MOUNA : Ma chérie, arrives-tu même à distinguer entre l'amour et le sexe ? Je n'éprouve rien pour Idriss, il est vrai qu'il m'a aidée à réaliser mes rêves, mais ma vie est aux côtés de Muhammed. C'est lui que j'aime, c'est uniquement à lui que mon cœur aspire. Le fait que j'apprécie comment Idriss m'aime n'implique pas que j'ai des sentiments amoureux pour lui. Je ne le vois même pas.
REBECCA : D'accord, si tu le dis. Bien, voici les pilules. Je vais devoir te quitter à présent. J'ai quelques courses à faire avant de rentrer et de me préparer. J'ai un rendez-vous avec Zoul.
MOUNA : As-tu finalement donné une chance à cet homme ?
REBECCA : Une chance ? Qui a parlé de chance ? Ne me fais pas rire.
Les deux amies éclatèrent de rire, et Mouna accompagna Rebecca jusqu'au portail. Une fois dehors, Rebecca monta dans le premier taxi qu'elle trouva et quitta précipitamment Mouna.
Mouna retourna à l'intérieur, prit son téléphone et décida de rappeler Muhammed pour prolonger leur discussion. C'était à cause de ses amies qu'elle n'avait pas pu profiter de l'absence d'Idriss pour discuter tranquillement avec Muhammed.
Elle composa le numéro, mais Muhammed ne décrochait pas malgré qu'elle le voyait en ligne. Après plusieurs tentatives, elle posa son téléphone pour ranger la table où se trouvaient encore des bouteilles de vin blanc.
CHEZ LA MÈRE D'IDRISS...
Idriss ne parvenait pas à comprendre le rêve que sa mère avait eu à propos de sa fiancée et de lui.
IDRISS : Alors, si je comprends bien, dans le rêve, Mouna m'a quitté et j'ai mis fin à ma vie ?
MA IDRISS : Oui, c'est bien ce que je viens de te dire, et c'est pour cette raison que je t'ai demandé si tout allait bien entre elle et toi. Depuis deux jours, elle ne répond plus à mes appels, sans compter qu'elle n'a pas répondu à mes messages sur WhatsApp, bien que je la voie constamment en ligne.
IDRISS : Maman, c'est normal, le WiFi est toujours allumé à la maison et le téléphone de Mouna est toujours connecté. Elle est un peu occupée ces derniers temps, elle te répondra, ne t'inquiète pas. Tout va bien entre nous. Après tout, c'était juste un rêve que tu as fait.
MA IDRISS : D'accord, si tu le dis. Une fois à la maison, tu m'appelles pour que je puisse discuter avec elle. J'aurai l'esprit tranquille. J'espère que vous avez enfin décidé de me donner des petits-enfants ?
IDRISS : Oui, maman, ne t'inquiète pas. Tu auras des petits-enfants.
MA IDRISS : Très bien alors !
Après avoir terminé son repas, Idriss décida de rentrer chez lui. Sa mère l'accompagna jusqu'à sa voiture, et une fois à l'intérieur, il prit la route de sa maison.
EN ESPAGNE...
Muhammed travaillait sur son ordinateur quand un jeune garçon vint lui remettre son téléphone en lui disant que celui-ci sonnait.
– Papa, maman m'a dit de t'apporter ton téléphone, il sonne.
MUHAMMED : Merci champion, t'es déjà douché ?
– Oui, papa.
MUHAMMED : Bien, j'arrive et nous allons sortir.
– Youpiii
Sur ce, le jeune garçon se dirigea rapidement vers sa mère en poussant des cris d'alerte.
Idriss était enfin de retour à la maison. Après avoir fait un détour par le garage pour vérifier l'état de la voiture de Mouna, il passa également par le supermarché afin d'acquérir les articles que Mouna prévoyait de lui cuisiner. Après avoir été accueilli par le gardien qui lui ouvrit le portail, Idriss pénétra dans la demeure. Après avoir stationné la voiture, il prit les courses qu'il avait effectuées et fit son entrée à l'intérieur. Une fois dans le salon, il aperçut Mouna allongée sur le canapé, absorbée par le programme télévisé. Sans échanger un mot avec elle, il se rendit à la cuisine afin de ranger les provisions du supermarché.
Une fois dans la cuisine, après avoir rangé les articles, il s'apprêtait à quitter la pièce. Cependant, il décida de placer la viande et le poisson qu'il avait achetés au réfrigérateur, anticipant les besoins en tenant compte de l'atmosphère ambiante. Tout cela, sans faire le moindre geste pour signifier sa présence à Mouna, bien conscient qu'il était de retour à la maison. En effet, habituellement, elle aurait au moins réagi en se levant pour aider avec les courses ou pour le saluer. Il nota également l'absence de préparatifs dans la maison, donnant l'impression qu'elle avait délibérément choisi de le laisser dans l'ignorance. Une situation qui ne manqua pas d'attirer son attention. Après avoir rangé les provisions dans le réfrigérateur, il quitta la cuisine.
Idriss fit son retour au salon et constata que Mouna avait éteint la télévision et avait fermé les yeux, agissant ainsi pour éviter toute interaction avec lui. Il comprit parfaitement que les nouveaux comportements de Mouna ne lui convenaient pas du tout. En s'approchant d'elle, il la toucha pour attirer son attention.
IDRISS : Mon amour, ma chérie.
MOUNA : Qu'y a-t-il encore ?
IDRISS : Serait-il possible que tu te lèves ? J'aimerais que nous ayons une discussion.
MOUNA : Encore à propos de quoi ? Tu m'as déjà tout dit aujourd'hui. Qu'est-ce que tu veux maintenant ?
IDRISS : Je t'en prie, arrête. Tu es bien consciente que je n'apprécie pas du tout les conflits entre nous. Ma chère, je te demande de bien vouloir te lever. Je m'excuse sincèrement pour ma manière de m'exprimer aujourd'hui. Tout cela est dû à une frustration accumulée et à la sensation d'être prisonnier dans ma propre maison depuis six longs mois. Cette situation commence sérieusement à m'affecter. Je te supplie de te lever, je suis vraiment désolé.
Sur ces paroles, Mouna se leva avec élégance et se tint face à Idriss. Elle s'était confortablement installée sur le canapé et prit la parole avec assurance.
MOUNA : Si je saisis bien, je te fais vivre un calvaire au sein de notre demeure, n'est-ce pas ? Est-ce que notre maison n'est plus la nôtre à présent ? Dans tous les cas, je comprends parfaitement ta perspective. Aurais-tu commencé à porter ton attention ailleurs, c'est cela ? Es-tu en quête d'une autre compagne pour fonder une famille, et toutes mes paroles sont interprétées dans le but de te repousser ? Mes paroles semblent perdre leur liberté dans cette maison, car je dois les peser minutieusement pour éviter toute offense. Crois-tu donc que ce ne soit que moi qui ai évolué dans cette maison ? Toi aussi, il semble que tu aies changé.
IDRISS : "Non, attends un instant, que viens-tu de déclarer ? Que je t'infidélise avec une autre femme ? Tu franchis vraiment une limite. Comment peux-tu concevoir une telle pensée à mon égard ? Si tel était le cas, serais-je en train de t'implorer d'accepter d'avoir des enfants avec moi ? Mais mon amour, qu'est-ce qui te tracasse réellement ? Peux-tu m'éclairer sur ce qui ne va pas entre toi et moi, ou bien m'indiquer le sens derrière ces comportements récents que tu adoptes ? Donc, d'après toi, je te tromperais et j'aurais également changé ? Et tout cela, dans quel but ? Dis-le moi. Sache que je m'interroge sur la manière de devenir un homme bon, parfait, idéal, digne de ton amour, de ton affection et de ton attention. Je rentre à la maison à temps pour ne pas te laisser seule, je décline les invitations de mes amis, et j'ai même aménagé un bar à la maison ainsi qu'un espace pour toi et tes amies. Mouna, je suis prêt à tout pour toi, car je t'aime profondément, car tu es précieuse à mes yeux. Je suis déconcerté quant à ce que j'aurais pu omettre de te donner ou de faire pour justifier ton attitude envers moi. Je t'en prie, indique-moi en quoi je t'ai offensée."
MOUNA : Tu n'es en rien responsable, en vérité, le souci réside en moi, Idriss. Je suis le problème, perturbée par tout ce que j'ai vécu dans une relation amoureuse qui a duré six années et s'est achevée de manière douloureuse. Cette expérience me hante profondément. Je suis consciente des efforts que tu as déployés pour moi, mais chaque fois que je repense à cet épisode, cela engendre un bouleversement intérieur. Je t'enjoins simplement à me laisser du temps. Je suis prête à fonder une famille avec toi, mais je te supplie de ne pas me contraindre.
IDRISS : "Donc, si je comprends bien, c'est toujours à cause de cet homme, ton premier amour, et des blessures qu'il a causées que tu agis de la sorte ? Je suis véritablement perdu face à tes paroles. Tu as passé six années avec quelqu'un qui t'a brisé le cœur à la fin, et même après trois années avec moi, malgré tout ce que nous avons partagé, tu me vois encore à travers le prisme de ton ex ? Est-ce que tu penses vraiment que je pourrais te quitter après six ans ? Parviens-tu à discerner les nuances entre nos situations ? Ta relation précédente était celle d'une petite amie, tandis que la nôtre a évolué bien au-delà de cela. Je suis ton fiancé, l'homme prêt à te donner son nom, celui qui souhaite t'épouser et partager sa vie avec toi. Je ne comprends pas pourquoi tu éprouves tant de difficultés à tourner la page et à accepter ce que la destinée t'a réservé, en essuyant tes larmes. Tu sais pertinemment que je ne pourrais jamais te faire subir ce que l'autre t'a infligé. Jusqu'à présent, mes intentions n'ont jamais vacillé, et tu ne t'es jamais plainte. Aurais-tu entendu de la part de tes amies que je fréquentais d'autres femmes ? Même si cela avait été le cas, il s'agissait simplement de partenaires professionnelles, et je maintiens toujours mes distances, conscients de ta jalousie. Pourquoi ne pourrais-tu pas faire l'effort d'enterrer le passé ? Même si le passé peut parfois interférer, je suis là pour affronter les épreuves à tes côtés. Tu es la première femme avec laquelle j'ai décidé de conjuguer le verbe "AIMER", et je ne veux pas que notre histoire prenne fin. Je refuse que les temps passés, l'imparfait... viennent ternir notre amour, ma reine, s'il te plaît. Peux-tu faire cela pour moi ?"
MOUNA : Oui.
IDRISS : Vraiment ?
MOUNA : Oui, je m'efforcerai d'y parvenir.
IDRISS : Parfait, cela me comble de joie. J'ai effectué quelques achats, ils se trouvent dans la cuisine. Je souhaiterais que tu prépares de la salade.
MOUNA : Entendu, je m'en chargerai volontiers. Au fait, as-tu eu l'occasion de passer par le garage comme tu l'avais mentionné ?
IDRISS : Oui, les réparations de la voiture sont achevées, elle sera ramenée à la maison ce soir.
MOUNA : Je te remercie infiniment, mon chéri.