sophie sur son passage. Oui, c'est elle qui est venue à ma rescousse. Elle vient vers moi. J'ai honte qu'elle me voit comme ca. J'ai grandi sans sœur et habituée uniquement à mami. Je me recroqueville où je suis.

- Sophie : arrêtes jenny tu n'as pas à avoir honte devant moi. Suis ta sœur

- Moi : (honteuse de mon geste) : désolée mais c'est question d'habitude. Merci de m'avoir soutenu tout à l'heure.

- Sophie : pas de quoi. Ne t'inquiètes pas. Esther a ses humeurs et est comme ca. Il faut juste avoir de la force de caractère et ne pas te laisser marcher dessus.

- Moi : merci. Excuses moi mais ca c'est quoi ? en lui montrant où je suis debout

- Sophie : ah c'est la baignoire. Qu'est ce qui s'est passé ?

- Moi : lorsque j'ai mis mon deuxième pied, j'ai failli tomber

- Sophie : (alarmée) : ma chérie fais attention parce que ca glisse et tu peux te faire très mal

- Moi : ok merci je finis de me laver et je viens

- Sophie : oui dépêches toi sinon maman ne va pas te louper

- Moi : oui je l'ai sentie passer tout à l'heure.

- Sophie : hihi c'est margaret tatcher.

- Moi : ok

Avant de sortir, elle m'explique comment fonctionner avec les boutons des robinets. Il y'a de l'eau chaude et l'eau froide. Iki, les choses des blancs. Au village, c'est la rivière hein. Je me frotte avec le cousa (l'éponge) et me rince rapidement. Je sors de là et m'essuie. Je porte ma robe et je sors de la salle de bains. Je fais un tour dans la chambre et au salon suis stupéfaite de trouver que personne n'y est. Je regarde à gauche et tonton Claude est assis au salon entrain de lire le journal. Mince, ils ont fini de manger. Au bruit de mes babouches, il lève la tête

- Tonton : ah tu as fini. Nous pouvons donc passer à table

- Moi : vous m'avez attendu ?

- Esther (venant de la chambre) : nous ne pouvons pas manger parce que nous devons attendre la miss

- Tonton : arrêtes ca Esther. Comporte-toi un peu comme une grande fille de temps en temps

Hum, elle continue sans s'arrêter. Décidément, cette fille a un sale caractère.

- Tonton : Martine, Martine

Tata ne doit pas être loin de là.

- Tonton : (s'adressant à moi) : vas l'appeler. Elle est dans la chambre

- Moi : (faisant le signe des mains pour demander la direction) : c'est de quel côté ?

- Tonton : (se tapant le front) : ah j'oubliais que tu n'as encore tes repères. Refais tes pas en arrière et à l'opposé de ta chambre se trouve la notre

- Moi : j'y vais

Je fais demi-tour. Suivant ses indications, je me retrouve sans difficulté. Je toque, aucun bruit ne filtre. Je mets l'oreille sur la porte et je me sens propulsée à l'intérieur. Avant que je n'ai compris ce qui m'arrive, je reçois une gifle de tata.

- Tata : c'est quelle manière ca ? tu écoutes au porte maintenant ?

Je me relève péniblement en me grattant la joue

- Moi : tata excuses moi. Tonton m'a envoyée te chercher. J'ai toqué à la porte. Mais je n'ai pas entendu du bruit. Alors, j'ai collé mon oreille

- Tata : hum désolée. Mais cela ne se fait pas de coller l'oreille à la porte. Ca prête à confusion

- Moi : j'ai compris tata

Je sors de la chambre les larmes aux yeux. Je ne voulais pas l'épier. Me voilà avec ma joue qui brille. Nous arrivons au salon et tata me montre la place que j'occuperai désormais. Tonton est assis au bout de la table. Tata à sa gauche, Esther à l'opposé de sa mère. Sophie en face de moi et j'ai tata à ma droite. Je prends place. Tonton fait la prière en bénissant le repas. Tata a fait du poulet avec du riz. C'est une joie pour moi parce que le poulet a toujours été synonyme de fête chez nous. Il fallait économiser pour ma scolarité. Je regarde comment les autres se servent pour faire pareil. Tonton se racle la gorge.

- Tonton : Jenny

- Moi : (le regardant) : oui tonton

- Tonton : demain après que je sois rentré du boulot, nous irons chez la couturière pour qu'elle te prenne les mesures pour ta tenue scolaire.

- Moi : oui tonton

Nous avons continué à manger dans le silence. On entendait juste le bruit des assiettes et couverts. De temps en temps, Sophie racontait des histoires pour détendre l'atmosphère mais après tout le monde fourrait son nez dans son plat. Pour une première soirée, j'ai trouvé l'ambiance pas chaleureuse. Je me dis que c'est certainement une mauvaise impression.

Le lendemain, tonton m'a conduit chez la couturière qui a prit mes mensurations et a dit que mes tenues seraient prêtes dans dix jours car elle a beaucoup de commandes. Sur le chemin de retour, mon oncle s'est arrêté dans une boulangerie pour acheter le pain. En plein trajet, il m'explique le fonctionnement de la maison.

- Tonton : jenny ma fille, tu donneras un coup de main à la maison

- Moi : oui tonton. J'ai toujours travaillé dur

- Tonton : (un éclair passe dans son regard lorsqu'il se tourne vers moi) : oui je sais que tu n'as pas eu de moments faciles. Je disais donc que tu t'occuperais des tâches ménagères et tu feras à manger lorsque ta tante sera indisponible car Esther ne sait pas le faire et Sophie est encore jeune.

Hein donc tout ca là madame fait la fière alors qu'elle ne connait rien. Quelle honte.

Chapitre 3 Chapitre 03

CHAPITRE 3

C'est ainsi que je me suis habituée à effectuer les travaux ménagers. Le matin, je me lève tôt comme au village aux environs de six heures. Je fais ma prière comme mama me l'a apprise et je fais ma toilette avant d'aller faire la propreté au salon. Meuma Marie m'a toujours dit que c'est la première pièce où l'on fait le nettoyage car un étranger peut arriver à toute heure. Il ne faudrait pas que l'endroit soit sale. Lorsque je finis de le faire, je vais balayer la cour. La vaisselle est faite après chaque repas. Nous la faisons à deux Sophie et moi.

Aujourd'hui, j'irai prendre mes tenues chez la couturière. Tonton me l'a fait savoir hier pendant le repas.

- Tonton : Jenny, demain tu iras retirer tes tenues chez la couturière. Tu peux y aller seule non ?

Avant que je n'ai pu prendre la parole, tata Martine avait déjà acheté la réponse

- Tata : et pourquoi ne le pourrait t elle pas ? Elle est assez grande

- Tonton (exaspéré) : toi aussi, nous y sommes allées à deux reprises. La dernière fois, c'était pour les essayages.

- Sophie : papa c'est chez Mme KOUKOU ?

- Tonton : oui

- Sophie (en posant sa main sur mon bras) : t'inquiètes. J'irai avec toi

- Esther : c'est ça ! dorlotez là et vous verrez quel effet ca fera

- Tonton : je trouve qu'elle est assez éveillée

- esther ; normal au village, si tu paresses, ta vie va ressembler à quoi ?

- Moi : (avec vigueur) : est ce que c'est un péché de venir du village ? Qu'as-tu à me le répéter tout le temps ? je suis fière de mes origines

J'ai dis tout cela d'une traite sans me rendre compte que j'ai haussé le ton. Tout le monde est resté figer d'autant plus que c'est la première fois que je sorte de mes gonds. Esther est restée la bouche ouverte. Une mouche pouvait y trouver son chemin.

- Sophie : bien fait pour toi

- Tata (de répliquer) : je ne veux pas d'éclats de voix à table

- Tonton : bon calmons-nous et finissons le repas. Sophie accompagnera Jenny.

Nous avons fini le repas dans un mutisme total. Je revois encore la scène défilé devant mes yeux lorsque j'entends les pas. J'attends que la personne se signale par une salutation mais rien. Je continue mon travail sans prêter attention à celle qui est derrière moi lorsque le bruit de la chaise se fait entendre. Je me redresse et voit Esther qui vient de casser la chaise en bambou qui était sur la véranda. Elle se lève et veut entrer à l'intérieur

- Moi : (en la hélant) : esther, esther

Elle se retourne d'un air dédaigneux

- Esther : c'est quoi ?

- Moi : la chaise que tu viens de casser qui selon toi va ramasser les débris ?

- Esther : hum toi bien sûr

- Moi : et pourquoi moi ? est ce que c'est moi qui l'ai cassée ?

- Esther ; et pardon le matin comme ça, il faut m'excuser. Tu es entrain de balayer. Donc ramasses tout ca

- Moi : je ne suis pas ton esclave hein

- Esther : (claquant les mains) ah oui la villageoise sort déjà ses griffes. Tu pouvais parler fort comme ca dans ton village ?

- Moi : (sentant la fumée sortir par les narines) si je le faisais et plus encore en tapant les filles qui me manquaient de respect

- Esther : ce n'est donc pas le lieu ici et en plus c'est toi qui me dois le respect. Je te donne donc l'ordre de ramasser cela.

- Moi : dans tes rêves madame

- Esther : ok c'est ce que nous allons voir

Elle entre dans la maison. Je continue ma tâche lorsque je sens une tape sur mes fesses.

- Moi : aie c'est qui ça en me retournant

Je vois tata Martine. A côté d'elle se tient Esther qui a un sourire en coin.

- Tata : (en s'adressant à Esther) : c'est ca ici ?

- Esther : oui maman

- Tata : (se tournant vers moi) : donc tu es venue détruire les choses dans ma maison ?

- Moi : non tata ce n'est pas....

- Tata : tais toi fermes moi ta bouche là. Je ne suis même pas sûr que tu l'aies brossée avant de sortir de la chambre

Je reste muette comme une carpe. Hum Meuma je souffre quoi ici ? mieux je restais avec toi

- Tata : je te parle et tu ne dis rien

- Moi : tata tu m'as demandée de ne plus parler

- Tata :c'est ça même. Saches que tu n'auras pas de repas aujourd'hui pour avoir casser ma chaise. C'était le souvenir de mon défunt père

- Moi : tata, je ne l'ai pas cassée. C'est Esther qui veut me faire porter le chapeau

- Esther : (bondissant sur moi) : laisses mon nom en paix tu entends. Petite menteuse

Tonton Claude revient de son footing et pousse le portail. Il est éberlué par la scène qui se présente sous ses yeux. Esther essayant de me molester et moi m'agrippant à elle

- Tonton : c'est quoi tout ce bazar là hein ?

Il s'approche de nous et réussit à maîtriser Esther. Je me redresse et réajuste mon cabas.

- Tonton : vous croyez que vous êtes dans un champ ici ? etant à l'extérieur, je vous entends crier

Il s'adresse à sa femme

- Tonton : mais Martine les filles se crêpent le chignon et tu ne fais rien ?

- Tata Martine : Esther dit que c'est Jenny qui a cassé la chaise en bambou qui était ici et Jenny dit le contraire

- Tonton : La discussion porte sur une chaise ? mais tout est vanité. Les meubles se cassent nous pouvons les remplacer mais l'être humain ne revient jamais. Alors, je ne veux plus en entendre parler

Il se retourne et entre directement dans la maison. Tata le suit en traînant le pas. Je comprends qu'elle soit fâchée mais elle devait me demander ma version des faits. Elle est arrivée au point de vouloir m'interdit la nourriture. Eh dire qu'au village, je mangeais à satiété. Je continue mon balayage pendant qu'Esther fiasque et s'en va à son tour. Elle croit que je vais me laisser faire. Elle m'a montrée son sale caractère. Je vais me comporter avec elle de la même façon qu'elle me traite. Je finis mon travail et entre dans la maison. Sur la pendule, je peux lire qu'il est déjà sept heures du matin. Je passe un coup de balai à la cuisine et va nettoyer la salle de bains. Je fais presque tout dans cette demeure. Cela ne me dépasse pas parce que mami m'a tout appris. Pendant que je lave, la porte s'ouvre sur celle que vous connaissez.

- Esther : (d'un ton autoritaire) sors je voudrais me laver

- Moi : (posée) : tu vas attendre que je termine ce que j'ai commencé

- Esther : tu me parles comme ca pourquoi ?

- Moi : parce que tu n'es pas polie et tu n'es pas de patiente. Donc, tu vas attendre gentiment dehors

- Esther : pfffff n'importe quoi

Fatiguée de son bavardage, je rabats la porte et je continue ma besogne. Elle tambourine sur la porte sans marquer un temps arrêt tout en criant

- Esther : ouvres moi cette porte. Tu me fermes la porte au nez ? tu es qui ? tu penses faire la loi ici ? Petite villageoise comme ça

Je fais la sourde oreille et finit de nettoyer la baignoire. Lorsque j'ouvre la porte, elle est là debout avec sa serviette et tape le pied au sol. Je passe devant elle sans lui prêter de l'attention. Je vais dans la chambre. Yeuch Sophie et le sommeil, c'est quelque chose hein. Je m'assieds sur le lit et pose doucement ma main sur son épaule pour la réveiller.

- Moi : sophie, sophie

- Sophie : ..............

- Moi : il fait déjà jour ma belle

- Sophie : hum j'ai encore sommeil

- Moi : je sais, toi tu as toujours sommeil le matin. Lorsque les classes vont commencer, tu feras comment ?

- Sophie : (ouvrant péniblement les yeux) : tu seras là non ?

- Moi : donc suis ton réveil ?

- Sophie : oui

- Moi : tu dois aller laver tes vêtements que tu as trempé hier avant que tata ne vienne ici te ramasser

- Sophie : (s'asseyant péniblement) : tu as raison. Je ne veux pas son bavardage le matin

- Moi : surtout qu'elle s'est exercée sur moi .

- Sophie (étonnée) : hein, il y'a eu quoi ?

- Moi : rien de grave. Juste Esther qui a cassé la chaise et voulait me faire porter le chapeau

- Sophie : oui le contraire m'aurait surprit

Pour éviter qu'elle ne parler contre sa sœur, je lui ai demandé de se dépêcher. Aujourd'hui, elle va me parler de sa sœur. Demain, elle pourra faire pareil avec cette dernière donc mieux, j'évite. Elle va laver ses habits pendant que je dresse le lit. Sophie est âgée de douze ans et est en classe de cinquième au lycée lelerc. Esther est en terminale dans le même établissement. Je balaie aussi la chambre et à l'appel de tata Martine, je sors de la chambre. Je la trouve devant sa porte.

- Tata : Jenny

- Moi : oui tata

- Tata : je n'ai pas le temps de préparer ce matin car j'ai une réunion urgente à neuf heures. Tu vas aller faire le marché avec Sophie. Tu feras le ntoumba (plantain pilé) avec la sauce de ndo'o (graines de la mangue sauvage). Il y'a de la viande au congélateur. Tu la sortiras avant d'aller au marché et tu la mettras dans de l'eau avec du sel et des citrons

- Moi : oui tata

- Tata : tu as compris tout ce que j'ai dis ?

- Moi : oui tata

- Tata ; (tendant un papier et de l'argent) : tiens la liste des courses et l'argent

- Moi : d'accord tata

Elle se retourne et entre de nouveau dans la chambre. Il y'a pas de ménagère ici. C'est Tata qui fait la cuisine soit le matin avant d'aller au bureau, soit le soir au retour. J'imagine que cela ne soit pas facile pour elle avec toute la fatigue. Si au moins, Esher pouvait déjà apprêter ce qu'il faut mais non fainéante. Elle s'assied et mange. Hum, dans tout cela, je trouve que sa mère ne l'aide pas. Comment fera t elle dans son foyer si elle se marie plus tard ? Bref, je me pose juste les questions.

Tonton est sur le point de partir. En général, il prend le petit déjeuner fait par tata. Mais j'ai comme impression que ce ne sera pas le cas aujourd'hui. Il sort avec le visage fermé. Ca doit être chaud à l'intérieur là bas. Il passe devant moi et revient sur ses pas.

- Tonton : jenny

- Moi : oui tonton

- Tonton : n'oublies pas d'aller prendre tes tenues hein

- Jenny : je ne vais pas oublier tonton

- Tonton : (en me tirant la main) accompagnes moi vers la voiture

Il y'a encore quoi. Il va sûrement me réprimander par rapport à la scène du matin. Seigneur, aides moi sil te plaît. Je n'ai rien fais de mal. Nous arrivons près de la voiture. Il ouvre la portière et prend place.

- Tonton : je veux que tu te sentes à l'aise ici. Si tu as un souci, n'hésites pas à venir m'en parler, d'accord ?

- Moi : oui tonton

- Tonton : tiens dix mille en me donnant le billet

- Moi : oui tonton, c'est pour acheter quoi ?

- Tonton : (souriant) ce que tu veux

- Moi : (joyeuse) : merci tonton

- Tonton : allez bonne journée

- Moi : aurevoir tonton

Il ferme la portière et baisse la vitre

- Tonton : martine, martine je suis déjà en retard

Il dépose tata tous les matins au bureau et elle rentre par le transport public le soir. Malgré son appel, elle n'arrive toujours pas.

- Tonton : weeh les femmes. Elles traînent toujours. Il faut mettre la peinture sur le visage et tout

- Tata : n'est ce pas que si je ne fais pas ça, c'est dehors que tu iras ?

Je ne l'avais pas entendu venir. Je crois que tonton va se mettre en colère avec ce qu'elle a dit.

- Tonton : montes ici. Tu veux chercher les problèmes le matin pour justifier le fait que tu étais entrain de te faire belle

Il se met à rire et tata devient souriante. Je regarde la voiture démarrer et j'entre à la cuisine. Il faut que je sorte la viande comme tata me l'a dit. Je le fais selon ses indications. Aie, mon ventre fait du bruit. Je fais mon petit déjeuner. Tata m'a dit que je peux de temps en temps faire les omelettes mais je n'ai jamais osé. Ca fait à peine deux semaines que je suis là. Il faut que je prenne d'abord mes marques. Tata achete des graines qu'on met dans le lait. Sophie m'a dit que ce sont les corns flaskes. Ca remplace le pain. J'ai goûté. Je préfère de loin manger le pain. Ca ce sont les choses des « tahan » (blancs). Je finis ma tasse et la rince. Je vais retrouver Sophie à la buanderie. Elle fait sa lessive.

- Moi : depuis là maman tu n'as pas encore fini ?

- Sophie : est ce que c'est alors facile ?

- Moi : aka fais vite tata a dit que tu dois m'accompagner au marché

- Sophie : (s'arrêtant un instant) : pour faire quoi ?

- Moi : acheter le plantain et le ndo'o

- Sophie : maman aime de ces nourritures

- Moi : (pensive) : ma grand-mère m'a toujours de ne pas choisir la nourriture car l'on ne sait pas où l'on tomberait demain

- Sophie : hum

Ha c'est une petite fille. Elle y comprend quoi.

Une heure plus tard, nous sommes en route pour le marché. Sophie me dit que nous allons à Mvog Mbi qui est celui qui est à proximité. La maison de tonton est juste après l'ambassade de France. Nous prenons le taxi et je suis surprise que nous payions juste cent francs. Sophie me dit que ce n'est pas aussi loin que cela. Nous arrivons et entrons à l'intérieur du marché. A Obout, le marché est habituellement un jour dans la semaine. Si tu ne fais pas les achats, tu vas attendre la prochaine semaine. A l'aide de Sophie, je trouve le ndo'o que j'achète ainsi que le plantain. Au moment de ressortir, j'aperçois des étalages de vêtements. Je m'y dirige lorsqu'elle attrape mon bras. Je suis surprise et la regarde interloquée

- Moi : y'a-t-il un problème ?

- Sophie (relâchant mon bras) : euh désolée, je me posais juste la question de savoir où tu vas

- Moi : ah oui je vais m'acheter quelques habits

- Sophie : donc tu as de l'argent ?

Je sais alors que je dis quoi ici ? elle semble être gentille mais si elle va répéter tout à sa sœur. J'ai déjà assez de problème comme ca.

- Sophie : tu penses à quoi ?

- Moi : non c'est ma grand-mère qui m'a donnée un peu d'argent en venant ici. Et comme j'ai pas d'habits ni de sous vêtements, je voudrai en achéter

- Sophie : ok allons y

Nous nous rapprochons d'un vendeur qui apparemment a des articles qui plaisent à mes yeux. Je choisis deux robes, deux jupes, un chemisier et un tee shirt. Les prix sont abordables. J'ai eu tout cela pour la modique somme de quatre mille. Il me reste en main encore six mille.

- Moi : Sophie tu ne prends rien ?

- Sophie (avec une moue d'enfant gâtée) : non merci

- Moi : ok saurais tu où je peux trouver des sous vêtements ?

- Sophie : tu trouveras des sous vêtements déjà portés ici

- Moi : mami ca fait quoi ? c'est mon niveau là bas. J'achète et je trempe avec de l'eau chaude et du détergent et le tour est joué.

- Sophie : faut faire attention avec les maladies

- Moi : (réfléchissant) : comme il me reste de l'argent, cherchons un magasin

Nous commençons à silloner le marché de long à large et avons la chance d'en trouver un. La dame nous invite à y entrer. Il est assez vaste et ne contient que des sous vêtements. Je fouille et en trouve à ma taille. Je prends six slips à cinq cents la pièce et je prends deux soutiens gorge qu'elle me laisse à mille cinq cents après réduction. J'ai proposé à Sophie de lui en offrir aussi mais elle a répondu qu'elle en a en stock. Je comptais les payer avec le reliquat de l'argent de tata et ensuite le compléter à la maison. Nous prenons le chemin de retour. Arrivées à la maison, nous a trouvons un jeune homme assis à la véranda avec Esther. Qui ça peut bien être ? je me pose la question intérieurement. Sophie s'est mise à courir vers lui.

- Sophie : tonton.

Elle est toute heureuse. Il l'a fait tournoyer jusqu'en à perdre haleine et la reposer à même le sol.

- Lui : ha ma petite Sophie comment vas-tu ?

- Sophie : (boudeuse) : tonton tu m'as abandonnée

- Lui : pas du tout. C'est juste le travail qui veut ma mort

Je suis restée en retrait. Il se tourne vers moi et me dévisage. Je suis mal à l'aise. Je regarde mes vêtements qui n'ont l'air de rien. J'ai honte tout à coup.

- Lui : Sophie comment s'appelle ta copine ?

- Sophie (souriant) : hé tonton ce n'est pas ma copine mais ma sœur

- Esther : (rugissant comme un lion) : quelle sœur hein ?

- Sophie : tu voulais que je dise ma cousine.

- Lui : les filles arrêtez de vous battre là

Je passe tranquillement et va dans la cuisine. Je commence à préparer. Il est presque onze heures. Nous avons mis du temps au marché à chercher le magasin des sous vêtements. Tonton est le seul qui rentre à midi. J'aurai le temps de finir. Je suis entrain de piler le plantain lorsque le tonton de Sophie entre et une fois de plus me dévisage. Je ne sais plus où me mettre.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022