Je dévalais les escaliers à vive allure, j'étais terrorisée à l'idée d'arriver trop tard, son cri perçant se répétait en boucle comme une affreuse chanson. J'étais persuadée que c'était le sien et j'espérais qu'elle ait hurlée pour une chose stupide et qu'elle n'ait pas rencontrée l'animal sauvage qui se baladait dans les rues de Philadelphie. Où que ce ne soit tout simplement pas son cri à elle mais celui d'une inconnue. Je poussais la porte de mon appartement et me retrouvais dans la rue, avec un couteau dans la main, je regardais partout autour de moi et m'approchais du parking central mais ne vis rien, juste des voitures et deux lampadaires qui éclairaient faiblement les lieux.
Dans ma résidence les habitants avaient l'habitude d'entendre des cris le soir donc plus personne ne sortait pour aller voir, j'étais terriblement seule. Je tapais rapidement son numéro et l'appela, j'entendis la sonnerie d'un portable sonner à quelques pas de moi. Mon cœur commença à s'accélérer et je m'avançais rapidement vers la provenance de la sonnerie, j'aperçus un pied dépasser derrière une voiture.
-Maeva t'es l...
Je fus prise d'un violent haut-le-cœur me faisant dégorger toutes mes tripes devant cette vision d'horreur et je hurlai à n'en plus pouvoir et les larmes dégringolent sur mes joues. Je regardais ce corps démembré et dénué de sa tête, son corps était rempli de morsures dégoulinantes de sang et je pus apercevoir sa colonne vertébrale enserrée de chair ensanglantée. Ce fut la fois de trop, je régurgitais tout mon estomac jusqu'à sentir le goût de la bile me brûler le fond de la gorge. Cette vision était tellement atroce et traumatisante que je n'entendis pas les pas se rapprocher de moi.
-Tiens, tiens mais qui vois-je là! Serait-ce ma fête ce soir, deux pour le prix d'une, dit une voix froide et grave.
Je forçais mon corps à se retourner. Je fus face à un homme grand et au visage fissuré de plusieurs cicatrices témoignant d'un passé aux activités sombres. Tout était flou dans ma tête et je commençais à faire le lien entre la présence de cet homme et le cadavre de mon amie derrière moi et mon hypothèse commençait petit à petit à me pétrifier. Ce n'était pas une bête qui avait fait toutes ces victimes, c'était un psychopathe complément déséquilibré. Il....il lui a tranché la tête et a...dévoré..sa peau mais quel malade mental pouvait faire ça. !
-Laissez moi, je le suppliais, complètement tétanisée.
-Mais ma jolie, on ne fait que commencer, Il me répond avec un sourire glaçant. Il me faisait tellement peur, et je sus que j'allais y laisser la vie ce soir. Je pensais à n'importe quelles solutions pour survivre mais toutes étaient impossibles...
Sauf une seule et la plus impensable, Prions pour qu'elle fonctionne. Je sentais ma poitrine burler. J'essayais de m'y concentrer, espérant qu'un miracle appellerait l'inconnu, même si je ne connaissais pas son prénom, même si ça paraissait idiot et que je n'étais même pas sûre que ça fonctionnerait. Puis rien ne me garantissait qu'il se déplacerait pour moi. Mais si je venais à mourir il en souffrirait donc techniquement il restait un espoir. Je fermais les yeux et répétais ces deux mots avec désespoir : Aide-moi...
-J'ai envie de te faire une petite faveur, cela t'intéresse ?Je ne lui répondais pas, cela ne servirait à rien.
-Quelle parties de ton corps tu veux que je démembre en premier ma jolie ?
Mon corps était pris d'incessants et violents tremblements, je n'arrivais plus à ne serait-ce que faire le moindre mouvements.
-Vous êtes complètement malade...je déblatérais en le regardant avec haine.
-Malade tu dis ? Non je dirais plutôt créatif. Je secouais la tête désabusée et sus qu'il fallait que j'agisse rapidement, donc prise d'un coup de témérité je me mis à courir de tout mon être, je pourrai toujours espérer le fuir.
-Oh.. une joueuse de mieux en mieux, cours petite biche tant que tu le peux encore, Dit-il en rigolant d'une manière mesquine. Je courrais à en perdre haleine, j'étais terrorisée et je puisais dans mes dernières forces. Mon corps était pris de bouffées de chaleurs violentes et je perdais quelques fois l'équilibre.
-J'arrive !,il s'exclame comme si ce n'était qu'une simple partie de cache-cache, où si on se faisait prendre on perdait, dans mon cas j'y perdrais la vie. Je continuais de courir et je savais que lui marchait comme s'il cherchait à me narguer en me faisant comprendre que dans tous les cas je finirais par perdre.
-Je te propose de t'arracher le bras droit tu en dis quoi ? Je l'entendis hurler au loin. J'écarquillais les yeux à la suite de cette phrase, je pleurais tellement et ma respiration se faisait haletante.
-Ou les yeux aussi, c'est sympa ça puis après je m'abreuverai de ton sang, Il ricana par dessus le silence des rues.
Je continuais de cavaler dans les rues, j'aurais pu crier pour que l'on vienne m'aider mais ce serait alerter ma position et du moins le temps que les habitants réagissent je serais sans doute déjà morte... Je courrais encore lorsque une main me tira violemment dans le coin d'une rue.
J'allais mourir, il m'avait retrouvée, je voulus crier mais mon agresseur mit brusquement sa main contre ma bouche et qu'elle fut ma stupeur lorsque je plongeais mon regard dans le sien.
Il était venu...
Un soulagement immense me percuta, je respirais à nouveau, mes larmes tombaient en cascades sur sa main. Je me sentais tout de suite en sécurité comme s'il possédait une aura protectrice enveloppant chaque parcelle de ma peau. Je le fixai en l'implorant silencieusement du regard de m'aider et il fronçait les sourcils comme pris d'un dilemme intérieur. Lorsque soudainement il retira sa main et me tira hors de la rue, j'atterrissais tout juste devant l'Assassin. J'écarquillais les yeux et me retournais vers l'inconnu, mais ne fus confrontée qu'à un regard froid. Je sentis un arrière goût de trahison. Il n'allait tout de même pas me laisser seule avec lui?!
J'essayais de trouver du réconfort ou du moins la réponse à ma question mais il ne m'adressait aucun regard. Je tremblais et regardais partout autour de moi pour trouver une échappatoire, mais les mots que l'assassin annonça me paralysa.
-Tiens, ne serait-ce pas mon cher petit frère ?dit l'assassin avec un sourire narquois.
-Que..quoi...,je balbutiais.
Je me retournais vers le concerné mais il ne me regardait pas. Et si, il était comme son frère et si j'étais liée à un névrosé encore plus fou que l'assassin... Je pris peur et commençais à reculer mais l'inconnu m'attrapa le bras fermement et me ramena devant eux. J'étais prise au piège.
-Rayden, c'est pas que tu es de trop mais tu vois j'étais en très bonne compagnie et j'aimerai terminer ce que j'ai commencé si tu vois ce que je veux dire, il lui lança d'une voix moqueuse en posant son regard sur moi.
Rayden
C'était alors son prénom...
-Celle-là tu ne la touches pas Nayir, cherche en toi une autre, il lui répondit et mon stress diminua un peu.
-Une autre ?! Impossible elle est beaucoup trop bien foutue pour que je ne m'amuse pas avec elle, rigola le malade.
-C'est pas mon problème tu ne la touches pas, je l'ai déjà choisie, répliqua Rayden d'une voix tranchante. Je vis son frère « Nayir » déglutir comme s'il était à deux doigts de faire une nouvelle boucherie et que son masque se fissurait.
-Je peux savoir pourquoi tu protèges tant ce bout de viande ambulant ?
-Ce ne sont pas tes affaires.
Le boucher fronça les sourcils et alterna son regard de moi à son frère et ainsi de suite jusqu'à finir par sourire. Il partit dans un fou rire qui me glaça le sang.
-Une nouvelle bien intéressante...et ressemblante si tu vois ce que je veux dire...
-Pas tant que ça, maintenant pars, rajouta Rayden mais son frère s'approcha pour me regarder avec... curiosité tandis que je me frottais la poitrine. Il écarquilla les yeux.
-Mon frère, il semblerait que la vie soit ironiquement rancunière. Elle est ton âme-sœur si je comprends bien et en plus c'est une ..
-Ouais, le coupa brusquement Rayden et je vis le visage de l'assassin se réjouir soudainement.
-Oh ! de mieux en mieux, elle n'est pas au courant de ce que tu es, rigola méchamment "Nayir."
-Elle n'a pas besoin de le savoir et elle ne le saura jamais, je m'en chargerai personnellement. Répliqua Rayden. Moi j'avais arrêté de suivre la discussion puisque je ne comprenais absolument rien. La seule certification qui me venait était qu'ils étaient autant fous l'un que l'autre.
-Tu ne pourras pas lui cacher éternellement, mais bon dans tous les cas elle va mourir ce soir.
-Il y a quoi que tu n'as pas compris dans tu dégages et tu la laisses ? Je sentais une tension envahir les lieux.
-La laisser, c'est mal me connaître... Quelle soit ton âme-soeur j'en ai rien à foutre, je vais la traquer jusqu'à sa fin, et encore plus pour cette raison, que j'attends depuis si longtemps. il répliqua d'une voix sombre en me regardant avec ardeur. Il était au courant et Rayden était bien mon âme-soeur, bordel. Ma tête commençait à se faire lourde, et j'avais le tournis. Juste avant que je ne sente mon corps rejoindre les profondeurs des abysses, j'entendis Rayden affirmer:
-Je la ramène chez moi, ose venir sur mon territoire la récupérer.
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