Passionnément amoureuse d'un prêtre catholique romain
img img Passionnément amoureuse d'un prêtre catholique romain img Chapitre 1 Cinquante ans avec mes proches
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Chapitre 6 L'agonie d'un saint - 1 img
Chapitre 7 L'agonie d'un saint - 2 img
Chapitre 8 La face cachée d'une sombre amitié img
Chapitre 9 Éclosion d'une fleur - 1 img
Chapitre 10 Éclosion d'une fleur - 2 img
Chapitre 11 Les sentiments occultes img
Chapitre 12 Ne le répète jamais à qui que ce soit img
Chapitre 13 Vêpres et méditations pour tuer l'amour img
Chapitre 14 Le Bienheureux diacre img
Chapitre 15 L'instant insouhaitable img
Chapitre 16 Il n'est pas bon que l'homme soit seul - 1 img
Chapitre 17 Il n'est pas bon que l'homme soit seul - 2 img
Chapitre 18 Confession pour l'enfer img
Chapitre 19 Prêtrise et traîtrise img
Chapitre 20 L'ordination presbytérale - 1 img
Chapitre 21 L'ordination presbytérale - 2 img
Chapitre 22 L'ordination presbytérale - 3 img
Chapitre 23 L'ordination presbytérale - 4 img
Chapitre 24 Ces sentiments bâillonnés par la soutane img
Chapitre 25 Devenir femme - 1 img
Chapitre 26 Devenir femme - 2 img
Chapitre 27 Sois femme et tais-toi img
Chapitre 28 Bis repetita img
Chapitre 29 Le chemin du destin img
Chapitre 30 J'aime ton sourire img
Chapitre 31 Dans le labyrinthe de l'inconnu - 1 img
Chapitre 32 Dans le labyrinthe de l'inconnu - 2 img
Chapitre 33 Dans le labyrinthe de l'inconnu - 3 img
Chapitre 34 Tu récoltes ce que tu sèmes img
Chapitre 35 Au secours, maman! img
Chapitre 36 Victime et coupable d'amour img
Chapitre 37 L'ambiguité du destin img
Chapitre 38 L'heure du confessionnal img
Chapitre 39 Montre-moi ta chambre à coucher img
Chapitre 40 Le prêtre est un homme avant tout img
Chapitre 41 La flamme ardente d'un prêtre puceau img
Chapitre 42 Quelle est la réelle volonté de Dieu img
Chapitre 43 L'église des hommes img
Chapitre 44 Le prêtre en fugue img
Chapitre 45 Je t'aimerais toujours img
Chapitre 46 Un sauveur surgi des oubliettes img
Chapitre 47 Silence, on m'épouse img
Chapitre 48 Les larmes thérapeutiques img
Chapitre 49 Le refuge enflammé img
Chapitre 50 La cécité de Cupidon img
Chapitre 51 Navigation en zone de turbulence img
Chapitre 52 Les droits de l'homme img
Chapitre 53 Un décor invisible img
Chapitre 54 Je pleure, je pleure img
Chapitre 55 Adam et Eve dans l'Eden img
Chapitre 56 Divine discrimination img
Chapitre 57 Vérité ou arnaque img
Chapitre 58 Les uns et les autres img
Chapitre 59 Que ta volonté soit faite img
Chapitre 60 L'auto-défense img
Chapitre 61 La rebellion img
Chapitre 62 Etre libre img
Chapitre 63 Risques et périls - 1 img
Chapitre 64 Risques et périls - 2 img
Chapitre 65 Les conseils de l'alcool img
Chapitre 66 Vanité des vanités img
Chapitre 67 La veuve img
Chapitre 68 Le prêtre de mon cœur - 1 img
Chapitre 69 Le prêtre de mon cœur - 2 img
Chapitre 70 Ab imo pectore - 1 img
Chapitre 71 Credo in Deum img
Chapitre 72 Dieu pour tous img
Chapitre 73 Habemus Papam! img
Chapitre 74 Au nom de Dieu img
Chapitre 75 La grâce magique de l'amour img
Chapitre 76 Prêtre et père img
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Passionnément amoureuse d'un prêtre catholique romain

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Chapitre 1 Cinquante ans avec mes proches

« Bonsoir, soyez les bienvenus et merci d'avoir bien voulu nous honorer de votre présence... c'est par ici, si vous voulez bien me suivre. »

Mes enfants avaient répété ces phrases à peu près une bonne cinquantaine de fois, accueillant et installant les convives les uns après les autres, au fur et à mesure qu'ils arrivaient. Il était sept heures du soir. Pratiquement tous ceux qui avaient accusé réception de l'invitation avaient fait le déplacement. à l'exception de Sabine qui, pour des raisons de santé, n'avait pu se déplacer. Elle était une vieille amie, une relation qui remontait à mes jeunes années d'activités paroissiales : nous faisions partie de la même chorale. Elle n'était pas en mesure de se joindre aux autres, contrainte de veiller sur son mari qui avait frôlé la mort trois jours auparavant, à la suite d'une attaque cardio-vasculaire.

J'avais d'ailleurs eu l'occasion de leur rendre visite la veille, mais elle s'était bien gardée de céder à la tentation de trahir la confidence dans laquelle mes enfants l'avaient plongée. La seule allusion qu'elle avait faite à l'âge, au cours de notre conversation plutôt triste, ne pouvait me mettre la puce à l'oreille. Toutes les phrases mornes qui sortaient de notre bouche étaient désespérément rattachées à l'infarctus de son mari surtout qu'« à nos âges avancés, la cinquantaine nous a fait basculer dans ce versant qui fragilise très vite les organismes », avait-elle dit avec fatalisme. J'avais cinquante ans et j'en étais bien au courant, pourtant cette évocation du « quinqua » m'avait fait un effet qui n'était pas des plus réjouissants.

Ayant vu le mari de Sabine là, immobile dans son lit, pâle comme un mort, je m'étais tout à coup sentie vieille et mourante moi aussi, et la peur de je ne sais quoi m'enveloppa tout entière. J'aurais bien aimé ne pas avoir à rejoindre le « Club 50 » de si tôt ; hélas, j'y étais désormais en plein car la nature me rappelait que la jeunesse n'est qu'un emprunt qui doit absolument être remboursé au terme du contrat et nul ne peut en réchapper. Fêter la vieillesse, célébrer le déclin de la vie, n'était pas tellement ce que j'avais à l'esprit, pourtant mes enfants s'en réjouissaient activement et tous leurs invités étaient au rendez-vous, il ne manquait plus que l'intéressée : Moi.

S'étant concertés, mes enfants avaient confié à Mélanie, la benjamine de la fratrie, la délicate mission de m'éloigner de chez moi le plus longtemps possible afin qu'ils aient le champs libre pour mettre leur projet à exécution. Prétextant qu'elle désirait ardemment revivre l'époque de son adolescence où je l'accompagnais faire ses courses, où nous passions plus de temps à nous contredire sur ses choix qu'à trouver un bon article, où elle jugeait mes préférences trop « glauques » et que je trouvais les siennes trop vulgaires, où les pauvres vendeurs nous sortaient tout ce qu'ils avaient de meilleurs dans leurs stocks sans pour autant que notre choix ne se porte sur un seul article, elle m'avait demandé de l'accompagner faire des courses importantes au centre ville, en soulignant avec ironie que « ton coup d'œil un peu vieillot me serait très utile cette fois.»

J'étais très heureuse de la revoir après un petit moment de séparation ; en réalité, un seul jour sans voir mes enfants me paraît comme une éternité et les revoir me transporte toujours de joie car ils sont ma seule raison de vivre. Sa sollicitude, bien qu'ironiquement formulée, n'eut, tout naturellement, eu aucune difficulté à flatter mon ego. Ignorant que tout ceci n'était en fait qu'une simple diversion, je m'étais jetée dans son jeu et nous voilà au centre ville, comme autrefois, en train de juger telle robe, telle jupe et tel chemisier trop ceci ou pas assez cela. Naturellement, rien n'était assez beau et il fallait continuer la recherche d'articles rares qui puissent trouver grâce à nos yeux à toutes les deux, sachant pertinemment que nous n'avions pas les mêmes goûts vestimentaires et que le contraire n'était pas prêt d'arriver.

Tout était finement pensé pour faire de cette surprise un évènement exceptionnel. Mélanie avait en outre le devoir de ne pas commettre l'erreur de m'informer sur la présence de ses frères et sœurs qui, à cet instant, se trouvaient planqués chez leurs amis.

Un demi-siècle, ça se fête dignement, et on ne lésine pas sur les moyens. Pour mon cinquantième anniversaire, mes enfants avaient prévu de m'offrir un jour inoubliable, un moment grandiose pour me témoigner leur amour et leur soutien dans toutes les épreuves que ma petite vie si mouvementée a traversées et qui, en retour, l'ont façonnée. Ma silhouette de quinquagénaire n'était que le pâle résultat de toutes ces étapes jonchées sur mon parcours et que j'ai dû franchir sans avoir d'autres choix.

Avec l'aide et la complicité de Lydie-Violette, mon amie de toujours, ils avaient méticuleusement préparé cette soirée en sélectionnant les invités parmi les personnes qui m'étaient ou qui m'avaient été les plus proches ou les plus intimes, même si j'avais perdu de vue la plupart d'entre elles au fil des années.

Inoubliable ! Ça l'a été, au point d'avoir radicalement transformé le reste de l'existence d'un des convives.

A sept heures et demie du soir, lessivée par la promenade inutile que ma fille m'avait fait faire à travers la ville dans son interminable quête pour un innommable objet si rare qu'il s'est, en fin de compte, avéré introuvable, je rentrai chez moi complètement éreintée, avec en tête une seule idée : Prendre un bon bain fort relaxant puis me jeter de tout mon poids dans mon lit et m'offrir un repos bien mérité. C'était le jour de mon anniversaire certes, mais y songeais-je ? De toute façon, personne autour de moi ne semblait y prêter attention et pour moi, ce jour se déroulait comme n'importe quel autre jour.

Mais quand j'ouvris la porte, que je faillis être propulsée dans les airs par le brusque soulèvement rauque du chœur baroque qui m'accueillit, je dus à cet instant revoir totalement mon petit projet de relaxation, et mon vieux corps endolori par l'exténuante marche se sentit subitement frappé par cette foudre inattendue. Oh, non ! Ce jour n'avait rien de commun avec les autres. C'était bien le jour de mon anniversaire, le jour de mon demi-siècle d'existence et d'errance désespérée sur terre.

            
            

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